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Titre
original |
The Social Network |
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Titre français |
Le réseau social |
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Réalisation |
David Fincher |
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Scénario |
Aaron Sorkin |
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D'après |
L'oeuvre de Ben Mezrich The Accidental Billionaires : l’histoire de la création de Facebook |
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Interprétation |
Andrew Garfield (Eduardo Saverin), Jesse Eisenberg (Mark Zuckerberg), Joseph Mazzello (Dustin Moskovitz), Josh Pence (Les Jumeaux Winklevoss), Justin Timberlake (Sean Parker), Rooney Mara (Rooney Maraerica Albright), Armie Hammer (Cameron Winklevoss), Barry Livingston (Mr. Cox), Brenda Song Christy), Cedric Sanders (Reggie), David Selby (Gage), Malese Jow (Alice), Max Minghella (Divya Narendra), Patrick Mapel (Chris Hughes), Rashida Jones (Marylin Delpy), Victor Z. Isaac (Stuart Singer), ... |
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Musique |
Trent Reznor & Atticus Ross |
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Photographie |
Jeff Cronenweth |
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Pays |
USA |
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Année |
2010 |
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Durée |
2h00’ |
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Genre |
Drame |
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Distributeur |
Sony Pictures Belgique |
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Site officiel |
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Bande annonce |
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Affiche 01 / 02 |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès |
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Le jeudi 21 octobre 2010 |
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Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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The Social Network retrace la mise en orbite de Facebook, qui compte aujourd’hui plus de 200 millions de membres, ainsi que l’ascension phénoménale de son créateur Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard que quelques clics auront transformé en businessman multimillionnaire ...
Le scénario du film, écrit par Aaron Sorkin, s’inspire du livre controversé de l’auteur américain Ben Mezrich"The accidental Billionaires", titré en France"La revanche d'un solitaire",qui dresse un portrait peu flatteur de Mark Zuckerberg, à mi-chemin entre prodige visionnaire et opportuniste sans scrupules.
Le fondateur de Facebook a convaincu un demi-milliard de personnes d'étaler leur vie privée sur Internet. Aujourd'hui, il n'apprécie guère d'être le"héros" malgré lui du film de David Fincher. (Le Figaro.fr)
Une chanson de la chorale belge Scala - la reprise du succès mondial"Creep" de Radiohead -, est reprise dans le film. |
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David Fincher, né le 22 août 1962 à Denver, Colorado (Etats-Unis). Producteur exécutif, Acteur, Réalisateur, Acteur, Producteur exécutif.
David Fincher est un réalisateur particulièrement connu pour le style violent et sombre de ses films, dont les thèmes de prédilection sont la représentation de la paranoïa et les personnages protagonistes principaux mis à rude épreuve. Il débute sa carrière en travaillant sur des effets spéciaux pour la société Industrial Light & Magic. Après un passage par la publicité et les vidéo-clips, il commence à réaliser des films pour le cinéma. Le cinéaste possède sa propre maison de production : Propaganda Films.
Fincher est classé parmi les réalisateurs"visuels", au même titre qu'un Jean-Pierre Jeunet avec qui il partage occasionnellement le même chef opérateur, Darius Khondji. Issu lui aussi, du monde des effets spéciaux, de la publicité et des clips vidéos. Le cinéaste maîtrise parfaitement les techniques permettant d'obtenir le rendu visuel qu'il désire, notamment en matière de photographie et de post-production. Cette maîtrise et cet intérêt pour l'image ont fait que la critique a pu qualifier sa réalisation de maniérée, notamment lors de la sortie de Zodiac.
Dès son premier long-métrage, Alien 3, il montre une maîtrise visuelle impressionnante, bien qu'il regrettera par la suite le manque de liberté accordé par la Fox à cette époque, qui produira pourtant plus tard son film le plus"libre". Venu du monde de la pub et du video clip, virtuose de la caméra, Fincher a acquis en assez peu de films son blason de grand réalisateur. Un parcours que l'on compare déjà à celui de Ridley Scott. Dure tâche que de succéder aux Alien, le huitième passager de ce dernier et Aliens - Le retour de James Cameron, d’autant plus que ces deux premiers opus ont été des succès au box office américain : 78 millions de dollars contre 81 millions de dollars. David Fincher doit donc faire preuve d’un sang-froid remarquable pour réaliser un film réussi cinématographiquement et faire du rendement.
Pour son premier film, le réalisateur tout juste âgé de 30 ans, livre une œuvre sombre (aussi bien dans le fond que la forme) d’une grande maîtrise technique. Au montage final, les producteurs non satisfaits par la fin du long-métrage, en retournèrent une seconde, passant outre l’accord du réalisateur. Privé du"Final Cut", David Fincher dénigrera son film par la suite. Il rapportera 55 millions de dollars de recette aux États-Unis, ce qui est insuffisant pour son budget de 50 millions de dollars (cinéma), mais le film s’amortit largement dans le reste du monde, rapportant plus de 159 millions de dollars au total.
Trois ans plus tard, soucieux de ne pas récidiver ses erreurs passées, Fincher s’apprête à mettre en scène un film d’envergure plus restreinte mais qui fera de lui le grand cinéaste qu’il est devenu. Qualifié déjà de"grand classique" lors de sa sortie en salle par la critique, Seven fait bonne figure dans le paysage cinématographique, et inéluctablement Fincher et Brad Pitt se font remarquez dans la profession, puis courtisez par le tout Hollywood quand le film parvient à cumuler 100 millions de dollars de recette outre atlantique et plus de 320 millions dans le monde entier, pour un budget moyen de 33 millions de dollars.
Du fait de sa popularité naissante, le cinéaste fait carte blanche pour approfondir sa sombre vision de la société, après la chasse au serial killer, Fincher s’engage pour son troisième long-métrage : The game, où il dépeint le bouleversement d’un riche homme d’affaire ( Michael Douglas) lorsqu’il accepte de participer à un jeu de rôle mystérieux. Deux ans après, le réalisateur met en scène, un film considéré par la critique, comme l'un des plus polémiques de sa décennie : Fight Club, adapté du roman homonyme de Chuck Palahniuk. Ce film a été critiqué pour son orientation politique. On l'a accusé de propager un message anarchiste, voire nihiliste, véhiculant un message libertaire ou de militantisme pro-homosexuel. Au sommet de son art, David Fincher réalise une oeuvre virtuose comme rarement et livre une des plus décapantes visions sur la société de consommation, mélangé au thème de la schizophrénie, faisant l’apologie de l’autodestruction corporelle résultant de l'éveil de la personne, et accompagné d’une connotation homosexuelle sous-jacente entre les deux protagonistes du film (Brad Pitt et Edward Norton). Ce film devient rapidement le dernier film culte réalisé au 20ème siècle pour la communauté cinéphile et les fans. Malgré son échec au box office américain. Fincher est maintenant un réalisateur qui pèse artistiquement. |
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Après les débordements de Fight Club, les studios donnent au réalisateur un film de commande sur-mesure à ses compétences visuelles : Panic Room. Dans ce thriller hollywoodien typique, David Fincher déploie tout ses talents techniques et réussit une fois encore une mise très virtuose, au service d’une intrigue basique mais pas bancale. Le film a été un véritable succès au box-office.
Après 5 ans d’absence et plusieurs projets avortés, David Fincher réalise son 6eme long-métrage : Zodiac. Avec celui-ci, il prend le parti d’épurer son film de tout ce qui brille ou pétille, ne laissant place qu’à la scrupuleuse enquête que lui même et ses collaborateurs (policiers et journalistes) ont effectués pour préparer son film. Une esthétique de fiction-documentaire sur l'histoire vraie, des méfaits d'un tueur en série, l'un des plus célèbres de l'histoire américaine, qui a frappé pendant les années 60 et 70 dans la ville de San Francisco. Mais le public ne suit pas, et ne rencontre pas un franc succès.
En 2009, David Fincher est sur des projets d'envergures. The Curious Case of Benjamin Button, marquant sa troisième collaboration avec Brad Pitt, est très attendu du monde cinéphilique, de par son histoire et de l'enjeu qu'il comporte pour les grands studios. En effet, l’adaptation d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald racontant les aventures d’un homme né vieux rajeunissant chaque année pour mourir bébé risque de faire revenir le public dans les salles obscures. De plus, que pour ce film à très gros budget (200 millions $) le réalisateur spécialiste des effets spéciaux a tenu que ce soit par cette technique, que son héros apparaissent à tout les âges et non par du maquillage. Il va ensuite retrouvé Morgan Freeman pour un Rendez Vous avec Rama de Arthur C. Clarke, et va mettre en scène Keanu Reeves Chef cuistot, au quotidien difficile dans les prestigieuses cuisines d'un grand restaurant New-Yorkais. Frincher y pense depuis plus de 10 ans à faire ce film tiré du best-seller, Kitchen Confidential d' Anthony Bourdain. Ce livre a déjà donné lieu à une série télévisée qui a fait un flop retentissant aux Etats Unis, mais David Fincher a la ferme intention de faire mieux ...
En 2010, il réalise le très attendu Social Network, biopic retraçant le parcours de Mark Zuckerberg, fondateur du réseau social Facebook et plus jeune milliardaire du monde.
Source : www.toutlecine.com
Toute la filmographie de David Fincher en tant que :
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Adulé, détesté ou réévalué par ses ennemis après son monumental Zodiac, David Fincher est devenu l’une des figures majeures de Hollywood. A l’heure où sort The Social Network, décryptage en 7 leçons d’une œuvre puissante qui ne se laisse pas facilement saisir.
1. Fincher et la mise en scène
Une des clés du cinéma de Fincher repose sur sa capacité à adapter sa mise en scène au projet. Dans Seven, néo film noir apocalyptique, la ville pluvieuse aux appartements délabrés, l’obscurité des intérieurs et ces perspectives bouchées créent une cité symbolique décadente. Avec The Game, thriller parano rappelant La Mort aux trousses et les films du complot des 70’s, l’espace est la fois décor de cinéma et jeu vidéo vivant. Dans Fight Club, film mental et post punk, l’insensé d’un monde consumériste global est ramassé, on zappe à une vitesse folle comme si ne régnait plus qu’un régime d’immédiateté abolissant les distances et la notion du temps. C’est encore Panic Room qui en évoquant La Maison des feuilles (indirectement cité) élargit et rapetisse un lieu clos quadrillé par une caméra faisant fi des lois de la physique ; Zodiac et son espace diffus aussi insaisissable que son tueur ; Benjamin Button où chaque scène est filmée comme la dernière puisque reposant sur l’idée que la mort est son sujet ; The Social Network qui, tout en se focalisant sur la parole et l'intelligence pour traiter du pouvoir, met en scène une logique de propagation elliptique répondant à celle de Facebook.
2. Fincher et l'époque
Il y a chez Fincher une obsession pour la modernité correspondant à sa volonté de se situer dans son époque tout en la résumant. Ainsi Se7en s’inscrit-il dans une perspective millénariste (l’an 2000 est alors proche) ; The Game traite du simulacre et de la virtualité (comme Fight Club et The Social Network) ; Fight Club avec ses effets publicitaires filme des corps de chair au moment où ceux de synthèse commencent à envahir Hollywood avec Matrix ; Panic Room se construit autour d’un espace anxiogène et paranoïaque alors que l’Amérique vient de subir le 09/11 ; Zodiac traite du réseau en montrant comment l’information circulait il y a 30 ans alors que nous vivons à l’heure d’Internet ; Benjamin Button, cas un peu à part, prend néanmoins comme point de départ et de chute la catastrophe de Katrina pour filmer l’existence et la mort des choses simultanément ; The Social Network enfin, faux biopic d'un être sans passé et numérisé avant l'heure, retrace l’émergence d’un nouveau monde dont nous sommes témoins, tout en relisant Citizen Kane.
