Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Mother and Child réalisé par Rodrigo Garcia
    
Titre original Mother and Child
Réalisation Rodrigo Garcia
Scénario Rodrigo García
Interprétation Naomi Watts (Elizabeth), Annette Bening (Karen), Kerry Washington (Lucy), Shareeka Epps (Ray), Samuel L. Jackson (Paul), David Morse (Tom), Amy Brenneman (Dr. Stone), Jimmy Smits (Paco), Carla Gallo (Tracy) ...
Musique Ed Shearmur
Photographie Xavier Pérez Grobet
Pays USA, Espagne
Année 2009
Durée 2h05’
Genre Drame
 Distributeur Cinéart
 Cote
     3,6 (2.462 votes)
Site(s) officiel(s) : Anglais / Français
Bande annonce  
Affiches 1 / 2  
 Dossier de presse
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 20 janvier 2011
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Grand Prix au Festival de Deauville 2010, ce drame bouleversant croise avec finesse et sensibilité trois destins de femmes autour de la notion de mère et de fille tout en explorant le thème de la séparation. "Mother and child" repose sur un scénario superbe que le réalisateur a mis dix ans à peaufiner.(Le Soir).

Karen est tombée enceinte à l'âge de quatorze ans, à l'époque, elle n’avait d’autre choix que d’abandonner cet enfant. C'était il y a trente-cinq ans... Aujourd’hui, Elizabeth, sa fille, est une
brillante avocate. Elle n'a jamais tenté de retrouver la trace de sa mère biologique jusqu’au jour où elle est enceinte. De son côté, Lucy voit enfin son rêve d'adopter un enfant se réaliser. Confrontées simultanément à d'importants choix de vie, ces trois femmes verront leurs destins se croiser de manière inattendue.

Le réalisateur Rodrigo Garcia, qui est le fils du célèbre écrivain Gabriel Garcia Marquez, confiait au journal Le Soir : "Flaubert disait "Madame Bovary, c’est moi" et ça me paraît tout à fait logique. J’utilise des vies de femmes, des corps de femmes, mais je parle de sentiments, de peurs, d’obsessions, de préoccupations qui me sont propres. Dans mon imaginaire, le désir féminin est plus vif que le désir masculin, il m’est donc plus facile de le mettre en scène. Tout cela vient, bien sûr, du fait que j’aime les femmes, qu’elles m’intéressent particulièrement, et que je ne me lasse jamais de les observer. Et non, elles ne sont pas toutes pareilles !" (Le Soir)
 
 
 Festival du Film Américain de Deauville 2011
 
 Independent Spirit Awards 2011
 
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Rodrigo Garcia sur Tout le Cine
Rodrigo Garcia, né le 24 août 1959 à Bogotá (Colombie). Réalisateur, Scénariste, Producteur exécutif, Acteur, Chef opérateur. Fils de l'écrivain colombien Gabriel García Marquez, Rodrigo García grandit à Mexico, puis fait ses études à Harvard. À sa sortie de l'American Film Institute, il travaille comme cadreur et chef opérateur sur des films comme Les Vendanges de feu, Birdcage, De Grandes espérances (1998), ou encore Sexe attitudes.

Rodrigo García réalise son premier long métrage Ce que je sais d'elle... d'un simple regard en 2000, puis il tourne Ten Tiny Love Stories et Nine Lives. Trois drames à multiples personnages, des femmes dont les destins s'entrecroisent.

A la télévision, Garcia réalise des épisodes des séries de la chaîne HBO comme "Les Soprano", "Six Feet Under", "Carnivàle" et "Tell me you love me". En 2008, le réalisateur s'implique également sur la série "In Treatment", au niveau de l'écriture et de la production.

La même année, Rodrigo García réalise son quatrième long métrage, un thriller, Les Passagers, avec Anne Hathaway.

En 2010, l'auteur revient avec Mother and Child, drame autour de l'adoption, qui le voit diriger Naomi Watts et Kerry Washington.

