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Titre
original |
Illégal |
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Réalisation |
Olivier Masset-Depasse |
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Scénario |
Olivier Masset-Depasse |
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Interprétation |
Anne Coesens (Tania), Esse Lawson (Aissa), Alexandre Golntcharov (Ivan), Gabriela Perez (Maria), Christelle Cornil (Lieve), Olga Zhdanova (Zina), Tomasz Bialkowski (Monsieur Nowak), Frédéric Frenay (Policier 1), ... |
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Musique |
André Dziezuk & Marc Mergen |
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Photographie |
Tommaso Fiorilli |
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Pays |
Belgique, Luxembourg, France |
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Année |
2010 |
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Durée |
1h30’ |
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Genre |
Drame |
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Distributeur |
O'Brother Distribution |
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Cote |
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Site officiel France / Belgique |
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Bande annonce |
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Affiche |
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Dossier de presse |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès |
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Le jeudi 17 mars 2011 |
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Le film est projeté en version originale française, anglaise et russe, sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Le sujet des sans-papiers abordé avec la distance nécessaire pour éviter aussi bien le pathos que la charge politique. Par le biais du thriller psychologique - où se dessine le portrait d’une "mère courage" - s’y dénonce la réalité des centres de rétention. Anne Coesens y est magistrale en réfugiée russe. (Le Soir)
Tania et Ivan, son fils de 14 ans, sont russes et vivent clandestinement en Belgique depuis huit ans. Sans cesse sur le quivive, Tania redoute les contrôles de police jusqu’au jour où elle est arrêtée. La mère et le fils sont séparés. Tania est placée dans un centre de rétention. Elle fera tout pour retrouver son fils, mais n'échappera pas pour autant aux menaces d'expulsion.
Une oeuvre nécessaire, on ne peut plus dans l'actualité, et aussi puissante qu'admirable. Un choc poignant. (Excessif.com) |
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Olivier Masset-Depasse né le 27 décembre 1971 à Charleroi (Belgique). Réalisateur, Scénariste, Compositeur.
Dans le monde populaire merveilleux et monstrueux dans lequel il grandit, Olivier Masset-Depasse se prend de passion pour le dessin. Jusqu'au jour où il en découvre les limites : la fixité des images ! En 1985, devant Elephant man de David Lynch, le jeune Olivier a le déclic. Pour lui, ce sera le cinéma !
S’ensuit la trajectoire ordinaire et passionnée d’un aspirant-réalisateur : premiers films faits mains et premiers " prix " dans des festivals du dimanche. Olivier Masset-Depasse part donc s'installer à la capitale où il étudie le cinéma à l’Institut des arts de diffusion (IAD). A force de travail acharné, peu à peu, Olivier comprend le cinéma qu’il veut faire. Au niveau du contenu, il veut analyser les rapports humains qui l’ont formés et troublés durant sa courte existence, il s’attache à vouloir traiter les cercles vicieux relationnels dans lesquels l’être humain semble condamné à errer. Ainsi que notre rapport à cette animalité qu’on ne cesse de brider et qui ne cesse de s’échapper, de nous glisser entre les doigts. Au niveau de la forme, il choisit le travail de la subjectivité psychologique.
Ses choix, Olivier les expérimente d’abord dans deux court-métrages : Chambre froide (2000) et Dans l’ombre (2004). Les nombreux prix remportés dans le monde entier par ces deux films témoignent de leur impressionnant succès.
En 2008, le cinéaste réalise son premier long métrage, Cages, avec Anne Coesens, actrice qui lui est fidèle depuis ses premiers films. Dans ce drame psychologique, elle incarne une femme tombée dans le mutisme après un accident et qui est prête à tout pour garder son mari près d'elle. Deux ans plus tard, il signe Illégal et traite des travers polémiques de l'immigration clandestine. Le film se voit sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs.
