Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Incendies réalisé par Denis Villeneuve
    
Titre original Incendies
Réalisation Denis Villeneuve
Scénario Denis Villeneuve (Scénario), Valérie Beaugrand-Champagne (Collaboration au scénario)
 D'après D'après l'oeuvre de Wajdi Mouawad
Interprétation Lubna Azabal (Nawal Marwan), Mélissa Désormeaux-Poulin (Jeanne Marwan), Maxim Gaudette (Simon Marwan), Rémy Girard (Notaire Jean Lebel), Abdelghafour Elaaziz (Abou Tarek), Mohamed Majd (Chamseddine), ...
Musique Grégoire Hetzel
Photographie André Turpin
Pays Canada , France
Année 2011
Durée 2h10'
Genre Drame
 Distributeur Cineart
 Cote
     4,1 (5.060 votes)
Site(s) officiel(s)  
 
Bande annonce  
Affiche  
 Dossier de presse (Anglais)
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 16 juin 2011
Le film est projeté en version originale française, arabe, anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Adapté de la pièce de théâtre éponyme écrite par Wajdi Mouawad, voici un film puissant, profond, dérangeant, qui interroge autant l'histoire que la nature humaine, tout en restant une fresque au souffle épique évident, et d'une complexité scénaristique étonnante, mais totalement maîtrisée. (Première Séance, La Première, RTBF).

Lorsque le notaire Lebel (Rémy Girard) fait à Jeanne et Simon Marwan (Mélissa Désormeaux - Poulin, Maxim Gaudette) la lecture du testament de leur mère Nawal (Lubna Azabal), les jumeaux sont sidérés de se voir remettre deux enveloppes, l'une destinée à un père qu'ils croyaient mort et l'autre à un frère dont ils ignoraient l'existence. Quittant Montréal, Jeanne part à la recherche de son père dans un pays fictif du Proche-Orient. Elle est rejointe plus tard par son frère et le notaire. Ils découvriront peu à peu le lourd passé de leur famille…

"Incendies" est une bouleversante quête initiatique qui conjugue l'horreur de la guerre au singulier, révélant avec force et poésie l'héritage indélébile du cycle de la violence et le pouvoir inouï de la résilience.
 
 
 Genie Awards 2011
 
  • Récompense de la meilleure photographie décernée à André Turpin
  • Récompense de la meilleure réalisation décernée à Denis Villeneuve
  • Récompense du meilleur montage décernée à Monique Dartonne
  • Récompense du meilleur ensemble sonore décernée à Benoit Leduc, Jean-Pierre Laforce, Jean Umansky & Jocelyn Caron
  • Récompense du meilleur montage sonore décernée à Sylvain Bellemare, Simon Meilleur & Claire Pochon
  • Récompense du meilleur long métrage décernée à Luc Déry & Kim McCraw
  • Récompense de la meilleure actrice dans un rôle principal décernée à Lubna Azabal
  • Récompense du meilleur scénario adapté décernée à Denis Villeneuve
 Jutra Awards 2011
 
  • Récompense de la meilleure actrice décernée à Lubna Azabal
  • Récompense de la meilleure direction Artistique décernée à André-Line Beauparlant
  • Récompense de la meilleure direction de la Photographie décernée à André Turpin
  • Récompense des meilleurs costumes décernée à Sophie Lefebvre
  • Récompense de la meilleure r éalisation décernée à Denis Villeneuve
  • Récompense du meilleur montage Image décernée à Monique Dartonne
  • Récompense du meilleur film décernée à Luc Déry (producteur) & Kim McCraw (producteur)
  • Récompense du meilleur scénario décernée à Denis Villeneuve
  • Récompense du meilleur son décernée à J ean-Pierre Laforce (mixage), Jean Umansky (Ingénieur du son) & Sylvain Bellemare (monteur)
 Vancouver Film Critics Circle 2011
 
  • Récompense de la meilleure actrice canadienne décernée à Lubna Azabal
  • Récompense de la meilleure réalisation dans un film canadien décernée à Denis Villeneuve
 Festival International du film Francophone de Namur 2010
 
 Oscars (Academy Awards) 2011
 
 David di Donatello Awards 2011
 
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Denis Villeneuve sur Tout le Ciné
Denis Villeneuve, né le 3 octobre 1967 à Trois Rivières (Canada). Réalisateur, Scénariste.

