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Tamara Drewe réalisé par Stephen Frears
 
Inédit Imagix
Titre original Tamara Drewe
Réalisation Stephen Frears
Scénario Moira Buffini
 Adaptation Tamara Drewe est l'adaptation d'une bande dessinée de Posy Simmonds qui fut publiée une fois par semaine dans le journal britannique The Guardian de 2005 à 2007. Les aventures de Tamara Drewe avaient elles-mêmes été librement inspirées d'une oeuvre de l'écrivain Thomas Hardy de 1874, le roman Far from the Madding Crowd (Loin de la foule déchaînée) qui fut également porté sur grand écran dans un film éponyme de John Schlesinger en 1967 avec Julie Christie, Terence Stamp et Peter Finch en 1967.
Interprétation
Gemma Arterton (Tamara Drewe), Luke Evans (Andy Cobb), Dominic Cooper (Ben Sergeant), Tamsin Greig (Beth Hardiment), Roger Allam (Nicholas Hardiment), Bill Camp (Glen McCreav), Jessica Barden (Jody Long) ...
Musique Alexandre Desplat
Photographie Ben Davis
Pays Grande-Bretagne
Année 2009
Durée 1h49’
Genre Comédie
 Distributeur Cineart
 Cote
      3,5 (3098 votes)
Site(s) officiel(s)  
 
Bande annonce  
Affiche  
 Dossier de presse (Français)
 Dossier de presse (Anglais)
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 02 décembre 2010
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Stephen Frears (The Queen, Les liaisons dangereuses ...) nous revient avec un film acidulé, témoignant de la plus pétillante verdeur, de la plus sémillante subtilité, de la plus grande aptitude au renouvellement, en un mot, du plus certain des talents. Ce que le public cannois confirma en lui faisant une ovation. (Le Monde)

Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, son aspiration à la célébrité et son talent pour briser les coeurs, Tamara Drewe est l'Amazone londonienne du XXIe siècle. Son retour au village où vécut sa mère est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix. Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara dont la beauté incendiaire et les divagations amoureuses éveillent d'obscures passions et vont provoquer un enchaînement de circonstances absurdes.

"Tamara Drewe" est très librement inspiré du roman de Thomas Hardy, "Loin de la foule déchaînée", déjà adapté au cinéma en 1967 par John Schlesinger, avec Julie Christie, Terence Stamp ...

 
 
 Festival de Cannes 2010
 
 Festival de Cannes 2010
 
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Stephen Frears
Stephen Frears né le 20 juin 1941 à Leicester (Angleterre). Acteur, Réalisateur.

Stephen Frears fait ses études à la Faculté de Droit de Cambridge et débute comme assistant metteur en scène au Royal Court Theatre de Chelsea. Il bifurque ensuite vers le cinéma et trouve rapidement sa place au sein de la Nouvelle Vague britannique. Après avoir assisté Karel Reisz sur Morgan, il rejoint les Memorial Enterprises d' Albert Finney et seconde celui-ci sur le tournage de Charlie Bubbles, puis Lindsay Anderson sur If. Il réalise ensuite le court métrage The Burning, qui traite des tensions raciales en Afrique du Sud. En 1970, il fait la connaissance du scénariste Neville Smith, grand admirateur des romans noirs de Raymond Chandler et Dashiell Hammett. De cette rencontre naît le scénario de Gumshoe, histoire tragi-comique d'un «loser» fou de polars qui décide de se faire passer pour un privé. Albert Finney produit et interprète ce thriller désenchanté, qui lui offrira l'un de ses rôles les plus savoureux.

Sur la lancée de Gumshoe, Stephen Frears entre à la télévision, où il réalisera en douze ans une bonne vingtaine de téléfilms dramatiques inspirées des meilleurs auteurs britanniques : Neville Smith, Tom Stoppard, Alan Bennett, Christopher Hampton, David Hare, etc. Durant cette période, il dirige pour la première fois Dame Judi Dench dans épisode de la série télé BBC2 Playhouse. Frears et l'actrice se retrouveront sur le téléfilm dramatique Saigon, l'année du Chat. Madame Henderson présente marque leur troisième rencontre. En 1984, Stephen Frears met en scène son deuxième film policier, The Hit, road-movie existentiel teinté d'humour noir avec John Hurt et Terence Stamp. Entre 1985 et 1987, il signe trois des films les plus virulents inspirés par la déliquescence de la société britannique : My Beautiful Laundrette, Prick Up your ears et Sammy et Rosie s'envoient en l'air. Son premier film à costumes, Les Liaisons dangereuses, brillera lui aussi par son regard sophistiqué sur une fin de siècle particulièrement tourmentée. Interprété par Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer et la très juvénile Uma Thurman, le film remporte trois Oscars sur un total de sept nominations. Renouant avec l'univers du film noir, Frears dirige, pour ses débuts aux États-Unis, Anjelica Huston, John Cusack et Annette Bening dans Les Arnaqueurs, pour lequel il remporte une citation à l'Oscar.

Alternant entre les États-Unis et son pays natal, Frears réalisera ensuite : la comédie satirique Héros malgré lui, avec Dustin Hoffman, Mary Reilly, une brillante relecture de «Docteur Jekyll et Mr. Hyde», avec Julia Roberts et John Malkovich ; deux films inspirés de l'écrivain irlandais Roddy Doyle : The Snapper et The Van; le western contemporain The Hi-Lo Country, avec Patricia Arquette, Woody Harrelson et Billy Crudup ; la comédie romantique High Fidelity. Réputé comme l'un des cinéastes les plus engagés du cinéma contemporain, Frears réalise en 2002 Dirty Pretty Things, une plongée dans le monde des émigrés clandestins et des trafiquants d'organes, avec Audrey Tautou, Chiwetel Ejiofor et Sophie Okonedo. Il produit aussi le téléfilm The Queen, qui se penche sur les relations de Sa Majesté Elizabeth II et du Premier Ministre Tony Blair, avec dans les rôles principaux Helen Mirren et Michael Sheen. En 2009 sort sur nos écrans Chéri, une adaptation du célèbre roman de Colette où le cinéaste retrouve Michelle Pfeiffer.

