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Titre
original |
Never let me go |
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Réalisation |
Mark Romanek |
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Scénario |
Alex Garland |
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Adaptation |
Du best-seller éponyme "Never let me go" traduit sous le titre "Auprès de moi toujours" de Kazuo Ishiguro |
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Interprétation |
Carey Mulligan (Kathy), Andrew Garfield (Tommy), Keira Knightley (Ruth), Izzy Meikle-Small (Kathy Enfant), Charlie Rowe (Tommy Enfant), Ella Purnell (Ruth Enfant), Charlotte Rampling (Miss Emily), Sally Hawkins (Miss Lucy), Kate Bowes Renna (Miss Geraldine), Hannah Sharp (Amanda), Christina Carrafiell (Laurs), Oliver Parsons (Arthur), Luke Bryant (David), Fidelis Morgan (Matron), Damien Thomas (Docteur), ... |
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Musique |
Rachel Portman |
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Photographie |
Adam Kimmel |
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Pays |
Royaume-Uni, USA |
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Année |
2010 |
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Durée |
1h43' |
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Genre |
Drame, Romance |
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Distributeur |
20th Century Fox |
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Cote |
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Site officiel |
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Bande annonce |
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Affiche 01 / 02 / 03 / 04 / 05 |
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Dossier de presse |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès |
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Le jeudi 10 mars 2011 |
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Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Troisième réalisation de Mark Romanek, après "Static" et l’inquiétant "Photo Obsession", "Never let me go" est une adaptation du best-seller éponyme - traduit sous le titre "Auprès de moi toujours" -, de KazuoIshiguro, auteur notamment des "Vestiges du jour"et qui signe ici également le scénario.
Depuis l'enfance, Kathy, Ruth et Tommy sont les pensionnaires d'une école en apparence idyllique, une institution coupée du monde où seuls comptent leur éducation et leur bien-être. Devenus jeunes adultes, leur vie bascule : ils découvrent un inquiétant secret qui va bouleverser jusqu'à leurs amours, leur amitié, leur perception de tout ce qu'ils ont vécu jusqu'à présent.
KazuoIshiguro, écrivain britannique né au Japon, excelle dans les évocations et les sous-entendus, avec pour fil rouge la quête d’identité chez des individus toujours plus ou moins soumis à une condition d’existence qui leur est imposée, sans que jamais ils ne se révoltent. Dans la plupart de ses romans, les héros approchent leur destin comme celle d’une fatalité, après avoir endossé un rôle qu’ils croyaient servir pour une juste cause. Ishiguro s’attache toujours à décrire un cheminement de vie que ses personnages pensent irrémédiablement prédestiné, tel le majordome des "Vestiges du jour", adapté au cinéma par James Ivory. ( Cinéeaddict.fr) |
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Mark Romanek. Né le 18 septembre 1959 à Chicago, Illinois (Etats-Unis). Acteur, Réalisateur, Producteur exécutif, Scénariste.
Mark Romanek a signé certaines des vidéos musicales les plus novatrices de Madonna, Lenny Kravitz, David Bowie, Michael Jackson, Macy Gray, etc., qui ont cumulé plus d'une douzaine de MTV Awards. Deux de ces brillantes réalisations : "Bedtime Story" de Madonna et "Closer" de Nine Inch Nails, ont intégré la collection permanente du Museum of Modern Art de New York.
Lauréat, en 1997, du prestigieux Video Vanguard Award pour ses contributions à l'art de la vidéo musicale, Romanek a également réalisé des spots pour Calvin Klein, Nike, Philips et le Cirque du Soleil.
En 2002, il réalise et scénarise Photo Obsession avec dans le rôle principale Robin Williams. Le film a notamment été récompensé au festival de Deauville.
En 2005, il est producteur exécutif de Les mots retrouvés de Scott McGehee et David Siegel avec Richard Gere et Juliette Binoche.