Toute la filmographie d' Olivier Masset-Depasse en tant que :
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tout le cine |
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Présentation cannoise
Sa sélection à la Quinzaine des Réalisateurs, Olivier Masset-Depasse ne pouvait rêver mieux. "J'ai sauté de joie car c'est exactement là, une sélection de découvertes, que je voulais être. Beaucoup de réalisateurs que j'admire sont passés par là". Il avoue ne pas encore s'estimer à la hauteur pour la compétition officielle. La projection d' Illégal à Cannes a été un moment aussi chargé en émotions pour Anne Coesens, l'actrice principale : "Ce qui était très fort, c'était que les spectateurs étaient vraiment en phase avec les acteurs et le film, en phase avec ce qu'on avait envie de dire et de défendre. Des gens ont même applaudi pendant la projection".
Seconde sélection de prestige
Illégal a également été retenu parmi les trois finalistes du prix LUX, une récompense attribuée chaque année par le Parlement européen. Le vainqueur sera rendu public le 24 novembre prochain à Strasbourg. Créé en 2007, ce prix récompense une oeuvre "illustrant ou questionnant les valeurs fondatrices de l'identité européenne, la diversité culturelle de l'Europe ou éclairant le débat sur le processus d'intégration européenne". Le film lauréat reçoit un soutien financier du Parlement (pour la production ou la distribution) et se voit sous-titrer dans les 23 langues de l'Union européenne.
Corps et âme
Anne Coesens s'est réellement investie dans ce projet, dans lequel elle interprète une mère russe sans-papiers. Ne parlant pas la langue avant le tournage, elle s'est donné cinq mois pour relever le défi. Une metteuse en scène et une comédienne russes l'ont aidée dans sa démarche. Elle précise : "On a surtout travaillé la phonétique et la musicalité de la langue et du jeu". De son côté, Olivier Masset-Depasse justifie son choix ne pas avoir engagé une actrice russe : afin que "le spectateur puisse sentir son côté européen, qu'il puisse se dire que cela pourrait être lui". |
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Source : toutlecine |
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ptb - Jonathan Lefèvre |
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Daniel Limbioul est ouvrier chez Arcelor-Mittal à Seraing. Il est aussi président du groupe PTB local. Et durant ses temps libres, il recherche des figurants pour des films ...
C’est ainsi que quatre membres du PTB de Seraing se sont retrouvés sur le tournage d’Illégal. "Je le fais actuellement pour le dernier film des frères Dardenne" poursuit-il. "Lorsque j’ai lu le scénario du film d’Olivier Masset-Depasse, j’ai tout de suite voulu m’impliquer. Je trouve inadmissible pour un État soi-disant démocratique d’enfermer des gens dans des prisons (car les centres sont des prisons !) sans jugement. Et enfermer des enfants est scandaleux ! Ce sujet est intéressant pour un militant comme moi".
"Sur le tournage, quand j’ai vu comment ça se passait, j’ai dit à Olivier que son film allait être un succès. Il m’a regardé et m’a dit “tu crois ?”". Daniel nous livre aussi un scoop : "Olivier nous a dit qu’après avoir présenté son film au Luxembourg, le ministre de la Justice lui a confié qu’il allait revoir son projet d’ouverture du premier centre fermé du pays. Si ce film pouvait empêcher que le Luxembourg ait un centre fermé, ce serait incroyable !".
Une anecdote ? "Mon fils de quatre ans a participé au tournage. Un jour, il était vraiment trop turbulent. L’équipe m’a appelé pour que je vienne le calmer, il empêchait le tournage de se poursuivre. Mais l’équipe l’a bien pris : il a tourné en tout plus de deux semaines !"
Une figurante témoigne de son expérience : Pascale Vastamente, membre du groupe de Daniel, était de l’aventure. "Quand Daniel me l’a proposé, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion. Cela fait longtemps que ce sujet m’interpelle. J'ai dirigé un groupe de frontières ouvertes il y a plus ou moins dix ans à Liège. On a occupé avec différents groupes l'aéroport de Zaventem pour diffuser des tracts aux voyageurs. Ce tract expliquait comment les réfugiés étaient expulsés de force et ce que les voyageurs pouvaient faire si ils en voyaient un dans l'avion". Et qu’apporte, en tant que citoyenne, un tournage sur un sujet aussi difficile ? "Ca fait 12 ans que je suis membre du PTB, ça fait donc un moment que je milite. Mais se replonger dans une thématique aussi grave est absolument nécessaire et redonne un souffle nouveau !"