L'année suivante, Frears dirige Gemma Arterton dans l'adaptation d'une bande dessinée de Posy Simmonds, Tamara Drewe, où une jeune journaliste de presse people fait face à son passé en retournant dans son village.

Source : www.toutlecine.com

Toute la filmographie de Stephen Frears en tant que :
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Thomas Hardy

Thomas Hardy

(2 juin 1840 - 11 janvier 1928) est un poète et romancier anglais appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd'hui classique, il a particulièrement influencé D. H. Lawrence. Il a reçu l'ordre du Mérite en 1910.

Il se considérait lui-même d'abord comme un poète, n'écrivant des romans que pour gagner sa vie. La majorité de son œuvre, qui se déroule essentiellement dans la région fictive du Wessex, dépeint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa poésie, publiée après ses 50 ans, est jugée d'une qualité égale à ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d'écrivains anglais, The Movement, dans les années 1950 et 1960.

T homas Hardy naît dans une famille anglicane modérée à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester dans le Dorset, comté du sud-ouest de l'Angleterre, où son père exerce la profession de tailleur de pierre. Sa mère, lettrée, lui donne cours à domicile avant qu'il ne soit inscrit à l'école locale à l'âge de 8 ans. Il arrêtera ses études à 16 ans en devenant apprenti chez John Hicks, un architecte local. Il travaille ainsi dans le Dorchester avant de partir pour Londres en 1862, où il devient étudiant au King's College de Londres. Il remporte des prix du Royal Institute of British Architects et de l'Architectural Association.

De ses études, il garde le goût de la poésie latine. C'est en autodidacte qu'il apprend le grec pour pouvoir lire Homère et le Nouveau Testament. Sur le plan des idées, il se forme en lisant John Stuart Mill et adhère aux idées de Charles Fourier et d'Auguste Comte. Charles Darwin et la critique biblique lui font perdre la foi religieuse dont il porte le deuil toute sa vie. Se sentant rejeté par une société de classe londonienne qu'il exècre, il décide de rentrer dans son Dorset provincial cinq ans plus tard pour se consacrer à l'écriture.

Très tôt, il écrit des poèmes, dont certains verront le jour trente ou quarante ans plus tard. En 1867, à son retour de Londres, il se tourne vers le roman pour essayer de vivre de sa plume. Passées les premières difficultés, il réussit honorablement. En 1870, il rencontre sur un chantier de restauration d'une église de Cornouailles sa future femme, Emma Gifford, qu'il n'épousera qu'en 1874. Il publie bientôt dans des revues et des magazines. De 1871 à 1896, il écrit quatorze romans et quatre recueils de nouvelles. Une demi-douzaine de grandes œuvres émergent de cette production inégale ...

Suite sur Wikipedia : Thomas Hardy

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Posy Simmonds

L’illustratrice vedette du “Guardian” depuis le début des années 1970 avait déjà livré sa version de “Madame Bovary”.

Etait-ce prédestiné ? En 2000, la dessinatrice britannique Posy Simmonds créait pour le quotidien "The Guardian" une adaptation libre de "Madame Bovary" sous le titre de "Gemma Bovery". Dix ans après, une autre Gemma, Arterton, incarne au grand écran son autre héroïne de bande dessinée, Tamara Drewe.

Illustratrice vedette du "Guardian" depuis le début des années septante, Rosemary Elisabeth "Posy" Simmonds a découvert les comics enfant, dans les pages de la célèbre revue satirique "Punch". Mais cette première passion fut étouffée par une formation littéraire, tout en étudiant le graphisme et le dessin.

Après des débuts au "Sun", elle créa pour le "Guardian" sa première bande dessinée en 1977. "The Silent Three of St Botolph’s" était déjà une observation mordante des milieux intellectuels de gauche - les lecteurs de son journal ! Tout en signant des livres pour enfants, Simmonds a continué à imaginer des romans graphiques pour adultes. En 2000, elle signait "Gemma Bovery", que Denoël Graphic fit découvrir aux lecteurs francophones.

Son œuvre suivante, "Tamara Drewe", s’inspirait d’un autre monument littéraire, le roman "Loin de la foule déchaînée", de Thomas Hardy. Sur un ton un peu plus acide et dramatique que dans l’adaptation qu’en signe Stephen Frears au grand écran, Simmonds explorait une petite communauté de bobos écrivains et journalistes, en retraite dans une maison d’hôtes, perdue dans la campagne anglaise. Adultère, fantasme, mensonge et opportunisme y animent une galerie de personnages tantôt pathétiques, tantôt émouvants.

Posy Simmonds avait su préserver l’origine littéraire de son œuvre avec de longues plages de texte - récits à la première personne des différents protagonistes - qui rythment ses planches où le trait conserve l’apparente de la spontanéité.

Au fil des pages, le récit alternait le point de vue des différents protagonistes, donnant parfois une version différente d’un même événement. Rarement l’expression "roman graphique" aura été autant justifiée. A 63 ans, l’auteure faisait la démonstration d’une extraordinaire vitalité créative et narrative. Grâce à l’univers de Thomas Hardy remis au goût du jour par Posy Simmonds, "Tamara Drewe" parle avec la même justesse des deux sexes et de leurs faiblesses.