Ses débuts cinématographiques sont marqués par son association avec divers cinéastes pour le film canadien Cosmos.

Entremêlé de plusieurs histoires, Denis Villeneuve en écrit et réalise une. Le film est sélectionné au Festival de Cannes de 1997 dans la catégorie Quinzaine des réalisateurs.

Dès lors le cinéaste devient un habitué des festivals de cinéma. Son premier long métrage, Un 32 août sur terre est présenté dans une trentaine de pays dont Cannes, Telluride et Toronto.

Le film représente le cinéma canadien aux Oscars en 1999.

Deux ans plus tard, Denis Villeneuve tourne Maelström qui après avoir était présenté à une quarantaine de festivals, écope de 25 prix internationaux dont le Prix Génie du meilleur film de l’année 2001 à Toronto.

En 2010, le réalisateur adapte sur les écrans la pièce de théâtre Incendies signé Wajdi Mouawad où il met en scène Rémy Girard, Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin.

Source : Tout le cine

Toute la filmographie de Denis Villeneuve sur IMDB en tant que :

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Wajdi Mouawad
Wajdi Mouawad, né le 16 octobre 1968 à Beyrouth au Liban, est un homme de théâtre canadien O.C., tout à la fois metteur en scène, auteur et comédien.

Il quitte son pays natal à l’âge de huit ans avec sa famille qui émigre d'abord en France puis au Canada dans la province du Québec en 1983. Il reçoit son diplôme de l'École nationale de théâtre du Canada en 1991. De 1990 à 1999, il co-dirige avec Isabelle Leblanc la compagnie Théâtre Ô Parleur et crée à Montréal de nombreuses mises en scènes et adaptations.

En 1998, sa création Willy Protagoras enfermé dans les toilettes est élue meilleure production montréalaise par l'Association québécoise des critiques de théâtre. De 2000 à 2004, il dirige le Théâtre de Quat'Sous à Montréal et en 2005, il fonde les compagnies de création Au carré de l'hypoténuse en France et avec Emmanuel Schwartz Abé carré cé carré à Montréal.

Il a adapté différentes œuvres pour la scène, telles que Don Quichotte de Cervantès et Trainspotting d'Irvine Welsh. Il a été lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie théâtre en 2000. En 2002, le gouvernement français lui décerne le titre de chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres pour l'ensemble de son œuvre. Il fait un premier essai au cinéma en 2004 en écrivant le scénario et en réalisant le film Littoral tiré de sa propre pièce.

Le 9 mai 2005, le Molière du meilleur auteur francophone de théâtre lui est attribué pour la pièce Littoral mise en scène par Magali Leiris avec Renaud Bécard, mais il le refuse afin de dénoncer les théâtres sans comité de lecture et les directeurs de théâtre qui jettent les manuscrits. En mars 2006, à Chambéry, en France, il crée Forêts qui, après Littoral et Incendies constitue le troisième volet d'une tétralogie sur le thème de la transmission et de l'héritage.

Le dernier volet, Ciels, sera présenté en 2009 au festival d'Avignon, dont il est également l'artiste associé cette année-là. Depuis septembre 2007, Wajdi Mouawad occupe le poste de directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts du Canada à Ottawa. Il renoue également avec le théâtre pour la jeunesse : son texte Assoiffés, mis en scène par Benoît Vermeulen du Théâtre Le Clou (théâtre de création pour adolescents), est créé en 2007.

Durant la saison 2007-2008, il travaille en collaboration avec l'Espace Malraux, de nouveau à Chambéry, où il crée notamment Seuls, présentée en 2008 au Festival d'Avignon. En 2008, il répond à une commande de Dominique Pitoiset sur la Thébaïde et livre Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face, joué au T.N.B.A et au Théâtre de la Ville de Paris avec Nadia Fabizio (Cadmos), Nicolas Rossier (Œdipe) et Philippe Gouin (Laïos) En 2009, il est l'artiste associé au Festival d'Avignon et reçoit le Grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre dramatique.