Pascale donne ses impressions : "L'actrice est magnifique. Lors du tournage je trouvais qu'elle n'était pas très souriante mais en voyant le film, je comprends pourquoi. Elle était tout le temps dans son personnage. Chapeau. Et le réalisateur a vraiment fait un excellent travail. Le film est génial et c'est quelqu'un de très humain, très proche des figurants aussi.
Lors de l’avant première, il a demandé à tous les figurants de se lever et tout le monde a applaudi. Waou!" Une anecdote pour finir ? "On s’est vraiment déchainé lors d’une scène : la bataille de nourriture ! A la fin tout le monde était recouvert de purée !" |
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Source : Ptb |
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centre avec |
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Préambule
Illégal, le film d’Olivier Masset-Depasse, sorti en octobre 2010, nous renvoie à une réalité préoccupante, celle des migrants détenus dans des centres fermés. Tania, une femme russe, vit en Belgique avec son fils Ivan, depuis huit ans. Sans papiers, dans la crainte d’être contrôlés et arrêtés par la police. Des papiers, elle en obtient des faux. Mais elle sera arrêtée, parvenant néanmoins à faire fuir son fils de 13 ans. Détenue dans un centre de détention, elle y est – avec les hommes, femmes, enfants qui y sont enfermés – rabaissée au rang des délinquants, subissant humiliations et, même, traitements inhumains… Un parcours qui nous interroge ! À l’égard de la réalité complexe des demandes d’asile et des politiques à mettre en œuvre, des rapports circonstanciés sont publiés, établis par des associations qui prennent à cœur les personnes et leurs droits. Des actions sont menées sur le plan personnel, offrant accompagnement psychosocial et juridique. Des actions sont également menées sur le plan structurel du politique. Nous pensons, par exemple, à ce que réalise en Belgique le "Jesuit Refugee Service" (JRS) [1], également présent de par le monde, avec bien d’autres associations que l’on retrouve dans les diverses régions du pays et qui se trouvent réunies dans des coupoles comme le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), Vluchtelingenwerk Vlaanderen ou le FAM (Forum asile et migrations).
À partir d’un film de qualité, cet article propose des réflexions qui vont au cœur de l’humain, il invite à des questionnements de "sens" qui concernent les fondements les plus profonds de nos conceptions de vie et de notre agir personnel et collectif. Étape dérangeante peut-être, mais indispensable pour avancer dans la construction d’une société éprise de justice.
Le film Illégal d’Olivier Masset-Depasse ne laissera personne indifférent. Ce que nous y voyons est si violent que nous voudrions comme des autruches nous cacher la tête dans le sable pour ne pas être confrontés à toute cette violence. Si durs sont les faits brutaux, les paroles sans cœur, l’abus de pouvoir impitoyable. On voudrait dire : ce qui nous est donné à voir, ce n’est pas possible, ce n’est pas permis, c’est intolérable, c’est illégal.
Identification
Le film nous invite à nous identifier avec Tania, avec Ivan, avec Zina, avec Lieve et tant d’autres personnages, y compris avec les policiers brutaux, les interrogateurs rusés, les avocats impuissants. Nous pouvons ainsi partager les angoisses, la souffrance, les humiliations, la colère, les frustrations, mais aussi les aspirations, l’affection et l’amour qui habitent ces personnes. Le monde des "illégaux" ne reste pas alors un pur problème théorique dont nous pourrions discuter de l’extérieur dans des débats politiques, juridiques ou économiques sur la migration et sur les réfugiés. Le sort des "illégaux" devient une question personnelle, dans laquelle nous sommes impliqués.