Tamara Drewe par Posy Simmonds Denoël Graphic 136 pp

Source : www.lalibre.be

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Tamara Drew : Naissance du projet
 

Stephen Frears a tout de suite aimé le charme particulier et les possibilités offertes par le roman Graphique de Posy Simmonds : "J’ai adoré sa réelle originalité. Christine Langan(directrice de la création chez BBC Films) m’a envoyé le livre en me disant : "J’ai quelque chose pour vous. "J’étais dans l’avion pour New York quand je me suis décidé à ouvrir cette enveloppe. J’ai immédiatement aimé ce que j’étais en train de lire. Je me souviens que cela s’est passé comme ça avec The Snapper. Dans ces moments, on a l’impression de rêver ... c’est magique. "Alison Owen et Christine Lagan proposent alors à Moira Buffini d’écrire le scénario. Sa première version était déjà si satisfaisante que Stephen Frears a accepté tout de suite de réaliser le film.

Le roman graphique se présente comme un story-board, ce qui a évidemment beaucoup aidé Moira Buffini : "C’est visuellement très complet et c’est presque déjà un film. Dans ses dessins, Posy donne énormément d’indications sur les personnages. Le roman graphique est littéralement un story-board. Il nous est souvent arrivé de tourner une scène, puis de regarder dans le livre en nous disant qu’on ne pouvait pas faire mieux" Pour le décorateur Alan Macdonald, "C’est très rare d’avoir un story-board déjà existant. C’est un avantage, mais cela peut aussi devenir un inconvénient ! Parfois Stephen me disait : "Mais regarde le bouquin ! et d’autres fois, c’était : "Mais arrête donc de penser au bouquin !" Pour les acteurs aussi, l’existence du roman graphique présentait à la fois un défi et un soutien ainsi que Luke Evans et Tamsin Greig aiment à le souligner : "C’est peut-être la première fois que les acteurs du film ressemblent autant à leur personnage, y compris physiquement ...

Après, il s’agit quand même d’être à la hauteur !

Alison Owen se souvient qu’elle souhaitait que le film soit aussi fluide et plaisant que le livre : "On voulait capturer un peu de cet esprit, parce que la façon dont le texte est traduit sous forme picturale a un rythme que Stephen a su capter. Au final, on a quelques effets de split screens, mais pas de flèches ni d’indications comme on en voit dans les bandes dessinées. On sent bien sûr que le film est adapté d’un roman graphique mais Stephen en a particulièrement bien saisi l’esprit dans la matière comme dans la forme et le genre."

  Source : www.commeaucinema.com
   
Tamara Drew : le casting
 

Il était évidemment crucial de trouver la bonne actrice pour interpréter notre emblématique héroïne. Comme le dit Alison Owen : "Tamara devait être super sexy, intelligente, un peu paumée, un peu malicieuseaussi car elle devait pouvoir jouer l’ironie tout en attirant la sympathie des spectateurs. Gemma Arterton paraissait rassembler toutes ces caractéristiques et Stephen est tombé sous son charme. Dès le premier jour de tournage, on a immédiatement compris qu’il ne s’était pas trompé. C’était vraiment Tamara comme on l’avait imaginée."

Stephen Frears aime à souligner les autres qualités de Gemma : "Elle est très flexible, comme une ligne qui ondulerait à sa guise… Et c’est une fille très sympathique, chaleureuse et drôle. Je me suis dit que j’aimerais la regarder pendant 90 minutes. C’est aussi simple que ça. "Pour incarner Nicholas, l’auteur de best-seller coureur de jupons, le cinéaste avait un seul acteur en tête : Roger Allam. Stephen Frears lui avait confié le rôle du secrétaire particulier de la reine dans The Queen : "Il y était tout simplement génial."

En choisissant Tamsin Greig pour le rôle de Beth Hardiment, le cinéaste s’est détaché de la vision de Posy Simmonds. "Tamsin est beaucoup plus jeune que son personnage, mais il nous fallait une actrice qui puisse être à la fois spirituelle, émouvante et expérimentée. " Autour de ce triangle "amoureux" gravitent quelques électrons libres. Ben Sergeant (Dominic Cooper), le rocker idole des jeunes, et Andy Cobb (Luke Evans), le fidèle homme à tout faire des Hardiment.

"On a organisé une lecture et Dominic était hilarant. Les filles étaient excitées et m’ont dit : "Allez, prends Dominic Cooper ! J’ai obéi. Il était dans Mamma Mia ! et les adolescentes tueraient père et mère pour lui. Il est très crédible et colle au rôle. Quant à Luke Evans, il a ce ce côté incroyablement ‘campagnard chic et discrètement sexy’ qu’il fallait. " Bill Camp interprète le personnage américain de Glen McCreavy, spécialiste de Thomas Hardy. Bronagh Gallagher, un des acteurs du film, écrivain venu en résidence à Stonefield, commente cette habileté que possède Stephen Frears à dénicher de vrais trésors : "Il connaît un nombre incroyable d’acteurs, non seulement de ce côté du globe, mais aussi dans la communauté théâtrale américaine.

Bill Camp était un inconnu pour nous, et dès les premières minutes, on a compris que c’était un grand comédien."

  Source : www.commeaucinema.com
   
La résidence Stonefield dans Tamara Drew
 

"La résidence de Stonefield est tenue par Nicholas et Beth Hardiment" explique la scénariste Moira Buffini. "Mais c’est surtout l’invention de Beth. Nicholas, son mari, est un auteur de bons polars, véritablesbest-sellers, et Beth se consacre au confort des résidents. Elle a une petite ferme, quelques poules, des chèvres qu’elle soigne avec amour. Les écrivains trouvent dans ce cadre paisible l’espace et la tranquillité pour se consacrer à l’écriture. Stonefield attire toute sorte d’auteurs : Glen, le professeur qui travaille à un ouvrage sur Thomas Hardy, Tess qui écrit des romans à l’eau de rose, Eustacia des polars lesbiens, et Diggory, un poète certes reconnu par la critique mais qui a du mal à trouver un public plus large. "

De retour dans le Dorset pour se défaire de la maison de sa mère, Tamara Drewe apparaît radi- calement transformée depuis qu’elle s’est fait refaire le nez. Moira Buffini aime le fait que "malgré les années et sa métamorphose physique, Tamara est restée en réalité la même fille en colère…" Pour Gemma Arterton, "Tamara est une vraie héroïne contempo- raine, finalement plus complexe qu’elle ne le paraît, physiquement radieuse, intelligente mais moins confiante qu’on ne l’imagine. Pour se rassurer, elle agit spontanément, sans se préoccuper des conséquences. Elle doit aussi apprendreà vivre avec sa transfor- mation et tout tourne plus ou moins autour de son nouveau nez. Elle veut trouver sa place, être belle, réussir une carrière, devenir célèbre comme beaucoup de filles qui se sont senties un peu moches adolescentes. Elle veut aussi être aimée… Je n’ai eu aucun mal à m’identifier à elle !"

