Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Donnant, Donnant réalisé par Isabelle Mergault
    
Titre original Donnant, Donnant
Réalisation Isabelle Mergault
Scénario Isabelle Mergault & Jean-pierre Hasson
Interprétation Daniel Auteuil (Constant), Medeea Marinescu (Silvia), Sabine Azéma (Jeanne), Anne-sophie Germanaz (Mauricette), Ariane Pirie (Martha), Arnaud Romain (Présentateur Tv), Bernard Alane (Docteur Harvey), Choukri Gabteni (Prisonnier Tv N°2), Christian Gazio (Prisonnier Tv N°1), Christian Sinniger (Horace), Daisy Sanchez (Mère De Lucas), Dominique Tuffano (Policier Hôpital), Géraldine Bonnet-guerin (Alexia), Gilles Vajou (Lulu), Isabelle Tanakil (Françoise), Jacques Sanchez (Vincent), Jean-louis Barcelona (Eric), Julien Cafaro (Victor), Laurence Badie (Margot), Marie Battini (Nadège), Marie Lenoir (La Voisine), Michel Crémades (Homme Arrêt De Bus), Norbert Ferrer (Gardien De Prison), Renato Murgida (Agent De Police), Roland Copé (Patron Bistrot), Tadrina Hocking (Mme Lebrun), Timothé Riquet (Lucas), Tom Morton (Antony), ...
Musique Cecilem
Photographie Jérôme Alméras
Pays France
Année 2009
Durée 1h40’
Genre Comédie
 Distributeur Victory Productions
 Site officiel  
Bande annonce  
Affiche  
 Dossier de presse
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 07 octobre 2010
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s'engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l'Indépendance de l'Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l'amour d'une mère, se mêlera inexorablement à celui d'une nation en lutte pour sa liberté.

Objet en France de virulentes critiques et accusé de "falsifier l'histoire" franco-algérienne, notamment celle de massacres commis en 1945, le film de Rachid Bouchareb, présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2010, aborde notamment l'histoire des massacres de Sétif en 1945. Plusieurs milliers d'Algériens avaient été tués par l'armée française au cours de ces massacres, déclenchés en répression de manifestations pro-indépendantistes dans l'est algérien qui avaient dégénéré et fait plus de cent morts parmi les Européens (…) (Lalibre.be)
 
 
 Festival du Film Français d'Helvétie - Bienne - 2010
 
 Festival francophone d'Angoulème 2010
 
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Isabelle Mergault
Isabelle Mergault, née le 11 mai 1958 à Aubervilliers (France).

Voix zozotante familière de la célèbre émission de radio humoristique "Les Grosses têtes", Isabelle Mergault est une comédienne réalisatrice pétillante qui dévoile ses multiples talents pour chaque projet. Bilingue espagnole, Isabelle Mergault devient actrice par manque d’argent avant d’être une vocation ; et ce, dès ses débuts où elle apparaît en prostituée dans La Dérobade de Daniel Duval en 1979. L’année suivante, Isabelle Mergault empoche le rôle de Jeannine dans le film de Gérard Pires, L’entourloupe sur un scénario de Michel Audiard et Jean Herman ; et obtient également un rôle dans Diva de Jean Jacques Beinex en 1981. La suite des années 80 ne sera qu’une succession de petits rôles qui feront tout même remarquer l’actrice qui intègre dès 1988 l’équipe de Philippe Bouvard des Grosses têtes. Remportant un franc succès, l’actrice restera dans l’émission jusqu’en 1998.

Sous ses airs de jeune fille pas futée, Isabelle Mergault cache en fait plusieurs talents prometteurs dont celui de scénariste. Elle débute l’écriture pour la télévision à la fin des années 80 sur des téléfilms ou séries comme Les Brigades du tigre, Navarro, Classe Mannequin et participe aux longs-métrages Meilleur espoir féminin qu’elle co-écrit avec l’acteur Gérard Jugnot qu’elle retrouve après Voyage à Rome en 1992 dont Mergault co-écrivait le scénario et les dialogues et où Jugnot en était acteur. Les années 90 ne verront pas la comédienne essentiellement au cinéma mais à la radio ou au théâtre ; et cela grâce à Laurent Ruquier et son émission On va s’gêner sur Europe 1. Plus tard, le chroniqueur lui demandera de venir de participer à On a tout essayé sur France 2 et la fera monter sur les planches par deux fois en 2003 pour La presse est unanime et en 2005 pour Si c’était à refaire.

Outre ses talents d’actrices, son talent de réalisatrice surprend le public début 2006 avec la comédie sentimentale Je vous trouve très beau où elle dirige Michel Blanc, Eva Darlan ou encore Wladimir Yordanoff. Ces deux derniers acteurs figureront également au casting du second long-métrage d’Isabelle Mergault, Enfin Veuve!, en 2007 aux côtés de Michèle Laroque et Jacques Gamblin. Preuve que la comédienne scénariste a su au fil des ans se construire une famille d’acteurs et déployer ses multiples talents auxquels le public répond présent. En 2010, elle retourne derrière la caméra pour diriger Daniel Auteuil et Sabine Azéma dans une comédie, Donnant, donnant.

Source : www.toutlecine.com

Toute la filmographie de Isabelle Mergault en tant que :
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L'univers d'Isabelle Mergault
 

Quelle a été l’idée première pour l’écriture du scénario ?