Le 17 septembre 2010, Incendies, une adaptation cinématographique de la pièce éponyme, réalisée par Denis Villeneuve, sort en salle au Québec après avoir été présentée dans plusieurs festivals et remporté de prestigieuses récompenses au cours des mois précédents. Le film représente le Québec lors de la course des nominations aux Oscars 2010 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. En avril 2011, il se retrouve au centre d'une controverse pour avoir invité Bertrand Cantat, à participer à sa dernière création, une trilogie de Sophocle que Mouawad monte au Théâtre du Nouveau Monde notamment.

Source : Wikipedia
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tout le cine
 

Adaptation théâtrale

Incendies est à l'origine une pièce de théâtre écrite puis mise en scène en 2003 par Wajdi Mouawad qu'il traduit en russe pour la présenter au Théâtre Et Cetera de Moscou.

Une solide collaboration

Denis Villeneuve passe une nouvelle fois à la réalisation sous l'œil du chef opérateur André Turpin avec lequel il a travaillé sur ses précédents films: Un 32 Août sur Terre et Maelström.

Deux festivals

Le troisième long métrage de Denis Villeneuve a été présenté au Venice Days 2010 et au Toronto Film Festival en Sélection Officielle.

  Source : Tout le cine
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evene
 

Québec

"Next Floor" est le seul film québécois à avoir été présenté à Cannes en 2008.

Le retour

Il y a dix ans, Denis Villeneuve était à Cannes en sélection officielle pour son premier long métrage. Il n'avait plus fait de cinéma depuis huit ans. Avec "Next Floor", il retrouve sa place en tant que cinéaste.

Autres sélections

"Next Floor" a aussi été sélectionné dans une trentaine de festivals dans le monde. On le verra au Festival de Toronto et à Montréal pour le Festival du nouveau cinéma.

  Source : Evene
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Wajdi Mouawad parle d'Incendies
 
"Je n'invente pas mes histoires, je les rencontre dans la rue : elles sont belles et elles me plaisent. Alors on va prendre un café, on s'asseoit l'un en face de l'autre et je lui demande comment elle s'appelle. Je m'appelle Incendies. Et qui es-tu ? Je suis une femme qui s'est tue. Là, je tombe follement amoureux. Je lui dis attention, je suis en train de tomber amoureux. Ou on s'arrête tout de suite car je n'ai pas envie qu'une histoire comme vous me laisse tomber, ou vous restez et on travaille ensemble, moi comme auteur, vous comme histoire. Elle me dit revoyons-nous dans une semaine, prenons le temps. On se revoit une semaine plus tard, je lui dis vous m'avez manqué, elle me dit vous aussi. Je lui demande ce qu'elle peut me dire de plus. Je suis une femme qui s'est tue et j'ai des jumeaux. Je vois des paysages quand elle dit ça, je vois des choses et c'est ça l'histoire. Je ne peux rien faire si je n'ai pas cette rencontre-là."
  Source : Comme au cinema
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allocine
 
  Source : Allocine
 
 Entretien avec Denis Villeneuve
 

De quelle manière avez-vous découvert la pièce de Wajdi Mouawad et quelles ont été vos premières impressions ?

La même impression que quand j’ai vu Apocalypse Now pour la première fois : soufflé. La pièce était présentée dans le tout petit théâtre des Quat’Sous de Montréal. J’étais assis au deuxième rang, ayant acheté les derniers billets de la dernière représentation. J’ai reçu le texte dans la figure et suis sorti du théâtre sur les genoux. Je ne cherchais pas à faire une adaptation à cette époque mais j’ai immédiatement su que j’allais en faire un film.

Comment avez-vous remarqué le potentiel de transposition de cette pièce à l’écran ?

Le texte d’Incendies est comme une partition d’un grand compositeur classique : il inspire directement des images fortes. Aussi, la mise en scène de Wajdi est truffée d’images théâtrales d’une très grande puissance, d’une beauté rare. Appartenant à l’alphabet du théâtre, je n’ai pas pu les utiliser, mais j’ai pu remonter à leur source et les traduire en cinéma. Wajdi m’a aussi donné quelques clés qui m’ont aidé.

