Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Somewhere réalisé par Sofia Coppola
    
Titre original Somewhere
 Titre français Quelque Part
Réalisation Sofia Coppola
Scénario Sofia Coppola
Interprétation Stephen Dorff (Johnny Marco), Elle Fanning (Cleo), Chris Pontius (Sammy), Michelle Monaghan (Rebecca), Lala Sloatman (Layla), Ellie Kemper (Claire), Alden Ehrenreich (Le jeune acteur), Aurélien Wiik (Le français), Amanda Anka (Marge), Lisa Lu (La journaliste chinoise), Laura Chiatti (Sylvia), Maurizio Nichetti (Lui-même), Benicio del Toro (Lui-même), Laura Ramsey (Fille habillée en marin), Eliza Coupe (une voisine à l'hotel), ...
Musique Phoenix
Photographie Harris Savides
Pays USA
Année 2010
Durée 1h 37'
Genre Drame
 Distributeur Alternative Films
 Cote
     3,2 (10.825 votes)
Site officiel  
Bande annonce  
Affiche 01 / 02
 Dossier de presse
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 05 mai 2011
Le film est projeté en version originale anglaise & italienne sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Avec ce quatrième film, couronné à la Mostra de Venise 2010, Sofia Coppola confirme qu’elle est une auteure à part entière, qui a son univers, ses thèmes de prédilection (célébrité, mal de vivre, nostalgie du paradis perdu) et un vrai style, atmosphérique (la musique de Phoenix), décalé, sombre et pourtant souriant. (Nicolas Crousse dans Le Soir)

Johnny Marco, acteur à la réputation sulfureuse, vit au Château Marmont, hôtel légendaire de Hollywood. Pour échapper à la solitude, il enchaîne les verres, collectionne les filles et roule en Ferrari. L'esprit embrumé, Johnny dérive sans trop se poser de questions. Un matin, Cleo, sa fille de 11 ans, débarque au Château pour quelque temps. Les moments passés ensemble, la fraîcheur de cette relation et la découverte de nouvelles responsabilités vont pousser Johnny à faire le point et à décider du sens qu'il veut donner à sa vie ...

Sobrement mélancolique, "Somewhere" s’attache à ces riens qui composent la vie d’un acteur célèbre qu’on dirait déjà complètement usé. Après la grandiloquence de "Marie-Antoinette", Sofia Coppola revient avec une étude minimaliste d’un "pauvre riche", dans la veine de "Lost in Translation".(Journal des Grignoux.be)

 
 
 Festival international du film de Venise (Mostra) 2010
 
 National Board of Review 2010
 
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Sofia Coppola surt Tout le Cine
Sofia Coppola née le 14 mai 1971 à New York City, New York (Etats-Unis). Actrice, Productrice, Réalisatrice, Scénariste, Costumière, Chef opératrice, Actrice (non créditée), Créatrice.

Sofia Coppola est une actrice-scénariste-réalisatrice américaine, fille du réalisateur Francis Ford Coppola. Elle est donc née dans un milieu cinématographique et sa carrière d'actrice commence très tôt. Son premier rôle au cinéma est d'ailleurs dans un des films de son père, Le Parrain. Sorti en 1972, elle n'est encore qu'un bébé lorsqu'elle apparait dans le film.

Au milieu des années 1980, elle est à l'affiche d'une des premières œuvres de Tim Burton, Frankenweenie. Ce court-métrage mettait en scène un jeune Victor Frankenstein redonnant vie à son chien, renversé par une voiture.

La jeune actrice refait une apparition dans le troisième opus du Parrain, aux côtés d' Al Pacino et d' Andy Garcia. Mais c'est en tant que réalisatrice que la jeune femme parvient à montrer toute l'étendue de son talent. En 1999, Sofia Coppola écrit et réalise son premier film, Virgin Suicides, d'après le roman de Jeffrey Eugenides, qui remporte un franc succès auprès des critiques. Il met en scène un groupe de jeunes filles fascinées par le suicide. L'une d'entre elles saute le pas, et elles sont étroitement surveillées par un groupe religieux. On retrouve au casting Kirsten Dunst, Josh Hartnett et James Woods.

La réalisatrice continue sur sa lancée avec Lost in Translation, une comédie aigre-douce, qui met en scène un homme seul, avec un Bill Murray très juste, en star à la dérive, et toujours drôle. Une toute jeune Scarlett Johansson est aussi au casting. Sofia Coppola aborde encore une fois les turpitudes de l'âme humaine. Elle change cependant de registre en 2006, avec Marie-Antoinette, où elle dirige de nouveau Kirsten Dunst, dans une fresque historique peu conventionnelle.

Plus récemment, elle est aux commandes de Somewhere, une chronique familiale sur une famille d'acteurs de Los Angeles. Un père acteur, qui semble perdu, tente de retrouver le goût de vivre lors de la visite surprise de sa fille.

Source : Toutlecine

Toute la filmographie de Sofia Coppola sur IMDB en tant que :

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À propos de Somewhere
 

Lorsqu’il a reçu l’appel qui l’invitait à produire le nouveau film de Sofia Coppola, le producteur G. Mac Brown a senti que c’était un nouveau type de défi. "Mes deux derniers films avaient de gros budgets et chacun des tournages a duré plus de 100 jours. Ce qui ne veut pas dire que Somewhere était facile, tout le monde a travaillé très dur. Mais c’était un film si intimiste qu’il était facile de rester concentré sur le cœur de l’histoire : la relation entre un père et sa fille." Le frère de Sofia Coppola, Roman, qui était déjà embarqué sur le projet en tant que producteur, souligne : "Notre priorité était de nous délester de tout ce qui peut peser sur un film. Sofia souhaitait traiter ce projet à la manière intimiste du cinéma européen, tout en lui insufflant son style personnel. L’une de mes tâches était de promouvoir l’idée que “moins il y en a, mieux c’est”."