Je voulais parler de gens qui s’éteignent à petit feu. Beaucoup n’ont plus d’envie. Même à 30 ans, certains sont déjà assis. Ils ne vibrent plus. Mais il suffit d’un petit événement pour que le cœur se remette à battre et que la personne revienne vers la vie. Je souhaitais raconter l’histoire d’un étranger qui arrive dans un petit village où les gens sont endormis, où les femmes n’ont plus du tout envie d’être coquettes, où les hommes leur parlent mal, où les couples ne se regardent plus. Sans le vouloir, cet étranger va réveiller tout le monde. Il devient un phénomène de curiosité. La vie repart. Les gens du hameau où il atterrit vont communiquer avec lui par gestes. Il ne leur dit pas un mot. La seule à qui il parle, c’est Silvia, une jeune Roumaine. J’avais envie de traiter de l’incommunicabilité.

Est-ce un hasard si les problèmes de communication sont au cœur de tous vos films ?

Je m’en suis rendue compte à la fin du tournage. Et j’ai encore une idée pour un quatrième film. Côté problème de langage, ce sera pire que les trois premiers ! Je dois faire une sorte de thérapie. Est-ce que ça vient de mon défaut de prononciation ? J’ai toujours su que j’avais un problème. À l’école, j’en jouais. Je faisais rire. Mais je ne me suis jamais sentie exclue.

N’est-il pas audacieux d’écrire une comédie sur des thèmes aussi sombres que la dépression, l’univers carcéral, un accident cérébral ou l’envie de meurtre ?

Je n’y avais pas du tout pensé. Mais Daniel Auteuil l’a remarqué. Pendant le tournage il a fait le pitch du film en disant : "C’est une comédie et pourtant c’est l’histoire d’un mec qui est en prison pour avoir tué un banquier, qui fait un accident vasculaire cérébral, qui s’évade puis tombe sur une nana qui lui demande de tuer sa mère ou alors elle le dénonce aux flics". Pour faire rire, je préfère partir d’une base a priori pas très drôle. Le rire devient plus subtil. C’est ma patte !

Cette veine comique se retrouve dans les dialogues de Constant après son accident vasculaire. A-t-il été facile d’écrire toutes ces expressions tarabiscotées ?

J’écris les dialogues à voix haute. Je suis comédienne aussi : ça aide. J’écrivais parfois les dialogues normalement puis je me demandais comment les déstructurer. D’autres fois, je les écrivais directement transformés. C’était amusant à faire. Je n’avais pas de règle précise. Dans le doute, j’appelais un copain pour lui demander ce qu’il comprenait en entendant "Ziva, télétone aux tifs" au lieu de "Vas-y, téléphone aux flics". Le but, c’était que les spectateurs comprennent sans sous-titres. Les intentions, le regard et le jeu de Daniel étaient aussi importants que les mots que j’ai trouvés. Avant de commencer à écrire le scénario je l’ai appelé pour savoir s’il acceptait que j’écrive pour lui. J’avais sa musique en tête. Ça m’a inspiré pour lui faire du sur mesure. Pour lui c’était parfois un peu compliqué à apprendre. De temps en temps, dans le feu de l’action, il disait correctement les mots alors qu’il devait mal les prononcer. Du coup, on recommençait. On faisait l’inverse des autres films !

Vous êtes-vous renseignée sur les effets causés par un accident vasculaire cérébral ?

Après un AVC il y a autant de problèmes d’élocution que de malades. Vous pouvez buter sur les mots et ça vous donne un accent allemand. Vous pouvez être très bavard sans qu’on comprenne un mot de ce que vous racontez. Vous pouvez être complètement muet et juste pouvoir vous exprimer par écrit. Vous pouvez ne plus vous exprimer du tout. Vous pouvez parler correctement mais seulement si vous chantez, comme les bègues. Ce cas me paraissait excessif. Si Constant se mettait à chanter tout le temps les spectateurs n’y croiraient pas même si c’est avéré. Finalement, j’ai choisi l’option où il renverse les mots et bute dessus comme un bègue.

Les sujets qui vous inspirent sont toujours hors actualité. Pourquoi ?

Les problèmes de banlieue ou de chômage me touchent mais je n’arrive pas à les traiter. Pour ça, il faudrait que je les ressente viscéralement. J’ai vécu dans le "9-3" [Seine Saint Denis, en région parisienne] jusqu’en 2008. Je connais bien la banlieue mais je me sens privilégiée. Je suis fille de médecin. Je n’ai jamais connu la faim. J’ai reçu une éducation. Je n’ai jamais été exclue en raison de la couleur de ma peau. En les traitant, j’aurais peur de profiter de l’actualité, d’en tirer un sujet dans l’air du temps. À mes yeux, le résultat relèverait de l’imposture. Je préfère parler de thèmes que je vis vraiment. C’est sans doute la raison pour laquelle certains associent mes films à du vieux cinéma. Je m’intéresse aux sentiments. Des thèmes comme la jalousie ou l’absence de dialogue dans le couple après des années de vie commune sont indémodables. Mon actualité, c’est de ne pas être dans l’actualité !

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Présentation des personnages - Galerie de portraits
 

Constant / Daniel Auteuil

Constant a la cinquantaine resplendissante. C’est encore un bel homme même s’il est devenu l’ombre de lui-même depuis son incarcération. Il purge une peine de prison de 11 ans pour avoir tué un banquier par accident. La victime avait tiré avec son fusil de chasse à deux doigts de sa mère. Il a vu rouge, l’a agrippé, s’est emparé de l’arme, l’a poursuivi dans la forêt, a trébuché et le coup est parti tout seul. Aujourd’hui, il n’a pas perdu ses illusions mais la vie carcérale lui pèse.

En prison, Constant est victime d’un accident cérébral vasculaire. Il est transféré à l’hôpital mais en garde des séquelles : il s’exprime avec difficulté. Accueilli en rééducation, il finit par s’évader en prenant une infirmière en otage.