Roger Allam pense que son personnage Nicholas, auteur à succès, souffre de ne pas être reconnu en tant qu’écrivain : "Il est aussi persuadéqu’un artiste a tous les droits - dont celui de tromper sa femme - et traverse en fait une très banale crise de la cinquantaine. Il rêve de se réinventer dans les yeux et les bras de jolies jeunes femmes."

Son épouse, Beth, a en quelque sorte trouvé sa vocation : créer un havre de paix paradisiaque où les écrivains n’ont pas à se soucier du quotidien. Heureuse de cette réalisation, elle n’a pas de réel besoin de reconnaissance sociale et se voit en muse indispensable de son mari sur lequel elle veille depuis une vingtaine d’années. D’après Moira Buffini, "Beth manque d’estimepersonnelle. On dirait une sainte alors qu’elle est en fait coincée dans un mariage que les psys qualifieraient de "co-dépendant". En réalité, son mariage est quasi-agonisant. " Les Hardiment réagissent différemment au retour de Tamara. Si Nicholas voit en elle l’opportunité deredonner un coup de fouet à sa vie et à son écriture, Beth se méfie immédiatement de la nouvelle créature qu’est devenue Tamara.

Bill Camp joue le rôle de Glen, l’auteur américain qui tente d’écrire une biographie de Thomas Hardy : "Glen est un amoureux de la littérature qui fréquente assidûment les bibliothèques, écrit et lit énormément. Il vit principalement aux Etats-Unis tout en enseignant ponctuellement à Londres. Il est convaincu qu’il doit être à Stonefieldet nulle part ailleurspour dépasser le 6ème chapitre de son livre. Il est aussi fasciné par ce qu’il voit à Stonefield, les histoires de Beth et Nicolas mais aussi celles de Andy et bien sûr de Tamara. Contrairement aux autres hommes du film, ce n’est pas tant Tamara qui l’attire que Beth. Il se verrait volontiers à la place de Nicholas, protégé, admiré et conseillé par une épouse dont l’unique but est de permettre à son mari de se consacrer pleinement à l’écriture." ...

  Suite sur www.commeaucinema.com
   
Tamara Drew : le cadre, l'environnement
 

"Il fallait trouver Stonefield, c’était la grosse difficulté" explique le décorateur Alan Macdonald. "La maison qu’on a trouvée dans un premier temps, Limbury, à Salwayash dans le Dorset, était parfaite comme point de départ, mais il a fallu embellir, adoucir l’extérieur. On a mis des roses grimpantes sur les murs et fait des plantations dans le jardin. On filmait la fin de l’été qu’on aurait dû filmer 6 semaines plus tôt. On a dû mettre des filtres en plastique partout. On a peint les murs, on a construitdes remises, on a fait venir des vaches, installé des clôtures. Dans ce genre de film, le décor est très important mais il fallait que tout ait l’air naturel."

Les illustrations de Posy ont été un point de référence pour le décorateur. "Les romans graphiques ne sont par essence pas portés sur le naturalisme. Je devais être fidèle à l’esprit du roman en ajoutant une touche de réalisme. Posy travaille souvent avec une palette de couleurs bien particulière, ce qui m’a poussé à être très sélectif sur les couleurs que je choisissais, surtout pour les intérieurs. Il y a une espèce d’onctuosité, "la crème du Dorset"comme je l’appelle,dans le monde de Stonefield. Il n’y a pas de bleu. Posy l’a imaginé rouge/marron/jaune. Par contre, à Winnards Farm, chez la mère de Tamara, il y a beaucoup de bleu. Quand la maison se transforme, Andy la repeint, on efface le bleu et la palette est beaucoup plus sobre. Il y a des flashes de couleur rouge quand Tamara et Nicholas sont ensemble. Stonefield est l’œuvre de Beth qui, malgré ses soucis conjugaux, veut que le monde qu’elle s’est inventé reste immaculé, intouché. Elle y reçoit, en bonne maîtresse de maison. On sent ce contrôle quand on entre dans la maison.

La "petite maison" où Nicholas écrit est le seul endroit où il peut exprimer sa personnalité. Il y est comme un enfant de 15 ans qui n’aurait pas grandi. " Finalement, il y a eu deux Stonefield : un pour les intérieurs et l’autre pour les extérieurs. "Les proportions des espaces intérieurs de ces fermes des XVIIe et XVIIIesiècles sont très claus- trophobes. Heureusement au cours de nos recherches, nous sommes tombés sur une maison, Blackdown, construite à plus grande échelle. Il régnait dans cette maison une atmosphère roman- tique qui manquait à Limbury. La maison avait un escalier magnifique, une cuisine avec un espace salle à manger extraordinaire, ce qui nous a permis de tourner dans des conditions beaucoup plus faciles."

La musique a été composée par Alexandre Desplat : "Dans certains films, il y a des scènes de bataille, des scènes très émouvantes, ou des moments où un personnage est en proie à la mé- lancolie. Dans ce cas, la musique vient tout naturellement. Dans TAMARA DREWE, l’énergie est canalisée par la dramaturgie, la structure chorale des personnages et par l’humour noir du film. Quand j’ai vu le film la première fois, je me suis demandé s’il fallait réellement composer une musique pour l’accompagner."