  Source : Comme au cinema
   
 Stephen Et Elle
 

Stephen Dorff, qui joue le rôle de Johnny Marco, le personnage principal, déclare : "Après avoir fait une trentaine de films, j’ai reçu ce rôle comme un cadeau. Somewhere est un film à part : poétique, tendre, et dans le plus pur style de Sofia. Je ne m’y attendais pas du tout. Sofia, que je connais depuis des années mais à qui je n’avais pas parlé depuis un moment, m’a appelé et m’a demandé si elle pouvait m’envoyer le scénario de son nouveau film. Je l’ai lu et le lendemain, je l’ai rappelée pour lui proposer de venir la voir à Paris sur-le-champ pour parler du film avec elle. Lors de ma dernière soirée à Paris, Sofia m’a téléphoné pour me dire que j’avais le rôle. J’ai hurlé de joie. À l’instant où j’ai raccroché, la Tour Eiffel s’est illuminée." L’acteur avoue : "Je sais ce que c’est que de vivre comme Johnny Marco. Je comprends qui il est. J’ai moi aussi eu mes périodes de glande. Au début du film, Johnny est perdu dans un train-train et un mode de vie décadent. C’est un type sympa mais il boit et il avale des tas de pilules. Je ne crois pas qu’il soit fier des films qu’il a faits à l’image du dernier, Berlin Agenda. Il n’a pas encore eu droit à son Somewhere. Soudain, sa fille débarque et bien qu’il se sente incapable d’assumer, il passe plus de temps avec elle qu’il n’en a jamais passé depuis qu’elle est née plus d’un après-midi en tout cas. Sofia et moi avons discuté du parcours de Johnny, j’étais donc en mesure de visualiser d’où il part et où il va dans sa relation avec sa fille, presque adolescente. On a filmé beaucoup de scènes dans la continuité, c’était formidable."Stephen avoue : "Je suis toujours un peu anxieux avant de commencer un tournage. Mais je dois reconnaître que sur celui-là, j’avais le sentiment de savoir exactement ce que je devais faire. J’en avais eu conscience dès la lecture du scénario." Une fois Stephen Dorff choisi, ce dernier a fait des essais avec Elle Fanning, la première sur la liste des actrices pressenties pour le rôle de sa fille, Cleo, préado futée. "Nous sommes allés directement à l’essentiel de la relation entre Stephen et Elle, sans stress ni tension", précise Brown. La jeune actrice s’est vue officiellement offrir le rôle à la fin de cette même journée.

Il était capital pour la réalisatrice que la relation père-fille paraisse authentique à l’écran. Elle a donc fait en sorte que Stephen Dorff et Elle Fanning passent du temps ensemble avant le début du tournage. Elle Fanning raconte : "Stephen et moi avons beaucoup en commun. Il a fréquenté la même école que moi. On se ronge tous les deux les ongles. On est tous les deux originaires de Géorgie et on aime tous les deux nos aliments bien cuits on aime quand ça croustille ! On a construit une relation père-fille qui perdure en dehors du tournage."

Bien qu’âgée de 11 ans seulement lors du tournage, Elle Fanning a commencé à tourner dans des films depuis qu’elle sait parler. À la lecture du scénario, elle a trouvé que Somewhere était "un film où tout semblait réel, y compris la relation de Cleo avec son papa." Comme Stephen Dorff, Elle Fanning a des appréhensions avant de mettre les pieds sur un plateau. Mais sur Somewhere, elle ne s’est jamais sentie angoissée ou bousculée. "Si on avait quelque chose à dire, si une idée nous venait, il suffisait d’en parler à Sofia et elle nous écoutait. Si Stephen et moi avions un moment de complicité hors caméra, on lui demandait si on pouvait l’intégrer à une scène. C’est l’une des personnes les plus adorables que j’aie jamais rencontrées, elle ne nous met jamais la pression, elle obtient ce qu’elle veut sans crier." Quand on lui demande comment elle s’est préparée pour les scènes les plus émouvantes du film, Elle Fanning répond simplement : "Je le fais, c’est tout. Je me mets à la place du personnage. Jouer, c’est faire semblant et être naturelle et rester ouverte à tout ce qui peut arriver."

"Sofia, qui est à la fois carrée et ouverte à la discussion, a su créer une base solide dans laquelle Elle et moi avons pu puiser. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas été sur un plateau où il n’y a aucun moniteur vidéo. Sofia nous regardait toujours, nous", rajoute Stephen.

  Source : Comme au cinema
   
 Chris Pontius
 

Alors qu’il était pressenti pour le rôle de Sammy, le meilleur ami de Johnny Marco, Chris Pontius se souvient avoir reçu un coup de fil lui annonçant que Sofia voulait le voir. "Je ne l’avais pas vue depuis longtemps. Après avoir discuté, elle m’a dit qu’elle songeait à moi pour le rôle d’un type un peu barge mais qui n’a pas mauvais fond. J’ai rencontré le producteur exécutif, Fred Roos, et les gens de la distribution, et j’ai tout de suite vu que Fred avait du métier. Quand je suis rentré à la maison, j’ai cherché ce qu’il avait fait sur Internet. Et je suis content de ne rien avoir su avant mon rendez-vous, sinon j’aurais flippé ! Une semaine plus tard, on m’a annoncé que j’étais engagé sur le film et j’ai halluciné." Tout en reconnaissant qu’il est plus connu pour sa participation à l’émission de télévision “Jackass” et aux films qui en ont été tirés, ou pour sa propre émission de téléréalité “Wildboyz”, Chris Pontius commente d’un air songeur : "Ce que je fais dans “Jackass” et “Wildboyz”, c’est essentiellement de l’improvisation et de la déconnade, même si on écrit la ligne directrice de ce qu’on va filmer. Dans le scénario de Somewhere, mon personnage n’avait que quelques lignes de dialogue et j’étais donc censé improviser largement. Je me suis inventé des histoires et remémoré des anecdotes que j’ai gardées en tête pour le tournage." "Parfois, j’arrivais sur le plateau avec une idée précise en tête, mais au fil de la scène, elle était balayée par l’intervention de l’un de mes partenaires. Parfois, j’ai pris un malin plaisir à choquer Elle. Je lui ai raconté des trucs complètement déments dans certaines scènes. Mais je sais quand on peut être vulgaire et quand il ne vaut mieux pas."