3. Fincher et le contrôle
Une chose fascine chez Fincher, son obsession du contrôle absolu. Celui-ci s’actualise par la mise en scène, rigoureuse, et aussi son rapport à la technique qui en servant toujours le film en fait parfois son sujet. Dès Se7en l’image fourmille de détails et le générique, avec ses effets grattés, renvoie à la nature même de la pellicule qu’on manipule. Plus tard, les effets spéciaux dans Fight Club ou Panic Room permettent à la caméra de révéler l’intérieur des choses, d’un système, une mécanique. Avec Zodiac l’image vidéo et clinique colle à sa quête de transparence fuyante. Dans Benjamin Button, le corps de Brad Pitt devient image malléable et figure du temps. Mais ce contrôle, ce fût aussi celui du spectateur, qui dans Se7en, The Game et Fight Club était manipulé. Ou encore celui de Zuckerberg qui avec Facebook recrée le monde selon ses règles en écrasant impitoyablement les autres.
4. Fincher et le marxisme
Les questions sociales et politiques peuvent sembler parfois absentes chez Fincher. Persiste toutefois chez lui une idée de classe. C’est par exemple Michael Douglas dans The Game : milliardaire arrogant pris dans un jeu machiavélique le poussant à la clochardisation, il prend ainsi conscience de l’autre. C’est aussi les prolétaires et petits costards cravates sans aspérités de Fight Club se lançant aveuglément dans l’anarco-terrorisme pour répondre à la pauvreté de leur existence. Forest Whitaker dans Panic Room braquant les bourgeois pour sauver les siens. Jake Gyllenhaal, le cartoonist anonyme qui résout, seul, l’énigme du Zodiac. Ou encore Benjamin Button, abandonné à la naissance par son père, notable, mais instantanément adopté malgré son apparence par une femme noire de la Nouvelle Orléans. Jusque dans The Social Network et l’ascension fulgurante de Zuckerberg en nouvelle figure du capitalisme écrasant l'aristocratie finissante du Massachusetts, un certain matérialisme persiste.
5. Fincher et la mort
Si la solitude est un point commun aux personnages de Fincher, il y a surtout chez lui cette idée que la liberté se déploie lorsqu’on a tout abandonné ou perdu. Mais cette liberté illusoire et gagnée ne se fait donc pas sans perte ou au prix d’un certain cynisme. C’est celle illustrée dans The Game par une vraie-fausse déchéance ; celle de Fight Club qui se retourne in extremis contre elle-même ; celle condamnée d'emblée de Panic Room ; celle narcissique de The Social Network où Zuckerberg finit victorieux mais seul devant un froid écran d'ordinateur, comme effacé face au miroir qu’il a construit. De tous les films, Benjamin Button est le plus éloquent en ce qu’il prend la mort comme origine. En filmant un corps biologiquement inversé forcé à la solitude (ce qui lui offre une liberté absolue mais tragique), Fincher montre que chaque être n’existe que par son impermanence. Tout se termine dans l’épuisement, la mort, le vide ou le retour à zéro.
6. Fincher et les boucles
Chez Fincher le motif de la boucle revient sans cesse. Dès Se7en on note ce générique de fin qui revient en arrière. On remarque surtout la présence d’un pendule, motif récurrent et dont la fonction n’est pas de mesurer le temps (l’horloge), mais lui donner une pulsation infinie. Donc de revenir à zéro, pur mouvement perpétuel dont on ne peut s’absoudre, et qui résume notre condition. L’œuvre toujours circulaire de Fincher est ainsi celle du ressassement et de héros tournant en rond : dans une enquête, une machination, leur cerveau, un espace, leur création. Benjamin Button, au détour d’un dialogue, fait référence au zéro infini dont la forme est une boucle. Il faut y voir le grand sujet de Fincher, cette idée que le possible, l’infini, n’existent que dans une vie s’achevant inexorablement là où elle a commencé : le vide, la mort, ou (variation) devant Facebook : réseau virtuel illimité d'un homme désintégré, inadapté, dématérialisant le monde pour y vivre seul ses névroses.
7. Fincher et les illusions perdues
Si les personnages de Fincher piétinent, pris dans un mouvement les dépassant, c’est que de leur trajectoire naît une effroyable vérité. C’est plus ou moins toujours l’histoire de héros mis face à eux-mêmes ; d’homme pris dans des mécaniques aliénantes dont ils pensent pouvoir s’échapper avant que la réalité ou qu’un autre plus fort ne les rattrape ; d’obsessions débouchant non sur la consécration d’un travail accompli mais une forme d’épuisement au constat absurde. Petite exception trompeuse, Benjamin Button illustre un faux optimisme montrant que toutes nos rencontres, amitiés ou amours sont condamnées à disparaître. Les épreuves par lesquelles passent les personnages de Fincher sont révélatrices de notre arrogance ou notre ignorance. Elles nous remettent à notre place, face à la mort, au vide, au temps, la réalité, notre solitude. Soit un cinéma fasciné par les puissances de la création et l’intelligence, mais pour un constat nihiliste et sans illusion sur les choses. |
| Source : www.fluctuat.net |
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The Social Network – I’m CEO Bitch
"I’m CEO, bitch" (en français: "je suis PDG, salope") c’est ce que Mark Zuckerberg avait fait inscrire sur ses cartes de visite au tout début de la création de Facebook.
C’est tout du moins ce qu’affirme Ben Mezrich dans son ouvrage controversé The accidental billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal) paru en juillet dernier et que j’ai eu le plaisir de lire cet été pendant mes vacances.
Controversé, car Facebook et Mark Zuckerberg ont refusé de participer de près ou de loin à l’élaboration de ce que son auteur qualifie lui même de "Tale" soit conte. Pour se plonger dans The Accidental Billionaires il faut donc accepter l’idée que les faits relatés peuvent ne pas être tout à fait exacts ni même tout à fait sincères dans la mesure où les contributeurs de ce conte sont majoritairement des anciens étudiants d’Harvard qui en veulent à Zuckerberg.
Qu’en retenir donc?
Tout d’abord, il convient de relativiser sur l’aspect accidentel de la création de Facebook. En effet, Facebook c’est avant tout un génie qui à déjà 19 ans déclinait une offre de Microsoft de 2 millions de dollars après s’être fait remarquer pour avoir créé un programme appelé Synapse qui permettait de reconnaitre les goûts musicaux d’un auditeur et ensuite de créer des playlists sur mesure.
Un génie certes, mais un génie asocial, peu loquace, mal à l’aise, regardé avec méfiance par des étudiants d’un Harvard dominé par une élite fortunée, brillante socialement, intellectuellement et sportivement.
C’est dans ce cadre et à la fin d’une soirée où une fille lui aurait posé un lapin que Mark Zuckerberg aurait regagné sa chambre du campus, se consolant avec un pack de bière Beck’s, bien décidé à prendre sa revanche sur une gente féminine décidemment peu avenante à son égard. De cette déception est né Facemash, sorte de Hot or Not (canon ou pas canon) où Zuckerberg proposait à ses camarades d’Harvard d’établir un classement des filles les plus et les moins jolies. Alimenté par les facebooks (trombinoscopes) des différentes résidences du campus qu’il avait hackés (on notera au passage qu’au fur et à mesure de son travail, Zuck indiquait sur son blog en temps réel les différentes étapes de sa progression et décrivait toutes les sécurités qu’il parvenait à contourner; Ben Mezrich reprend donc ainsi des extraits des propres propos de Zuckerberg), Facemash attirera dans une premier temps beaucoup d’ennuis à Zuckerberg.
Mark n’avait en effet pas anticipé le succès de sa dernière trouvaille. Afin de tester Facemash, il envoya des liens à quelques amis. Quelle fut sa surprise lorsqu’il s’aperçut qu’en une vingtaine de minutes plus de 20 000 votes avaient déjà été comptabilisés. Facemash avait déjà fait le tour du campus et déchaîné les foudres des associations féministes et de l’administration d’Harvard.
C’est de façon surprenante cette gaffe monumentale qui faillit lui coûter sa place à Harvard qui lui permit de faire une rencontre charnière dans sa vie. En effet, ceux que l’on pourrait qualifier de stars du campus; les athlétiques et riches frères Winklevoss qui travaillaient sur HarvardConnect (qui deviendra plus tard ConnectU), un projet de réseau social Internet, étaient à la recherche d’un "geek" capable de faire progresser rapidement le développement de leur site. C’est tout naturellement qu’ils se sont rapprochés de ce hacker qui faisait les gros titres du journal d’Harvard, le Harvard Crimson. Pendant quelques semaines Zuckerberg et les deux frères travaillent ensemble. Mark se dit rapidement très occupé, manque plusieurs rendez-vous de travail. Jusqu’au jour où parait thefacebook (qui mentionne en bas de chaque page un fier "a Mark Zuckerberg production") un concept qui selon les frères Winklevoss rejoint de trop près HarvardConnect. Vexés, humiliés de s’être faits avoir par un quelqu’un qu’ils voyaient comme un petit geek asocial de première année sans allure, ils entament alors une série de poursuites qui jusqu’à ce jour n’est toujours pas terminée.
De son côté thefacebook séduit les étudiants d’Harvard qui s’y inscrivent de façon unanime. A la fin de l’année, thefacebook s’ouvre aux principales universités des USA. Zuckerberg commence à recruter puis décide de quitter là côte Est pour la Californie où il prend en location une maison dans laquelle lui et ses amis travaillent, font la fête et dorment quelquefois.
La suite est bien connue. Thefacebook devient Facebook et se propage à une vitesse surprenante. La vie de Zuckerberg et de ses amis est maintenant rythmée par la création du tag des photos, des newsfeed, par les levées de fonds qui permettent de recruter toujours plus de personnel. Les caps des 50 puis des 100 millions de membres sont franchis.
S’il est nécessaire de prendre une certaine distance vis à vis de The accidental billionnaires, on appréciera la description de la vie sur le campus d’Harvard. On y trouve des situations assez cocasses mais aussi une description surprenante-mais relayée par beaucoup d’autres sources- de la personnalité du "CEO", capable de passer des journées et des nuits entières sur son PC sans rien boire ni manger, ne répondant preque pas lorsqu’on lui parle et prêt à tout pour protéger son entreprise quitte à sacrifier ses amis.
Le procès des frères Winklevoss a finalement abouti en 2009 à une condamnation de Mark Zuckerberg à verser une somme proche de 65 millions de dollars en actions de la société Facebook Inc. aux fondateurs de ConnectU. Ce verdict peut paraître assez généreux et à vrai dire quand on voit ce que donne www.connectu.com on comprend à quel point Facebook est une réussite!
The Accidental Billionaires (The founding of Facebook, a tale of sex, money, genius and betrayal), Ben Mezrich, Doubleday, 2009.
Version française: La revanche d’un solitaire – La véritable histoire du fondateur de Facebook , traduction de Lucie Delplanque, Max Milo, 2010. |
| Source : gullivearth.com |
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On a déjà beaucoup spéculé sur The Social Network de Fincher, l'un des films les plus attendus de cette rentrée. A quelques jours de la sortie, nous avons demandé à Ben Mezrich, auteur de La Revanche d'un solitaire, le livre qui inspira le scénario de The Social Network, de revenir sur quelques points du parcours de Zuckerberg que le réalisateur a porté à l'écran.
comment est né ce livre ?
J'avais encore envie d'explorer un peu plus l'univers du collège US et les règles qui régissent l'université. Et puis je voulais me pencher sur la personnalité complexe de Zuckerberg.
A quel moment as tu su que Fincher voulait adapter ton livre ?
En fait, Aaron Sorkin, le scénariste, a su que j'écrivais un bouquin sur Facebook et il a voulu savoir de quoi il s'agissait. Il est venu à Boston et on a travaillé parallèlement. Il a fait des recherches de son côté, surtout sur les procès, il a vérifié certaines infos et transformé mon histoire linéaire en un kaleïdoscope à la Rashômon... Malgré tout, la plupart du film provient de mon livre, parfois mot à mot.
Tu as aimé le film ?
Tu parles ! J'adore la manière dont il a mis en scène mon livre. Les comédiens sont géniaux, et il a tout compris à cette histoire... J'étais vraiment impressionné.
Pourquoi n'as-tu jamais rencontré Zuckerberg ?