Alexandre Desplat a donc choisi de composer des phrases musicales pour les pauses entre les actions, permettant ainsi à Stephen Frears et à son monteur de passer de moments sombres à d’autres plus légers. "Ce film est très bavard, les mots ont beaucoup d’importance et il fallait faire attention à ne pas casser l’équilibre. Si la musique est trop gaie ou trop légère, trop sombre ou pleine de suspense, le film va être déséquilibré. J’ai laissé la liberté aux spectateurs d’apprécier les moments d’émotion. Je laisse de l’espace, c’est ce que Stephen apprécie, entre les moments d’actions et les moments émotionnels, sans insister avec de la musique."

  Source : www.commeaucinema.com
   
 Plus d'infos sur Tamara Drew
 

Et Thomas Hardy dans tout ça ?

Tamara Drew est très librement inspiré de Loin de la foule déchaînéede Thomas Hardy. La scénaristeMoira Buffini s’est amusée à réinterpréter la mythologie de Thomas Hardy. "J’ai adoré faire ce travail. J’ai relu Loin de la foule déchaînéeaprès avoir lu le roman de Posy et j’ai adoré toutes les allusions qu’elle a glissées au fil des pages. J’en ai rajouté, c’était trop tentant. Par exemple, Ben Sergeant, qui est une réplique du Sergent Troy dans le livre de Hardy, séduit Tamara mais, au lieu d’utiliser son épée comme le fait Terence Stamp dans le film de John Schlesinger, il improvise un numéro de batterie très spécial qui la fait craquer. A partir de l’intrigue subtile de Thomas Hardy, nous avons décidé d’en faire une formidable comé- die, en conservant certes la même intrigue mais en y ajoutant des moments comiques. A la place des fermiers de Hardy, on a Jodie et Casey, les deux gamines du village."

Pour Stephen Frears, le contraste entre passé et présent est au coeur de la comédie : "Tamara est très moderne et vit dans un environnement campagnard semblant tout droit sorti d’une autre époque." Gemma Arterton était ravie de tourner dans un film aussi moderne - inspiré de Hardy - après avoir joué dans des adaptations beaucoup plus classiques de l’auteur : "Cette fois, c’était très différent. Dans les romans de Hardy, les personnages disent ce qu’ils pensent, ils s’exclament beaucoup. Dans Loin de la foule déchaînée, que je relisais sans cesse durant le tournage, le personnage féminindit : "Je suis ta femme ! Tu m’aimeras ! Je te l’assure !” C’est très dramatique. Evidemment, Tamara ne dirait jamais ça…”

Qu'est-ce qu'un film de Stephen Frears ?

Stephen Frears a le don de passer d’un genre à l’autre et d’éviter ainsi toute catégorisation. Quand il décide de réaliser un film, sa fidèle productrice Tracey Seaward contacte ses collabo- rateurs habituels. Tamara Drew ne déroge pas à la règle, on y retrouve Mick Audsley, Alan Macdonald, Alexandre Desplat, Consolata Boyle et Roger Allam. Comme le dit Alan Macdonald : "Ce qui est intéressant avec lui, c’est qu’on ne peut pas dire ce qu’est un film de Frears. Chez Stephen, le catalyseur est toujours le scénario. J’ai fait trois films avec lui (The Queen et Tamara Drew) très différents les uns des autres. Je pense queje le comprends mieux qu’à l’époque de The Queen, mais ça ne facilite rien, puisqu’il cherche à chaque fois une nouvelle approche qui conviendra au cadre et au sujet."

Pour Mick Audsley, le scénario ne pouvait que plaire à Stephen Frears : "C’est tout à fait le genre qui lui plaît. Un esprit caustique et de la noirceur. Pendant le montage, on s’est rendu compte que le début était plus léger et qu’à un certain moment, le film devenait plus sombre. Le film se termine par une tragédie, mais on rit toutefois jusqu’à la fin. C’est tout l’art de Stephen. Nous collaborons depuis 25 ans, on a fait 20 films ensemble. Nous sommes très libres, chacun acceptant ou refusant toute proposition de l’autre." Pour Alison Owen, productrice, ce qui a attiré Stephen est "évidemment l’humour du projet. Celui de Stephen lui-même est ironique, sarcastique, pince-sans-rire. Posy Simmonds a presque le même humour, mais de façon moins accusée, elle n’est pas moqueuse. Stephen a immédiatement adhéré, il se moque des gens mais gentiment, sans méchanceté."

Le film se moque gentiment des écrivains. Moira Buffini cite un exemple : "Glen, le spécialiste de Hardy, décrit les écrivains comme étant d’égoïstes connards suffisants qui se croient supérieurs et différents. Parce qu’ils sont créatifs, ils méritent d’être traités avec plus d’égards. Mais la plupart des écrivains que je connais sont très humbles. Ils se lèvent le matin, se préparent un thé et se mettent à écrire. Mais il est également vrai qu’il en existe qui sont très sûrs d’eux et c’est assez facile de se moquer d’un écrivain prétentieux !”

Stephen Frears est réputé pour son talent de directeur d’acteurs. Gemma Arterton a pu le constater : "Stephen change sans arrêt de style et va toujours là où on ne l’attend pas. Pour Tamara Drew il m’a contactée avant d’avoir accepté de réaliser le film. Il voulait d’abord choisir les acteurs, ce qui l’amusait beaucoup. Parfois après une scène, il nous disait : "Dire qu’avant j’étais un réalisateur respectable !” Ce à quoi on répliquait : "Mais qu’est-ce que tu racontes? Tu es génial !” Mais Tamara Drew est une comédie, il n’en avait pas tourné depuis longtemps et c’est pour ça que le film est formidable. Ce n’est pas simplement une bonne comédie anglaise… Il y a apporté sa touche unique et une pointe d’excentricité qui lui est propre.”