Source : toutlecine

Toute la filmographie de Rodrigo García en tant que :
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tout le cine
 

Une histoire de femmes

Naomi Watts a remplacé au pied levé Robin Wright Penn, qui s'est désistée au dernier moment. Alors enceinte, il n'a fallu que huit jours à l'actrice australienne pour boucler le tournage. Rodrigo Garcia précise : "Avant le tournage, nous avons longuement échangé au sujet de son personnage, mais à part cela, je n’ai pas le souvenir de l’avoir beaucoup dirigée. D'emblée elle a imposé à son personnage une forme d'intelligence, de complexité et d'émotion. Que demander de plus à un acteur ?"

Retrouvailles

C'est la deuxième collaboration entre les acteurs Kerry Washington et Samuel L. Jackson, ensemble sur le tournage de Harcelés (2008).

Au Festival du Film Américain

Mother and child était en compétition au Festival de Sundance, au Festival du Film de Toronto ainsi qu'à celui de San Sebastian, et sera présenté, début septembre, à Deauville.

Naissance du projet

Le réalisateur s'est inspiré de son expérience en tant que parent : "J’ai commencé à écrire le scénario en 1999, quand mes filles étaient petites. Je pensais parfois aux gens qui, pour une raison ou une autre, doivent vivre séparés de leurs enfants. L’idée-même me semblait insupportable."

Parité

Si le cinéaste dresse avant tout le portrait de femmes, il accorde également aux hommes une place de choix : "J’utilise des vies de femmes, des corps de femmes, mais je parle de sentiments, de peurs, d’obsessions, de préoccupations qui me sont propres. [...] Souvent, dans les films où le rôle principal est féminin, les hommes sont une source de frustration. Elizabeth et Karen sont des femmes si compliquées, abîmées, obsessionnelles, qu’il me semblait intéressant de leur faire rencontrer des mecs biens."

Sentimentalisme abusif

Le réalisateur affirme, pour ne pas sombrer dans l'exagération, privilégier le non-dit aux dialogues trop encombrants : "Ce que je n'aime pas dans ce qu’on appelle les character driven films, c’est que les personnages n’arrêtent pas de parler de leurs sentiments. [...] C’est ridicule ! Le vrai objectif, c’est de transformer la psychologie en comportement. Bien sûr, le comportement inclut ce que disent les personnages, mais le non-dit, ou la manière dont ils réagissent m’intéresse beaucoup plus."

Thématique sensible

Rodrigo Garcia croit dur comme fer à l'adoption, sa thématique de fond, et adopte un point de vue tranché sur la question : "Une grande partie de la souffrance qu’éprouvent Karen et Elizabeth ne vient pas de l’adoption mais du vieux système d’adoption, dans lequel ni l’enfant, ni la mère biologique, ni la mère adoptive n’a le droit de connaître l’identité des autres membres de ce triangle. Le principe du secret a causé beaucoup de souffrance."

  Source : toutlecine
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le soir - Fabienne Bradfer
 

Emouvant Mother and child

Choix cornélien donc face à des films indépendants reflétant non pas une Amérique fardée derrière des super héros mais une Amérique faite d'hommes et de femmes qui se battent, doutent et cherchent à retrouver leur humanité, comme le souligna Emmanuelle Béart. Du coup, deux films se partagent ex aequo le Prix du jury : The myth of the american sleepover, de David Robert Mitchell, sur les premiers émois de quatre adolescents une nuit d'été, et Winter's bone, de Debra Granik, sur la recherche du père au cœur du Missouri.

Mais c'est le très émouvant Mother and child, de Rodrigo Garcia, avec en vedette Annette Bening et Naomi Watts, qui décroche le Grand Prix 2010. Ce drame bouleversant (...) croise avec finesse et sensibilité trois destins de femmes autour de la notion de mère et de fille tout en explorant le thème de la séparation. Mother and child repose sur un scénario superbe que le réalisateur a mis dix ans à peaufiner.

Rencontré quelques jours avant d'être primé, Rodrigo Garcia, qui est le fils du célèbre écrivain Gabriel Garcia Marquez, nous confiait : "Dans tout film, la difficulté, c'est dans les dix premières minutes parce qu'il faut poser l'histoire en étant clair et attractif. C'est aussi aux deux tiers du film parce qu'il faut continuer à maintenir l'attention, le suspense. Mon père lit mes scénarios juste avant le tournage. Il me dit à chaque fois : “C'est bien. C'est super.” Cela ne m'aide pas du tout. Si ce n'est que cela m'évite de dépenser de l'argent en analyse ! J'ai grandi dans un milieu d'écrivains qui discutaient sans cesse de la structure des histoires. Cela m'a fatalement influencé. Comme m'ont influencé les lectures de mon père. Avec lui, on passait aisément de Hemingway à Don Quichotte."