Il n'a pas voulu coopérer - ni avec moi ni avec Sorkin. Il savait que je rencontrais Eduardo Saverin (cofondateur de Facebook, qui intenta un procès à Zuckerberg quelques années plus tard NDLR), que je parlais avec des personnes de son entourage. Et je pense qu'au fond, il avait peur de ne pas pouvoir contrôler l'histoire racontée. Pourtant, même si je me suis beaucoup appuyé sur le point de vue d'Eduardo, je raconte le plus honnêtement possible l'histoire de Facebook. Il n'était pas question de crucifier Zuckerberg, de l'affaiblir ou de le faire passer pour un demeuré ...
Tu n'es pas vraiment tendre non plus : dans ton livre, c'est un collégien autiste qui n'arrivait pas à coucher avec les filles
Mais au fond c'est ce qu'on a tous été. Pour moi, ce fut le cas. Et je m'en suis remis ! Zuckerberg est un mec génial, c'est le créateur de Facebook. Il n'y a pas photo ! Il a pu avoir un comportement bizarre avec certaines personnes, sa relation avec Saverin est complexe, mais c'est le vrai cerveau de l'histoire, et ça, ça ne se discute pas.
Enfin, de là à créer Facebook pour choper ...
C'est ce que laisse entendre son blog le soir où il a créé Facemash... D'ailleurs, cette histoire est au cœur du film de Fincher et, à mon avis, au coeur de la trajectoire de Mark. Au fond, il veut impressionner - et surtout les filles - socialement et intellectuellement.
Peux-tu en dire plus sur cette histoire de Facemash, qui ouvre ton livre ?
On connait l'histoire : un soir d'octobre 2003, furieux de s'être fait larguer, Mark a commencé à picoler et il a piraté le système informatique d'Harvard. Il a pris toutes les photos des filles du campus et créé un site où l'on pouvait élire la fille plus sexy du campus. En quelques heures, toute la fac était connectée à Facemash et les serveurs s'effondraient. Facemash marque le début de l'aventure Facebook : c'est ce qui a rendu Mark célèbre. C'est grâce à cette histoire que les jumeaux Winklevoss l'ont repéré et c'est ce qui a scellé le pacte entre Eduardo Saverin et Mark Zuckerberg.
Ton principal témoin est donc Eduardo Saverin... Quelles étaient ses relations avec Zuckerberg ?
Du point de vue de Mark, c'est compliqué à dire. Mais selon Eduardo, ils étaient très proches, toujours fourrés ensemble. Ils s'étaient rencontrés dans une fraternité juive de Harvard. Quand il a voulu lancer son business, Mark s'est tourné vers Eduardo pour son argent.
La partie la plus intéressante du livre, c'est ton obsession pour les clubs élitistes de Harvard... Mais Zuckerberg a dit partout qu'il n'avait jamais voulu y entrer
Ce n'est pas mon obsession, c'est celle de Zuckerberg. Eduardo est très clair sur le fait qu'ils voulaient tous les deux intégrer les final clubs ; ils voulaient intégrer ces sociétés dont ils étaient exclus. Quand ils ont créé Facebook, la première chose qu'ils ont faite a été d'emailer le lien à tous leurs contacts de Phoenix, un des clubs d'Harvard. Tout cela est avéré... J'ai été à Harvard et je sais que les clubs sociaux dominent la vie étudiante. Si tu es dans un de ces clubs, tu es du bon côté : à toi les filles et la belle vie. Et si tu n'y es pas, alors ton seul objectif est d'y arriver. D'ailleurs, à partir du moment où Saverin a finalement intégré l'un de ces clubs, sa relation avec Zuckerberg s'est compliquée... Je ne sais pas si pour Mark c'était aussi évident, mais pour Saverin, la jalousie de Mark fut une composante essentielle dans leur rupture.
Finalement, l'histoire de Facebook, c'est d'abord une histoire de Harvard ...
Exactement, avec surtout cet aspect fitzgeraldien propre à cette fac ! Facebook est née d'une frustration, de ce désir d'appartenir à ces final clubs. C'est cet élitisme, ce désir de paraître et cette notion d'exclusivité qui ont créé la dynamique nécessaire ! Je pense même que Facebook n'aurait pas pu se faire ailleurs, sans ce fossé culturel et les frictions que seule cette université fait naître.
Du coup, que représentent les jumeaux Winklevoss dans cette histoire ?
Ce sont de purs produits de Harvard. Ils appartenaient à l'aristocratie de la fac et a priori, rien ne prédestinait les jumeaux à croiser le chemin de Mark. Au début du livre, ils construisent leur site, Harvard Connection, à peu près au moment où Zuckerberg lance Facemash. Il voulait créer un club de rencontres privées sur le net, mais ils avaient besoin d'un geek pour concevoir le programme. Après l'épisode Facemash, ils ont contacté Mark. Ils lui ont donné rendez-vous dans le dining hall pour lui proposer de participer à l'aventure, en lui promettant notamment de restaurer son image salement ternie par Facemash ...
Mark avait des sentiments complexes vis-à-vis des jumeaux. Il traînait avec eux parce que c'était des types cool : c'était les stars du campus. Mais en même temps, il les méprisait à cause de leur statut. Des gens comme les Winklevoss sont à Harvard depuis des siècles. Harvard est l'un des rares lieux américains où perdure une véritable élite héréditaire. Mark, lui, sort de nulle part, et ce petit juif de NY plus intelligent que tout le monde va révolutionner le campus et remettre en cause l'ordre social établi depuis des siècles. Pour les jumeaux, c'était inacceptable.
D'où le procès pour vol intenté par les jumeaux contre Zuckerberg ?
Je ne sais pas si Mark leur a piqué l'idée de leur site pour Facebook, mais encore une fois, Mark est le vrai génie de cette histoire. Ça ne se discute pas.
Il y a un dernier personnage que tu sembles adorer et qui a joué un rôle particulier, c'est Sean Parker
Je le dépeins de manière moins diabolique que le film, mais au fond, Sean est une rock star, et l'idée de le faire jouer par Justin Timberlake est géniale. Sean a un charisme fou et il fut l'un des éléments essentiels du destin de Facebook. Au fond, c'est un entrepreneur, il voulait faire de Facebook un phénomène international. Sean cherchait l'idée à un milliard de dollars. Il avait eu deux compagnies qui avaient fait faillite (dont Napster) et il a tout de suite vu le potentiel de Facebook. Sans lui, Facebook n'aurait jamais décollé.
Une dernière question : tu as combien de friends sur facebook ?
Je n'ai pas regardé depuis un moment, mais je pense que je dois en avoir plus d'une centaine. C'est pas mal non ?
(Hmmm... Zuckerberg en a 761 000, ce sera dur à battre.) |
| Source : livres.fluctuat.net |
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La bande annonce du film ‘Social Network' procure un contrat de disque pour Scala & Kolacny Brothers |
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La bande annonce de 2 minutes pour le film de David Fincher "The Social Network", montre entre autres des scènes de soirées estudiantines agrémentées d’alcool, de jeunes filles légèrement vêtues et Justin Timberlake -- apparemment la recette idéale pour une comédie légère pour adolescents. Mais lorsque la musique de fond se fait entendre, une reprise du hit de Radiohead"Creep" - interprétée par une chorale féminine avec un accompagnement instrumental minimum - la bande annonce adopte une dimension sinistre qui se marie bien au profil dramatique de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook.
Cette reprise particulière a fait que cette bande annonce a été visionnée plus de 1 millions de fois sur YouTube depuis son lancement en juillet dernier. De ce fait, ses interprètes - la chorale féminine belge Scala comptant plus de 200 choristes et dirigées par les frères Kolacny, tous deux musiciens de formation classique - ont gagné de manière inattendue un public américain. Le 1er octobre, à la veille du lancement du film de Columbia Pictures, la chorale a signé un contrat américain avec ATCO Records, une filiale de Rhino Entertainment, c’est ce que confirme en exclusivité le magazine musical américain Billboard.
ATCO prépare la sortie en automne de"Circle" le dernier album de la chorale comportant des reprises et des compositions originales. Le président et administrateur délégué de Rhino Entertainment Kevin Gore est convaincu que l’utilisation de"Creep" dans la bande annonce du film"The Social Network" sera le premier de toute une série de placements.
Les chansons connues offrent toujours de multiples opportunités ajoute Gore,"et Scala & Kolacny Brothers a réussi à donner cette dimension particulière à ses reprises." Steven Kolacny, le pianiste, et Stijn Kolacny, le chef de choeur, ont tenu leur première répétition en avril 1996 avec 18 choristes. Après avoir travaillé uniquement un répertoire classique et avoir gagné un concours de chorales en Belgique en 2000, Steven se mit à écrire des arrangements rock qui puissent être interprétés par une chorale.
"Faire la même chose que toutes les autres chorales ne nous plaisait plus" dit Steven."Nous avons écrit nos premiers arrangements rock sans savoir où cela nous mènerait. Je voulais utiliser la chorale comme un chanteur solo mais accompagné de voix multiples".
En 2002, après qu’un ami lui ait donné un bootleg du chanteur de Radiohead Thom Yorke interprétant une version acoustique de"Creep", Steven décida de reprendre la chanson avec les voix particulières de Scala et le seul accompagnement d’un piano. Huit années et de nombreux albums plus tard, la chorale fut contactée par Mark Woollen, qui élaborait une campagne pour le film"The Social Network" et lui-même fan de longue date des arrangements de Scala.
Steven dit que Woollen et Fincher, le régisseur du film, recherchaient une atmosphère étrange et sinistre pour accompagner la bande annonce. Parmi plus de 70 arrangements de Scala, c’est"Creep" qui rendait le mieux l’atmosphère recherchée. A la bande annonce succéda la sortie du film le 28 septembre dernier dont la musique a été composée par Trent Reznor, le chanteur de Nine Inch Nails .
Glenn Stone, co-manager de Scala, confie que la chorale, qui a donné son tout premier concert américain l’année dernière, a fait l’objet d’un intérêt indescriptible dès son lancement.
"Je n’ai jamais vu une réaction de cette envergure" dit Stone, qui assure le management de la chorale avec Maurice Keizer."Chaque blog consacré aux bandes annonces de films, commençait sa critique de la bande annonce du film en parlant de la musique. Nous avons été submergés d’offres de contrats de synchronisation." Sur l’album ‘Circle’ sorti en Belgique en mai dernier, figurent des reprises de tubes rock tels que"Use Somebody" des Kings of Leon,"Lithium" de Nirvana et"Nothing Else Matters" de Metallica. Sur le CD en bonus se trouvent des compositions propres de Steven Kolacny, qui selon Gore méritent d’être utilisées pour des films ou des productions télévisées. Le morceau intitulé"Our Last Fight" des frères Kolacny par exemple, servira pour un des épisodes de novembre du feuilleton"Sons of Anarchy" diffusé sur le réseau de télé américain FX.
La version américaine de"Circle" comportera aussi"Creep" en bonus."Ce serait stupide de ne pas la prévoir alors que tant de gens la demande" dit Steven. Scala & Kolacny Brothers prévoit une tournée au Etats-Unis au printemps 2011. La chorale s’y produira avec un répertoire de compositions propres et de reprises.
Version de "Circle" que l'on retrouve dans la bance annonce
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Source : www.scalachoir.com |
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La BO de "Social Network" 5 titres gratuits |
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Trent Reznor (NIN) signe la BO du film "Social Network" de David Fincher qui raconte la véritable histoire du patron de Facebook, . Ce soundtrack est déjà disponible dans différents formats cd, vinyl et aussi un Blue-Ray disc restituant la musique dans le format 5.1.
5 titres gratuits sont disponibles en téléchargement légal :
ATTENDRE QUELQUES SECONDES LE TEMPS DE CHARGEMENT
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Source : www.rtbf.be/purefm |
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le soir.be - Nicolas Crousse & Alain Jennotte |
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AVEC "THE SOCIAL NETWORK", bientôt sur nos écrans, David Fincher écorne sérieusement l’image du site de réseau social. Ce sont ses créateurs, principalement Mark Zuckerberg, qui sont dans sa ligne de mire. Fincher dénonce : l’amitié, version Facebook ? Un juteux label commercial !