  Source : Comme au cinema
   
L’hôtel
 

"Le Château Marmont n’autorise pas beaucoup de tournages", fait remarquer Brown qui a mené des négociations avec l’hôtel très en amont. "Quand ils acceptent, ils font payer des droits très élevés et le tournage doit se faire de nuit. Mais ça n’a pas été le cas pour Somewhere." Le directeur général du Château Marmont, Philip Pavel, explique : "Nous avons déjà eu de grosses équipes de tournage au Château mais cela ne concernait que deux ou trois courtes scènes. Sofia Coppola a pris contact avec le propriétaire de l’hôtel, André Balazs. Il a eu immédiatement confiance dans la perception qu’elle a de ce qui fait la particularité du Château et il était sûr qu’elle saurait le traduire à l’écran." "Ce qui m’a plu, c’est l’attachement de Sofia pour Romulo Laki.

Il travaille au Château depuis plus de trente ans et on le surnomme “le serveur chantant”. Il adore donner la sérénade aux clients en s’accompagnant à la guitare. Sofia se souvenait qu’il lui avait un jour chanté Teddy Bear dans le hall et a intégré cette anecdote à son scénario. Je suis enchanté que les gens voient cette scène parce que ce côté attendrissant du Château est méconnu. Je crois que c’est ce qui fait l’esprit du lieu. On s’y sent comme à la maison, dans une atmosphère chaleureuse et rassurante." Il ajoute : "Le Château était à l’origine une résidence composée d’appartements de luxe. Nous disposons donc de grandes suites équipées de cuisines. Chaque chambre a le charme d’un vieil appartement new-yorkais ou angeleno. Il est donc aisé de comprendre ce qui pousse les artistes de passage à Los Angeles à vouloir y résider." Roman Coppola trouve lui aussi que le Château est un très bel endroit. "J’ai des souvenirs très chers du Château Marmont. C’est un microcosme, paisible et très européen. C’est un lieu chargé d’histoire et qui a beaucoup de caractère."

Stephen Dorff se souvient avoir vécu au Château Marmont quatre ou cinq mois. "J’y ai fêté mon vingt-et-unième anniversaire. Je me souviens que ça a toujours été un endroit à la mode mais pas à ce point-là. Aujourd’hui, c’est un lieu branché de la nuit." Sofia Coppola a pensé que l’acteur aurait plus de facilité à se plonger dans l’univers de son personnage s’il s’installait de nouveau au Château. Stephen Dorff raconte : "C’était excitant de se retrouver au Château et de ne pas rentrer chez moi chaque soir. En vivant là-bas, comme je croisais des gens que je connaissais ou qui me reconnaissaient, j’ai pu imaginer ce que Johnny ressentait. Tous les soirs, je me demandais : “Je sors pour dîner ? Je joue du piano ? Je descends ? Je vais voir un film ?” Souvent je me disais : “Oh, j’ai envie de ne voir personne, je vais me commander quelque chose au room service”." La décoratrice Anne Ross qui avait déjà travaillé avec Sofia Coppola révèle : "Sofia et moi commençons toujours à travailler à partir des détails. Elle y accorde beaucoup d’importance. Pendant la préparation du film, elle crée un carnet dans lequel elle rassemble des idées et des images qui l’inspirent. À l’aide de son équipe, elle réalise ainsi le film qu’elle avait dans la tête. Elle a une vision précise de ce qu’elle veut, c’est pour ça que j’aime collaborer avec elle."

  Source : Comme au cinema
 
Les Costumes
 

Le travail sur la couleur effectué par Anne Ross a rejoint celui de la costumière Stacey Battat. "Bien que nous n’ayons jamais travaillé ensemble auparavant, Stacey et moi connaissons si bien Sofia que nous avons été tout de suite sur la même longueur d’ondes. Sofia sait ce qu’elle veut. Elle donne calmement son avis sur ce qui lui plaît ou lui déplaît." "Stacey me montrait les costumes de Cleo et mon équipe travaillait à compléter ses tenues par des accessoires. Quand Cleo apparaît, elle apporte de la couleur littéralement. Comme nous n’avons pas eu à construire de décors, nous avons dû adapter notre palette à celle du Château Marmont." Pour le style vestimentaire de Johnny Marco, Sofia Coppola a demandé à Stacey Battat de s’inspirer des photos de Bruce Weber et du film de Gus Van Sant My own private Idaho. "Nous voulions que Johnny porte des chaussures de chantier et celles qu’il arbore dans le film sont des Red Wings originales de 1940. Nous voulions évoquer Marlon Brando, avec ses T-shirts et ses vieux Levi’s. Bien que Johnny Marco soit une star d’aujourd’hui, il porte des vêtements intemporels."

Pour le personnage de Cleo, Stacey Battat a pris encore plus de liberté. "Même si le personnage est en partie inspiré d’une jeune fille de cet âge, Sofia et moi avons décidé que Cleo devait illustrer l’idée que nous nous faisions d’une fille de 11 ans. Par certains aspects, elle se comporte comme une adulte. Ce n’est pas qu’elle s’habille comme une adulte mais elle a un style plus affirmé et plus chic qu’une enfant de son âge. Par exemple, elle porte un petit bracelet Hermès." Les tenues préférées de Stacey Battat sont celles des jumelles.