Fabienne Bradfer, envoyée spéciale au festival de Deauville 2010

  Source : lesoir
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comme au cinema
 

Quel était le point de départ de Mother and child ?

J’ai commencé à écrire le scénario en 1999, quand mes filles étaient petites. Je pensais parfois aux gens qui, pour une raison ou une autre, doivent vivre séparés de leurs enfants. L’idée-même me semblait insupportable. Au départ je voulais donc explorer la notion de séparation, la manière dont une séparation forcée peut former (ou déformer) la personnalité d’un parent ou d’un enfant.

À travers 3 destins, 3 femmes de générations différentes, vous construisez un récit. Comment avez-vous développé une si grande acuité de la sensibilité féminine ?

Flaubert disait "Madame Bovary, c’est moi" et ça me paraît tout à fait logique. J’utilise des vies de femmes, des corps de femmes, mais je parle de sentiments, de peurs, d’obsessions, de préoccupations qui me sont propres. Dans mon imaginaire, le désir féminin est plus vif que le désir masculin, il m’est donc plus facile de le mettre en scène. Tout cela vient, bien sûr, du fait que j’aime les femmes, qu’elles m’intéressent particulièrement, et que je ne me lasse jamais de les observer. Et non, elles ne sont pas toutes pareilles ! Vous avez choisi une construction narrative parallèle où chaque histoire fait écho aux deux autres...A l’origine seuls les personnages de Karen et d’Elizabeth existaient dans le scénario. Mais passer de l’une à l’autre me semblait trop monotone. J'avais la sensation que tout tendait vers leur rencontre. Alors j’ai ajouté le personnage de Lucy qui est finalement devenu le fil conducteur. Lucy m’a permis d'aborder des thèmes comme le désir, l'absence et la frustration de ne pas être mère. Et son histoire m'a permis de dynamiser le récit.

Comment avez-vous choisi vos acteurs et notamment Samuel L. Jackson qui est ici à contre-emploi ?

Je choisis les acteurs de différentes manières. Certains sont une évidence comme Naomi; je pense à d'autres parce que j’ai déjà travaillé avec eux ou parce que je les vois bien dans un rôle. Pour moi, c’est un confort d’avoir un bon équilibre entre les visages connus et moins connus dans un film. Honnêtement, au départ, je ne pensais pas que Paul était le bon rôle pour Samuel. Je l’aime beaucoup comme acteur, et il arrive à incarner des personnages plus vrais que nature sans jamais sur jouer. Il les investit avec beaucoup d'aisance. Parfait dans le rôle de Paul, il joue avec simplicité et élégance. Il a insufflé à son personnage une présence qu'il apporte souvent à des personnages d’une masculinité plus agressive. Je crois que les femmes trouvent ce genre de confiance en soi très sexy.

Elizabeth est le personnage pivot, elle est la fille de Karen et la mère biologique de l'enfant de Lucy. Pourquoi avoir choisi Naomi Watts ? Comment avez-vous travaillé avec elle? Certaines scènes ont été tournées durant sa grossesse...

Il y a trois ans je me suis dit que Naomi serait l’actrice idéale pour interpréter Elizabeth. Avec elle, tout paraît facile. Avant le tournage, nous avons longuement échangé au sujet de son personnage, mais à part cela, je n’ai pas le souvenir de l’avoir beaucoup dirigée. D'emblée elle a imposé à son personnage une forme d'intelligence, de complexité et d'émotion. Que demander de plus à un acteur ? Et en plus, elle était très drôle sur le plateau. C’est une vraie Australienne délurée ! Certaines scènes ont effectivement été tournées pendant la grossesse de Naomi. Par exemple, quand elle est au lit en train de regarder son ventre, elle était enceinte de sept mois. C’était son bébé qui donnait des coups de pied. Le film a été tourné six semaines après son accouchement, alors qu’elle passait des nuits blanches et qu’elle allaitait...

Le personnage de Karen est un personnage emblématique. Annette Bening a été saluée pour son interprétation.