Roger Allam apprécie le fait que Stephen n’est pas tout le temps en train de donner des indications pendant le tournage : "Mais parfois il vient nous voir pendant la pause déjeuner, et nous dit deux ou trois choses sur le personnage. Je me souviens d’une scène de The Queen où il m’a dit : "Ne fais pas de pause ici." Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : "Ce que tu fais est parfait, alors si tu marques une pause, tu me laisses une occasion de couper au montage." J’ai trouvé sa réflexion à la fois savoureuse et délicate."

  Source : www.commeaucinema.com
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Adaptation

Le film est adapté d'une bande dessinée de Posy Simmonds qui fut publiée une fois par semaine dans le journal britannique The Guardian de 2005 à 2007. Les aventures de Tamara Drewe avaient elles-mêmes été librement inspirées d'une oeuvre de l'écrivain Thomas Hardy de 1874. Le roman, Loin de la foule déchainée, fut également porté sur grand écran dans un film éponyme de John Schlesinger avec Julie Christie, Terence Stamp et Peter Finch en 1967.

Et de 2 !

Ce n'est pas la première fois que Gemma Arterton et Luke Evans se retrouvent dans le même film, ils étaient déjà tous deux dans le péplum de Louis Leterrier, Le choc des titans, en avril dernier. Ils se retrouvent ici à l'affiche de Tamara Drewe, dans lequel ils tiennent les rôles principaux.

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"Tout se résume à une chose : gagner ou mourir !" (Stephen Frears)

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Expertise

Il a été le président du 60e Festival de Cannes, qui s'est tenu du 16 au 27 mai 2007. Le 18 mars 2009, il est fait commandeur des arts et des lettres.

Distinction

Stephen Frears obtient le BAFTA du meilleur film de télévision avec 'The Deal' (2004).

Éclectique

Par la diversité des genres qu'il aborde et ses accents audacieux voire provocateurs, Stephen Frears est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands cinéastes internationaux. Il a eu la chance de diriger plusieurs grandes stars dont il a su tirer le meilleur (Hoffman, Roberts, Malkovitch, Close, Pfeiffer, Mirren, Huston, Daniel Day-Lewis, Judi Dench, Kathy Bates, Gary Oldman...).

Couple

Il a épousé Anne Rothenstein en 1992. Il a eu deux enfants, et il est d'ailleurs le père du réalisateur Will Frears qu'il a eu ainsi qu'une fille, d'un précédent mariage.

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Allociné
 
  Source : www.allocine.fr
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leviffocus - Jean-François Pluijgers
  De ce microcosme résolument british, Stephen Frears dresse un portrait délicieux, croquant ses personnages avec une certaine aménité qu'il assortit toutefois d'une lucidité mordante. Si Tamara Drewe est un film facétieux et léger, la comédie humaine qui s'y déploie voit le cinéaste opérer au mieux de sa verve corrosive. On pense, pour tout dire, à quelque pendant britannique de Ghost World de Terry Zwigoff, sentiment conforté encore par le fait que Frears enrichit son choeur d'impeccables acteurs de deux adolescentes portant sur cette réalité le regard sans indulgence forgé par des années d'ennui insondable. On retrouve là l'art consommé d'un réalisateur qui réussit à accommoder un film allègre de traits discrètement assassins, venus conférer à Tamara Drewe un charme et un élan souvent irrésistibles.
  Source : leviffocus.rnews.be
   
rtbf - Hugues Dayez
  "Tamara Drewe" est inspiré d’un "roman graphique" (terme un peu pompeux qui désigne une bande dessinée destinée à un public adulte) de Posy Simmonds, dessinatrice-vedette du Guardian, qui a reçu une kyrielle de prix (dont une distinction à Angoulême). Les admirateurs de la BD considèrent que l’adaptation cinématographique a édulcoré quelque peu le propos de Simmonds… C’est vrai, mais quelle importance si le film est réussi ? Or, le "Tamara Drewe" de Stephen Frears est une éclatante réussite : c’est une galerie de personnages qui permet au cinéaste de traiter de thèmes sérieux (le prix à payer pour être célèbre, les luttes d’ego, les rapports de séduction) sur un mode léger et surtout, traversé par une délicieuse ironie. Qui plus est, le casting, dominé par la charmante Gemma Arterton et composé de grands acteurs du théâtre anglais, est irréprochable. A 69 ans, Stephen Frears est décidément en pleine forme !
  Source : www.rtbf.be
   
cinebel - Patrick Laurent
  Humour classe et mordant, descriptions au scalpel de personnages hauts en couleur auxquels on s’identifie facilement, rebondissements croustillants, mise en évidence des petites faiblesses et des grandes espérances de chacun, rien ne manque dans ce petit bijou de Stephen Frears. À la fois léger dans le ton et étonnamment profond dans son analyse de la nature humaine, il passe avec un raffinement tout british des colères retenues au libertinage assumé, du comportement de diva à l’honnêteté dans toute sa simplicité, des blagues potaches aux grandes manœuvres pour s’envoyer en l’air. C’est jouissif, touchant, intelligent et surtout très drôle.
  Source : www.cinebel.be
   
cinebel - Alain Lorfèvre
 

Le bûcher des vaniteux. Stephen Frears adapte le roman graphique de Posy Simmonds. Il en fait une comédie sentimentale mordante et truculente

A l’heure où les adaptations de bandes dessinées, comic books et graphic novels sont devenues monnaie courante, au point de constituer de nouveaux sous-genres dans certaines cinématographies (les films de super-héros aux Etats-Unis), il était sans doute inévitable que Stephen Frears sacrifie à son tour à l’exercice. S’il est un trait d’union, dans sa filmographie d’apparence disparate (quoique formidable), c’est bien celui de l’éclectisme velléitaire et du défi stylistique : hors la science-fiction, le Britannique a tâté de tous les genres.