"C’était un défi difficile à relever : elles devaient être sexy sans être vulgaires. Pour la tenue de tennis, nous avons cherché longtemps avant de trouver ce que nous voulions, en particulier les chaussures de sport à talons hauts. Une de mes séquences préférées est celle de la remise des Telegatti pour laquelle nous avons visionné un DVD de la vraie cérémonie de l’année 2008. Aux Telegatti, Cleo est assise dans le public et le contraste avec les gens qui l’entourent est frappant. Elle a l’air très naturelle, à l’opposé des autres, avec leurs paillettes, leurs robes glamour et leur bronzage ; ces derniers incarnent à mes yeux le côté excessif de la vie de Johnny alors que Cleo est une âme pure." Stacey Battat ajoute : "On doit toujours prendre en compte le fait que certaines idées ne fonctionneront pas à l’écran. Mais avec Harris Savides, tout fonctionne ou presque, car c’est un grand directeur de la photographie. Il peut éclairer une scène de telle sorte que le blanc ne soit pas trop éclatant et que les rayures ne vibrent pas."

  Source : Comme au cinema
 
Le Montage
 

Producteur chevronné, Mac Brown trouve que Somewhere recèle d’instants suspendus qu’on n’a plus l’occasion de voir dans le cinéma actuel. "Il y a une scène dans laquelle Johnny allume une Camel et la fume en temps réel, en un plan séquence. Elle intervient à un moment du film où l’on est embarqué avec le personnage et où l’on comprend exactement où il en est dans son cheminement." "Je sais que Harris, Sofia et Sarah Flack, la monteuse, sont tous d’accord sur un point : quand on dit “coupez” ou qu’on coupe dans le film, on bride l’émotion plutôt que de laisser le spectateur la vivre. Dans Somewhere, la façon de filmer et la narration sont faites pour laisser l’émotion s’exprimer et les scènes se dérouler naturellement. Cela libère tout le monde." "L’objectif de Somewhere était de rendre telle quelle l’aura du Château, sans que le public ait l’impression qu’on y ait modifié quoi que ce soit.

Comme si on avait simplement posé notre caméra et filmé. On a pourtant dû apporter quelques modifications pour faciliter le tournage. Mais nous l’avons fait en préservant l’essence du lieu. L’hôtel est après tout un personnage à part entière. Pendant le tournage, nous en avons appris plus sur son histoire." Les transformations apportées ont été discrètes. "Dans une chambre d’hôtel, on s’attend à avoir une grande télévision", dit Ann Ross. "Mais au cinéma, un grand téléviseur mange le cadre. Nous avons aussi dû changer tous les tableaux dans la chambre de Johnny car nous n’avions pas les droits sur les œuvres d’art existantes. Nous en avons choisi d’autres dans le même esprit." La palette de couleurs du Château Marmont étant très neutre, Anne Ross a misé sur des touches de couleur vive pour découper l’espace.

Elle rapporte que la production a baptisé une des couleurs “le jaune Somewhere” : "un jaune pétant et acidulé que nous avons tenté d’intégrer aux décors ou de choisir pour les accessoires."

  Source : Comme au cinema
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Complémentarité

Le nouveau film de Sofia Coppola se rapproche en effet beaucoup sur la forme et le fond, Lost in Translation : un acteur au rabais, perdu, qui ne semble plus avoir goût à grand chose. Il faut aussi noter que le chef opérateur n'est autre qu' Harris Savides, qui a notamment travaillé sur Greenberg, un film qui se rapproche lui aussi de l'œuvre de Coppola. Cette dernière précise d'ailleurs avoir fait ce film "en ayant en tête un Bill Murray qui retournerait dans sa ville natale, et devrait face au jugement de sa famille sur ses choix de vie. Ce film est une pièce du puzzle"

Une projection en avant-première sous le soleil et en famille

Somewhere a été projeté en avant-première lors de l'édition 2010 du Venice Film Festival, en présence de son père. Le film a d'ailleurs remporté le Lion d'or.

Une prise dans le réel

L'endroit où réside le personnage de Johnny Marco n'est autre que le Château Marmont, sur Sunset Boulevard, hôtel très prisé des stars hollywoodiennes. La réalisatrice y suivait régulièrement son père, et y a séjourné à plusieurs reprises. Le film a été tourné dans l'hôtel, qui rassemble un grand nombre d'anecdotes. On peut citer l'exemple du groupe Led Zeppelin, qui, pour faire réagir l'audience, a roulé en moto dans le hall de l'hôtel. Howard Hughes et Greta Garbo avait aussi leurs habitudes.

  Source : Tout le cine
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  • J'ai voulu décrire ce que Marie-Antoinette ressent en profondeur, mais délibérément, tout se passe en surface... jusqu'au jour où ce qu'il y a sous la surface surgit. Et c'est la Révolution. The Party is over. (Sofia Coppola - Marie Antoinette)
  • Mon école de cinéma, c’est mon père ! (Sofia Coppola)
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Interview de Stephen Dorff & Elle Fanning
 
  Source : Allocine
   
 Rencontre avec Sofia Coppola
 

Dans le quatrième long-métrage de la fille du "Parrain", comme hier dans Lost in translation, le spectateur est invité à s'installer dans un prestigieux hôtel californien, où nous allons vivre au rythme de la vie des célébrités. À l'inverse de son père, ces dernières années volubile et chaleureux dès qu'on l'invite à se pencher sur sa passion du cinéma, Sofia Coppola se montre en interview d'une grande timidité. Elle nous parle de ses obsessions depuis un palace parisien, où elle déambule comme une vieille habituée.