Quand j'ai commencé à écrire, je ne pensais pas à Annette parce qu’elle n’avait pas l’âge du personnage. Sa performance dans le film est extraordinaire. Elle a transformé le personnage de Karen, en guerre avec le monde, en un personnage ouvert à la vie. Mais ce n’est qu’une fois le film monté que je me suis rendu compte de la précision avec laquelle Annette avait décrit le parcours de Karen.

Ce qui m’intéressait dans ce personnage, c’était son cheminement : elle accepte petit à petit l’impossibilité de certaines situations et réussit à être heureuse malgré cela. Lucy est le personnage le plus actif dans sa volonté de construire sa vie. Elle est aussi la plus jeune. Elle sait ce qu'elle veut jusqu'à en oublier les conséquences...

J’aimais bien le fait que Lucy fasse partie d’une génération de fonceurs qui veulent tout, tout de suite. Mais bien entendu, il y a toujours des choses que l’argent, le succès ou le talent ne peuvent pas acheter. De plus, il y a un pont à construire entre les rêves et la réalité ; rien de tel que le fait de devenir parent pour vous obliger à faire cela. Devenir parent rend humble, parce qu’il faut accepter le fait qu’on est souvent trop fatigué, exaspéré ou frustré pour être un parent parfait. Cela

Quand le bébé pleure encore, que vous êtes épuisé, et que vous vous dites : "Qu’est-ce qu’on a fait ? On a gâché notre vie !"

Kerry est parfaite dans le rôle de Lucy. Elle m’a appris que Lucy était une perfectionniste qui voyait sa stérilité comme un échec personnel. Cela doit être très douloureux.

On apprend beaucoup de la psychologie des personnages par les dialogues. Comment avez-vous articulé le dit et le non-dit ? Quel est le rapport des personnages à la parole?

Ce que je n'aime pas dans ce qu’on appelle les character driven films, c’est que les personnages n’arrêtent pas de parler de leurs sentiments. Et de ce qu’ils ressentent à propos de leurs sentiments. Et de ce que cela leur fait de ressentir des sentiments. Et de ce que les autres ressentent à propos de leurs sentiments vis à vis de leurs sentiments. C’est ridicule ! Le vrai objectif, c’est de transformer la psychologie en comportement. Bien sûr, le comportement inclut ce que disent les personnages, mais le non-dit, ou la manière dont ils réagissent m’intéresse beaucoup plus. Hamlet peut dire : "Je suis paumé, dépressif, suicidaire et je me sens amer de ne pas savoir quoi faire sans me sentir coupable ou en échec." Ou bien il peut dire : "Être ou ne pas être..." C’est à l’auteur de choisir.

Ce sont aussi les hommes qui permettent à Karen, Elizabeth et Lucy d'avancer. La parole masculine est libératrice pour ces femmes.

Souvent, dans les films où le rôle principal est féminin, les hommes sont une source de frustration. Elizabeth et Karen sont des femmes si compliquées, abîmées, obsessionnelles, qu’il me semblait intéressant de leur faire rencontrer des mecs biens. Des hommes compréhensifs, mûrs, simples. Ces femmes seraient-elles capables de s’adapter à cette générosité et de l’accepter ? Joseph, le mari de Lucy, n’est pas un ennemi. Il l’a soutenue pendant longtemps, mais il a fini par reconnaître qu'il voulait un enfant biologique. Faut-il lui refuser cet «instinct paternel" ?

Votre film nous livre un message fort : quel que soit notre âge, on a toujours le choix.

Ce que j'espère, c'est, comme Karen, parvenir à accepter des choses qui n’auraient pas dû arriver. L'adoption est à la fois un choix et un renoncement... Je crois à l’adoption. En faisant des recherches et en écrivant ce film, je me suis mis à envisager l’adoption comme une histoire d’amour. On s’y lance avec des intentions généreuses (donner de l’amour) et d’autres plus égoïstes (être aimé). Et comme n’importe quelle histoire d’amour, les adoptions sont parfois très heureuses, parfois désastreuses, et le plus souvent elles varient entre ces deux extrêmes. Comme tout ce qui relève de l’expérience humaine d’ailleurs. Une grande partie de la souffrance qu’éprouvent Karen et Elizabeth ne vient pas de l’adoption mais du vieux système d’adoption, dans lequel ni l’enfant, ni la mère biologique, ni la mère adoptive n’a le droit de connaître l’identité des autres membres de ce triangle. Le principe du secret a causé beaucoup de souffrance.