Après son évasion, Constant est recherché par toutes les polices. Il est l’ennemi public n°1 du moment. À la radio, les flashs d’information le décrivent comme un individu dangereux, violent et imprévisible. Pourtant, Constant n’est pas un mauvais bougre. Il ne demande qu’à être aimé et surtout à aimer jusqu’à la fin de ses jours.

Le point de vue de Daniel Auteuil : "Constant n’est pas chanceux. Il est mal marié. Il est en prison. Mais c’est un brave garçon. C’est un gros tendre qui a beaucoup donné aux mauvaises personnes et ça l’a fait souffrir. Pourtant, il a constamment des raisons d’espérer. Il aime la vie et il a confiance en elle. Après s’être évadé, il pense être seul et tranquille sur sa péniche. Or, on va se servir de lui. Et en faisant mal ce qu’on lui demande il va transformer la vie de tout le monde autour de lui. La sienne aussi en sera bouleversée. C’est un magicien malgré lui".

Le regard d’Isabelle Mergault : "Après son évasion, Constant est pris en otage. Au hameau, Silvia le fait mettre presque nu. Sans vêtements et isolé sur sa péniche, il est à sa merci. Elle exerce une forme de chantage sur lui. Soit il tue sa mère car elle veut hériter soit elle le dénonce à la police. Mais petit à petit il tombe amoureux d’elle et elle aussi".

Jeanne / Sabine Azéma

Jeanne est une femme dont la joie de vivre s’est fanée. Elle a les traits tirés vers le bas, les cheveux blancs, le regard vide. Elle est devenue un fantôme. Elle est en pleine dépression depuis la mort de Paolo, son mari. Chaque jour, elle dépérit un peu plus, terrée chez elle, volets et rideaux tirés. Elle ne donne plus signe de vie aux voisins.

Elle habite une petite maison bourgeoise chargée d’histoire à l’atmosphère étouffante. Les seules âmes qui vivent qu’elle croise au quotidien sont Silvia, sa fille, et Melchior, un chien de race indéfinie. Elle est propriétaire de la péniche baptisée "Le Corazon", accostée le long de la berge, face à la maison. C’est un ancien lieu de festivités. Le son de l’accordéon de Jeanne y faisait merveille à l’époque de sa splendeur.

La seule activité de Jeanne : se recueillir chaque jour sur la tombe de Paolo. Elle s’y rend en robe de chambre dont les couleurs sont délavées par le temps et en chemise de nuit. Mais l’arrivée de Constant va tout remettre à plat. Il va lui redonner la spontanéité et l’éclat des jours heureux.

Le point de vue de Sabine Azéma : "Jeanne a vécu un grand malheur. Tout d’un coup, Constant va arriver et l’embrasser. Il sera l’étincelle de sa nouvelle vie. La Belle au Bois Dormant va se réveiller ! Jeanne est une dame de fête foraine. Elle vivait sur les péniches. Elle fait de l’accordéon. Elle a des rêves d’adolescente, elle croit au grand amour unique pour toujours. Elle aime la couleur. Elle est coquette".

Le regard d’Isabelle Mergault : "Jeanne va voir la vie revenir en elle grâce à Constant. Dès qu’il lui sauve la vie, elle va recommencer à se pomponner. Elle va être magnifique et devenir une concurrente directe de Silvia alors qu’elles ont trente ans d’écart".

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En compagnie des acteurs...
 

Daniel Auteuil, Sabine Azéma & Medeea Marinescu

L’attrait pour le projet

"Sans avoir rien lu de son nouveau projet, j’avais envie de travailler avec elle. C’est quelqu’un qui me plaisait et qui me plaît encore plus depuis notre collaboration. Il n’y avait aucune raison de ne pas se laisser surprendre, de ne pas être curieux par ce scénario qu’elle allait écrire pour moi. Bien souvent, ce sont les plus belles aventures". (Daniel Auteuil)

"Les films d’Isabelle Mergault sont très sensibles et dégagent beaucoup d’émotion. C’est un peu "Jean qui rit et Jean qui pleure". J’ai toujours aimé jouer cette association de sentiments. Je me sens moi-même très mélangée à l’intérieur. Là, je suis accordéoniste. Je joue sur des péniches, dans des guinguettes. J’ai découvert un monde inconnu". (Sabine Azéma)

"L’idée de retravailler avec Isabelle m’a mise en joie ! Depuis notre premier film elle est devenue une amie. Son scénario m’a plu. Tout était simple et limpide. Avant de le recevoir je savais que Silvia était Roumaine mais j’ignorais qu’elle était pianiste. Moi aussi j’ai rêvé de le devenir. Le destin en a décidé autrement. C’était bien d’avoir l’occasion d’en jouer une dans ce film. Isabelle trouve toujours des choses subtiles qui aident un acteur à camper son personnage". (Medeea Marinescu)

Le scénario

"Quand j’ai découvert le scénario je me suis dit : "Voilà une comédie qui commence mal. Il y a un meurtre, un emprisonnement, une rupture et un accident vasculaire cérébral. Il va falloir tout le talent d’Isabelle pour qu’on renaisse de nos cendres. Et c’est ce qui se passe !". Il renferme toute l’humanité et toute la gentillesse qui façonnent ses films. Il y a chez elle une fraîcheur, une sincérité et un choix des sujets traités qui ne sont pas formatés. Elle ne cherche pas à faire une comédie pour faire une comédie. Son film parle de vrais gens confrontés à de vrais problèmes, mais avec sa vision à elle. Et c’est drôle ! On est en dehors des codes et des modes". (Daniel Auteuil)