Dans ce processus, nous ne pouvons pas en rester au stade de l’émotion sentimentale : les émotions peuvent être un piège qui empêche de poser les questions pour mieux nous connaître et mieux connaître les sociétés dans lesquelles nous vivons.
Comment réagissons-nous à la violence que nous subissons ou que nous pratiquons ? Comment vivons-nous les frustrations ? Reconnaissons-nous l’odeur de la vie et de la mort ? Discernons-nous ce qui est digne ou indigne de l’être humain ? Ce qui est juste ou injuste pour les personnes ? Sommes-nous capables de solidarité humaine ? Qu’est-ce qui nous empêche d’être aux côtés de nos sœurs et frères humains ? Où les gens sont-ils exclus ou traités de façon inhumaine et donc rejetés hors du cercle de l’humanité ? À quoi sommes-nous prêts et de quoi sommes-nous capables ? Quelles sont les forces qui nous animent… angoisse, compassion, colère, douleur, désirs ... ?
Au-delà de l’émotivité superficielle, ce sont des questions auxquelles nous répondons en fait, même quand nous ne donnons pas de réponse explicite. Si nous n’apprenons pas à nous placer à cette profondeur existentielle dans les questions de migration et de réfugiés, même les discours les plus raisonnables sur ce qui est devenu des "problématiques" sonnent creux.
Se cacher derrière les systèmes
Par nos institutions et nos règles nous les plaçons en dehors de notre légalité en leur refusant les papiers qui les légitimeraient et en les tenant hors de notre cercle. Nous les enfermons dans des centres fermés : eux se retrouvent au "dedans", nous restons au "dehors", aveugles à ce qui se passe derrière les barbelés. Nous dressons les règles derrière lesquelles les juges, les gardiens et nous-mêmes pouvons nous abriter. Nous réglons de manière juridique la zone grise dans laquelle la dignité humaine peut être violée. Est-ce mieux que Guantanamo ? Est-ce mieux que le mur construit par Israël dans le territoire palestinien occupé ?
Les brèches fécondes du système
Si puissant que notre système puisse être, il y a toujours des brèches. Les migrants et les illégaux souffrent, leur souffrance et leur impuissance sont brutales et révoltantes. Mais les gardiens aussi sont touchés dans leur humanité ; ils souffrent de ce que, dans leur confrontation avec la souffrance de leurs frères humains, la compassion naturelle est refoulée, ils sont forcés d’agir de manière machinale, sans réfléchir. Finalement cette inhumanité devient pour eux insupportable, comme le montre la situation de Lieve, la gardienne qui n’en peut plus quand le choc – le suicide d’une femme africaine – est devenu insupportable.
Les systèmes qui nous protègent de la souffrance des gens, sont déshonorants pour les "autres" et pour "nous-mêmes". Dans l’avion les gens se révoltent contre la violence et refusent de laisser faire la police. Cela ne nous rappelle-t-il pas les images de touristes aux Îles Canaries qui spontanément partagent boisson et nourriture avec les migrants assoiffés, échoués sur les plages ? Aussi longtemps que nous ne sommes pas confrontés avec la réalité humaine, que nous reconnaissons comme la nôtre, et aussi longtemps que nous ne sommes pas assez choqués pour voir avec les yeux des migrants ou sentir avec leur corps, nous ne réagirons pas. Le choc de l’humanité partagée est la brèche dans le système.
Construire la communauté : l’exigence de la politique
Quand nous commençons à nous poser des questions parce que nous nous laissons toucher par le visage d’un compagnon humain souffrant, alors vient la force de faire, de manière consciente, de la politique, comme le soin de la "polis", de la cité dans laquelle nous vivons, la cité des humains. Quels sont nos buts politiques ? Quelles règles du jeu politique pratiquons-nous ? À quel prix reviennent les institutions et les lois avec lesquelles nous structurons notre société ? Quelles sont les angoisses que nous nous efforçons de conjurer ?