Comment avez-vous réussi à convaincre Wajdi qu'il était possible d’adapter Incendies pour le grand écran ?

Wajdi a accepté de me "prêter" Incendies après avoir lu une cinquantaine de pages d’esquisse que je lui ai proposées. Il m’a fait le plus beau des cadeaux : celui de la liberté. Il m’a tout simplement donné carte blanche. C’est la seule manière de réussir une adaptation je crois. Il faut que l’auteur vous fasse le cadeau de pouvoir faire des erreurs.

Aucune des deux œuvres, que se soit la pièce ou le film, ne mentionne explicitement de nom de pays du Moyen Orient dans lequel l'histoire se déroule. Pouvez-vous nous faire part de vos commentaires à ce propos ?

Beyrouth ou Daresh ? Cette question m’a hanté durant toute l’écriture du scénario. J’ai finalement décidé de faire comme la pièce et d’inscrire le film dans un espace imaginaire comme Z de Costa Gravas afin de dégager le film d’un parti pris politique. Le film traite de politique mais demeure aussi apolitique. L’objectif de la pièce est de creuser le thème de la colère et non pas de la générer. Le territoire d’Incendies étant un champ de mines historiques.

Incendies est une œuvre dramatique, presque lyrique. Quelle a été votre inspiration ?

Pour transposer un texte aussi dramatique à l’écran, et pour éviter le mélodrame, j’ai opté pour la sobriété d’un réalisme cru, en conservant le facteur mythologique de la pièce à l’aide d’un travail sur la lumière naturelle et les ombres. L’émotion ne doit pas être une fin mais un moyen pour atteindre l’effet de catharsis désiré. Incendies c’est aussi, le voyage de Jeanne et Simon vers la source de la haine de leur mère. C’est une quête universelle et elle me touche profondément. Mais j’avoue que l’équilibre dramatique du film a été long à trouver au scénario. Chaque séquence pouvait inspirer un long métrage !

Comment avez-vous procédé pour choisir les acteurs ?

Le casting d’Incendies est un mélange entre quelques acteurs professionnels et plusieurs acteurs non professionnels trouvés en Jordanie. Lara Attala, la directrice du casting jordanien a eu envie d’approcher des réfugiés irakiens pour leur donner du travail. Ils ont beaucoup donné au film. Le défi a été de travailler sur les accents de tout le monde pour cibler un accent arabe de la région du Golan.

Certains acteurs professionnels étaient originaires du Maghreb et ont été carrément obligés d’apprendre une autre langue pour être crédibles. J’avais vu Lubna Azabal dans Paradise Now de Hani abu-Assad et Exils de Tony Gatlif. C’est Constance DeMontefoy, la directrice de casting de Paris qui m’a suggéré de la rencontrer. C’est une comédienne extraordinaire qui possède naturellement la force, le feu sacré de Nawal. Lubna est Nawal.

Le casting des jumeaux fût laborieux. Mélissa Desormeaux-Poulin est apparue à la fin d’un très long processus. J’ai cherché Simon partout pour le retrouver finalement tout près de moi : Maxim Gaudette qui avait joué dans mon film précédent. Je suis très fier du travail fait par les comédiens.

  Source : Comme au cinema
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evene - Fabienne Jacob
 

Un bureau de notaire, drôle décor pour une tragédie grecque. C’est pourtant là que commence "Incendies", une adaptation de la pièce éponyme du dramaturge libano-canadien Wajdi Mouawad, véritable rock star d’un théâtre épique moderne.

Le film du Québecquois Denis Villeneuve est fidèle à la trame de la pièce. A la lecture du testament de leur mère Nawal Marwan (Lubna Azabal, figure incandescente de la mater dolorosa méditerranéenne), les jumeaux Jeanne et Simon découvrent que celle-ci désire être enterrée nue, face contre terre, pour dire sa haine pour leur père. Stupeur encore quand le notaire remet deux enveloppes à chacun des jumeaux. L’une, la lettre du père, pour Jeanne. L’autre, la lettre du fils, pour Simon. Ils ne savaient rien du père et n’avaient jamais entendu parler d’un frère… Un mystérieux legs, que Jeanne interprète comme le secret du mutisme dans lequel s’était cadenassée sa mère avant sa mort. Simon refuse de céder aux caprices de cette mère imprévisible, tandis que Jeanne s’envole vers le Liban sur les traces du passé douloureux de Nawal dans un pays déchiré par la guerre. L’ultime secret sera à la hauteur de la tragédie.