Votre film peut laisser penser que l'épanouissement d'une femme passe nécessairement par la maternité. Qu'en pensez-vous ?

Je crois que les liens sont essentiels pour l’épanouissement de chacun. J’ai pris la séparation forcée entre une femme et son bébé comme point de départ parce que cela me semblait être une atteinte à un lien très profond. C’est presque l’archétype du lien humain. Mais je connais des femmes qui ont choisi de ne pas en avoir ou qui n’en ont pas eu la possibilité, et qui sont très heureuses. Mais elles ont toutes des liens très forts avec des parents, un mari ou un conjoint, des amis, des neveux, des frères ou des sœurs... Qui peut vivre sans cela ?

Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Mes parents, mes enfants, ma femme, mon frère...

Quels sont vos projets cinématographiques à venir ?

J’espère que ce sera Albert Nobbs. C’est une histoire qui se passe en Irlande au XIXe siècle. Glenn Close en est la coscénariste et l’interprète principale. Sont également castés Amanda Seyfried et Orlando Bloom.

  Source : commeaucinema
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RTBF - Hugues Dayez
 

Mother and child un drame magnifique

Selon un schéma éprouvé, Garcia développe trois intrigues séparées avant de, subtilement, nouer les fils des différentes destinées. Mais ce n'est pas tant la construction du film qui suscite l'admiration que la performance étourdissante des trois actrices : Annette Bening joue une Karen à ce point bouleversante qu'on en vient à regretter que la star, épouse à la ville de Warren Beatty, se fasse si rare à l'écran depuis "American Beauty".

Naomi Watts prouve que, quand elle décroche des rôles consistants, elle est une des actrices les plus brillantes de sa génération. Enfin, l'afro-américaine Kerry Washington, dans le rôle plus extraverti de Lucy, vient apporter un contrepoint intéressant à l'ensemble de la fresque. En définitive, "Mother and child" vient redonner ses lettres de noblesse à un genre injustement décrié : le mélodrame. Aujourd'hui, dire d'un film qu'il est mélo est devenu presque une injure ; or, de Chaplin à Douglas Sirk, le genre-même du mélodrame a généré quelques films magnifiques. Le film de Rodrigo Garcia fait partie de ceux-là.

  Source : rtbf.be
   
Cinenews - Steven Tuffin
 

Il est très impressionnant de constater comment le réalisateur Rodrigo Garcia arrive à lier naturellement trois histoires distinctes parlant d'adoption: une femme de la cinquantaine qui souffre encore d'avoir dû faire adopter sa fille, une avocate sévère (la révélation de Mullholland Drive, Naomi Watts) qui évite toute forme de contact relationnel comme la poste et une femme stérile (Kerry Washington de 'The Last King od Scotland) désire tellement avoir un enfant qu'elle décide d'adopter un bébé. (...)

Même le plus grand fan de film mosaïque tel que Crash ne contestera pas qu'ici, tout arrive par hasard et va à l'amélioration de la condition de vie d'une jeune aveugle pour finalement agir comme un exemple symbolique (...), un drame solide qui ne laissera personne indifférent.

  Source : cinenews
   
excessif - Vincent Martini
 

Mother & Child constitue un drame (...) avant tout pour son trio d'actrices

Avec ces trois portraits de femme, le réalisateur colombien Rodrigo Garcia entend donner sa vision de l'amour à travers un thème porteur, la natalité et la famille. Avec une sensibilité très particulière, il nous brosse un tableau entre rendez-vous manqués, cruauté douce, et plaisirs irraisonnés, le tout faisant preuve d'un humanisme bienveillant porté par un trio d'actrice remarquable.

Naomi Watts, Annette Bening, et Kerry Washington forment un témoignage très contemporain du paysage féminin dans Mother & Child (...) On retiendra plus particulièrement Naomi Watts et son personnage d'ambitieuse échappant à tout contrôle.