Et en 2010, le cinéaste revient à la réalisation avec le long métrage Never let me go, mettant en scène Carey Mulligan, Andrew Garfield et Keira Knightley qui interprètent trois amis ayant grandi ensemble dans un pensionnat coupé de tout. Ils vont découvrir qu'ils sont en fait des clones dont les médecins se servent pour prélever des organes pour leurs patients.
Source : Toutlecine
Toute la filmographie de Mark Romanek sur IMDB en tant que :
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Tout le cine |
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Préparation tournage
Pour Never let me go, l'actrice Carey Mulligan a dû apprendre à conduire, elle a suivit un cours intensif de deux semaines, mais a échoué au permis de conduire. La production a donc dû tourner la scène sur une route privée où elle fut autorisée a rester sur la route.
Retrouvailles
L'actrice Keira Knightley tourne de nouveau avec la comédienne Charlotte Rampling avec qui elle avait joué dans The duchess. Elle retrouve également Carey Mulligan et Andrew Garfield avec qui elle partageait l'affiche du film Orgueil et préjugés.
Adaptation
Never let me go est l'adaptation d'un roman de Kazuo Ishiguro. Il s'agit de la troisième adaptation sur grand écran d'un roman de l'auteur après Les Vestiges du jour et The Saddest Music in the World. Et c'est également la deuxième fois qu'il est scénariste. |
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Source : Toutlecine |
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Le miroir mélancolique de nos vies fragiles |
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Du roman au film
Adapté de "Auprès de moi toujours", le best-seller de Kazuo Ishiguro, auteur notamment des "Vestiges du jour", Never let me go est une histoire d’amour et de vérités cachées, une fable poignante sur la douleur de perdre ceux que l’on aime dans laquelle l’auteur s’interroge sur ce qui fait de nous des humains. Sommes-nous maîtres de notre destin ? Vivons-nous pour nousmêmes ou pour d’autres ? Comment définir l’essence de notre humanité ? Ces questions, à la fois troublantes et captivantes, sont au coeur de l’intrigue. L’histoire débute dans le cadre apparemment idéal d’un pensionnat anglais à l’écart du monde pour évoluer vers un conte extrêmement émouvant et d’une force peu commune sur l’amour et la trahison, l’espoir et le sacrifice, la mort et le destin. Lors de sa parution en 2005, le roman de Kazuo Ishiguro a été salué par de nombreux critiques littéraires comme l’un des meilleurs de la décennie.
Le récit se révélait à la fois le portrait surprenant et passionnant d’un monde dans lequel les hommes seraient parvenus à se cloner, et celui d’un triangle amoureux intimiste et complexe impliquant trois amis d’enfance. Une oeuvre possédant un impact et une influence aussi durables semblait destinée à être portée à l’écran. C’est ce qu’ont entrepris le romancier et scénariste britannique Alex Garland et le réalisateur américain Mark Romanek. Ils ont abordé Never Let Me Gosous le même angle que Kazuo Ishiguro, à savoir une histoire centrée non pas sur la science-fiction mais sur la fragilité humaine. Mark Romanek explique : "De nombreux films de sciencefiction sont construits autour de personnages tentant d’échapper à un gouvernement oppressif ou quelque chose de ce genre, mais ici c’est le contraire. Ces personnageslà ne s’enfuient pas parce qu’on leur a inculqué depuis leur naissance un sentiment de fierté et de devoir quant à leur rôle dans cette société parallèle, aussi terrible puisse-t-il être. Une autre raison expliquant qu’ils ne s’échappent pas est qu’ils n’ont nulle part où aller. Le film vous exhorte à serrer contre vous les personnes que vous aimez, ici et maintenant, parce que la vie est tellement courte... Je voulais faire un film ouvertement beau et dénué de toute ironie. Nous souhaitions plonger les spectateurs dans l’univers créé par Kazuo Ishiguro. Je tenais tout particulièrement à ce que le film soit romantique et qu’il constitue une expérience agréable en termes d’esthétique, car la vérité qu’il explore est teintée d’amertume."