Sans avoir l’intensité de la pièce, le film restitue la violence d’un monde où le sang d’un accouchement n’est pas moins traumatisant que celui de la folie meurtrière des hommes. Certaines scènes donnent à voir, presque à toucher, le tragique, comme ces images longues, persistantes, d’enfants tondus dans un abri de fortune sur fond de Radiohead. Ou ces scènes entêtantes de personnages nageant dans une piscine. Comme pour se laver d’une souillure originelle.

  Source : Evene
 
la libre - Alain Lorfèvre
 

Dès les premières images, Denis Villeneuve imprime son talent à cette adaptation de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad. Un simple plan sur le regard lourd de solitude et de désamour d’un enfant, dans quelque orphelinat du Proche-Orient, s’impose aux yeux du spectateur - le cadre, l’éclairage, la musique de Radiohead : tout y participe Cette image est d’emblée une information capitale, comme on s’en rendra compte plus tard. Tout au long d’"Incendies", récit complexe, poignant et bouleversant, la puissance de la mise en scène de Villeneuve transparaît dans l’égale attention qu’il accorde à ses personnages principaux comme aux nombreuses figures secondaires, parfois muettes : personne n’oubliera la mère musulmane du bus ou les quatre enfants courant dans des ruines, silhouettes pourtant fugaces.

Le film, comme la pièce de théâtre, ne nomme jamais la guerre qu’il évoque. Beaucoup la reconnaîtront et se souviendront qu’elle occupa le devant de la scène médiatique pendant près de deux décennies. C’est à travers deux jumeaux, Jeanne (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Simon (Maxim Gaudette), qui ne l’ont pas connue et qui ont grandi à des milliers de kilomètres de là, qu’on va la redécouvrir. C’est leur mère, Nawal (Lubna Azabal), récemment décédée, qui, dans son testament, leur impose une double quête : retrouver un frère et un père qu’ils n’ont pas connus. Double mystère, car du premier, ils n’avaient jamais entendu parler, tandis que leur mère leur avait toujours affirmé que le second était mort. Simon est violemment réticent à ce chantage post mortem d’une mère qui ne leur a jamais témoigné d’amour. Jeanne se décide, elle, au voyage. Sur ses traces, on revit le destin de Nawal. De tableau en tableau, le récit remonte le fil du temps, passant avec Nawal d’un camp à l’autre dans ce pays qui, comme le résume un protagoniste, fut un terrain de jeux idéal pour les guerres.

La pudeur de la mise en scène, qui sait suggérer l’horreur avec la plus grande sobriété, ou trouver toujours la juste distance quand il s’impose de la montrer, est cohérente avec l’esprit du matériau. Puisque ce sont les individus qui sont les vecteurs de l’Histoire, les interprètes sont primordiaux. Lubna Azabal trouve non seulement ici son plus beau rôle à ce jour, mais livre sa meilleure interprétation. Mélissa Désormeaux-Poulin, dont on a souligné les similitudes physiques avec Azabal, apporte à sa fille l’ignorance et l’innocence nécessaires. Maxim Gaudette interprète Simon suivant une belle progression, de la colère frustrée à l’humilité lorsqu’il découvre la terrible vérité. Autour d’eux, tous les autres acteurs sont si justes que certains paraissent parfois jouer leur propre rôle, comme des témoins qui feraient partager leur expérience au sein d’une docu-fiction. Même lorsqu’on croira avoir deviné l’inéluctable, on sera encore surpris par une ultime révélation - et le legs final de Nawal.