Pour un événement, c’en est un sacré. David Fincher, l’un des tout grands cinéastes américains d’aujourd’hui, à qui l’on doit Seven, Zodiac ou plus récemment L’Etrange histoire de Benjamin Button, s’attaque avec son dernier film au plus fulgurant phénomène de société de notre temps : Facebook ! Avec The Social Network, sur nos écrans le 27 octobre et depuis ce weekend numéro un au box-office américain, Fincher entend raconter l’épopée sauvage des très jeunes créateurs de Facebook. Et son portrait de groupe est impitoyable. C’est celui de brillants étudiants de Harvard, jouant la comédie de l’amitié mais prêts à se livrer entre eux à une guerre sans merci dès que des intérêts matériels font mine de les opposer. Au milieu d’eux, celui qui depuis le 7 février 2004 tient le rôle de créateur de Facebook : Mark Zuckerberg. C’est à son image publique, et par ricochet à celle de Facebook, que David Fincher s’en prend ici. De façon indirecte, avec une finesse qui ressemble parfois à de la prudence. Qui se décline lorsque nous le rencontrons, ce dimanche à Paris, par des propos mesurés. Mais qui, pour peu que l’on décode, consiste en une attaque en règle. Inspiré par la biographie de Ben Mezrich (La revanche d’un solitaire, la véritable histoire du fondateur de Facebook, aux éditions Max Milo), The Social Network n’est à aucun moment un film à thèse, tendant par exemple à démontrer la culpabilité de Zuckerberg… après tout, remarquable modèle du créateur autodidacte, toujours aussi populaire aux Etats- Unis. Un modèle d’autant plus spectaculaire que son acteur principal est extrêmement jeune, et que son ascension fut incroyablement rapide. Le scénariste du film, Aaron Sorkin, déclare même qu’il voulait défendre l’humanité de Zuckerberg. "Je m’identifie à cet homme timide, complexé, en colère. Ce serait trop facile de l’attaquer. Et n’oubliez pas que c’est un génie, un talent phénoménal, qui dirige à 26 ans une entreprise plus grande que General Motors." Ce que laisse néanmoins entrevoir et entendre le film de David Fincher est catastrophique pour celui qui incarne l’image du réseau social numérique. Le portrait du jeune homme, 19 ans au moment de son invention, 26 aujourd’hui, se résume en une addition d’éléments désastreux. ! (Nicolas Crousse)
Mark Zuckerberg

Mark Zuckerberg est un délateur Le film s’ouvre sur une anecdote relatée dans la bio de Mezrich : largué comme un bleu par une fille qui lui plaisait, Zuckerberg s’enferme avec sa honte dans sa chambre et lâche à titre de revanche une litanie d’injures et de bassesses sur l’intimité de la donzelle... dont le nom et la photo sont punaisés sur un site pirate de l’université. Dès la propagation des rumeurs malfaisantes, le site connaît un succès de fréquentation immédiat. Derrière l’anecdote, une accusation régulièrement lancée à l’encontre des mauvais utilisateurs de Facebook, tentés par la délation et les règlements de compte personnels.
Mark Zuckerberg est un traître Fin 2003, deux étudiants, les jumeaux Winklevoss, font appel à lui afin de lui confier leur idée d’un réseau social de Harvard. Zuckerberg accepte. Améliore le concept. Disparaît dans la nature durant quelques jours et nuits. Et n’en ressort qu’après s’être discrètement associé à un "ami", Eduardo Saverin, avec qui il crée Facebook. Sans avertir les Winklevoss, qui lui intentent rapidement un procès. Quant à Eduardo Saverin, après avoir servi les intérêts de Zuckerberg en lui prêtant 1.000 euros au démarrage et en lui apportant son important carnet d’adresses, il finira jeté comme une malpropre par son ami.
Mark Zuckerberg est un vendu Hacker génial lorsqu’il était étudiant en informatique à Harvard, et piratait le système en lançant un site un peu voyeur de rencontres, émaillé de photos, d’informations personnelles et de commentaires parfois trash, cet insoumis un peu anar est aujourd’hui devenu l’emblème de la culture mainstream, et du plus affamé des capitalismes. Sa fortune est estimée à près de sept milliards de dollars.
Mark Zuckerberg est un autiste Refermé sur lui-même, peine-à-jouir pendant que ses camarades font couler la bière, incapable de communiquer, c’est pourtant lui qui crée le site de communication le plus puissant de la planète (plus de 500.000 millions d’utilisateurs). Fincher voit en Zuckerberg (sur écran, l’excellent Jesse Eisenberg) une sorte de Rain Man propulsé dans un nouveau Wall Street. Mais un Rain Man qui, à la différence de Dustin Hoffman dans le célèbre film de Barry Levinson, ne suscite ni sympathie ni émotion. Tout au plus peut-on éprouver un peu de compassion, tant le jeune surdoué semble avancer seul dans la vie. On ne s’étonnera pas d’apprendre que Mark Zuckerberg, dont la communication sur le net est bien réglée (on le voit souriant sur toutes les photos), a refusé tout contact avec l’équipe du film. Fincher explique : "Je n’aurais pas fait ce film s’il ne s’était agi que de parler de Facebook. Ça n’est devenu à mes yeux une histoire que lorsque je me suis rendu compte que c’était celle d’un homme qui ne parle pas."
Mark Zuckerberg est l’ambassadeur des Narcisse On demande à Fincher ce qu’il pense de Facebook. En soi, il n’a rien à lui reprocher, dit-il, en reconnaissant l’impact énorme du réseau sur les teen-agers. Avant d’ajouter : "Mais Facebook peut aussi être le défouloir de gens qui ne savent que faire de leur narcissisme. Et cette obsession de la transparence dans l’intimité me paraît aussi effrayante que triste."
Mark Zuckerberg est un cynique L’amitié ? Avec lui, on est loin des vertus sacrées chantées par Aristote. C’est désormais le logo d’une juteuse équation commerciale. Facebook, vu par David Fincher ? Derrière le meilleur des mondes, un film d’horreur speedé. Et l’instrument d’une vengeance personnelle, pour un ex-loser recyclé en suppôt du néo-libéralisme. "Je ne suis pas sur Facebook, reprend Fincher. J’ai des amis rencontrés à l’université. Si je veux leur parler, c’est simple : je les appelle. Et ceux qui n’étaient pas mes amis à l’université, je n’ai rien à leur dire. Pourquoi voulezvous que je leur parle ?" Ceci dit, conclut le réalisateur, ce serait extrêmement réducteur et simpliste de voir les choses en termes de bons ou de méchants, dans le conflit qui oppose Zuckerberg aux Winklevoss ou à Eduardo Saverin. "Si on les écoute, ils nous disent à peu près tous : j’étais son meilleur ami… oui, avec en arrièreplan un enjeu de près de 600 millions de dollars ! En fait, on est juste dans un immense conflit d’intérêts." Le mot de la fin ? Il est dans le très pertinent slogan promotionnel qui accompagne les affiches du film : "On ne peut pas avoir 500 millions d’amis sans se faire quelques ennemis."
Quelques chiffres
650 millions Le nombre d’utilisateurs du réseau social en ligne dans le monde. Parmi les réseaux sociaux, Facebook attire 68 % du trafic web, Twitter 25 %, et Linkedin 4 %.
598 millions Le nombre de visiteurs uniques pour Facebook au mois d’août (derniers chiffres disponibles) contre 96 millions pour Twitter et 95 millions pour MySpace. Aux Etats-Unis, les internautes ont passé en août 41,1 millions de minutes sur Facebook contre 39,8 millions sur l’ensemble des sites de la marque Google. Donc Facebook devancerait Google.
6,9 milliards La fortune, en dollars (4,9 milliards d’euros) de Mark Zuckerberg, créateur de Facebook, d’après le classement Forbes 2010 des plus nantis de la planète.
Et si la réalité était bien pire ?
Qu’il colle peu ou prou à la réalité, le portrait peu flatteur de Marc Zuckerberg que brosse Social Network peut-il nuire à l’image de Facebook, une société que son "vrai" patron n’a lui-même guère ménagée, ces deux dernières années ? Car le "geek" introverti et timide qui cornaque le plus grands des réseaux sociaux du Net ne s’est pas fait que des "amis" en jetant aux orties, non sans arrogance, les tabous entourant le respect de la vie privée. L’an dernier, c’est une lumière crue qui était jetée sur les pratiques de Facebook, qui tentait de s’arroger des droits supplémentaires sur les contenus postés par ses utilisateurs, même lorsqu’ils se désinscrivaient du site. Face au tollé médiatique, la société a dû jeter du lest. En janvier dernier, interrogé par le fondateur du populaire blog technologique TechCrunch, Marc Zuckerberg expliquait, sans état d’âme, que la norme de ce qui était considéré comme acceptable en matière de vie privée avait changé et que les technologies à l’oeuvre au coeur de Facebook ne faisaient que refléter cette situation. Le voici à présent, par grand écran interposé, confronté à une polémique sur la genèse pas nécessairement très clean de l’entreprise qui a fait de lui un multi-millionnaire. S’il est impossible de faire un pronostic sérieux des traces que le film pourrait laisser, les premières réactions montrent que l’entreprise californienne ne sait pas trop comment réagir. Il y a quelques jours, on apprenait que Marc Zuckerberg allait faire un don colossal à une école américaine. Dans la foulée, il emmenait une brochette d’employés voir le film, une façon un rien pataude d’afficher une attitude zen face à l’événement. Mais en coulisses, certains comptent beaucoup sur la très routinée Sheryl Sandberg, une ex de Google devenue la numéro 2 de Facebook et qui depuis deux ans s’attelle à lisser les côtés trop rugueux de son patron. Elle a encore du pain sur la planche. ! (Alain Jennotte) |
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Source : lesoir.be |
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Notes de Production |
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Chaque époque a ses visionnaires, ses génies, ceux dont on dit qu’il y a eu"avant" et"après" tant leur apport a changé le monde. Mais ces changements se produisent rarement sans entraîner de rudes batailles pour déterminer exactement ce qui s’est passé, qui était là et quel rôle précis a joué tel ou tel acteur du changement. Dans The Social Network, le réalisateur David Fincher et le scénariste Aaron Sorkin explorent l’épopée de la création de Facebook, le phénomène social le plus révolutionnaire du siècle nouveau, à travers les points de vue conflictuels des jeunes gens exceptionnellement intelligents qui prétendent chacun en être l’inventeur. Le résultat est un drame où s’affrontent création et destruction, un film qui s’abstient volontairement de donner une perspective unique, préférant suivre plusieurs trames narratives comme autant de miroirs des vérités antagonistes et des relations sociales constamment en évolution qui définissent notre époque. S’appuyant sur de multiples sources, le film passe des salles de Harvard aux box de bureaux de Palo Alto, capturant le frisson des tout premiers jours de la naissance d’un phénomène qui a changé radicalement la culture mondiale. Il montre aussi, à l’échelle humaine, comment cette aventure a réuni un groupe de jeunes esprits révolutionnaires avant de les séparer : Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg), le brillant étudiant de Harvard qui a conçu un site Internet qui a redéfini le tissu social du jour au lendemain.
Eduardo Saverin (Andrew Garfield), qui fut le meilleur ami de Zuckerberg et apporta l’argent nécessaire à la création de la toute jeune entreprise ; Sean Parker (Justin Timberlake), créateur de Napster, qui a amené Facebook aux investisseurs en capital-risque de la Silicon Valley ; et les jumeaux Winklevoss (Armie Hammer et Josh Pence), les étudiants de Harvard qui ont affirmé que Zuckerberg avait volé leur idée et l’ont poursuivi en justice pour en obtenir la propriété. Chacun a sa propre histoire, sa propre version de la création de Facebook. Chacun apporte sa pierre à l’édifice de ce portrait complexe d’un succès du XXIe siècle, depuis les fantasmes et les rêves de jeunesse jusqu’à la réalité concrète de sa forme achevée. Afin de dresser un portrait compréhensible des balbutiements de cette création en devenir, de l’Histoire en train de s’écrire, Aaron Sorkin et David Fincher ont opté pour un mode de narration soigneusement construit et non linéaire qui intentionnellement, ne prend aucun parti.