Dans notre pensée et notre agir à l’égard des migrants menaçants – si menaçants que nous les excluons et les rejetons dans l’illégalité – les questions politiques se manifestent. Elles montrent une grande complexité et sont liées avec les relations internationales et notre téméraire confiance dans les logiques économique et militaire. Des pensées à court terme et à courte vue sont ici insuffisantes. Cette politique est radicale et transformante quand elle souhaite apprendre des "autres", créatifs mais non écoutés.
Les petits jeux du pouvoir et le pouvoir de l’amour
Le film connaît un "happy end" : non seulement dans le sens que Tania et Ivan se retrouvent et s’embrassent à nouveau au terme d’une histoire douloureuse, mais cette fin manifeste la force qui leur permet de tenir bon au milieu des petits jeux de pouvoir inhumains et de la violence qui domine tout. Le film met à nu en effet beaucoup de violence : les interrogatoires policiers, les relations entre migrants, l’abus qui est fait de la situation des sans-papiers, la manière dont les gardiens évacuent leurs propres frustrations et humiliations, la façon dont on s’abrite derrière des règlements et des formalités, etc. C’est une litanie sans fin. Malgré cette violence omniprésente, des personnes préservent leur dignité, leur compassion, leur soutien et leur amitié mutuels. Et la force de Tania, c’est de maintenir son lien avec Ivan : c’est aussi une leçon du film.
Les abus et les jeux de pouvoir ne sont pas seulement le fait d’individus. Notre responsabilité est dans l’établissement et le maintien de structures et d’institutions et pas seulement dans les abus personnels d’individus. Ne voir que l’abus de pouvoir de certains individus, qui deviennent les boucs émissaires, c’est oublier la pression du système, l’abus qui résulte de nos formes de vie sociale dominées par l’administratif et le juridique dont personne n’est responsable individuellement mais qui pourtant sont établies et subsistent avec la complicité de tous.
Illégal
Le titre du film me rappelle ces paroles de Mgr Paul Vandenberghe, alors évêque d’Anvers : "Personne n’est illégal. Il y a des personnes sans papiers parce que nous ne leur accordons pas de papiers ; ce ne sont pas des illégaux. Les gens ont le droit de migrer, comme ils ont aussi le droit de ne pas migrer s’ils ne le veulent pas". Le point de vue de l’Église sur "les personnes en mouvement" est très radical et permet que les personnes en mouvement, parmi lesquels les migrants et les réfugiés, mettent aussi vraiment en question les formes de notre vie en société.
"Illégal" est un mot choquant. Mais nous avons aussi appris du combat des personnes opprimées comment elles trouvent une force de résistance quand elles portent comme un titre d’honneur ce terme offensant utilisé contre elles : la violence sociale que l’insulte laissait apparaître est ainsi démasquée d’une manière créative et inattendue. "Illégal" est un titre d’honneur critique. Nous ne pouvons pas tout simplement escamoter le mot, parce que ce serait escamoter la dureté de la réalité. "Personnes sans papiers" – une expression que nous employons avec respect pour la dignité humaine des migrants – ne peut pas devenir un euphémisme qui recouvrerait la dure réalité. L’expression "personnes sans papiers" est peut-être trop éloignée des barbelés qui entourent les centres de détention.
Christophe Renders, directeur du Service jésuite des réfugiés (JRS) de Belgique, a attiré mon attention sur une autre signification du titre "Illégal" : Olivier Masset-Depasse veut dire que le système est "illégal". Le titre, qui n’est pas au féminin, ne fait donc pas allusion à Tania : ce qui est illégal, c’est justement le système qui déclare que des personnes sont illégales et les traite ainsi, un système que nous instaurons et conservons ensemble. |
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Source : Centreavec |
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youtube - Entretien avec Olivier Masset-Depasse |
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Source : Youbube |
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Entretien avec Anne Coesens |
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Tu Tiens Illégal à Bout De Bras, Tu Es De Tous Les Plans. Comment As-tu Construit Le Personnage ?