"Isabelle aime ses personnages. Elle ne s’en moque jamais. Pourquoi a-t-elle parlé de ces gens qui vivent dans un hameau ? Pourquoi a-t-elle parlé d’un condamné qui s’évade de prison ? Pourquoi a-t-elle parlé de cette accordéoniste qui a une vie plutôt hors norme ? Ce n’est pas habituel. C’est attirant. C’est romanesque. C’est humble aussi". (Sabine Azéma)

"À la lecture du scénario, j’ai pleuré. Le mélange de comédie et de drame m’a émue. Ça fait écho à des émotions que j’ai déjà ressenties grâce à Isabelle. Elle a un peu modifié la fin du film. Aujourd’hui mon personnage est plus proche de ce que la vie nous réserve. Silvia ne va pas devenir une grande artiste mais elle va avoir quelque chose de plus important : l’amour. Ce scénario, c’est Isabelle à 100%. Elle est à la fois drôle et très humaine, sensible, profonde. Elle m’a dit qu’elle glissait toujours des petites histoires personnelles dans la grande histoire". (Medeea Marinescu)

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L'envers du décor
 

Tourner en région parisienne

Isabelle Mergault avoue être plus à l’aise à la campagne qu’à la ville pour tourner un film. Elle juge les grosses agglomérations trop bruyantes. Comme ses histoires abordent les sentiments humains, elle préfère isoler ses personnages géographiquement afin de mieux les cerner. Son envie première était donc de situer l’intrigue de son troisième film en province. Finalement, des impératifs financiers et artistiques ont amené l’équipe à sillonner la région Ile-de-France de long en large...

"La principale contrainte a été de trouver des décors provinciaux en région parisienne. C’est possible mais difficile. L’environnement fait qu’on n’est pas aussi tranquille à Paris qu’en province pour tourner : il y a plus d’avions, plus de circulation, plus de problèmes pour raccorder deux décors entre eux car ils ne sont pas situés au même endroit. Le décor principal du canal se trouve à Château Landon en Seine-et-Marne, à la limite de la province. À l’origine, c’était plutôt le Canal du Midi ou celui de Bourgogne qui étaient envisagés". (Alain Oliviéri, 1er assistant réalisateur)

"On a effectué des repérages le long du Canal du Midi. C’était sublime. Mais on ne voulait pas d’un lieu bucolique, champêtre ou coquet. Ça aurait desservi le personnage de Silvia. Elle n’aurait eu aucune excuse par rapport au chantage qu’elle fait subir à Constant. Ce n’est vraiment pas quelqu’un de sympathique ! En revanche, Château Landon donnait l’impression d’être un village arrivé au bout d’une histoire. Il suffisait de poser la caméra et de filmer un plan large des cinq maisons pour avoir une idée de l’état d’esprit dans lequel vivent les personnages". (Maamar Ech-cheikh, chef décorateur)

La commune de Château Landon est située à 90 kms de Paris, aux confins de l’Ile-de-France, à la limite de la région Centre. C’est ce qu’on appelle la frange francilienne. Aucun long-métrage n’y avait encore été tourné…

"Le régisseur général m’a contacté pour me proposer de tourner à Château Landon. Ma première réaction a été l’appréhension totale ! J’ai pensé à mes administrés. Leur annoncer que les routes seraient barrées pendant le tournage déclencherait des protestations en mairie. Finalement, le régisseur général a réussi à se mettre tout le monde dans la poche ! On a découvert un univers inconnu. Les gens du village pensaient ne jamais pouvoir approcher les acteurs, qu’ils ne leur porteraient aucune attention. Ça a été tout le contraire !". (Antoine Defoix, maire de Château Landon)

Les contraintes techniques

Qui dit tournage en extérieur dit soucis possibles liés aux conditions climatiques. De septembre à novembre 2009 l’équipe a dû jongler avec les caprices de la météo, lesquels ont posé des problèmes de raccords (soleil le matin, pluie l’après-midi) lorsque le découpage d’une même scène couvrait la journée entière. Un autre dossier, plus inattendu, a lui aussi été envisagé : la grippe H1N1. Car les séquences où Constant est admis en rééducation ont été filmées dans un hôpital…

"Trouver un hôpital qui accueille le tournage alors que tout le monde parlait de la grippe A n’a pas été facile. Le risque, c’était que l’établissement soit réquisitionné au moment du tournage pour cause de pandémie. On a trouvé un autre lieu qui ne pouvait en aucun cas être réquisitionné, mais il ne nous plaisait guère. Au final, on a pris le risque de tourner à l’hôpital Raymond Poincaré à Garches qui, lui, pouvait être réquisitionné. Heureusement, tout s’est bien passé !". (Alain Oliviéri, 1er assistant réalisateur)

Tourner en intérieur nécessite de l’espace temps et de l’espace physique. Cela a notamment été le cas pour les maisons du hameau et certains plans en prison…

"Les scènes de cellule et de parloir ont été tournées en studio. Comme il s’agissait de petits décors, les reconstituer n’a pas été coûteux. Mais les autres plans ont été filmés au Centre de Semi-Liberté de Corbeil Essonnes (91). Dans la journée la prison est vide. Les détenus travaillent ou rentrent chez eux puis reviennent le soir pour dormir. On a donc pu disposer de l’établissement. D’ordinaire, tourner en prison est impossible à cause de la surpopulation. Celle qu’on a choisie est une des rares exceptions avec deux ou trois autres qui sont en province". (Maamar Ech-cheikh, chef décorateur)