Le film présente donc un consortium de narrateurs qui tous, sont convaincus d’être dans leur droit et que leurs souvenirs, leur version des faits sont l’unique vérité, tout en laissant ouverte la question de ce qui s’est vraiment passé afin que les spectateurs se fassent leur propre opinion. |
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Source : www.commeaucinema.com |
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L'épopée d'une invention planétaire |
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Jamais Aaron Sorkin n’avait dit"oui" aussi rapidement à un projet. Tout a commencé lorsque le scénariste, à qui l’on doit"A la Maison Blanche" et La Guerre Selon Charlie Wilson, a reçu la proposition initiale sous la forme d’un précis de 14 pages du livre de Ben Mezrich"The Accidental Billionaire" (paru en France sous le titre"La Revanche d’un solitaire – la véritable histoire du fondateur de Facebook" aux éditions Max Milo). Instantanément, ces quelques pages ont éveillé son désir de mener sa propre enquête sur l’histoire de Facebook. Il était fasciné par la trajectoire accélérée des personnages, surtout celui du cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, qui de hacker anarchiste, est devenu pratiquement du jour au lendemain un"web-entrepreneur" et un PDG qui a marqué son époque comme peu l’ont fait.
Aaron Sorkin était également intéressé par le thème de l’invention, la possibilité de disséquer les liens d’amitié et les rivalités entre ces jeunes iconoclastes, et d’étudier leurs manœuvres sociales – des éléments qui semblent présider à la création de toutes les nouveautés qui modifient fondamentalement la vie quotidienne, quelle que soit l’époque. Les générations précédentes ont vu l’avènement de la radio, du téléphone, de la voiture, de la télévision, de l’ordinateur. Aujourd’hui, c’est au tour du réseau social. Aaron Sorkin explique :"Les thèmes du film sont aussi vieux que le monde : la loyauté, l’amitié, le pouvoir, l’argent, la jalousie, le statut social. C’est une histoire qu’Eschyle, Shakespeare ou Paddy Chayefsky auraient pu écrire s’ils avaient vécu à notre époque. Heureusement pour moi, aucun d’eux n’était disponible, et c’est moi qui l’ai écrite !"
Plus il en apprenait sur les origines très controversées de Facebook, plus Aaron Sorkin était intrigué par la manière dont cette histoire s’apparentait à un instantané pertinent et révélateur de cet épisode particulier de l’histoire des Etats-Unis. C’était également un portrait des sujets ô combien humains que sont le génie, le pouvoir et la vanité. Ces jeunes gens sont à l’avant-garde des nouveaux styles de vie numériques, mais aussi brillants en matière de technologie soient-ils, ils sont aussi, comme le révèle la vision de Sorkin, des êtres impertinents, rebelles et jamais comblés au plan émotionnel. Aaron Sorkin commente :"Ce film est construit de telle manière que vous pouvez examiner tous les aspects, toutes les facettes de Mark Zuckerberg et les percevoir d’une manière complètement différente en fonction des personnages dont vous vous sentez proche dans l’histoire. Mark est motivé soit par sa force soit par ses faiblesses, par ses peurs ou son courage, son côté visionnaire ou son opportunisme. Le film brouille constamment les limites et danse sur le fil."Mark est un antihéros qui devient un héros de tragédie à la fin du film parce qu’il paie un lourd tribut pour son succès. Fondamentalement, c’est un hacker, et ces gens sont par nature des anarchistes. Ils se moquent de l’ordre établi, ils cherchent à démolir ce qui est en travers de leur chemin. Et contre qui Mark se révolte-t-il ? Contre les gens qui d’une manière ou d’une autre, font du monde un endroit qui le rend malheureux. Dans le cas de Mark, l’idée de sa propre valeur se transforme en colère, une colère aiguë, intense. Mais cette colère le nourrit, le fait avancer, et quand il a cette idée soudaine, cet"euréka", sa voie semble toute tracée. Cependant, la dernière chose dont il a envie – et c’est un élément important de l’histoire – c’est de tuer Facebook en en faisant une marchandise, en gagnant de l’argent avec et en lui ôtant son côté anarchiste. C’est vraiment le sujet du film – le parcours d’un hacker qui devient PDG. L’histoire du film aurait pu avoir été écrite par Horatio Alger, cet écrivain connu pour ses romans mettant en scène des self-made men issus de milieux modestes, sauf que notre version a pour héros un garçon solitaire dans sa chambre qui devient en un laps de temps très bref une figure clé du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui." |
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Suite sur Comme au cinema |
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Le réalisateur |
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Pour porter à l’écran le scénario d’Aaron Sorkin, le réalisateur David Fincher s’est démarqué de ses films précédents. Le réalisateur puissamment visuel à qui l’on doit les univers aux atmosphères intenses de
L'Étrange Histoire De Benjamin Button , Zodiac, Seven et Fight club, dirige ici sa caméra plus intimement sur la nature humaine des protagonistes, des personnages réels de jeunes anarchistes qui se sont trouvés, puis se sont séparés en donnant naissance au phénomène Facebook. Au départ, David Fincher n’était pas certain d’être attiré par le sujet, mais lorsqu’il a lu le scénario, son opinion a radicalement changé. Il se souvient :"Scott Rudin et Amy Pascal ne cessaient de me dire qu’il fallait que je lise ce scénario, que c’était une histoire fascinante et un script brillant. Et quand je l’ai enfin lu, j’ai adoré parce que c’était avant tout une histoire humaine, et parce qu’on y décortique un mythe n’ayant que quelques années d’existence. Je trouvais cela très intrigant.
"Par certains côtés, The Social Network est une histoire aussi vieille que le monde, une bataille tout à fait classique au sujet de la contribution de différents personnages à une invention et de l’évaluation de leur apport à cette création. Mais ce qui rend le récit intéressant, c’est qu’il évite de prendre parti. Vous ne parvenez pas à un tel résultat en essayant de recréer le moindre détail. Vous y arrivez en considérant les événements sous des angles différents – les points de vue de la personne qui avait tort et de celle qui a gagné. Il y a quelque chose de magique à faire un film basé sur des événements réels, et je trouvais le côté Rashomon de ce sujet réellement passionnant. Ce qui est important, c’est que le film explique comment un groupe de gens se sont réunis pour tenter de faire ensemble quelque chose de bien à partir d’une bonne idée, et comment ils ont décidé qu’ils ne pourraient pas finir le voyage ensemble. Notre travail était de prendre les faits et d’en tirer une vérité, ou plutôt trois vérités." David Fincher, comme Aaron Sorkin, percevait le film comme évoluant dans une zone de gris où les héros et les antihéros intervertissent leur place tandis que ces jeunes étudiants, à peine adultes, se transforment du jour au lendemain en innovateurs vers qui tous les yeux se sont tournés dans le monde entier. Selon lui, la vérité est un concept glissant quand on traite d’un si grand nombre de souvenirs divergents, de motivations plus ou moins claires et de fortes personnalités. Il commente :"J’ignore si l’on peut réellement connaître la vérité, mais ce que je sais, c’est que beaucoup de gens se sont donné du mal pour exposer leur version des faits, et que le comportement et les réactions des protagonistes du scénario d’Aaron Sorkin me paraissaient justes et vrais."
Le réalisateur était conscient des conséquences envisageables lorsqu’on s’aventure sur un terrain aussi controversé."Je savais que si nous faisions correctement notre travail, si nous rendions justice à l’histoire, tous ceux qui sont impliqués dans l’histoire renieraient certainement le film." L’approche de David Fincher a consisté d’abord à représenter fidèlement à l’écran l’univers de l’Ivy League et des start-ups de Silicon Valley où évoluent Zuckerberg, Saverin, Parker et les jumeaux Winklevoss au moment du lancement de Facebook, au tout début de la croissance exponentielle qui en a fait le géant que nous connaissons aujourd’hui. |
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Les acteurs |
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David Fincher savait que rendre vivants ces moments à l’écran nécessitait de réunir des acteurs assortis avec soin, capables de collaborer et de se heurter de façon passionnante et révélatrice pour le public."Nous avons cherché des acteurs capables de montrer les différents aspects des personnages et de rendre leurs relations complètement crédibles. Chacun devait occuper une place équivalente aux autres dans ce jeu de billard où les boules s’entrechoquent et rebondissent les unes sur les autres. Il fallait qu’ils soient très différents les uns des autres mais qu’ils fonctionnent bien ensemble. Je voulais montrer la dimension humaine de chacun, car je n’ai jamais vu Mark, Sean ou les Winklevoss comme des méchants. Je ne considère pas le manque d’imagination d’Eduardo comme quelque chose de mauvais. Je les regarde tous et je me dis que ce sont des jeunes, qu’ils vont commettre des erreurs, qu’ils font faire certaines choses pour de bonnes raisons, et qu’ils vont se détourner de ce qui est bien pour de mauvaises raisons. Le secret, c’était de trouver un groupe de gens volontaires pour expérimenter, sans savoir ce qu’ils allaient faire. Je voulais être capable de les pousser au-delà de leurs limites afin qu’ils dépassent l’idée préconçue qu’ils avaient d’eux-mêmes."
Le processus d’audition a été intensif."D’abord, raconte Fincher, nous avons fait circuler l’information et nous avons proposé aux candidats de nous envoyer leurs auditions sur leur téléphone ou sur enregistrement. Puis nous avons demandé à certains de parler de leur parcours. Chaque personne que nous avons auditionnée a dû faire plusieurs lectures. Nous cherchions à constituer un ensemble, et chaque élément du groupe devait soutenir et renforcer les autres." Plusieurs semaines avant le début du tournage, David Fincher a entamé des répétitions avec les acteurs par petits groupes afin de leur permettre de se familiariser avec le rythme, les modes d’expression et la façon de parler des personnages, tout en développant leurs relations avec le plus de naturel et de décontraction possible. Le réalisateur leur a demandé une souplesse inhabituelle, tournant jusqu’à 200 prises différentes pour une même scène, afin de bousculer les habitudes et d’avoir par la suite de multiples options au moment du montage. Il a travaillé avec eux le dialogue ciselé d’Aaron Sorkin jusqu’à ce qu’il devienne complètement naturel dans leur bouche. Aaron Sorkin explique au sujet de la direction d’acteurs de David Fincher :"Ce genre de répétition affûte l’instinct de l’acteur et le détourne d’un jeu théâtral.
Cela rend le dialogue plus naturel. En réalisant un grand nombre de prises, David a obtenu des résultats fantastiques. Il a complètement assimilé le fait que les dialogues occupent une place prépondérante dans le scénario et il a réussi à élaborer un style visuel obsédant qui place le film bien au-dessus de ce qu’il aurait pu être avec un réalisateur moins doué. David a parfaitement su tirer le meilleur de chacun de ses acteurs. Il lui arrivait de prendre 70, 80 ou 90 prises pour leur faire oublier qu’ils jouaient, leur faire perdre la conscience du jeu et les amener à prononcer les dialogues de façon innée et complètement naturelle. Par exemple, pour la scène où Mark et Eduardo sont dans la maison de Palo Alto, quand Eduardo est sorti au beau milieu de la nuit pour aller à San Francisco et qu’ils se disputent, nous avons commencé à tourner vers 19 h 00, mais David n’a été satisfait que bien après minuit, quand Jesse et Andrew étaient si épuisés que soudain, la scène a surgi, vivante, fascinante." David Fincher précise :"Je voulais amener les acteurs à ce point où ils parlent avec la rapidité et le naturel désinvolte de la vraie vie, quand les gens parlent en même temps et que les mots se chevauchent. Je trouvais aussi que le genre d’indignation vertueuse que révèlent les personnages dans plusieurs scènes exigeait un certain rythme. La première scène du film montre une jeune femme qui dit à Mark :"J’ai vraiment du mal à suivre ce que tu dis." Il fallait donc qu’il parle vite, autrement, nous n’aurions eu aucun respect pour elle, et il fallait qu’on en ait beaucoup parce que c’est elle qui expose les choses et donne le ton." |
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Un lancement prestigieux
Le film a été projeté en avant-première mondiale dans le cadre du très pointu Festival du Film de New York. Réputé pour sa sélection plutôt portée du côté indépendant, le Festival fait ici un écart et s'offre en prime une publicité non-négligeable compte tenu de l'attente qui règne autour du film.