Je prépare beaucoup en amont, je tiens des petits cahiers séquence par séquence. Ça me donne des balises, j’associe des textes, des musiques aux émotions. Pendant cinq mois, j’ai appris le Russe, créé l’historique du personnage... Mais avant même le scénario, j’avais déjà les traitements en main. J’ai vécu deux ans avec ce rôle. Je l’ai vécu comme une gestation, vivre avec l’histoire autant de temps avant le tournage m’a nourrie. Je n’ai pas eu l’impression de travailler. Quand la partition est belle, c’est toujours plus facile. C’est un personnage de femme extraordinaire. En équilibre constant.
Comment éviter De Tomber Dans Le Pathos Avec Un Tel Rôle ?
Le personnage l’imposait, tout son combat l’imposait. Tania ne peut être que dans la retenue, elle ne peut pas se permettre de se laisser aller, de lâcher la pression. Elle est au-delà du pathos, de la douleur. Pour elle, c’est une question de survie.
Elle Parle Peu, Tout Passe Par Le Corps, Les Regards
Ça ne m’a pas gênée, au contraire. Quand il y a beaucoup de dialogues, je peux parfois perdre l’objectif. Ici, les émotions sont immédiates, limpides de par l’écriture...
C’est Ton Quatrième Film Avec Olivier Masset-depasse. Vous Formez Un Vrai Couple De Cinéma
Dans tous les rôles qu’Olivier m’a offerts, il y a des défis très concrets : dans ce film, tu vas boiter, dans celui-là parler russe, dans celui-là (Cages), tu seras bègue. Paradoxalement, ce genre de contraintes m’aide beaucoup, elles m’empêchent de trop m’écouter, de trop réfléchir à la psychologie du personnage. De plus Olivier est très direct, simple et concret dans sa direction d’acteurs. J’aime les familles de cinéma ou de théâtre : on travaille en confiance, on peut tout essayer, prendre davantage de risques. C’est une sorte de laboratoire. C’est une liberté énorme. Après, bien sûr, on a besoin d’aller voir ailleurs pour se ressourcer, se renouveler, rencontrer d’autres gens. |
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Source : Comme au cinema |
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cinergie - Sarah Pialeprat |
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Littéral, frontal, Illégal ne fait pas dans la démonstration, mais impose une réalité crue et sans détour. En imposant des personnages forts et éminemment romanesques, le film s’éloigne du documentaire aux allures de fiction, pour devenir une véritable fiction documentée. Il y a Tania bien sûr, colonne vertébrale de ce grand corps narratif et émotionnel, mais aussi tout autour d’elle, d’immenses figures féminines qui donnent au film une puissance dramatique quasiment poétique. Aïssa (Essé Lawson), l’Africaine tabassée qui relèvera fièrement la tête jusqu’à son dernier souffle ; Lieve (Christelle Cornil), la gardienne du centre, agent d’un système qui lui échappe, comme lui échappe en même temps les véritables mobiles de ses détenues. Les questions qu’elle pose ne sont-elles pas celles que tout citoyen pourrait se poser ?
Olivier Masset-Depasse décortique, avec justesse et acuité, la structure carcérale, la violence, l’injustice d’un système sans jamais tomber dans le pathos larmoyant ou la complaisance, en se consacrant tout entier à l’humain.
En choisissant de s'enfermer entre les quatre murs d'une prison (lieu quasi unique du film), en filmant au plus près, en restant attentifs aux plus infimes détails, le cinéaste réussit à s’emparer de la moindre respiration, de la moindre émotion. Mais cette mise en scène volontairement étouffée et étouffante est contrebalancée par une dynamique qui, à chaque instant, nous prend et nous surprend par ses belles échappées. Et même si le désespoir se fait tactile, si la violence injustifiée nous empoigne, il émane d’Illégal une douceur et une pulsion de vie que la caméra parvient à traduire par la proximité et l’intimité qui lient le cinéaste à des personnages bouleversants.