Dans tout autre contexte, cette surenchère dramatique pourrait paraître outrée. Mais elle est destinée à transcender son contexte historique en une réflexion symbolique sur le cycle de la violence, propre aux guerres civiles. C’est l’amour qui engendre un ange de la mort. Nawal succombe à la pulsion de vengeance, pour les meilleures raisons du monde. Mais, ce faisant, elle devient objet et réceptacle du pire. Pourtant, en remontant aux sources, son âme parviendra à enfin trouver la paix et à offrir un espoir de rédemption à ses enfants. "Incendies" offre, d’abord par sa lettre, ensuite par la brillante mise en scène de Denis Villeneuve, un message capital, à méditer des quatre coins du monde jusqu’à l’intérieur de nos diverses frontières à l’heure où les dialectiques d’exclusion, d’identité ou de revanche s’expriment à nouveau avec une virulence décomplexée, sinon brutale.

  Source : La libre
 
Libération - Philippe Azoury
 

Le texte le plus incendiaire sur la guerre civile libanaise, Incendies de Wajdi Mouawad, ne mentionne jamais ni le Liban, ni Beyrouth, ni le Chouf, ni la prison de Khiam, ni les Palestiniens, ni les phalanges libanaises (Kataëb), ni les Israéliens, ni les Syriens, ni les Druzes, ni le mouvement chiite Amal ou qui que ce soit d'autres encore des intérêts impliqués jusqu'au cou dans cette boucherie (soit, à un moment donné, une bonne moitié de la planète). Le film que Denis Villeneuve vient de tirer d'Incendies s'est plié à ce contre-pied. Mieux, c'est à partir de cette occultation des noms de lieux, des noms de gens, des noms de guerre que sa mise en scène a su fonder un espace singulier qui est aussi la forme aiguisée de son intelligence.

Champ de mines

Résultat : si on veut toucher à l'horreur pure du conflit libanais entre 1975 et 1990, il est plus qu'urgent de se ruer sur ce film canadien. Pourquoi, en ne nommant pas, Mouawad a-t-il touché à l'essentiel de la question libanaise ? Et pourquoi, en respectant cette oblitération, Villeneuve réussit-il à accéder à quelque chose (une forme d'impartialité et de démystification de la guerre, où la sauvagerie ne se confond plus avec une sorte d'héroïsme magnétique) qui continue de se refuser au jeune cinéma libanais - et on sait pourtant qu'il s'agit d'une cinématographie parmi les plus intéressantes à avoir émergé de la décennie passée ? Villeneuve, dans le dossier de presse, tente une suite d'explications à ce pays dé-nommé : «Inscrire le film dans un territoire imaginaire», le «dégager de tout parti pris politique», éviter de poser les deux pieds dans un «champ de mines historique» (comme souvent, il a été préférable que le film se tourne en Jordanie).

Tout cela est juste, mais ne dit rien de ce qui se dessine soudain sous nos yeux au fur et à mesure que la jeune Jeanne Marwan (Mélissa Désormeaux-Poulin, toute en nuances) quitte Montréal pour ce pays originel qu'elle ne connaît pas, qui n'est jamais prononcé, retrouver un frère et un père dont elle n'a jamais entendu parler, afin de répondre aux volontés testamentaires d'une mère dont elle ne savait en fin de compte rien. Si, chez Mouawad, le Liban a perdu son nom, c'est qu'il a tout fait pour entretenir la propre amnésie de sa folie furieuse. Un pays qui a amnistié en globalité, un pays sans monument aux morts, sans mémorial, un pays qui fait tout pour contourner la vérité sur sa propre guerre (soit en l'attribuant aux autres, soit en l'enfouissant) prend le risque définitif de perdre sa racine même, donc le fil de son histoire. C'est ce silence qu'Incendies ausculte. A la fois pour dire ce qu'il recouvre et à la fois pour le regarder comme silence, et voir ce que ce silence projette comme abyme. L'obvie et l'obtus. La guerre civile est une tragédie, et Incendies l'entend au sens grec du terme - Sophocle aspergé d'essence de térébenthine dans un bus criblé de balles, Médée violée à répétition par les siens dans une prison exiguë du Sud.