Avec toujours la même apparente aisance, sinon cette désinvolture qu’il affecte dans les entretiens (en gros : "Je ne fais rien, les autres travaillent pour moi"), il s’empare cette fois d’un roman graphique populaire au Royaume-Uni et apprécié des bédéphiles de ce côté-ci du Channel, "Tamara Drewe", signé par Posy Simmonds, auteure fameuse. Celle-ci s’y inspirait librement du roman "Loin de la foule déchaînée" de Thomas Hardy. Tamara (Gemma Arterton), jeune journaliste hype ayant une chronique people dans un tabloïd londonien, revient dans son village natal. Son arrivé suscite l’émoi autant chez son amour de jeunesse, Andy (Luke Evans), que chez Nicholas (Roger Allam), auteur à succès de roman populaire, ou chez Glen (Bill Camp), un universitaire américain qui réside dans la retraite pour écrivains que tient Beth (Tamsin Greig), l’épouse de Nicholas. Quant à Casey et Jody (Charlotte Christie et Jessica Barden), les deux adolescentes qui traînent leur ennui en épiant les allées et venues, elles lui en veulent d’avoir séduit leur idole Ben Sergeant (Dominic Cooper), batteur des Swipe. Stonefield est en passe de se transformer en OK Corral des sentiments.

On pense encore trop souvent que la bande dessinée n’est qu’un gigantesque story-board qu’il suffit de transposer tel quel à l’écran, le mouvement faisant le reste. Rien de plus faux. Frears ne s’y est pas risqué, mais assume néanmoins l’origine du matériau originel, en recourant - avec une parcimonie calculée - au split screen, qui lui permet de rappeler le découpage des planches en cases et, aussi, d’exploiter quand il le faut cet avantage de la bande dessinée sur l’écran de cinéma : la présentation simultanée de plusieurs actions. Dans le même ordre d’idée - et même si le style de Simmonds n’est pas réaliste - Frears stylise ses images, avec des lumières et couleurs vives, figeant le petit village anglais dans une imagerie de carte postale délicieuse. Le film respecte également le découpage en saisons du récit de Simmons.

N’en déplaise à Frears, hostile à la théorie des auteurs, on ne peut s’empêcher de trouver dans "Tamara Drewe" des résonances de certaines de ses œuvres précédentes les plus marquantes. D’abord des personnages féminins centraux : outre la Tamara du titre, il y a Beth, hôtesse dévouée et femme trompée, et ces deux Parques adolescentes, british jusqu’au bout de la langue, tendance Spice Girls dans l’être et le paraître, qui, non contentes de nous guider dans cette petite communauté du Wessex, prendront aussi le récit en mains. Entre libertinage, adultère, amours déçues et manipulations épistolaires, on pense autant aux "Liaisons dangereuses", la légèreté en plus, qu’à "Chéri", l’humour anglais en sus.

Tamara, dont le nez inchangé n’aurait pas changé la face de Stonefield, mais qui, raccourci et arrondi, catalyse les passions non seulement pour ce qu’elle est - un sacré brin de fille au sex appeal calculé - mais pour ce qu’elle représente : la réussite sociale et l’indépendance affective. Image trompeuse, évidemment, car le nez, pas plus que l’habit, ne fait la de Merteuil. Frears est une fois de plus dans son élément quand il peut se moquer des apparences sociales et des figures stéréotypées : l’écrivain à succès, l’universitaire sûr de sa supériorité intellectuelle, l’homme de la terre bien dans sa peau, la rock star, la femme au foyer responsable Mais le réalisateur n’est pas un cynique, pas plus que ne l’est Posy Simmonds. Il s’amuse en fait de ce petit théâtre, dont il fait une comédie romantique et humaine, populaire et irrévérencieuse.

Et comme de coutume, il sait : de sa scénariste à son directeur photo, mais aussi, et surtout, avec ses acteurs, tous parfaits, tous au diapason de leur personnage. Pour Gemma Arterton, après deux blockbusters et en face d’un bon petit film noir (lire ci-contre), ce Frears a valeur d’adoubement. De ce nez, fort joli et crucial pour son personnage, elle n’a en l’occurrence pas manqué.

  Source : www.cinebel.be
   
 telemoustique
  (...) Si Tamara est l'élément détonateur, le film de Stephen Frears décolle grâce à sa belle galerie de personnages: deux préados désabusées de vivre dans un bled où il ne se passe jamais rien, des écrivains misérables, un couple à la dérive, une petite gloire du rock. Cette communauté va revenir à la vie grâce à la seule présence de la jeune fille. Séduction, petites liaisons, grandes attirances, coupables trahisons. Bien sûr, ce film peut paraître mineur dans la filmographie poids lourd de Frears (Les liaisons dangereuses, The Queen) mais ce serait condamner le genre de la comédie. Car Frears réussit ici bien plus que faire sourire. Il nous montre nos faiblesses, nos coups de cour, notre envie de vivre pleinement que trop souvent nous étouffons. Et fidèle au roman graphique de Posy Simmonds (dont le film est adapté), il signe un final désopilant dans un pré de vaches. Tamara Drewe est un film profondément savoureux. Et chaudement recommandé. - J.Co.
  Source : www.telemoustique.be
   
 premiere - Thomas Sotinel
  Dans ce délicieux jeu de quilles sentimental qui évoque les meilleurs marivaudages de Woody Allen, le réalisateur ose tout. Peuplé de personnages aux traits à peine forcés et campés par la crème des acteurs british, le film prend tous les virages – dramatique ou comique, sexy ou intello, sentimental ou trash – sans jamais perdre la route de vue. Avec un charme irrésistible, Frears réussit la parfaite "dramédie" (l’alliance du drame et de la comédie). Mieux : en puisant aux sources de la culture anglo-saxonne (P.G. Wodehouse, David Lodge, Thomas Hardy) et en la trempant dans un bain pop, il signe une comédie frivole qui est aussi un traité des passions humaines. C’est drôle, ironique et parfois carrément vulgaire, mais la manière dont la mélancolie et la vacherie viennent déranger l’ordre comique établi reste le principal tour de force du film. Tous les personnages semblent appelés à devenir le contraire de ce qu’ils paraissent, disent ou croient être. Tous sont condamnés à éprouver de l’insatisfaction, dans leurs désirs frustrés comme dans leurs désirs réalisés. Un film léger et grave dont seul Frears a le secret.
  Source : www.premiere.fr
   