Un biopic précoce
Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook et donc personnage central du scénario, n'a que 26 ans à la sortie du film. La publicité que celui-ci a suscité est à la hauteur de ce qu'a accompli le jeune homme et du mystère qui l'entoure. Il est, en 2010, le plus jeune milliardaire du monde.
La saga Facebook
Zuckerberg confiait dans une interview qu'il espérait secrètement que sa vie ne soit pas adapter sur grand écran de son vivant...C'est raté. David Fincher ( Seven, Fight Club, L'Etrange histoire de Benjamin Button) prend les rênes de l'un des scénarios les plus attendus de ces dernières années.
2010, l'année Fincher ?
2010 aura été une année faste pour le cinéaste, aux commandes de plus d'une dizaine de film en tant que réalisateur. Outre The Social Network, il tourne la même année le remake américain très attendu de la saga de Stieg Larsson, Millenium.
Story-Telling
Le film repose sur plusieurs versions d'une même histoire, à savoir la fondation de Facebook, comme l'explique le scénariste Aaron Sorkin :"il y avait réellement des récits contradictoires, et plutôt que de n’en choisir qu’un seul en particulier et de décider qu’il était"le vrai", ou le plus intéressant, j’ai pensé que la chose la plus passionnante à faire était de tous les adapter à l’écran. Ces versions discordantes sont le sujet du film. Les récits qui ne font que relater les faits de façon linéaire sont plus adaptés au biopic conventionnel qu’à ce que j’avais envie d’écrire."
Valeur universelle de Facebook
Le réseau social, vu par David Fincher, s'apparente à quelque chose de classique. Ainsi résume-t-il l'idée de Mark Zuckerberg, le fondateur :"il a vu que s’il pouvait relier toutes ces choses, alors les gens pourraient avoir cette sorte de lien immédiat, de connexion instantanée de la même manière qu’avec les téléphones cellulaires. C’était très exactement ça : l’immédiateté du téléphone cellulaire dans la recréation de votre image de vous-même."Ce n’est pas vraiment moi. C’est moi tel que je veux que tu me voies." C’est Narcisse." |
| Source : www.toutlecine.com |
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"Certains diront qu'il y a mille manières de filmer une scène, mais je ne crois pas. Il y en a peut-être deux, et l'autre est mauvaise." (David Fincher)
"Il y a un adage qui dit qu'on fait du mal à ceux qu'on aime, mais il oublie de dire qu'on aime ceux qui nous font du mal." (Dialogue du film Fight Club )
"Les choses qu'on possède, finissent par nous posséder." (Dialogue du film Fight Club )
"Avec le canon d'un flingue entre les dents, on ne prononce que les voyelles." (Dialogue du film Fight Club )
"La capote, c'est le soulier de vair de notre génération. On l'enfile quand on rencontre une inconnue, on danse toute la nuit, et puis on la balance." (Dialogue du film Fight Club )
"Que peux-tu savoir de toi tant que tu ne t’es pas retrouvé au milieu d’une bagarre ?" (Dialogue du film Fight Club)
"- Quand les gens croient qu'on est mourant, ils écoutent vraiment ce qu'on dit au lieu de ... - d'attendre que ce soit leur tour de parler." (Dialogue du film Fight Club)
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Entretien avec David Fincher |
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Ce film, du moins en apparence, semble représenter une nouvelle direction pour vous en tant que cinéaste. Si l’on se réfère à vos précédents films, mettre en scène des personnages dont le premier moyen d’expression est la parole ne vous est pas familier. Avez-vous aimé cela ?
Beaucoup, mais je vais exposer les choses autrement. Je ne sais pas ce que les réalisateurs sont supposés faire si ce n’est ce qu’exige le scénario. C’est ce qu’exigeait celui-ci, c’est ce dont l’histoire avait besoin. Est-on supposé se cantonner à ce qu’on sait faire ? Doit-on garder uniquement son petit coin sur le plateau de Monopoly et dire"J’ai la rue de la Paix et voilà tout ce que je suis" ? Cela me paraît parfaitement ennuyeux. Le langage est ce qui s’impose d’abord, mais ce qui soutient le langage, ce sont les bouches qui prononcent les paroles, les vêtements sur les corps auxquels appartiennent ces bouches, les maisons et les pièces qu’habitent ces corps. Pour moi, il y a là-dedans un côté jeu de dames : vous prenez quelques fauteuils de bureau et des ordinateurs, et des acteurs qui disent leurs dialogues et lancent leurs répliques comme ils sont censés le faire. Mais si vous voulez jouer aux échecs en 3D, alors il faut faire entrer le spectateur dans le monde du film, et cela sans qu’il lui en coûte le moindre effort. Je devais faire en sorte que tout l’environnement de cette histoire – les lieux où évoluent les personnages, ce qu’ils portent, tous ces détails – soit exact, que l’on se sente à Harvard, et que ces jeunes tels qu’ils sont et avec leur niveau de connaissances, sonnent juste. Il fallait non seulement trouver une poignée de jeunes acteurs vraiment brillants, captivants pour jouer ces dialogues, mais aussi construire autour d’eux un monde qui les rende plausibles : ils ont vraiment l’air d’être le genre de personnes à dire ce genre de choses.
Un monde dans lequel les événements de cette histoire sont possibles ...
Non seulement cela, mais surtout un monde dans lequel ils sont essentiels. Inévitables. Il fallait construire le drame – l’inévitabilité du fait que ces jeunes ne peuvent pas être amis ou du fait qu’ils vont devoir se partager le magot – en visualisant complètement cet endroit d’où ils viennent tous, avec ses meubles de mauvaise qualité, ses draps usés, ses alarmes incendie au beau milieu des murs, et ses cheminées qui ne fonctionnent pas. Beaucoup de gens imaginent Harvard comme Camelot ou comme Poudlard, mais ce n’est pas du tout ainsi. Bien sûr, Harvard est ancien et imposant, mais concrètement c’est aussi un endroit étrange, de style colonial partiellement rénové où tous les dix ou quinze ans, on rajoute des tuyaux sur les murs et qui continue à partir en morceaux. Visuellement, ces jeunes ont l’air de sortir de nulle part. Quelle qu’ait été leur vie de famille avant – et je suis certain que les Winklevoss vivaient bien – nous avons essayé d’installer ce terrain neutre où ils se rencontrent tous. Chacun tente de mesurer les forces et les faiblesses des autres, mais vous n’êtes pas réellement au courant. Vous ne voyez pas les Winklevoss dans un spot de pub à la gloire d’une Amérique idyllique. Et c’est ce que je trouve formidable.
En lisant le scénario, avez-vous su tout de suite quelle serait votre approche ? Avez-vous su immédiatement comment faire le film ?
Non. Et je ne crois pas que l’on"sache" jamais comment faire. Je n’ai pas de carte pour me conduire à l’endroit que je veux atteindre, je ne sais pas forcément quel chemin emprunter, mais je sais par contre où je veux aboutir. Vous voyez ? Ce n’est pas comme si vous regardiez cet objectif et que vous puissiez dire :"Il faut que j’aille droit vers l’est pendant quelque temps puis que je prenne ce raccourci" – ça, c’est la réalité qui se présente à vous au jour le jour – mais vous pouvez voir le mont Kilimandjaro au loin et vous savez où il se trouve. Vous savez où aller, pas comment vous y rendre. Je pouvais examiner ces gamins et sentir que je les connaissais – il y a une part de moi chez celui-ci, une autre chez celui-là. Je connais des gens comme eux ; je sais ce que c’est d’être furieux contre quelqu’un que l’on connaît depuis longtemps ; je sais ce que c’est d’avoir ces conversations qui finissent par"c’est fini entre nous". Mais n’importe quel réalisateur qui affirme voir tout le film dans sa tête est un menteur.
Au contraire de vos autres films, vous êtes arrivé sur celui-ci avec un scénario pratiquement achevé – et pourtant c’est sans le moindre doute un film de David Fincher. Comment avez-vous réussi cela ?
Je considère mon travail avant tout comme celui d’un interprète. On prend le texte écrit et on essaie de lui donner du sens à travers la place que tiennent les personnages dans l’espace, leur position dans le cadre, l’endroit où l’on fait le point dans l’image. Je n’approche jamais un projet en me disant :"Mon Dieu, il faut que je trouve un scénario dont le personnage principal est originaire de Marin County et qui a été jeune dans les années 70". Ce serait également très ennuyeux pour les acteurs de ne faire que ce qu’ils savent déjà. Je crois qu’on aborde plutôt ce genre de projet en se disant :"Voilà une situation, voilà un groupe de gens, que sais-je à leur sujet et qu’est-ce que je comprends ? Que puis-je apporter à cette situation donnée ?". J’ai été Mark Zuckerberg – il y a eu des moments dans ma vie où j’ai agi comme lui. J’ai aussi parfois été Eduardo Saverin – j’ai fait des scènes que j’ai regrettées ensuite, j’ai été trop émotif, je me suis senti complètement idiot. Et il y a eu des fois où j’ai été satisfait de moi-même, et où je me suis comporté comme ils le font. Vous regardez l’ensemble du tableau et vous créez un patchwork de ce dont vous vous sentez proche, de ce qui vous parle, de ce que vous avez vous-même vécu, et c’est de là que vous partez. Vous allez de l’avant, vous comptez sur des gens tous bons dans leur domaine pour apporter leur pierre à l’édifice, et vous orchestrez tout cela. Je ne crois pas que l’on puisse ne pas apposer sa marque sur un film parce que ce que l’on fait, à la base, c’est assembler des comportements. C’est votre travail de réalisateur. Vous réagissez à un comportement en disant"j’y crois" ou"je n’y crois pas", et en procédant ainsi, d’une manière assez basique, vous influencez la façon dont les gens se comportent.
Est-ce ce qui rend chaque film personnel à vos yeux en tant que réalisateur, ou bien est-ce spécifique à celui-ci ?
Ce que fait Mark n’est pas très différent de mettre un film en scène. C’est ce que je fais tous les jours : vous nourrissez un projet, le développez, et votre travail est de le faire croître et embellir en vous assurant qu’il s’améliore. C’est le sujet du film. Et si vous devez heurter les sentiments d’autres gens pour protéger votre projet, eh bien vous le faites. C’est une responsabilité. Vous voulez aimer chacun des personnages du film. Vous voulez les comprendre. Vous voulez être capable de voir ce qui se joue. De voir leur humanité. Vous voulez pouvoir ressentir une proximité avec eux. Mais en tant que réalisateur, les comportements des personnages sont inévitablement reliés à certains moments de votre propre vie. Vous regardez tout ce travail, et vous vous dites :"Peut-être bien que je sais exactement de quoi il retourne."
J’ai moi-même été ce jeune homme en colère. J’ai été Elvis Costello. Je sais ce que c’est, ce qu’on ressent. La colère, c’est une chose que je connais bien – je me souviens de ce que c’est d’avoir 21 ans et de savoir parfaitement ce que vous voulez faire ou dire, et d’avoir en face de vous tous ces gens qui vous disent :"Eh bien, nous aimerions beaucoup vous voir essayer. Montrez-nous ce que vous voulez faire." Je sais ce que c’est que d’affronter cette condescendance des adultes, d’avoir à demander la permission parce qu’on vous juge trop jeune pour faire les choses par vous-même. C’est pourquoi j’ai compris la frustration de Mark. Vous avez une vision de ce que doit être votre idée. Et tout le monde vous dit :"Tu es trop jeune. Tu as le temps, tu verras plus tard."
A un certain niveau, le film est un témoignage de l’éthique de travail de Mark, de sa volonté acharnée de concrétiser sa vision.
C’est exact. Mark fait ce qu’aucun autre des protagonistes ne fait, et il est celui qui en récolte le bénéfice, mais il paie aussi un prix très lourd. Il est celui qui a dit :"La publicité ? Je ne sais pas. C’est sans doute un moyen, mais je ne pense pas que ce soit le seul." Et je suis complètement d’accord avec ça.
Que dit le film au sujet du succès ? Parle-t-il du moment auquel le fantasme du succès se heurte à la forme réelle qu’il prend ?