Si Illégal est un film politique, il n’est pas pour autant un film à thèse qui voudrait imposer un discours pragmatique. Si Illégal est profondément politique, c’est parce qu’il interroge l’identité, et ce que signifie être humain. C'est par la puissance du cinéma qu’il trouve la vérité de son rapport nécessaire au politique. |
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Source : Cinergie |
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evene - Marion Haudebourg |
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De plus en plus de films traitent du sujet de l'immigration clandestine et des sans-papiers. La projection d'Illégal à la Quinzaine est d'ailleurs précédée du court métrage On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! réalisé par le Collectif des cinéastes pour les sans-papiers.
Mais ce qui fait l'originalité et la valeur du film d'Olivier Masset-Depasse, c’est de situer l’action au coeur d'un centre de rétention. Quand The Visitor (Grand Prix à Deauville en 2008) s'intéressait à ces endroits en n'y pénétrant jamais, le réalisateur belge choisit l'exact opposé en n'en sortant jamais. Cette immersion est une plongée dans la violence et la solitude, la peur et l'isolement.
Très documenté, le film d'Olivier Masset-Depasse lève le voile sur l'attitude policière, qui se couvre de procédures pour masquer les passages à tabac et les humiliations. Oppressant, Illégal n'est pas seulement un pamphlet politique, il est aussi un véritable objet cinématographique. Les cadres sont mouvants, les couleurs froides et les personnages toujours emprisonnés derrière des grilles, des fenêtres, des murs.
Loin d'être manichéen, Olivier Masset-Depasse bouleverse par sa justesse, en captant à la fois la souffrance de son personnage principal - admirable performance d'Anne Coesens - et les doutes d'une gardienne de prison. C'est par ces nuances sensibles que le réalisateur convainc de l'honnêteté et donc de la vérité de son entreprise, et par l'émotion mêlée de rage qu'il emporte l'adhésion. |
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Source : Evene |
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tout le cine - Véronique Delahaye |
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Identification d'une femme
Des mains fébriles, qui se tordent et se cachent. Une femme qui regarde son jeune fils s'endormir. Elle a un beau visage, mais on y devine la fatigue et la peur. C'est Tania, une clandestine russe "installée" en Belgique. Et sa peur, le réalisateur Olivier Masset-Depasse nous plonge dedans dès la première séquence de son film, de manière radicale : Tania fait disparaître ses empreintes digitales une à une, en les brûlant avec un fer à repasser. Impossible ainsi pour la police de l'identifier. Le phénomène d'identification fonctionne pourtant, mais chez le spectateur : on est aux côtés de cette femme, tout près, et on ne la quittera plus.
Huit ans plus tard, Tania se fait contrôler dans la rue, le jour des 13 ans de son fils Ivan. Arrêtée, elle est envoyée dans un centre de rétention, dernière étape avant l'expulsion. C'est dans ce décor que Illégal va principalement se dérouler. Un prison pour femmes et enfants, forcément rudimentaire, forcément intolérable.
Filmées le plus souvent caméra à l'épaule, les scènes déroulent le quotidien de Tania dans ce monde fermé. Auprès d'elle, une illégale chilienne et sa fille, et surtout Aïssa, jeune femme au beau visage buté. Elles aussi clandestines elles aussi en sursis.
Une mise en scène vivante
La préoccupation majeure de Tania, et le ressort dramatique du film, qui l'apparente au thriller psychologique, c'est de ne pas être séparée de son fils. Certes, ne pas être renvoyée en Russie, qu'elle fuit pour une raison qu'on ne connaît pas, mais que sa force à rester nous laisse deviner, mais surtout rester auprès d'Ivan. La mise en scène, toute de fébrilité, parle de cette angoisse-là, et converge sans cesse vers l'un des seuls points de rencontre dans cette prison : le couloir où se trouve le téléphone, dernier lien existant entre Tania et son fils. L'un des rares endroits clairs et en mouvement du film.