De "Virgin Suicides" à "Somewhere", on reconnaît aujourd'hui à vos films un ton, un style, un univers. Quel en serait le ciment ?

Il y a un lien entre tous mes films, oui, c'est probable. Lost in translation et Somewhere sont deux scénarios originaux. Et donc, il est très vraisemblable que l'on puisse ressentir des liens dans la sensibilité entre l'un et l'autre.

Quel serait ce lien ?

Le lien, ce serait que mes films représentent des êtres qui, tous, à un moment donné, sont en quête d'identité. Ils se cherchent, et veulent se trouver.

Que pensez-vous de Johnny Marco, la star en crise dans votre film ?

Je l'aime bien. Il est flapi, mais j'aime son caractère.

On ne peut s'empêcher de voir quelque chose de personnel, sinon d'autobiographique dans votre film. À raison ?

Je ne vois pas Somewhere comme un film autobiographique. Ni comme une projection de ma vie. Mais j'y ai mis pas mal de choses qui font écho en moi, ça oui.

La relation entre la jeune fille et son père, célébrité de Hollywood, fait partie de ces échos de votre enfance ?

En partie, et c'est pourtant une autre histoire. J'ai grandi avec des parents qui étaient encore mariés, dans le nord de la Californie et pas à Hollywood, dans un autre contexte. Mais j'ai par contre accompagné mon père dans quelques-uns de ses longs voyages. Et que l'on soit à Los Angeles, à Paris ou à Milan, à un certain moment tous les hôtels se ressemblent.

Vous êtes décidément la cinéaste des hôtels. Que leur trouvez-vous ?

C'est un environnement que je connais. Et qui, d'une certaine façon, me fascine. J'aime les hôtels. Pour une enfant, c'est chouette, ce monde des hôtels. Vous êtes ailleurs. Vous descendez prendre votre petit-déjeuner. Vous voyez des têtes inconnues, que vous revoyez le lendemain…

Que fait Johnny Marco dans ces hôtels ?

Il est à un point de sa vie où il s'interroge. Il est à mi-chemin entre le cinéma et une transition qui va le mener vers… vers quoi ? Il ne sait pas. Il cherche. Il se cherche.

Votre film se déroule dans le monde fermé des célébrités. Je me trompe ou c'est un monde que vous n'aimez pas trop ?

Je ne dirais pas cela. Mais il y a par contre une véritable obsession aux Etats-Unis pour la pop culture et le mythe du "comment devenir célèbre". Beaucoup de gens restent convaincus que la célébrité est le passeport pour le bonheur. Moi, à ma petite échelle, je montre l'autre côté de cette réalité. Mais je ne me sens pas appartenir à ce monde-là. Je me vois davantage en observatrice privilégiée.

C'est étonnant que vous ayez choisi Stephen Dorff pour jouer Johnny. Stephen est lui aussi le fils d'un artiste public

Ça n'a pourtant pas joué, et je ne savais à l'époque pas que le père de Stephen était un compositeur, lorsque je le fréquentais. On se connaît depuis pas mal de temps, lui et moi. Je le trouve juste très bon acteur, voilà.

Difficile de ne pas comparer votre film et le dernier de votre père, "Tetro". Tous deux parlent de famille et de liens compliqués entre père et enfants. La vision du film de votre père est plus violente : les enfants ont envie de tuer le père. Chez vous, la fille est surtout là pour aider le père. Correct ?

Ce sont deux films pour moi très différents. Mon père parle dans Tetro de son expérience avec son père et son frère. Dans Somewhere, on est dans tout autre chose. Je n'ai pas envie de les comparer.

Pourquoi le film s'appelle-t-il "Somewhere", au fond ?

Je voulais quelque chose qui amène l'idée que Johnny est à la recherche d'un changement. Il va quelque part, mais il ne sait pas bien où.

Vous n'avez pas pensé au "Somewhere over the rainbow" de Judy Garland ?

Non, en fait. Mais vous pouvez écrire là-dessus, à bien y réfléchir ça n'est pas déplaisant.

La musique est un personnage à part, dans chacun de vos films. Quelle part voulez-vous lui donner ?

Une part importante, sûrement. Entre autres dans l'élaboration et la construction d'une atmosphère, qui peut se substituer le cas échéant aux dialogues. Quand je veux expliquer quelque chose et que les mots ne viennent pas facilement, je peux avoir recours à la musique. Cela donne le ton.

Vos personnages sont en quête. Comment définiriez-vous la vôtre ?

Définition difficile. Mais je pense néanmoins que cela se rapprocherait pour moi de la recherche créative. Et le bonheur, c'est aussi la famille, on y revient ...

  Source : Le soir
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Le soir
 
(...) Sofia Coppola pose un regard passionnant sur le monde de paillettes. Car son portrait de la star est celui d'un homme-enfant, que l'on découvre, dès le premier plan, roulant comme un fou dans une Ferrari noire. Un imposteur au sourire craquant, qui continue de sortir, boire, draguer comme s'il avait 18 ans. Un type pathétique, entouré de petites jeunes prêtes à lui montrer leurs seins, qui le regardent comme un Dieu, alors qu'il n'est qu'un ego boursouflé. Une star, raconte Sofia Coppola, c'est un bébé grotesque. Un enfant gâté, à qui l'on ouvre les portes des voitures, à qui l'on parle de façon infantile. Que l'on maquille. Que l'on habille. Qui ressemble plus au Ken de Barbie qu'à un artiste digne de ce nom. Pour qui le champagne tient lieu de biberon, toujours à disposition. Quelle attaque en règle ! Avec elle, on ne rejouera pas A Star is Born. Son film pourrait plutôt s'appeler A Star is borgne. Surtout, Sofia Coppola confirme qu'elle est une auteure à part entière, qui a son univers, ses thèmes de prédilection (célébrité, mal de vivre, nostalgie du paradis perdu). Et un vrai style, atmosphérique (la musique de Phoenix), décalé, sombre et pourtant souriant.
  Source : Le soir
   
excessif - Romain LE VERN
 

Auréolé du lion d'or à la dernière Mostra de Venise et très mal reçu par la critique, Somewhere ne mérite pas un tel opprobre. En apparence, Sofia Coppola refait Lost in translation avec une star de cinéma au bord du gouffre artistique, sentimental et existentiel qui attend son ange blond. En réalité, elle sait très bien ce qu'elle fait, partant des mêmes bases pour obtenir un résultat dissemblable.