"En France il existe le droit à l’image. Cela réduit les possibilités de tourner. C’est vrai aussi pour les scènes filmées en prison. En fait on n’a pas le choix : il n’y a qu’un centre de détention en région parisienne qui sert pour le cinéma". (François Menny, régisseur général)

"Pour le choix du hameau, outre l’extérieur, un des critères a été la taille des pièces des maisons. Comme il s’agit de milieux populaires elles ne mesurent souvent pas plus de dix mètres carrés. À Château Landon les intérieurs nous correspondaient car les pièces étaient de tailles raisonnables. Il fallait pouvoir tourner deux semaines et demie dans la maison de Jeanne. C’est beaucoup, surtout avec une équipe de trente personnes et du matériel". (Maamar Ech-cheikh, chef décorateur)

Le tournage de la scène où Constant et Silvia se retrouvent sur le quai de la gare de Menyville a lui aussi comporté son lot de contraintes pour l’équipe technique. Cette séquence a été filmée à Maule (Yvelines)…

"Dix minutes avant le passage d’un train, l’équipe doit s’arrêter de tourner pour des raisons de sécurité. Une fois que les voyageurs sont descendus ou montés dans les wagons et que le train est reparti le tournage peut redémarrer normalement. C’était une des conditions pour pouvoir tourner dans la gare. Aux heures de pointe (entre 6h00 et 9h00) il y a un train toutes les demi-heures, puis un toutes les heures et le pic redémarre vers 16h00". (Didier Grégoris, assistant production SNCF)

"Quand on place des caméras et des projecteurs en bordure de quai il faut respecter une distance de sécurité. Elle est de 1,50 m à compter du bord du rail. Le perchman doit lui aussi faire très attention aux caténaires. En raison du courant à 25.000 volts il n’est pas nécessaire de les toucher pour qu’un arc électrique se produise et vous électrocute. Ce phénomène peut se produire lorsqu’on est à 3 mètres de distance un jour de pluie". (Didier Grégoris, assistant production SNCF)

"Je n’ai essuyé qu’un seul refus de la part de la SNCF. On ne m’a pas autorisé à tourner une scène où Constant traverse une voie ferrée. La SNCF se bat contre ces infractions multiples et le nombre d’accidents qui en découlent. Le héros du film a beau être un fugitif il y avait un problème d’image. Du coup on a triché : on a filmé la voie ferrée en gros plan puis Constant un peu plus loin. On suppose qu’il marche le long de cette voie". (François Menny, régisseur général)

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tout le cine
 

Confirmation

Isabelle Mergault tourne ici son troisième long métrage. Après une carrière d'actrice "malgré elle", elle prouve que sa vraie place est derrière la caméra. Son premier essai, Je vous trouve très beau (2005), est un succès. En 2008, elle renouvelle l'expérience avec Enfin veuve, film dans lequel elle dirige Michèle Laroque et Jacques Gamblin.

Retrouvailles

C'est la deuxième fois que Medeea Marinescu se retrouve devant la caméra d'Isabelle Mergault. Dans Je vous trouve très beau, en 2005, la réalisatrice lui confie l'un de ses premiers grands rôle au cinéma.

Tournage

Les prises de vues se sont effectuées entre le 31/08 et le 10/11/2009

  Source : www.toutlecine.com
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cinetribulations
 

L'on retrouvera Meedea Marinescu dans Donnant-Donnant, que l'on avait déjà vu chez Mergault dans Je vous trouve très beau. la réalisatrice tenait beaucoup à retravailler avec la comédienne, quitte à changer légèrement le scénario en faisant passer Sylvia (le rôle de Meedea) pour une enfant roumaine adoptée alors qu'elle avait 13 ans ... d'où l'accent.

De Daniel Auteuil (in le Dossier de Presse) : "C’est une comédie et pourtant c’est l’histoire d’un mec qui est en prison pour avoir tué un banquier, qui fait un accident vasculaire cérébral, qui s’évade puis tombe sur une nana qui lui demande de tuer sa mère ou alors elle le dénonce aux flics". Cela semble effectivement une constante retrouvée dans les 3 films d'Isabelle Mergault : "Pour faire rire, je préfère partir d’une base a priori pas très drôle. Le rire devient plus subtil. C’est ma patte !" dit-elle.

Un parloir a dû être créé. Mais "il est purement fictif. Car un parloir commun aux détenus ça n’existe pas en France".

Une séquence montre un accordéon tomber à l'eau. Cette séquence a eu droit à un effet spécial, tel que l'explique (in le Dossier de Presse) Maamar Ech-Cheikh, chef décorateur du film : "En coulant, l’accordéon doit se remplir d’air et émettre un son. Or, sous l’eau, il se serait rempli d’eau mais n’aurait pas pu bouger. Il aurait fallu fabriquer un instrument totalement étanche avec une évacuation d’air et des clapets. Ça aurait été complexe. L’idée, c’était de tourner la scène à sec, sur un fond bleu ou vert puisque ces couleurs permettent d’incruster des images en postproduction. L’accordéon était suspendu, accroché par un système de poulies et de câbles. On le descendait comme s’il coulait. On a pu refaire plusieurs prises. Ensuite l’eau a été reconstituée en numérique".

  Source : cinetribulations.blogs
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"J’ai envie de faire un peu rêver, j’en ai marre qu’on ait honte de dire je t’aime" (Isabelle Mergault)


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Extrait tiré du dossier de presse
 

Quelle a été l’idée première pour l’écriture du scénario ?