Olivier Masset-Depasse livre ici un film exemplaire, un beau film politique et même militant, sans jamais s'enfermer dans la théorie. Son parti pris est de coller au plus près de son personnage (Anne Coesens, impressionnante de dureté et de douceur mélangées), de suivre le moindre de ses frémissements, de ses angoisses. Et aussi de ne pas épargner le spectateur quand Tania ou Aïssa ne le sont pas non plus. La simplicité et la sécheresse de sa mise en scène font la force et la radicalité du propos. Sans pathos ni discours formaté, la réalité nous parvient alors, implacable. Illégal est un film nécessaire. |
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Source : toutlecine |
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rtbf - Hugues Dayez |
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Sensibilisé au problème des sans-papiers par les reportages des journaux télévisés, le jeune cinéaste Olivier Masset-Depasse a commencé à mener son enquête, aidé par le journaliste du Soir Hugues Dorzée. Il a réussi à plusieurs reprises à s'introduire et à visiter un centre fermé lors de l'écriture du scénario d'"Illégal". Mais s'il a choisi de tourner une fiction et pas un documentaire sur le tristement célèbre "127 bis", c'est parce qu'il avait envie de dépeindre cette réalité douloureuse et complexe à travers les yeux d'un personnage de chair et de sang.
Il a été formidablement aidé par sa compagne Anne Coesens, qui a travaillé d'arrache-pied pour incarner de manière convaincante l'immigrée russe Tania. Et sa performance est éblouissante : Coesens EST Tania, et nous fait vivre ses angoisses avec une justesse de jeu irréprochable. La caméra de Masset-Depasse filme son visage avec une empathie formidable.
Mais un autre mérite du film est d'éviter le manichéisme : on n'assiste pas à un bras de fer entre des méchants gardiens de prison et une gentille immigrée ; le cinéaste dénonce un système et des êtres humains victimes d'un système, plus que des personnes en particulier. En ce sens, "Illégal" est certes un film engagé, mais pas aveuglément militant : aucun personnage n'est là pour véhiculer un message sommaire ou caricatural ... |
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Source : Rtbf |
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ceras-projet |
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(...) Le film Illégal d’Olivier Masset-Depasse ne laissera personne indifférent. Ce que nous y voyons est si violent que nous voudrions comme des autruches nous cacher la tête dans le sable pour ne pas être confrontés à toute cette violence. Si durs sont les faits brutaux, les paroles sans cœur, l’abus de pouvoir impitoyable. On voudrait dire : ce qui nous est donné à voir, ce n’est pas possible, ce n’est pas permis, c’est intolérable, c’est illégal. (...) |
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Source : Ceras-projet |
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excessif - Gilles BOTINEAU |
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Une oeuvre qui, espérons-le, permettra l'évolution de nombreuses mentalités, néfastes au possible
Jusqu'à présent, le thème des clandestins avait essentiellement été abordé sous deux angles bien distincts : d'abord, la difficulté à quitter leur pays pour s'installer dans un autre, puis, évidemment, celle d'y rester. En complément, Olivier Masset-Depasse aborde judicieusement une toute nouvelle problématique, à savoir la manière dont ils sont renvoyés, et surtout ce que beaucoup osent leur faire subir avant ladite expulsion, abusant ainsi d'un « pouvoir » qui les dépasse. Bien qu'aucune nation ne soit dans l'obligation d'accueillir toute la misère du Monde, cela ne donne pas pour autant le droit de traiter les étrangers avec force, violence, et horreur. C'est ce que le film Illégal dénonce, sous ses faux-airs de documentaire.
Au moment-même où le Gouvernement Français chasse les Roms à tour de bras, voilà donc une histoire qui, espérons-le, fera honte à certains, tout en permettant l'évolution de nombreuses mentalités, néfastes au possible. Pour le reste, et au delà de cette thématique sociale voire politique, le long métrage possède un second atout, qui plus est de taille, la présence de la comédienne Anne Coesens. Peu connue du grand public, elle révèle ici un charisme et un talent des plus remarquables dans la peau de cette femme (et mère) maltraitée. A découvrir sans plus tarder. |
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Source : Excessif |
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