Il est difficile pour moi d’imaginer le genre de succès dont parle ce film. |
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Suite sur comme au cinema |
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Entretien avec Aaron Sorkin Scénariste |
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Pourquoi avoir écrit ce film sous forme d’une série de récits contradictoires ?
Eh bien, parce qu’il y avait réellement des récits contradictoires, et plutôt que de n’en choisir qu’un seul en particulier et de décider qu’il était"le vrai", ou le plus intéressant, j’ai pensé que la chose la plus passionnante à faire était de tous les adapter à l’écran. Ces versions discordantes sont le sujet du film. Les récits qui ne font que relater les faits de façon linéaire sont plus adaptés au biopic conventionnel qu’à ce que j’avais envie d’écrire.
Quelles recherches avez-vous faites ?
J’ai fait le plus de recherches possible. J’ai eu une série d’entretiens en tête à tête avec de nombreuses personnes représentées dans le film – et également avec beaucoup d’autres présentes au commencement de Facebook. Je ne peux pas révéler mes sources, mais ces entretiens ont été longs et détaillés, ils étaient également fascinants parce que chacun de mes interlocuteurs avait sa propre perception des événements. Une grande partie du film relate des événements qui se sont déroulés entre deux personnes dans une pièce il y a sept ans de cela. Même aujourd’hui, ces deux personnes ne sont toujours pas d’accord sur ce qui s’est passé entre elles, et ce après les poursuites judiciaires, les dépositions et les décisions de justice – et j’ai fait tout mon possible pour dépeindre ces désaccords avec exactitude. Ce sont les désaccords qui conditionnent l’histoire.
Un homme ne va évidemment pas se conduire de la même manière au cours d’une procédure judiciaire, dans une chambre d’université, pendant une soirée de fête ou quand sa petite amie le quitte, c’est pour cela que les entretiens en tête à tête ont été d’une aide précieuse. Le blog que Mark tenait à l’université a également été précieux, tout comme le Harvard Crimson (le journal d’Harvard). Ben Mezrich a très généreusement partagé ses propres recherches avec moi. Je n’ai pas vu le livre avant que le scénario soit presque achevé parce que lui et moi écrivions au même moment, mais ses recherches m’ont été très utiles.
Mon objectif était d’en savoir suffisamment sur les faits, de maîtriser parfaitement cet éventail d’informations contradictoires afin de pouvoir parler de manière détaillée, spécifique et même anthropologique des personnes, des lieux et des événements – parce que l’ampleur émotionnelle de ce que ces gamins ont fait et qui a commencé dans l’appartement H33 de Kirkland House, est ce qui m’a attiré en premier lieu et que je voulais lui rendre justice.
Avez-vous réalisé immédiatement que la décision que vous preniez concernant la structure du récit allait élargir vos possibilités au niveau de l’écriture ?
Au début, j’étais un peu perdu parce que je me disais :"Mince alors, il n’y a pas deux personnes qui disent la même chose !" Mais ensuite, je me suis rendu compte que c’était justement ça qui était génial, qu’il n’y ait pas deux versions identiques. C’était exactement comme cela que j’allais procéder. J’ai donc eu l’idée du système des dépositions parallèles. Non seulement les différentes versions de l’histoire pouvaient être présentées, mais je pouvais également mettre tout le monde dans la même pièce et avoir Mark assis face à ses accusateurs.
Après avoir trouvé ce procédé de construction pour guider l’intrigue, étiez-vous conscient d’avoir également trouvé la thématique du film ?
Non, et je trouve cela normal – le thème ne m’est apparu qu’au cours de l’écriture. Quand je commence à écrire, je ne pense pas immédiatement aux thèmes, mais plutôt à la direction générale du sujet – quelles sont les grandes lignes de l’intrigue, quel est l’objectif et quels sont les obstacles, d’où part-on, où veut-on arriver et que se passe-t-il entretemps ? Les thèmes se révèlent d’eux-mêmes au cours du processus et vous reprenez alors le scénario pour le peaufiner, faire ressortir ces thèmes afin qu’ils s’intègrent au film. Comme je pense l’avoir dit plus tôt, quand j’ai réalisé que la structure du scénario était, en elle-même, un moyen d’exposer les thèmes du film – à savoir que chacun de nous possède de multiples facettes – j’ai trouvé cela passionnant. Je me suis rendu compte que grâce à un procédé de construction – c'est-à-dire une façon pratique, technique de raconter l’histoire – j’avais également trouvé une manière d’aborder les thèmes clés du film et ses personnages. Mais c’est le procédé qui m’a captivé au départ – bien sûr les recherches que j’avais faites étaient particulièrement provocantes, mais pour être honnête l’ampleur du sujet ne m’est apparue que lorsque j’ai entamé l’écriture des scènes. Quand j’ai commencé à enchaîner les pages, il est assez rapidement devenu évident que cette construction du scénario rejoignait également les thèmes de l’intrigue.
Comment avez-vous abordé Mark ?
A chaque fois que j’écris le rôle d’un antagoniste, j’ai envie de le faire comme si le personnage plaidait sa cause devant Dieu et lui expliquait pourquoi il devrait avoir le droit d’aller au paradis. Personne n’est tout blanc ou tout noir et c’est aussi le cas de Mark. Mais il n’y avait qu’une seule personne sur Terre qui puisse faire ce qu’il a fait. Mark possède à la fois une vision sociale utopique et d’immenses facultés techniques couplées à de l’ingéniosité, et il est particulièrement déterminé à faire ce qu’il est sur le point de faire. Il a la vision et l’intelligence – mais des gens et des choses sont détruites en cours de route. Je voulais écrire sur l’échec de l’idéal utopique de Mark – l’idée que le succès règlera tous ses problèmes (alors bien sûr que ce n’est pas le cas) et qu’un réseau social nous permettra à tous de nous rapprocher quand c’est en réalité l’inverse qui s’est produit. Je trouvais les contradictions inhérentes au sujet passionnantes. J’ai trouvé fascinant que quelqu’un souffrant d’une incapacité à communiquer, à se sentir à l’aise en société, ait cette vision d’un réseau d’interactions sociales, une communauté dans laquelle les gens n’ont jamais besoin d’être dans la même pièce pour pouvoir échanger. Il y a également à mon sens quelque chose d’intensément dramatique dans le fait que Mark est non seulement un créateur, mais également un destructeur – et c’est un sujet fantastique sur lequel écrire puisque la plupart de nos grands créateurs sont aussi fondamentalement des destructeurs. Nos bâtisseurs visionnaires sont souvent les premiers à abattre ce qui les a précédés et ce qui se trouve sur leur chemin quand ils commencent à comprendre ce qui sera nécessaire à l’accomplissement de leur vision. Les exemples sont innombrables. C’est une image courante dans ce que les gens appellent"le caractère américain". Mark est la forme que pourrait prendre au XXIe siècle un personnage de Fitzgerald ou de Dreiser.
La création et la destruction vont-elles généralement de pair ?
Ce que je peux vous assurer, c’est que la création et la destruction sont partie intégrante de la narration d’une histoire. Et pour que cela constitue une histoire, il faut que quelqu’un paie en quelque sorte la rançon du succès, ce qui est le cas de Mark. C’est pour cela que j’ai pu en faire le personnage central d’un film.L’autre aspect de la question, que j’espère que certains se poseront, c’est de savoir quelle est la part réelle de destruction dont il est responsable, et quelle est la part projetée sur Mark par les gens qui pensent avoir été détruits par lui. Je voulais laisser aux spectateurs la possibilité de se faire leur propre opinion. Je pense réellement cependant que malgré ce qui détruit leur relation, et malgré le rôle central de Mark dans la manière dont cela se produit, il tient à Eduardo. Il y a des passages dans le film qui le montrent clairement et que je trouve très importants – en particulier quand ils parlent du père d’Eduardo et quand Mark essaie de convaincre Eduardo de quitter New York et de venir à Palo Alto – mais je pense que ce dont Mark se rend également compte dans le film, c’est qu’Eduardo n’a pas les épaules pour le job, qu’il ne sera pas capable de tenir le coup face à ce que cette société est devenue en si peu de temps. Qu’Eduardo est un bon trésorier pour une petite structure créée dans une chambre d’étudiant, mais qu’il ne sera pas capable de dépasser cela. Et ensuite le très impressionnant Sean arrive avec des avocats tout aussi impressionnants et lui dit :"Hé Mark, c’est avant tout pour le bien de ton ami – est-ce que tu préfères qu’Eduardo ait 30 % de rien du tout, ou une fraction d’un pourcentage de quelque chose qui vaudra des milliards de dollars ?". Ces personnages présentent les choses à Mark d’une telle façon que c’est un peu comme s’ils lui retiraient le couteau des mains au moment où il devait tuer Eduardo. Ils ont fait en sorte que Mark puisse se dire :"C’est ce qu’il y a de mieux à faire, pas seulement pour Eduardo mais aussi pour la société – la société est importante – et aussi pour le monde entier parce que Facebook va devenir important pour le monde." Je pense que des gens intelligents ont facilité la décision de Mark. J’ai conçu ces trois personnages centraux de la manière suivante : Sean et Eduardo sont des figures parentales pour Mark. Dans la majorité du film, Eduardo est le guide moral de Mark :"Tu ne peux pas faire ceci, tu dois faire cela, l’idée des animaux de ferme était mauvaise, les Winklevoss sont sérieux." Sean arrive, et c’est lui qui va se débarrasser d’Eduardo. C’est le gars qui veut faire une fête, mais qui s’assure d’abord que les parents de Mark sont partis avant de ramener l’alcool. En s’emparant du rôle de guide moral de Mark, Sean est en mesure d’orienter les choses dans la direction dans laquelle il a besoin qu’elles aillent. Ce film essaie – à chaque fois que c’est possible – de tourner le prisme et de vous montrer différentes facettes de l’histoire. Il suggère que Mark a pu orchestrer la chute de Sean tout comme il réfute totalement cette hypothèse.
Après quoi Mark court-il ?
La réinvention, la projection, l’invention d’un soi idéalisé – ces idées sont en grande partie ce que représente Facebook pour notre période culturelle actuelle, et en grande partie ce dont parle le film selon moi. Mark veut se réinventer. Pendant une bonne part du film, il veut se réinventer en Sean Parker, qui s’est lui-même réinventé. Sean était un pauvre type au lycée, et il s’est entièrement métamorphosé en un très bel homme à l’aise aussi bien en boîte de nuit que lors de réunions avec des hommes d’affaires tape-à-l’œil, et qui a du succès auprès des femmes. Mark veut être capable de se réinventer lui aussi, et quiconque utilise les réseaux sociaux ou Internet sait que l’on peut s’asseoir devant son écran et être quelqu’un d’autre que celui ou celle qu’on ne supporte pas au quotidien. Donc, si vous voyez un commentaire aussi simple que"Soirée filles hier. J’ai abusé des calamars ! Je ferais mieux d’aller au sport ce matin !" – c’est une personne qui veut être Ally McBeal, qui utilise un dialogue du type série télé pour se faire passer pour la fille ordinaire, 100 % nana. Elles utilisent ce genre de langage. Ce qui attire vraiment les gens vers Internet – ce qui a attiré Mark – c’est l’anonymat relatif et la possibilité d’être quelqu’un d’autre. En tant qu’écrivain, j’aimerais que tout le monde pense que je suis aussi rapide et intelligent que mes personnages – ce n’est pas le cas – et donc ce n’est pas difficile pour moi de comprendre pourquoi les gens sont attirés par les réseaux sociaux. Ils veulent s’auto-remanier et gommer certains de leurs défauts avant d’appuyer sur la touche"Envoi".
Le langage est une des principales manières dont vos personnages se positionnent et se projettent. Pouvez-vous nous en dire plus sur son utilisation dans ce film ?