Je voulais parler de gens qui s’éteignent à petit feu. Beaucoup n’ont plus d’envie. Même à 30 ans, certains sont déjà assis. Ils ne vibrent plus. Mais il suffit d’un petit événement pour que le cœur se remette à battre et que la personne revienne vers la vie. Je souhaitais raconter l’histoire d’un étranger qui arrive dans un petit village où les gens sont endormis, où les femmes n’ont plus du tout envie d’être coquettes, où les hommes leur parlent mal, où les couples ne se regardent plus. Sans le vouloir, cet étranger va réveiller tout le monde. Il devient un phénomène de curiosité. La vie repart. Les gens du hameau où il atterrit vont communiquer avec lui par gestes. Il ne leur dit pas un mot. La seule à qui il parle, c’est Silvia, une jeune Roumaine. J’avais envie de traiter de l’incommunicabilité.

Est-ce un hasard si les problèmes de communication sont au cœur de tous vos films ?

Je m’en suis rendue compte à la fin du tournage. Et j’ai encore une idée pour un quatrième film. Côté problème de langage, ce sera pire que les trois premiers ! Je dois faire une sorte de thérapie. Est-ce que ça vient de mon défaut de prononciation ? J’ai toujours su que j’avais un problème. À l’école, j’en jouais. Je faisais rire. Mais je ne me suis jamais sentie exclue.

N’est-il pas audacieux d’écrire une comédie sur des thèmes aussi sombres que la dépression, l’univers carcéral, un accident cérébral ou l’envie de meurtre ?

Je n’y avais pas du tout pensé. Mais Daniel AUTEUIL l’a remarqué. Pendant le tournage il a fait le pitch du film en disant : « C’est une comédie et pourtant c’est l’histoire d’un mec qui est en prison pour avoir tué un banquier, qui fait un accident vasculaire cérébral, qui s’évade puis tombe sur une nana qui lui demande de tuer sa mère ou alors elle le dénonce aux flics ». Pour faire rire, je préfère partir d’une base a priori pas très drôle. Le rire devient plus subtil. C’est ma patte !

Cette veine comique se retrouve dans les dialogues de Constant après son accident vasculaire. A-t-il été facile d’écrire toutes ces expressions tarabiscotées ?

J’écris les dialogues à voix haute. Je suis comédienne aussi : ça aide. J’écrivais parfois les dialogues normalement puis je me demandais comment les déstructurer. D’autres fois, je les écrivais directement transformés. C’était amusant à faire. Je n’avais pas de règle précise. Dans le doute, j’appelais un copain pour lui demander ce qu’il comprenait en entendant « Ziva, télétone aux tifs » au lieu de « Vas-y, téléphone aux flics ». Le but, c’était que les spectateurs comprennent sans sous-titres. Les intentions, le regard et le jeu de Daniel étaient aussi importants que les mots que j’ai trouvés. Avant de commencer à écrire le scénario je l’ai appelé pour savoir s’il acceptait que j’écrive pour lui. J’avais sa musique en tête. Ça m’a inspiré pour lui faire du sur mesure. Pour lui c’était parfois un peu compliqué à apprendre. De temps en temps, dans le feu de l’action, il disait correctement les mots alors qu’il devait mal les prononcer. Du coup, on recommençait. On faisait l’inverse des autres films !

Vous êtes-vous renseignée sur les effets causés par un accident vasculaire cérébral ?

Après un AVC il y a autant de problèmes d’élocution que de malades. Vous pouvez buter sur les mots et ça vous donne un accent allemand. Vous pouvez être très bavard sans qu’on comprenne un mot de ce que vous racontez. Vous pouvez être complètement muet et juste pouvoir vous exprimer par écrit. Vous pouvez ne plus vous exprimer du tout. Vous pouvez parler correctement mais seulement si vous chantez, comme les bègues. Ce cas me paraissait excessif. Si Constant se mettait à chanter tout le temps les spectateurs n’y croiraient pas même si c’est avéré. Finalement, j’ai choisi l’option où il renverse les mots et bute dessus comme un bègue.

Les sujets qui vous inspirent sont toujours hors actualité. Pourquoi ?

Les problèmes de banlieue ou de chômage me touchent mais je n’arrive pas à les traiter. Pour ça, il faudrait que je les ressente viscéralement. J’ai vécu dans le « 9-3 » [Seine Saint Denis, en région parisienne] jusqu’en 2008. Je connais bien la banlieue mais je me sens privilégiée. Je suis fille de médecin. Je n’ai jamais connu la faim. J’ai reçu une éducation. Je n’ai jamais été exclue en raison de la couleur de ma peau. En les traitant, j’aurais peur de profiter de l’actualité, d’en tirer un sujet dans l’air du temps. À mes yeux, le résultat relèverait de l’imposture. Je préfère parler de thèmes que je vis vraiment. C’est sans doute la raison pour laquelle certains associent mes films à du vieux cinéma. Je m’intéresse aux sentiments. Des thèmes comme la jalousie ou l’absence de dialogue dans le couple après des années de vie commune sont indémodables. Mon actualité, c’est de ne pas être dans l’actualité !

Pour quelles raisons avoir confié les rôles principaux à Daniel AUTEUIL, Sabine AZÉMA et Medeea MARINESCU ?

Après JE VOUS TROUVE TRÈS BEAU, je voulais absolument retourner avec Medeea. C’est une excellente comédienne. Elle est magique. Elle a quelque chose de rare et d’attendrissant. Et c’est une très grande pianiste : elle joue comme elle respire ! Je me suis torturé l’esprit pour pouvoir lui trouver un rôle dans cette histoire. Ce n’est pas facile d’écrire pour elle : elle a un tel accent ! Il faut vraiment expliquer dans le scénario qu’elle vient de Roumanie. Pour Sabine et Daniel, c’est parce que peu d’acteurs savent faire rire et pleurer avec naturel, sans forcer le trait. Ils sont capables de nous faire sourire en début de phrase et de nous émouvoir à la fin. D’autre part, j’avais l’intuition qu’ils faisaient partie de ma famille d’acteurs.