Kazuo Ishiguro est fasciné depuis toujours par les thèmes étroitement imbriqués que sont l’amour, la perte de ceux que l’on aime, la dignité, le devoir, le sacrifice, la mémoire, et la construction de l’être que nous montrons au monde. Plébiscité pour ses écrits, il a été nommé à quatre reprises au Man Booker Prize, a été désigné comme l’un des "50 plus grands romanciers britanniques de tous les temps" par le Times et a remporté de nombreux prix et distinctions littéraires. Parmi ses romans, "Les Vestiges du jour" lui a valu le Booker Prize, et a été magnifiquement adapté au cinéma par James Ivory avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux – le film a d’ailleurs été récompensé aux Oscars. On peut également citer "Lumière pâle sur
les collines", "Un Artiste du monde flottant", "L’Inconsolé" ou encore "Quand nous étions orphelins".
Dans son sixième et dernier roman, "Auprès de moi toujours", il situe son exploration de l’être humain dans un tout autre univers A la surprise de ses fans et des critiques, il crée une sorte de fable de science-fiction littéraire située dans un monde parallèle à l’Angleterre des années 90, dans lequel un procédé scientifique prépare les enfants, au coeur d’un pensionnat isolé, à un destin inattendu une fois devenus adultes. Raconté par Kathy, une jeune femme en apparence ordinaire, le roman révèle, petit à petit, scène après scène, ses véritables origines et la nature du destin qui les attend, elle et ses amis ; un destin qu’ils affronteront avec un sens du devoir et un dévouement mutuel. Andrew Barrow a écrit à propos de "Auprès de moi toujours" dans The Independent : "Kazuo Ishiguro utilise simplement le cadre de la sciencefiction pour livrer un éclairage sur la vie ordinaire, l’âme et la sexualité humaines, l’amour, la créativité et l’innocence propres à la jeunesse." Jonathan Yardley dit pour sa part dans le Washington Post : "C’est presque exclusivement un roman sur l’humanité : son essence, sa signification et la manière dont elle est honorée ou rejetée." En 2005, le roman a été nommé au Booker Prize, au Arthur C. Clark Award ainsi qu’au National Book Critics Circle Award. Il a été cité un nombre incalculable de fois parmi les meilleurs livres de l’année et Time Magazine l’a désigné comme meilleur roman de la décennie et le considère comme l’un des 100 meilleurs romans modernes jamais écrits. L’auteur n’a pas puisé son inspiration initiale dans les annales de la science, mais plutôt dans le désir de créer un groupe de personnages dont les vies entières devaient être compressées en un laps de temps tragiquement court. Cette idée générale l’a finalement conduit à imaginer l’univers très avancé en termes de biotechnologie des "Donneurs" et des "Aidants" qui, par la nature même de leurs courtes vies sacrifiées, soulèvent des questions fondamentales sur nos propres existences en tant qu’ "originaux". |
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Suite sur Comme Au Cinema |
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Trois être à la recherche de leurs origines |
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Donner vie à Never let me go à l’écran signifiait en premier lieu trouver les acteurs capables d’incarner les trois étonnants personnages principaux de l’histoire. Bien qu’ils aient été conçus pour une issue apparemment inhumaine, les personnages devaient avoir toute la dimension de véritables êtres humains pris au coeur d’un triangle amoureux alors qu’ils passent de l’innocence de l’enfance à la connaissance accablante de leursdestins d’adultes. Mark Romanek explique : "Le plus important était de trouver des acteurs éprouvant une profonde affinité avec ces personnages et le livre. Pour cela, nous avons auditionné de nombreux jeunes acteurs parmi les plus doués d’Angleterre."