 tout le cine - Gwen Douguet
 

Une paisible bourgade, une maison d'hôtes réservée à une brochette d'écrivains frustrés, tout est parfaitement calme avant que ne débarque une jeune femme, une enfant du pays. Il n'en fallait pas plus pour que Stephen Frears retrouve du mordant, un humour caustique, une certaine jeunesse et plus encore.

Tamara Drewe est d'abord une BD, la peinture colorée d'une Angleterre corsetée dans son arrogance, une éducation hautaine et ce vu à travers le microcosme d'un village. Les portraits croqués ne manquent ni de sel et encore moins de piment. Tous frisent la jubilation, que ce soit la bande d'écrivains à la plume asséchée et aux réflexions sur le monde trempées dans une encre fielleuse, un couple chahuté par les pulsions d'un mari volage, deux adolescentes délirantes aussi friponnes que désœuvrées, un rockeur capricieux, une jeune femme aux charmes dévastateurs revenue vendre la maison de son enfance ...

En s'inspirant de l'ouvrage de Posy Simmonds, Stephen Frears s'est amusé comme un beau diable. Loin d'un Loach un tantinet obsédé par le social au sens quasi syndicaliste, d'un Mike Leigh militant, le réalisateur de The Queen fait oublier l'espace d'une réplique, d'une scène délirante, un Chéri atrocement guindée drapée dans l'ennui.

En plantant sa caméra au beau milieu de la campagne verdoyante de son pays, le réalisateur cultive les contradictions de l'être humain avec gourmandise et un humour succulent, atrocement vache. Sans la moindre préparation il enjambe les genres, passe du drame au marivaudage avec aisance, une souplesse offrant au spectateur – chose d'une grande rareté – la joie de pleurer et de rires alors qu'il devrait être consterné, effondré de tristesse. Tel un funambule, le cinéaste balance entre douche froide et moments de grande profondeur. Rien n'est gratuit. Le trait du moindre protagoniste est d'une incroyable finesse, d'une cruauté réjouissante. Sans dévoiler l'intrigue, tout part d'un quiproquo, d'un mail balancé par deux pestouilles souhaitant juste se distraire, se venger de leur oisiveté étouffante.

Tamara Drewe est d'une délicieuse fraîcheur, un pur moment de totale jouissance. Miroir nullement déformant sur les frustrations, l'insatisfaction de vies programmées par le manque de désirs, il se gave d'une folie se cachant derrière le moindre buisson, d'un délire transcendé par une pléiade de comédiens tous ébouriffants de drôlerie, de justesse. Inutile d'en sortir un du lot, l'ensemble est à se pâmer, fonctionne à l'unisson avec néanmoins une mention spéciale pour les deux fillettes en jupette, un délice.

Bucolique, romantique, irrésistible, ironique, cynique, caustique, grave, léger, tous les qualificatifs conviennent, se télescopent avec harmonie, intelligence, sensualité. Le coup de pinceau est parfait, pas la plus petite tache. Stephen Frears a colorié le tableau avec douceur, âpreté, insolence, une désinvolture apparente mise au service d'une dénonciation sans fard, celle de la difficulté actuellement en vigueur empêchant tout un chacun de profiter du simple bonheur qui lui tend les bras. Foncez !

  Source : www.toutlecine.com
   
 telerama - Samuel Douhaire
 

Des paysages idylliques, un soleil radieux : pour un peu, la campagne du Dorset amoureusement cadrée par Stephen Frears aurait des allures de Toscane. Mais avec un réalisateur aussi filou, il ne faut jamais se fier aux apparences : les prés au charme bucolique vont accueillir un vaudeville féroce où tous les protagonistes s'espionnent, s'envient, se mentent.

Tamara Drewe est l'adaptation d'une bande dessinée de Posy Simmonds, elle-même pastiche d'un grand classique de la littérature anglaise, Loin de la foule déchaînée. Signe des temps, l'héroïne idéaliste de Thomas Hardy s'est transformée en chroniqueuse pour The Independent. Avec son mini-short, son débardeur moulant et son nez refait, Tamara (la bombe Gemma Arterton) met le feu à son village natal. Un beau jardinier, un batteur de rock pour minettes, un romancier volage : tous les hommes succombent... et en prennent pour leur grade. En grande forme satirique, Frears épingle autant les ruraux intolérants que les précieux ridicules venus de la ville. Avec des piques particulièrement vachardes, et drôles, pour les écrivains, décrits comme des inadaptés égocentriques et mesquins.

Ce théâtre des vanités est commenté, façon choeur antique, par deux adolescentes au langage cru (Jessica Barden et Charlotte Christie, révélations d'un casting impeccable). Spectatrices dans le premier acte, Jody et Casey vont devenir des deus ex machina dépassés par leurs initiatives : une belle trouvaille de scénario qui relance le film au moment où le jeu de massacre menaçait de tourner en rond. Les personnages dépassent, alors, leur propre caricature - même le rocker bas du front parvient à se montrer fin psychologue ! Et la comédie de moeurs se diversifie tous azimuts : des poursuites dignes d'un cartoon de Tex Avery, un soupçon de mélo et même... un pastiche de western, quand Frears filme un troupeau de vaches en furie comme une charge de bisons dans Danse avec les loups. Ultime pirouette d'un film stimulant de bout en bout.

  Source : www.telerama.fr
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