Comment avez-vous travaillé avec eux ?

Je ne travaille jamais avec les comédiens avant le tournage. Je n’aime pas faire de lecture autour d’une table : je ne sais pas associer les dialogues aux images qui pourront être celles du film. Je ne leur parle pas du rôle. Je les vois directement sur le plateau. À partir du moment où je les ai choisis et que je leur ai écrit un personnage sur mesure, le travail est presque fait. Ensuite, pendant les prises, je les laisse faire comme ils le sentent. Après, je rectifie le tir si nécessaire. En fait, aucun des trois ne travaille de la même façon. Daniel aime blaguer jusqu’au dernier moment puis il est totalement dans la scène. Il le fait même quand on tourne des séquences très sérieuses. Il a besoin de ça. Je ne sais pas comment il fait ! C’est assez angoissant. Parfois je disais : « Mais qu’il arrête de blaguer, arrêtez de lui parler, fichez-lui la paix, qu’il se concentre ! ». Sabine, c’est l’inverse. Elle est hyper concentrée. Elle redemande toujours une prise même si j’en ai assez. On pourrait en faire vingt : elle adore ça ! Il ne faut pas lui dire qu’elle était très bien. Elle ne supporte pas les compliments. Il ne faut pas lui dire non plus qu’elle n’était pas bien sinon elle risquerait de s’écrouler. Il faut juste lui dire si c’était « un peu bien » ou « pas tout à fait comme je veux ». Elle est compliquée mais drôle ! Medeea est très studieuse. Elle refait toujours les prises à l’identique. Elle est hyper concentrée, très à l’écoute. Il faut bien lui parler et finir les phrases. Il faut bien lui expliquer les choses.

Comment vivez-vous votre statut de réalisatrice ?

J’ai beaucoup progressé. Il était temps : c’est mon troisième film ! Mais je ne me sens pas réalisatrice car je ne raisonne pas par l’image. Je raisonne d’abord par le verbe. Comme pour mon premier film, je mets toujours des images sur ce que j’ai écrit. Ce n’est pas du tout pareil ! Pour moi, un réalisateur c’est Luc BESSON, Jean-Pierre JEUNET, Patrice LECONTE. Ils pensent en images. Ils font des trouvailles. Moi, je suis basique ! Je me sens plus metteuse en scène. Je crois qu’il en sera toujours ainsi. Mais je ne me sens pas un imposteur pour autant, sinon j’arrêterais. Contrairement à mon premier film où j’avais un conseiller technique, maintenant je sais effectuer un découpage plan par plan. Je me sens légitime de dire : « Non, je ne veux pas qu’on le fasse comme ça, mais en plus gros plan ou en plus longue focale ». Quand j’arrive sur le tournage je sais ce que je veux. Je choisis les cadres. Ça ne veut pas dire que ça me fascine davantage ! Je n’ai pas une passion pour l’image. J’adore le travail des mots et les acteurs. J’aimerais bien faire une mise en scène de théâtre un jour.

Le succès de vos deux premiers films a-t-il changé quelque chose dans votre approche du métier ?

Ça ne change rien ! Je ne voulais pas faire le premier. On m’a poussé à le faire, Michel BLANC entre autres. Il a été vu par 3,5 millions de spectateurs. Tout le monde me disait : « Tu te rends compte, c’est génial ! ». En fait, j’étais juste contente qu’il plaise, pas du tout fière. Je n’ai pas la grosse tête. Je suis restée simple. J’aime ce que j’ai fait, notamment ce premier film. À l’époque je disais : « Allez le voir, c’est trop bien ! ». On ne devrait pas être étonné que ça plaise au plus grand nombre. Ce n’est pas rien de faire un film ! Je suis sûre que je ferai des choses où je serai moins fière. Ce troisième film, si les gens n’en veulent pas, je me dirai : « Tant pis, ce n’est pas grave, ils auront aimé ce que j’ai fait pendant un certain temps ».

Vous avez un vrai capital sympathie auprès du public. Comment l’expliquez-vous ?

Je suis rentrée dans le cœur de toutes les provinces depuis ma participation aux « Grosses têtes ». Les gens me suivent. Ils m’ont vu grandir. Certains n’étaient pratiquement jamais allés au cinéma de leur vie quand JE VOUS TROUVE TRÈS BEAU est sorti. Par curiosité, ils sont venus voir ce que faisait « Mergouillette » comme disait Olivier de Kersauson. Et ça leur a plu. Comme je suis quelqu’un d’assez simple, mes goûts plaisent aussi à la plupart des gens !

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excessif - Gilles BOTINEAU
 

Une excellente comédie populaire, à l'humour malin et savoureux

On se souvient d'Isabelle Mergault notamment sur le plateau des Grosses Têtes, ou parmi les chroniqueurs de Laurent Ruquier. Mais on la connait également en tant que cinéaste, dont chaque projet connut de remarquables succès. La preuve : 3,5 millions d'entrées pour Je vous trouve très beau (2006), et 2 millions pour Enfin veuve (2008). Le public réservera-t'il le même accueil pour Donnant, donnant, son troisième long métrage ? Sans nul doute. D'autant qu'il s'agit là de son plus réussi, et de très loin.