J’envie les écrivains visuels qui sont capables de raconter des histoires à travers les images qu’ils décrivent, moi je n’y arrive pas. J’écris des personnages qui parlent dans une pièce. En fait, je pensais que cela allait être un vrai défi pour moi d’écrire ce scénario parce que les personnages du film sont beaucoup plus jeunes que ceux sur lesquels j’ai l’habitude d’écrire. J’ai pensé que je devrais écrire, littéralement, dans un langage différent, un langage de"jeunes", et après être resté bloqué puis avoir essayé de me lancer à plusieurs reprises sur la première page, je me suis dit :"Ça ne marchera pas". Pour commencer, toutes les personnes de 19 ans ne parlent pas de la même manière et cela va être ridicule si j’essaie d’imiter le langage jeune et branché. Je me suis dit :"Je vais écrire comme je le fais d’habitude et je vais mettre le plus possible de moi-même dans ce travail. Je connais ce type, c’est une version de moi, et je ferai un bien meilleur scénario si je l’assume et que je le fais le plus proche possible de ce que je suis." Des personnages différents ont une maîtrise différente du langage. Pour Mark, s’exprimer en public est un véritable défi parce que quelque part il sait qu’il ne s’en sort pas aussi bien qu’il le voudrait face aux autres, en particulier aux femmes – donc je l’ai toujours mis face à cette difficulté, à commencer par la première scène avec Erica. Mais le langage est aussi une arme dans le scénario, une arme que Mark utilise tout comme les avocats, les Winklevoss, Eduardo ou Sean. Le langage sous-tend toute l’histoire – l’analyse des informations, qui dit quoi à qui, la manière dont les personnages répondent aux questions posées pendant les interrogatoires avec des vérités partielles ou dissimulées. Tout est dans leur façon de parler.
Mark semble bien plus à l’aise à l’oral dans la salle des dépositions qu’il ne l’est dans la partie du film se déroulant à Harvard.
Oui, beaucoup plus. Cela nous semblait important à David et moi, parce qu’au moment de la déposition cinq ans se sont écoulés – nous voulions que Mark soit quelqu’un de plus fort, plus confiant, plus à l’aise, qui a traversé des épreuves difficiles pour arriver là où il en est aujourd’hui. Et il n’est pas près de se laisser reprendre tout cela. Il se trouve dans une pièce remplie de personnes terriblement intelligentes, mais il est le plus intelligent de tous. L’une des choses qui font de Mark le protagoniste, c’est que c’est dans la salle de déposition qu’il est l’opprimé. Il est malmené par une équipe d’avocats réputés payés pour le détruire, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne se laisse pas marcher sur les pieds. |
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The Social Network est le film que nous attendions le plus en cette rentrée. Parce que c'est David Fincher - un des grands réalisateurs de ces vingt dernières années - derrière la caméra, parce que c'est Aaron Sorkin - créateur de la brillante série The West Wing - au scénario, parce que c'est l'histoire de la création de Facebook - outil social révolutionnaire que nous nous sommes tous approprié - et parce que c'est une histoire comme le cinéma sait les raconter. Résultat ? Oui, The Social Network est un grand film.
Peut-être le meilleur film de David Fincher
The Social Network ne construit pas à première vue un univers aussi fort que d'autres grands films de Fincher, comme Fight Club, Zodiac ou Benjamin Button. Le réalisateur s'efface au profit du scénario et sa mise en scène, plus discrète, ne fout pas la claque qu'on pourrait attendre. Et pourtant, il est là au sommet de son art dans cette présence retenue qui, presque imperceptiblement, insuffle une beauté folle à l'ensemble de cette histoire certes hors du commun, mais réelle, dans tout ce que la réalité peut compter de banalités et de mesquinerie. The Social Network orchestre l'histoire de la création de Facebook de manière parcellaire, vécue du point de vue des différents protagonistes, et non autour d'un récit linéaire n'adoptant qu'un point de vue. Une structure narrative complexe que la mise en scène de Fincher accompagne avec une assurance absolue, sans jamais perdre de vue l'essentiel - l'exploration de la solitude, motif récurrent chez le réalisateur, et de ce que ce sentiment pousse à faire. Et si la caméra vise parfois à se faire oublier, quelques scènes d'une rare puissance rappellent qu'il y a un maître à bord et que cette apparente discrétion tient plutôt de la virtuosité, comme la course d'aviron, un des seuls moments de respiration d'un scénario lancé à 100 à l'heure.
Un scénario au cordeau
A l'écriture donc, Aaron Sorkin, qui a apporté le projet à Fincher. Sorkin est notamment le scénariste de La Guerre selon Charlie Wilson, mais aussi et surtout le créateur de plusieurs séries, dont l'une des plus ambitieuses intellectuellement : The West Wing (A la Maison Blanche), qui plonge dans les coulisses du pouvoir exécutif américain. Spécialiste des dialogues qui fusent et des"walk and talk", Aaron Sorkin aime écrire sur des gens brillants, dont les idées affluent plus vite qu'il est humainement possible de les exprimer. Il a trouvé en Mark Zuckerberg, génie confronté à la difficulté de se faire comprendre, larguant très vite ses interlocuteurs, une parfaite matière première. Extrêmement prolixe sans jamais être bavard, son scénario articule les points de vue, contradictoires, de chaque personnage sur l'histoire, plutôt que de suivre une trajectoire unique comme le font les biopics conventionnels. Il y puise là sa grande richesse et laisse le champ d'interprétation libre au spectateur.
L'histoire de Facebook
Car le spectateur a envie de s'impliquer. Facebook, on connaît, on l'utilise, on se l'est approprié. Au-delà du"comment le réseau qui a changé notre vie sociale est-il né ?", question qui ne manque déjà pas d'intérêt, The Social Network évoque plus largement un pan de la culture et des mœurs de notre génération. C'est un film éminemment moderne qui met en scène le présent et la vitesse à laquelle il devient passé - l'histoire se passe entre 2003 et 2005, mais semble parfois se dérouler au siècle dernier tant il y a un avant et un après Facebook. Un film qui illustre notre besoin d'appartenir à un club, à un groupe, à une communauté. Qui montre aussi comment la facilité technique de communiquer avec les autres contribue à nous isoler. Qui questionne, enfin, la trajectoire particulière d'un jeune étudiant réservé, qui a accouché d'une des inventions les plus importantes et symptomatiques du début du siècle, poussé par sa libido et un désir social contrariés. Car ce que montre le film, c'est que Mark Zuckerberg en est arrivé à créer Facebook parce qu'il voulait se taper des meufs et rentrer dans un club, rien de plus.
Un portrait tragique
Si le scénario s'attache à plusieurs personnages, c'est pour mieux construire, en creux, le portrait de Zuckerberg. Une personnalité ambivalente qui suscite des sentiments contradictoires, même si la magie du cinéma opère et entraîne assez sûrement l'empathie - l'acteur Jesse Eisenberg, absolument excellent, y est aussi pour quelque chose. Asocial, gauche, inquiétant, égoïste, mais aussi brillant, drôle et finalement touchant, le jeune milliardaire apparaît comme quelqu'un de beaucoup plus complexe, et donc intéressant, que l'image qu'on en avait. Point de sociopathe sans scrupule, juste un ado mal à l'aise dans son environnement, qui a réussi à transformer ses inaptitudes sociales en formidable moteur créatif. Un garçon très seul, surtout, exclu des clubs de Harvard, rejeté par les filles, qui prend sa revanche, vit une succès story dingue, et finit par en payer le prix. Car arrivé au sommet, alors que Facebook a dépassé le million d'inscrits, Zuckerberg reste terriblement prisonnier de sa solitude. La dernière scène du film est à ce titre un petit bijou de justesse et d'ironie, en forme de clin d'œil aux utilisateurs de Facebook que nous sommes, permettant ainsi au spectateur une identification totale à ce type pourtant hors de portée.
Si l'histoire de Facebook est celle d'une génération, la trajectoire du personnage de Zuckerberg s'inscrit dans une tradition narrative assez classique et possède une dimension quasi-universelle. Et The Social Network, plus que l'histoire d'une invention, d'un réseau social, d'une réussite ou de batailles juridiques, s'affirme surtout comme un très beau portrait tragique. |
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Source : cinema.fluctuat.net |
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parismatch - Clément Mathieu |
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Nombre de gens était sceptique à l’annonce d’un film sur Facebook. L’idée d’un long-métrage sur la naissance d’un site Internet – même le plus populaire – laissait présager un récit creux du succès, destinés aux fans de"poke" et d’applications lourdingues. Arrivé dans les mains du réalisateur David Fincher ("Seven","Fight Club","Benjamin Button"), on nous avait alors promis une fresque qui serait le film d’une génération. Entre le grand choc annoncé et le film de geek,"The Social Network" n’est finalement ni l’un ni l’autre. On ne saura jamais vraiment à quel point l’histoire est proche de la réalité, et il n’est même pas besoin d’être un familier du site pour l'apprécier. Le film raconte l’histoire tumultueuse de la fondation de Facebook et l’âpre bataille pour la paternité de l’idée du site aux 500 millions d’utilisateurs. Le film est évidemment une réflexion sur la création et la créativité, mais David Fincher, et le scénariste Aaron Sorkin ("A la Maison blanche","Des hommes d’honneurs") s’intéresse surtout à Mark Zuckerberg, le fondateur du trombinoscope 2.0 et aujourd’hui plus jeune milliardaire au monde – 26 ans.
Un drame brillamment écrit, interprété et réalisé
Le jeune homme y est décrit comme un génial monomaniaque, arrogant et maladroit, avide de programmation informatique et de reconnaissance sociale. Sans comparer les deux personnages, il y a un petit quelque chose du Charles Foster Kane d’Orson Welles dans le Mark Zuckerberg que décrit Fincher. Si"The Social Network" n'aura évidemment pas le même poids que"Citizen Kane" dans l’histoire du cinéma, l’examen des méthodes et des intentions de l’entrepreneur à succès, de l’ascension d’un garçon à la tête d’un empire, de son"Rosebud", participe de la même réflexion. En l’occurrence, Mark, au comportement proche de l’autisme, va tout faire pour créer un univers de communication. Un univers dont il sera à la tête et dont il tirera du succès, une fierté. Pourquoi ? C'est l'énigme. Comme son nom l’indique,"The Social Network" est un film sur le réseau social. Non pas sur un site web qui"vous permet de rester en contact et d'échanger avec les personnes qui vous entourent", mais bien sur les relations que nous entretenons. A quel point elles sont tributaires des égos et des désirs, comment elles sont malléables et solubles. Brillamment réalisé, écrit et interprété (Jesse Eisenberg en Mark Zuckerberg est excellent),"The Social Network" est un drame social et psychologique d’un monde bien réel. Un film sans effet de manche mais captivant, dont la sobriété et l’intelligence prendront à contre-pied toute les attentes. |
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Source : parismatch.com |
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evene - Gaël Le Bellego |
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Un biopic sur Mark Zuckenberg, créateur geek du réseau social Facebook, aurait pu être d'un ennui mortel. Mais le réalisateur David Fincher a su éviter la"success story" et le portrait à la Forbes Magazine, pour préférer une relecture polémique de l'affaire.
(...) Ce serait trop simple, trop linéaire. Un tel succès a nécessairement sa part d'ombre. Celle que révélait le roman de Ben Mezrich, un auteur réputé pour son goût du ramdam :"The Accidental Billionaires : The Founding Of Facebook, A Tale of Sex, Money, Genius and Betrayal" (traduit aux Ed. Max Milo en 2010). Il y est surtout question de l'opportunisme diabolique de Zuckerberg : il aurait doublé Tyler, Cameron et Divya, ses trois petits camarades d'Harvard, pour s'attribuer seul la paternité de Facebook.
David Fincher n'aime pas la tiédeur (on lui doit quelques films forts, de ‘Se7en’ à "Fight Club") et propose donc un thriller à charge. D'autant plus qu'il s'entoure du scénariste Aaron Sorkin, spécialiste des histoires de magouilles ("La Guerre selon Charlie Wilson" sur l'Opération Cyclone lancée par Jimmy Carter, en 1979, pour armer les moudjahidines afghans) et des dialogues qui mitraillent.
"The Social Network" est donc une aventure humaine, de trahisons et de micmacs, le réseau Facebook restant un prétexte (un Mac Guffin disait Hitchcock). Le rythme, plus rapide qu'un buzz internet, emporte l'adhésion, sans jamais noyer, dans son tourbillon visuel, le talent de l'acteur Jesse Eisenberg, idéal en Dr Jekyll / Mr Hyde 2.0. |
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Source : www.evene.fr |
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