Pour commencer, la différence avec un acteur comme Bill Murray, c'est que Stephen Dorff n'a aucune arme, aucun masque de clown triste, aucune impassibilité. Son regard se pose partout, sans exprimer la moindre étincelle de vie. Le décalage tant recherché entre ce qui doit être montré et ce qui doit être laissé à la spéculation ne fonctionne plus, pour une simple et bonne raison : le personnage principal est en panne, en pleine gueule de bois Bukowskienne, fatigué de ressembler à des clichés, entouré de gens et pourtant si seul. Comme dans ses précédents films, Sofia réussit à cerner la "solitude peuplée", où les autres ne forment qu'une masse et une rumeur.

Celle qui a été blessée à vie par les critiques de son interprétation dans Le Parrain 3 continue de moquer le monde des médias et de rendre compte de l'exhibition des artistes, réduits à faire des photos sous l'égide d'attachés de presse falots et à répondre aux questions saugrenues de journalistes pendant les conférences de presse. Si on pouvait craindre une redondance plombante entre les duos (Bill Murray/Scarlett Johansson et Stephen Dorff/Elle Fanning), cette partie ne constitue pas l'élément central du récit, d'autant que l'affrontement se révèle plus ambiguë : ce n'est pas tant la rencontre de deux âmes esseulées, en flottement, dans un tumulte urbain où tous les secrets s'évanouissent, mais le regard triste d'une petite fille qui, malgré sa maturité, ne parvient pas à dire à son père la peur de le perdre à jamais.

Sans en avoir l'air, Somewhere s'impose comme l'antithèse de Marie-Antoinette qui souffrait de trop-plein. (...) Ce film sur le vide abyssal touche par sa discrétion, son spleen, sa retenue, son suicide. Une grâce qui revient de loin.

  Source : Excessif
 
avoir-alire - Guillaume Lasvigne
 

(...) Ce qui fait que Somewhere ne peut être totalement considérée comme une œuvre préfabriquée, c’est la noirceur (toute relative néanmoins) qui l’imprègne et le contraste qu’elle pourra susciter. Là où Scarlett Johansson et Bill Murray déambulaient dans les nuits tokyoïtes sillonnées de lumières et de sons, Stephen Dorff incarne un homme sombre, incomplet (le bras gauche dans le plâtre), la plupart du temps seul dans un univers monochrome, où l’amertume est moins rendue par ses actes que par l’image, granuleuse et ne laissant subsister aucun espoir.

Aussi l’apparition de sa fille, intelligemment voulue onirique de par son contexte (...) et par la mise en scène de Coppola (...) peut-elle être perçue par le spectateur comme la lumière nécessaire à un homme sans le moindre repère et qui ignore jusqu’à sa propre personnalité ("qui est Johnny Marco ?" demandera une journaliste, sans obtenir de réponse). Figure épicentrique du récit, celle-ci sera, pour le film comme pour son père, une véritable source de vie.

Si Somewhere n’y gagne pas en intérêt narratif, il y trouvera en tout cas ses plus beaux instants. Sofia Coppola se montre en effet toujours à l’aise pour créer des ambiances, au risque parfois de se parodier (...) : tout comme il lui suffit d’un simple raccord dans l’axe pour nous faire ressentir un amour paternel (géniale séquence de patinage), la cinéaste use avec pertinence des symboles pour développer son histoire, l’air de rien y paraître.

Ainsi fonctionne le film, parcouru de moments de pure poésie et de désespoir, qui porte la marque de son auteur dans ses moindres recoins (...)

  Source : Avoir-alire
 
rue 89 - Sophie Verney-Caillat
 

Certains railleront le côté "pauvre petite fille riche" décidée à mettre en boîte Hollywood avec un film "minimaliste" et "indépendant". D'autres trouveront qu'avec son quatrième film, miss Sofia Coppola accède à la maturité. (...) Après "Lost in Translation" et "Marie-Antoinette", Sofia Coppola affirme son style :

  • Un film d'atmosphère comme le sont souvent les "films d'hôtel" (pensée affectueuse pour "Hôtel du Nord", premier du genre, en 1938). Ici, l'hôtel Château-Marmont abrite les affres de Johnny Marco (Stephen Dorff), acteur décadent réveillé par l'arrivée inopinée de sa fille.
  • Un film psychanalytique forcément, puisque Sofia Coppola y met en scène une intrigue sur les rapports père-fille enrobés dans la célébrité, et dans un lieu où elle faisait la fête quand elle avait 20 ans .
  • Un film de femmes. Après Kirsten Dunst (Lux qui se faisait dépuceler dans "Virgin Suicides") et Scarlett Johansson, Elle Fanning est la nouvelle muse blonde de la brune sicilienne. Du haut de ses douze ans, Elle promet une carrière du même acabit que ses deux aînées
  • Un film photographique et musical. Dans une interview à Libé, Sofia Coppola dit avoir été influencée par Helmut Newton. Son compagnon du groupe Phoenix donne à la bande-son le peps entraînant dans la mélancolie dorée.""Somewhere" prend le parti du silence et du minimalisme", déclare-t-elle encore dans Libé.