L’histoire est racontée par Kathy, qui se décrit comme une "Aidante", une mystérieuse vocation dont la nature est révélée au fil de l’histoire. Pour l’interpréter, les producteurs ont choisi l’une des jeunes étoiles montantes les plus demandées bdu moment en Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, Carey Mulligan, révélée grâce à son interprétation dans Une éducation– rôle qui lui a valu une nomination à l’Oscar de la Meilleure Actrice en 2009.
Elle explique : "Nous voulions absolument que la chaleur de ces personnages et leurs sentiments les uns envers les autres transparaissent dans la narration filmique. Il y a Kathy, qui se révèle si forte après tout ce qu’elle a vu et affronté, Tommy, qui d’une certaine manière est le seul des trois à avoir une réaction raisonnable face à l’horreur de leur situation et Ruth, qui est tellement humaine et frêle que l’on ne peut ns’empêcher d’avoir de la sympathie pour elle."
Selon Mark Romanek, "Carey est l’actrice parfaite pour une histoire de Kazuo Ishiguro. Elle fait partie de nces artistes qui sont naturellement allergiques aux clichés. Son jeu est en apparence minimaliste, mais l’intensité qu’elle dégage est nprofonde. Elle entretient une relation avec la caméra, elle a conscience qu’elle peut transmettre beaucoup à partir de très peu. Pour être honnête, j’étais au départ intimidé par son incroyable talent, et j’ai eu du mal à trouver une façon de l’aider. J’ai réussi à mettre en place un environnement de travail dans lequel elle se sente en sécurité, et à créer esthétiquement – avec l’aide des départements de la photographie et des décors – l’univers du récit afin de lui permettre d’en ressentir réellement l’atmosphère. Sa façon de jouer a commencé alors à façonner la structure du film ; son jeu s’accordait parfaitement avec ma vision du style de Kazuo Ishiguro. Elle m’a également beaucoup aidé à définir la grammaire visuelle que je cherchais en adéquation avec la prose de l’auteur."
Carey Mulligan avait déjà lu le roman quand elle a rencontré les producteurs, et elle les a impressionnés par son amour de cet ouvrage et sa compassion envers Kathy. Elle raconte : "Lors de la première lecture, j’ai eu l’impression que Kathy pouvait passer pour un personnage presque passif parce que, des trois amis, c’est elle qui fait face à leur situation de la manière la plus posée et qui enfouit tout ce qu’elle ressent au fond d’elle-même. Mais avec Kathy, tout se passe à l’intérieur, ce qui selon moi la rend vraiment très intéressante."
Selon Carey Mulligan, le genre particulier et inclassable du film constituait un autre point intéressant : "J’adore le fait qu’il n’y ait en apparence aucun lien avec la science fiction : on ne réalise que lentement que l’on se trouve dans un univers parallèle, qui n’est que la toile de fond d’une histoire d’amour entre deux personnes qui ne peuvent jamais vraiment être ensemble de par leur nature même." |
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Une autre Angleterre |
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La force du roman de Kazuo Ishiguro vient non seulement de la courte existence de ses personnages, mais également de son atmosphère. Toutes les personnes impliquées dans Never let me go – du réalisateur Mark Romanek à l’équipe créative travaillant en coulisses – souhaitaient traduire cette ambiance dans chacun des plans du film.
Mark Romanek explique : "Je voulais créer une expérience visuelle qui reflétait mon expérience personnelle à la lecture du livre. J’avais une idée très précise de la manière de le faire. Nous étions tous d’accord sur le fait que le film ne devait pas reproduire l’imagerie traditionnelle de la science-fiction et nous trouvions cela passionnant. A la place, nous voulions donner le sentiment de quelque chose à part, qui serait un peu fantastique mais qui aurait en même temps l’air très réel." Contrairement à la plupart des récits impliquant des manipulations dans le domaine biomédical, Never Let me Go ne se déroule pas dans un futur plus ou moins proche mais dans la dernière partie du XXe siècle.