A mi-chemin entre la femme blessée sans pouvoir exprimer les causes de sa douleur, et la nymphomane sûre d'elle, Naomi Watts campe un personnage comme elle les affectionne. Son rôle, central sur bien des plans, est à l'origine des meilleurs scènes du film. Dans les meilleurs moments, on en viendrait presque à penser à la série Six Feet Under (Rodrigo Garcia a travaillé dessus). En mère précoce et femme aigrie, Annette Bening nous surprend moins, sans doute parce que son rôle apparait moins subtil avec des excès lacrymoniaux plus attendus. Kerry Washington, au rôle tout aussi fort, n'échappe pas non plus à une thèse appuyée (élever un enfant seule, envers et contre tous).

De ces portraits entre rires et larmes, on louera les qualités photographiques (chaque scène baigne dans une lueur tantôt accueillante, tantôt angoissante) (...) Mother & Child est un drame impliqué à découvrir selon l'envie.

  Source : excessif
   
DH - Isabelle Monnart
 

Avorter. Une idée inconcevable dans l’Amérique des années 60

Tous les éléments d’un insupportable mélo sont réunis, sur le papier, pour faire de Mother and child un film tire-larmes (qui finissent par couler, il faut l’avouer), qui prend les cœurs sensibles au piège. Et pourtant, Rodrigo Garcia (le fils de Gabriel Garcia Marquez aurait-il hérité du talent de conteur de son père ?) évite l’écueil et brosse un triple portrait d’une humanité bouleversante, où les destins de ces trois femmes vont se croiser, laissant derrière elles de l’amour, de la rédemption, du chagrin, de l’espoir. Le tout savamment mélangé, pour en faire un film porté à bout de bras par trois actrices magnifiques (Naomi Watts, Annette Bening, Keri Washigton).

  Source : cinebel
   
 lalibre - Fernand Denis
 

Une mère sans enfant, une fille sans maman. Rodrigo Garcia observe la relation entre une mère et son enfant depuis ses extrémités, l’abandon et l’adoption. Poignant. Grand Prix du Festival de Deauville

(...) Sur ce canevas apparent de film polyphonique, on n’éprouve jamais le sentiment d’assister à un film choral. Car c’est moins le trajet des uns et des autres vers un point de rencontre qui captive l’attention, que l’exploration d’un sentiment, de la relation entre une mère et son enfant, qui surclasse toutes les autres.

Au cœur du récit, Karen la vit à l’extrême, aux extrêmes. D’une part, elle n’a jamais connu son propre enfant qu’elle aime depuis 37 ans avec cette intensité excessive qu’on porte à un nouveau-né. Et, d’autre part, elle s’occupe avec abnégation de martyre de sa propre mère, celle qui a permis cet abandon, celle qui a gâché sa vie.

Elle traduit l’intention de l’auteur, Rodrigo Garcia, qui entend explorer ce sentiment en se focalisant sur les extrémités, l’abandon et l’adoption. Chaque femme vit une situation très aiguë, apporte un éclairage, donne un relief particulier à la relation. Avec la maestria de son producteur Alejandro González Iñárritu, il trousse un film très fluide, très poignant, très intense, mais à l’émotion toujours réservée, pudique, contenue. La porte ouvrant sur le pathos est solidement verrouillée. Rodriguo Garcia désamorce d’ailleurs la plupart des situations à haut potentiel lacrymogène avec son sens de l’humour et sa direction d’acteurs, enfin, d’actrices. C’est sa spécialité, on l’avait remarqué dès son premier film ,"Ce que je sais d’elles d’un simple regard", ces cinq sublimes portraits de femmes prises chacune à un moment clef. C’est à nouveau le cas ici avec trois comédiennes au sommet de l’art.

Soit une découverte, Kerry Washington. Une consécration, Naomi Watts, qui se trouve actuellement, avec trois films à l’affiche, "Fair Game" et "You Will meet " de Woody Allen, de quoi constater l’étendue de son talent. Et, enfin, un retour impressionnant, celui d’Annette Bening, dont la sécheresse ne peut empêcher sa blessure originelle de continuer de suinter. Tantôt cassée, tantôt lumineuse, elle apporte une extraordinaire densité à la toile.

Rodrigo Garcia signe un film totalement intemporel, une œuvre qui a le confort vintage du classicisme américain d’un Mullighan, d’un Pollack, une qualité de pellicule pas très mode, mais tellement solide. Dans vingt ans, le film n’aura pas bougé et se regardera toujours avec autant d’intensité.

  Source : cinebel
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