Grosses bagnoles, répliques de châteaux de la Loire, overdoses ... est-ce le meilleur et le pire des Etats-Unis dont Los Angeles est le meilleur et le pire produit ? (...)

  Source : Rue89
 
Cafe-geo - Bertrand Pleven
 

La forme d’une non-ville ?

"J’ai pensé à des films iconiques comme Shampoo et American Gigolo, et je me suis dit que personne n’avait fait de film sur le Los Angeles contemporain. Avec Somewhere, j’ai essayé de réaliser un portrait de cette ville, d’évoquer sa lumière caractéristique, mais aussi mes souvenirs de jeunesse". Osons : Nantes a Gracq, Los Angeles, avec Somewhere, a maintenant Sofia Coppola.

La comparaison peut paraître audacieuse ou hors de propos, voire sacrilège, et pourtant à l’instar du roman de La Forme d’une ville, le dernier film de la réalisatrice californienne est le fruit d’une expérience profonde d’un lieu et pourtant comme chez Gracq, la ville apparaît dans l’œuvre moins connue que rêvée. Comme chez lui, la ville appelle d’autres villes (Milan), d’autres œuvres aussi, certes pas livresques mais cinématographiques. Plus encore, dans Somewhere comme dans l’ouvrage du romancier, la ville figurée dans une tension entre ouverture et fermeture est plus (en dernier lieu) un horizon qu’un milieu, horizon dans lequel les personnages et "décors" ne sont pas séparés. La comparaison s’arrête bien sûr là.

Lost in ... version originale

Johnny Marco est un acteur jeune, riche et célèbre, vivant à Los Angeles mais habitant, comme souvent chez Coppola, une bulle : après l’hôtel Park Hyatt de Tokyo dans Lost in Translation, le château de Versailles dans Marie Antoinette, à mi chemin entre les deux, c’est l’hôtel Chateau Marmont, mythique établissement situé sur les coteaux de Beverly Hills, qui fait office d’île coupée du sens dans lequel tourne le monde, prison dorée pour déboussolés argentés. La réalisatrice nous fait bien comprendre que notre Johnny tourne en rond. On l’observe tuer le temps dans l’hôtel, à la terrasse d’un café, toujours dans des lieux filtrés, des lieux de l’entre-soi. La plupart des plans en extérieurs sont terriblement fixes dans une singulière et convaincante figuration de l’enfermement dans cette gated community pour stars sans domicile fixe, incapables de s’ancrer ailleurs. Certes, il y a la séquence du cruising, mais sa flânerie urbaine au volant de sa Ferrari n’ouvre sur rien : ni une rencontre, encore moins sur la ville traversée qui apparaît sans paysage, car vide de sens mais gavée de son. Comme si l’écoute paysagère était littéralement parasitée par le moteur de son engin, tandis que le regard d’une femme croisée à une feux rouge ne renvoie Johnny qu’à ce qu’il est : une image, une icône vide traversant un mirage. Tout en reprenant des éléments de sa grammaire cinématographique et spatiale, Sofia Coppola radicalise, avec Somewhere, son discours "géographique" : dans Lost in Translation, Tokyo, était regardée mais incomprise par Bob et ce, dès le prologue. Johnny, lui, ne voit même plus Los Angeles. Du balcon de sa chambre, son regard plonge, sur les femmes, sur le vide quand son corps qu’il ne cesse d’asseoir ou d’allonger en vient à ne faire qu’un avec son lit, son canapé et cet hôtel qui semble l’avaler. Si l’espace de la ville est condensé au maximum - résumé à quelques routes et lieux génériques - le temps, lui, s’étale.

La femme, horizon de l’homme

En dehors des stripteaseuses qui l’aident à s’endormir, Johnny n’est pas (complètement) seul. Il a une fille, Cleo, d’une douzaine d’années - issue d’un mariage évidemment raté. Il s’en occupe de temps en temps, l’emmenant par exemple à son cours de danse sur glace. On retrouve là encore un invariant propre à Sofia Coppola : ce sont les filles et les femmes qui mènent des hommes très casaniers à sortir de leurs territoires gardés. Quand Johnny reçoit un coup de fil de son ex-femme lui annonçant qu’il doit garder Cleo un bout d’été, avant son départ en colo, c’est pourtant lui qui l’embarque en Italie pour la promotion de l’un de ses films. Mais le voyage, figuré par un court écran noir, n’en est pas un : Milan apparaît comme une copie, voire une annexe de Los Angles. De la ville lombarde, on ne voit rien à l’exception de l’aéroport, de l’hôtel et du plateau d’une émission télé, délicieusement critique de la caricaturale "Italie Rai" : le show terminé, on est déjà revenu dans le canapé du salon du Château Marmont ! C’est l’archipel mondial mégapolitain des happy few de la société du spectacle vécue par Johnny et Cleo que Sofia Coppola filme et donne à voir, et nourrie en cela par son expérience. Progressivement, lentement, par Cleo, le point de vue change comme Johnny lui-même, quand, enfin, il regarde l’horizon urbain (et peut être au-delà) du balcon de sa chambre.

Somewhere est un concentré d’expérience qui prend la forme d’une belle rêverie spatiale, autrement dit une fable fiable qui va finalement bien à la métropole californienne et à sa géographie en trompe l’œil.

  Source : Cafe-geo
madmoizelle - Brune B
 

(...) Sofia Coppola accorde toujours autant de soin à l’esthétique, et chaque détail est soigneusement étudié. Cette fois-ci, on n’évolue pas dans un univers édulcoré, rose bonbon, poudré de petites paillettes et de couchers de soleil. C’est un Hollywood gris, au soleil lourd et au goudron fumant que Sofia Coppola filme, loin des clichés bling-bling sur la vie des stars.