Son intrigue est basée sur le postulat que les avancées médicales ont nbouleversé les règles de la mortalité nhumaine dans la Grande-Bretagne nde l’après-guerre. Le producteur Allon Reich explique : "Une des idées principales est que le film se déroule dans une réalité parallèle. Ce n’est pas demain, c’est hier. Il en résulte une sorte d’intemporalité." Cette idée a placé les producteurs dans une situation de no man’s land cinématographique.
Mark Romanek raconte : "Nous n’avions aucun point de repère, ce qui était passionnant. Le seul film quelque peu similaire qui me venait à l’esprit était Fahrenheit 451, le film de François Truffaut adapté du roman de Ray Bradbury, mais quand même assez différent. Notre stratégie a été de débuter avec les trois principaux lieux, qui représentent à première vue des endroits connus de tous : une école, une ferme et un hôpital.
Le secret de base du film était de donner à ces lieux, en apparence très familiers, une impression d’étrangeté impossible à définir de manière précise. C’est cela qui permet de rendre la tension fantastique présente dans le roman de Kazuo Ishiguro." Pour créer les détails d’un monde légèrement hors du temps, les producteurs se sont entourés d’une groupe de créatifs talentueux parmi lesquels le directeur de la photographie Adam Kimmel, le chef décorateur Mark Digby, les costumiers Rachael Fleming et Steven Noble et la maquilleuse Sian Grigg. "C’est l’une des meilleures équipes avec lesquelles il m’ait été donné de travailler, confie le producteur Andrew Macdonald. Notre passion pour le scénario et le nlivre nous a tous soudés."
Pour l’inspiration visuelle, Mark Romanek s’est tourné vers l’un des cinéastes préférés de Kazuo Ishiguro, le réalisateur japonais Mikio Naruse qui, dans les années 50 et 60, a tourné des "shomin-geki", des comédies dramatiques sur la classe ouvrière caractérisées par un mode de narration élégant et une imagerie dépouillée. Mark Romanek explique : "Il y a chez Naruse de la modération, de la simplicité ainsi qu’un élément tragique, ce qui s’accorde avec Ishiguro. Ses films dénotent une fascination pour l’éphémère, le temporaire et la valeur du temps. Nous ne voulions pas imiter son style, mais visionner ses films ainsi que d’autres œuvres du cinéma japonais de cette période a véritablement influencé ma façon de voir les choses." L’environnement du film était si intrinsèquement lié à l’interprétation des acteurs que Mark Romanek a même demandé aux décorateurs de créer des espaces de répétition pour les acteurs. "Je souhaitais immerger les acteurs dans cet univers particulier le plus tôt possible, explique-t-il. Je voulais qu’ils comprennent le ton que j’avais choisi pour le film."
Pour créer le style visuel, Mark Romanek a également collaboré avec le directeur de la photographie Adam Kimmel, qui a cherché comment associer la beauté et le lyrisme à la désolation et l’anxiété. Le réalisateur explique : "On peut en grande partie dire que le style et le rythme du film ainsi que les autres choix esthétiques ont été dictés par ce qu’Adam et moi voyions pour les acteurs.