Je vous trouve très beau ne dépassait pas le stade du "téléfilm", malgré l'ensemble de ses qualités (surtout au niveau de l'interprétation). Enfin veuve, bien que doté d'un excellent concept, manqua plus ou moins le coche, de par ses nombreuses facilités. On craignait donc ce nouvel opus, intitulé Donnant, donnant, et réunissant à cette occasion un étrange casting, Daniel Auteuil, Sabine Azéma, ainsi que Medeea Marinescu. Or, contre toute-attente, le résultat dépasse largement nos espérances. Les trois vedettes s'en donnent ici à coeur joie, naviguant entre le burlesque, l'humour noir et la romance. Daniel Auteuil prouve une fois encore qu'il reste un excellent acteur de comédie, inénarrable au possible (révélé par Les Sous-Doués, puis confirmé dans Les Hommes préfèrent les grosses, Ma Vie est un enfer, Le Placard et La Personne aux deux personnes). Il forme même avec Sabine Azéma un duo d'anthologie séduisant inlassablement nos rictus, quelque peu endormis en cette rentrée automnale. On applaudit. Quant à Medeea Marinescu, star roumaine jouant pour la seconde fois en France, elle crève littéralement l'écran, grâce à une extraordinaire générosité de jeu. Une vraie leçon.

Enfin, saluons le travail d'Isabelle Mergault, qu'il s'agisse de l'écriture ou de sa mise en scène. Sous ses faux-airs de déja-vu, Donnant, donnant surprend de la première à la dernière minute (fuyez la bande annonce, peu représentative de ce qui se passe réellement au sein du film), et nous entraine dans une folle aventure, aux allures de conte moderne. A l'arrivée, Donnant, donnant se révèle être une oeuvre populaire, à l'humour malin et savoureux. On attend désormais le prochain Mergault avec impatience !

  Source : www.excessif.com
   
toute la culture - Gilles
 

Pour son troisième long métrage, Isabelle Mergault confirme sa place de réalisatrice qui compte dans le cinéma français. Son humour et ses dialogues ciselés font une nouvelle fois mouche dans un film plus ambitieux qu’il n’y parait. Une jolie comédie qui devrait rencontrer son public dès sa sortie. (...)

Le cas Isabelle Mergault reste aujourd’hui un mystère. Abonnée aux petits seconds rôles dans les années 80, l’actrice a pourtant toujours joui d’une très forte popularité auprès du public. Ce n’est qu’en 2005 qu’elle rencontre un véritable succès personnel, sous la casquette de réalisatrice. Premier film mettant à l’affiche Michel Blanc et Medeea Marinescu, Je vous trouve très beau attire 3,6 millions de curieux. Ce triomphe improbable avait pourtant été peu apprécié (avec raison) par la critique qui regrettait sa trop grande mièvrerie. En 2008, rebelote avec Enfin veuve qui réunit plus de 2 millions de spectateurs. Deux succès pour deux sujets pas évidents : un agriculteur solitaire qui "recrute" une femme venant d’un pays de l’Est et une Michelle Laroque qui se réjouit de la mort de son mari pour pouvoir vivre pleinement son amour extraconjugal. On y retrouve des ingrédients similaires: un cadre provincial, un humour très dialogué qui joue sur les décalages et des intrigues sentimentales assez naïves. Les mêmes qualités et les mêmes défauts: un comique efficace qui ne brosse pas dans le sens du poil/ une réalisation un peu plan plan qui ne sait comment gérer des scènes parfois à l’eau de rose.

Donnant donnant s’inscrit pleinement dans cette filmographie naissante à la qualité croissante. Les notes d’intention dans le dossier de presse rappellent pourtant qu’Isabelle Mergault continue à s’excuser d’être passée derrière la caméra. Sans parler de qualités exceptionnelles de mise en image, Mergault a pourtant bien progressé depuis son premier film. Donnant donnant s’autorise quelques plans bien pensés, voire franchement esthétiques. Les scènes de l'évasion de nuit du personnage incarné par Daniel Auteuil, au volant d’une voiture amarrée sur un train de transport ou de Sabine Azéma jouant de l’accordéon sur le pont reflètent une envie de plus en plus grande de faire du cinéma. Les décors sont aussi plus nombreux, quittant de brefs instants la campagne et la petite ville pour les rues parisiennes. Daniel Auteuil, Sabine Azéma, et Medeea Marinescu naviguent avec un réel plaisir dans un scénario plus moderne qu’il n’y parait. Il y est en effet question de tolérance, de préjugés, de relation mère/fille, d’argent, de reconnaissance, d’ennui et bien sur d’amour. Certainement mieux réalisé et plus efficace dans sa construction, Donnant donnant reste avant tout une excellente comédie basée sur des seconds rôles volontairement très caricaturaux et des répliques inventives. Le comique n’est pas toujours très fin mais les élucubrations d’un Daniel Auteuil post AVC qui n’arrive plus à parler normalement et une Sabine Azéma illuminée comme jamais arrivent à faire sourire pendant 1h40.

En trois films, Isabelle Mergault a réussi à se faire un Nom. On n’ira pas voir un film avec Daniel Auteuil mais bien le nouvel opus de l’auteur de je vous trouve très beau. Souvent traitée avec mépris par la critique pour son attachement à la campagne et aux histoires d’amour, Isabelle Mergault se situe pourtant à mille lieues du très vieillot La tête en friche de Jean Becker. Donnant donnant synthétise bien les ambitions de la cinéaste tout en gommant partiellement la niaiserie de son premier opus. Avec cette bonne comédie originale et enlevée, et romantique l’histoire d’amour entre Isabelle Mergault et le public français ne semble donc pas devoir s’arrêter de si tôt.

  Source : toutelaculture.com
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