(...) Le duo formé par Stephen Dorff et Elle Fanning fonctionne du tonnerre, et ils n’ont pas besoin de dire grand chose pour qu’on capte toute la complexité des sentiments qui les unissent. Certains diront que Sofia brasse du vide, s’attache à des personnalités antipathiques. Mais Stephen Dorff, dans son rôle de père-connard, est ultra attachant, touchant, on a même un peu envie de lui faire un câlin et de lui dire "t’inquiète pas Stéfouné, tout va bien, je suis là". Et Elle Fanning est juste éblouissante. Du haut de ses 11 ans, elle a tout d’une grande actrice et suit les traces de Kirsten Dunst et Scarlett Johansson la tête haute. Faut dire, elle a la panoplie : blondeur innocente, yeux bleus avec capacité hors du commun à se perdre dans le vague, petit rire cristallin, et mimiques d’adulte.

Dans une ambiance musicale orchestrée par Phoenix, avec quelques pépites comme le très joli acoustique des Strokes (I’ll Try Anything Once), le film nous offre quelques moments de grâce pure, qu’il serait dommage de raconter ici, mais qui méritent d’être vus au cinéma.

  Source : Madmoizelle
 
cinemarium
 

(...) Après Lost in translation, maintes fois récompensé, et Marie Antoinette, projet d’importante envergure, la réalisatrice introduit avec Somewhere ce qui ressemble à un nouveau cycle, rompant profondément avec le conformisme dicté par Hollywood – industrie systémique qui avait placé sa famille sur le toit du monde cinématographique. Ce paradoxe, s’il traduit l’envie d’évasion d’une artiste en quête de sens et d’expérimentation, souligne surtout la liberté, brutale et agréablement étonnante, avec laquelle cette dernière aborde son art et son propos.

L’Hollywood paradoxal

Dans l’ombre d’un Hollywood écrasant de médiocrité et d’absurdité, Johnny, un célèbre acteur trentagénaire, passe ses journées et soirées dans la plus profonde des solitudes malgré son incroyable notoriété. Avec Cleo, sa fille âgée de 11 ans, ils vont apprendre à vivre, voyager, et à s’aimer dans un monde qui ne laisse que peu de place aux sentiments.

Si on peut inévitablement lire dans le scénario de Somewhere, écrit par la cinéaste, un propre miroir de sa vie d’enfant –les allés-venus incessants, la notoriété envahissante d’un père parfois absent –, Sofia Coppola affirme avoir été inspirée pour le rôle de Cleo par la fille d’une amie. La profonde solitude de Johnny, imagée de la plus belle des manières dans l’excellente scène où celui-ci subit une momification du visage afin de réaliser un vieillissement de sa personne, serait le reflet d’une société hollywoodienne parasitée par une profonde perversion de la notoriété, où les personnes se baladeraient à Los Angeles dans l’unique but de se faire photographier. Le véritable couple que forme ces deux personnages, que tout semble opposer – la maturité de la fille sérieuse, le spleen du père fêtard –, génère des scènes puissantes, émouvantes, parfaitement sublimée par la qualité d’interprétation des acteurs et par la subtile justesse des situations présentées. Car le film se veut souvent très sincère, et ne filme que ce que la vie de star propose de manière fatale: des diners sourds de dialogues, des voyages autoroutiers monotones, des parties de jeux-vidéo unificatrices. Derrière ces scènes souvent muettes se cachent des personnages assez travaillés, emplis d’une détresse dévastatrice, et qui auront les plus grandes difficultés à extérioriser leur mal-être et surtout à en trouver un rassurant écho.

Si le coté dramaturgique du récit semble en effet romancé, de nombreux éléments montrent que Somewhere est avant tout un film très personnel – une sorte de témoignage inavoué de la part de la réalisatrice. Il y a tout d’abord la présence de nombreux évènements que la femme a vécus –l’accident de la route de Helmut Newton, le show télévisé italien, la scène du casino. Bien sûr, le château Marmont, célèbre lieu hollywoodien, apporte par sa présence un piqué hautement intime du fait que les Coppola y ont habité. Surtout, c’est la présence étonnante de l’Italie, patrie familiale d’origine, qui vient, de manière implicite, faire de Somewhere un film au caractère presque autobiographique : la réalisatrice y présente ses attaches, ses racines. Le problème est que cette Italie est paradoxalement présentée de façon assez grotesque, avec ses shows grossièrement américanisés et ses nombreuses caricatures – la haute gastronomie en tête. Comme si Sofia Coppola détachait son film du modèle américain pour encore mieux l’imposer à l’extérieur de ses frontières.

Un film très influencé

Dès la scène d’ouverture, la plupart des spectateurs seront surpris par la mise en forme de l’objet cinématographique qui leur est présenté : un plan fixe filme les tours de circuit d’une Ferrari noire vacillant avec fierté sur le bitume réchauffé d’un décor désertique. Comme si cette scène hautement symbolique – la luxure, la solitude – annonçait un film décentré de son sujet, au sens photographique du terme(...).

Surtout, la réalisation de Somewhere dégage une étrange sensation (...) celle-ci expérimente, se détache de son essence, de ses chaines familiales. En ce sens, le film est indiscutablement très minimaliste – presque radical : les non-dits sont filmés avec justesse et les dialogues tirent leur existence des expressions physiques des différents protagonistes ; sentiment accentué par l’ excellente utilisation de la bande sonore. Certains trouveront le rythme atrocement lent et d’autres crieront au génie ; mais il ne fait aucun doute que Somewhere est (...) respire la liberté.

  Source : Cinemarium
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