Nous souhaitions créer un univers visuel dans lequel ces acteurs avec lesquels nous avions tant de chance de travailler puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. J’avais déjà travaillé avec Adam auparavant pour des spots télévisés, mais c’était une expérience vraiment différente que de traduire un roman de Kazuo Ishiguro en images." Il poursuit : "L’un des éléments intéressants chez Ishiguro, et dans ce livre en particulier, est la façon dont sa sensibilité japonaise se marie à ce cadre et cette culture typiquement britanniques. J’ai donc passé pas mal de temps à étudier la manière dont nous pourrions appliquer les concepts issus de l’esthétique japonaise à cet univers très anglais. Des notions telles que Mono No Aware (l’empathie envers les choses), Wabi Sabi (la beauté est imparfaite, éphémère et incomplète) ou encore Yugen (une grâce et une subtilité profondes) ont notamment une grande influence sur l’art et la culture japonaise." C’est le chef décorateur Mark Digby, nommé aux BAFTA Awards pour son travail sur Slumdog Millionaire, qui a été chargé de concevoir les textures et les contours de cet univers. Il savait d’emblée qu’il devrait redoubler de créativité pour ce projet. Il explique : "Le style littéraire d’Ishiguro est à la fois concis, maîtrisé et suggestif, sans toutefois être trop spécifique. Il emmène son lecteur dans des endroits qu’il a l’impression de connaître et des ambiances qui ont un air familier mais qui se trouvent dans un univers alternatif. De la même manière, nous étions très stricts dans notre façon de créer les choses. L’idée générale est que les choses que vous voyez vous paraissent toujours assez familières, sans qu’aucun détail ne vienne trop ancrer les choses dans la réalité." |
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Les costumes |
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Les mêmes principes de création ont dicté la conception des costumes par l’équipe de Rachael Fleming – qui a notamment collaboré à Trainspotting et 28 Jours plus tard de Danny Boyle, et Le Journal De Bridget Jones de Sharon Maguire – et Steven Noble, qui l’a assistée sur Le Journal De Bridget Jones, et La Plage de Danny Boyle. Ce dernier raconte : "Ce film était un véritable défi pour ce qui est des costumes car il se déroule dans un univers parallèle qui doit refléter un passé récent allant des années 70 aux années 90 tout en ayant l’air complètement intemporel. Ce n’est vraiment pas simple."
Rachael Fleming et Steven Noble ont utilisé beaucoup de vêtements d’occasion, le genre de pièces élimées légèrement excentriques que l’on pourrait trouver au fin fond d’une friperie. Ils ont également demandé à différents pensionnats britanniques de leur envoyer de vieux uniformes à partir desquels ils ont créé le fatras dépareillé des tenues de Hailsham. Rachael Fleming explique : "Les enfants n’ont pas besoin de s’identifier entre eux ou de représenter leur établissement, les tenues sont donc très simples, sans emblème, galon ou insigne d’aucune sorte. Leur peu de sens de la mode leur vient uniquement des rares aperçus qu’ils ont du monde extérieur."
Les professeurs portent pour leur part ce que Steven Noble nomme le "tweed chic". Il explique : "Nous nous sommes inspirés du style des années 60 mais en utilisant du tweed, ce qui permet de donner une impression de vêtement d’époque sans que l’on puisse les dater avec précision." Plus loin dans le film, quand les enfants grandissent et emménagent aux Cottages, ils conservent les vêtements qui leur ont été donnés au moment de la "grande récolte", juste avant qu’ils ne quittent Hailsham. Rachael Fleming explique : "Le défi avec la partie des Cottages était de conserver cet aspect d’authentiques vêtements usagés tout en mettant en valeur ces acteurs remarquables."
En fin de compte, l’équipe a créé une Angleterre qui ne ressemble pas tout à fait aux représentations que les films précédents avaient pu en faire. Mark Romanek remarque : "Ce n’est pas une évocation luxueuse de l’Angleterre. Il n’y a pas d’objets neufs et brillants dans le film. Tout est défraîchi, élimé et usagé. C’est ici que nous avons utilisé le concept de Wabi Sabi. La notion du temps qui s’écoule est omniprésente. Nous avons fait bien attention à mettre des horloges et des montres dans presque toutes les scènes parce que l’histoire traite en grande partie du temps qui passe et de son caractère précieux. Nous avons également essayé d’insister sur ce point au niveau des sons – il n’y a pas que les horloges nqui marquent le temps qui passe, il y a aussi le vent et les rythmes de la nature."
Une fois le film achevé, les producteurs ont soumis tous ses éléments, des costumes à la lumière en passant par les prestations des acteurs, à un dernier test : ils les ont montrés à Kazuo Ishiguro. Mark Romanek se souvient : "Nous étions tous très anxieux quand nous lui avons montré le premier montage. Nous attendions tous dehors et… il a vraiment semblé adorer. Il a fait quelques remarques constructives mais il avait l’air enchanté. Ça a été un énorme soulagement. Nous avons entrepris de faire ce film parce que nous adorions et respections énormément son roman – nous savions cependant que le film devait exister indépendamment du livre. C’était gratifiant de sentir que nous étions – selon lui – restés fidèles au livre tout en permettant à notre film d’exister par lui-même." Kazuo Ishiguro conclut : "J’espère que les spectateurs commenceront par se dire qu’il s’agit d’un film étrange et inquiétant sur des gens à part mais qu’ils y verront au fur et à mesure une histoire universelle ; et que leur sentiment d’identification grandira jusqu’à ce que finalement, ce que traversent Kathy, Tommy et Ruth devienne ce que nous traversons tous au cours de notre propre vie." |
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Suite sur Comme Au Cinema |
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Excessif - Romain Le Vern |
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Sujet en or et traitement en diamant.
Après un démarrage policé évoquant l'adaptation d'un roman de Jane Austen, Never Let Me Go prend une tournure plus troublante dès lors que l'on réalise que le titre est un appel au secours muet, que le genre tient de la rétrocipation et qu'un sujet fort (le clonage thérapeutique) va boucher cet horizon idyllique. L'action se déroule dans les années 70-80 dans une Grande-Bretagne de cauchemar éveillé, mais préfigure un futur à l'imparfait dans un écrin d'agonie collective, où le temps s'écoule au rythme d'une marche funèbre.
Adapté d'un roman de Kazuo Ishiguro, scénarisé par Alex Garland (28 jours plus tard) et transcendé par la somptueuse photo de Adam Kimmel, ce troisième long métrage de Mark Romanek (Photo Obsession, 2003), porté par de bonnes mains et de beaux regards, raconte une histoire d'amour qui ne vieillira jamais. Malgré les violons de Rachel Portman, l'ensemble est froid comme un tombeau, assoupi dans une bulle coupée du monde, lancinant comme un mauvais sort. Sa force, c'est de suggérer l'épouvantable avec une étrange tranquillité, sans effets spéciaux ni mystère artificiellement entretenu, dans le sillage du cinéma d'Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca).
Dans un climat ouaté (une chappe de plomb), les trois protagonistes sont des clones qui ont la possibilité d'échapper à leur condition de "créatures", dans l'expectative d'un déraillement. Là où le bât blesse, c'est que ces jeunes adultes aux corps parfaits, naguère enfants instrumentalisés dans un gynécée et effrayés par le monde extérieur, sont rouillés avant d'avoir subi, copiant des gestes d'automates et formulant des regrets avant d'avoir vécu. Pour survivre, ils se fabriquent une vérité illusoire.
Ce qui est beau, c'est cet espace incertain entre ce que les personnages savent (...) et ce qu'ils veulent croire (...). Même s'ils n'y peuvent rien. Même s'ils doivent avancer comme des bougies dans un paysage sombre, en faisant du surplace, en fantasmant les lignes de fuite avant d'accepter d'être les pièces détachées d'une voiture. Tous les interprètes sont au diapason. Parmi eux, on retient le visage désolé de Carey Mulligan, poupée de porcelaine abîmée par des sentiments plus grands qu'elle, héroïne fantomatique et passive qui accompagne les seuls êtres qu'elle a connu jusqu'à leur mort avant de rejoindre sa solitude, ce champ de ruine qu'elle voit une dernière fois avant de se faner ("j'imagine que c'est l'endroit où tout ce que j'ai perdu depuis mon enfance est venu s'échouer").
Avant que son âme mutilée en silence, cernée d'émois frustrés, quitte un corps qui ne lui appartient déjà plus. Depuis le début, il y a en elle un poison amer, une résignation, une fatalité qui inondent le film comme un torrent de douleur.
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Source : Excessif |
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