Lyrisme

On peut ne pas tout aimer de la mise en scène de Villeneuve, trouver qu'un Radiohead plaintif sur des images d'enfants soldats, c'est nul, mais du moment où, prenant comme une chose mate et indescriptible, il se calme sur le lyrisme et arrive à regarder avec lucidité toutes les contradictions du récit de la mère (magnifique Lubna Azabal, qui livre l'interprétation la plus forte, donc ferme, qui soit), il touche à quelque chose qui, concernant cette guerre, n'avait jamais été figuré. Il est à bonne distance, dans un endroit où toute distance était interdite. Qui dit incendies dit brûlure. Vous serez brûlés. Qui dit incendies dit essence. Vous connaissiez l'incendie libanais, vous en avez vu (aux infos) le nuage noir. En voilà l'essence.

  Source : Arenberg
 
cinemma
 

Denis Villeneuve nous entraîne aux confins d’une quête initiatique à la fois bouleversante et retournante : A la mort de leur mère, deux jumeaux se découvrent un père qu’ils croyaient mort et un frère dont ils ignoraient tout, ou, plus justement, ils sont invités par leur mère, dans ses dernières volontés, à partir à leur recherche.

La construction du récit est à la fois linéaire et éclatée, nous fondant aux souvenirs de la mère ou aux fantasmes des enfants – qu’importe tant il s’agit de sensations ! La rencontre qui s’offre à nous est plurielle et dépasse l’ordre de la narration. Il y a d’une part la quête en tant que telle, de l’autre l’évocation du parcours initial de la mère en une contrée sans nom. Les jumeaux emboitent le pas de leur mère et en découvre la vérité, leur vérité. La réalité mise en place est poignante. Elle esquisse l’atrocité de la guerre et crie le déséquilibre d’un monde malade : le nôtre. Denis Villeneuve parvient à l’universalité au-delà de la singularité d’une situation jamais mise de côté.

En adaptant au cinéma la pièce éponyme de Wajdi Mouawad, le réalisateur signe un scénario habille et intelligent, à la fois captivant, envoutant et déstabilisant.

Déjà, l’ouverture du film suggère une dimension universelle – en actant d’un passage de l’extérieur à l’intérieur, du macrocosme ou microcosme, au sein duquel une autre donne macrocosmique prend place. Une ouverture magnifique où l’ensemble des enjeux sont présents imperceptiblement. Déjà, un réel langage esthétique, vecteur de sens et de sensations, se développe selon une logique proche de celle sur laquelle le réalisateur s’est appuyé pour son précédent long métrage, POLYTECHNIQUE. La photographie est majestueuse, sans jamais tendre à la pure esthétisation. Le travail sur le son ne cesse de nous emporter au cœur d’une terrible expérience.

A nouveau, l’hypothèse féminine est magnifiée. Denis Villeneuve aime les femmes et cela se voit : il crie haut et fort l’oppression et les injustices dont elles sont victimes et qu’elles affrontent sans jamais se plaindre, dans la force et la douleur.

  Source : Cinemma
   
Cinelibre
 

Avec "Incendies", Denis Villeneuve confirme qu'il est une des valeurs sûres du cinéma québécois. (...) Un film riche, subtil et poignant qui raconte le cheminement de jumeaux à la mort de leur mère. (Le Soir)

Un film puissant, profond, dérangeant, qui interroge autant l'histoire que la nature humaine, tout en restant une fresque au souffle épique évident, et d'une complexité scénaristique étonnante tout en étant totalement maîtrisée. (Première Séance, La Première - RTBF)

"Incendies" est une tragédie dans son acception la plus classique, proche de Sophocle ou de Racine, doublée d’un suspens captivant de bout en bout qui jamais ne vous perd dans ses méandres, le tout plongé dans l’un des grands drames contemporains. (L'Evénement)

Une odyssée de chair et de sang, dans laquelle Lubna Azabal trouve sans doute son rôle le plus fort à ce jour. (Le Soir - Nicolas Crousse)

Tout au long d’ "Incendies", récit complexe, poignant et bouleversant, la puissance de la mise en scène de Denis Villeneuve transparaît dans l’égale attention qu’il accorde à ses personnages principaux comme aux nombreuses figures secondaires. (…) Lubna Azabal trouve non seulement ici son plus beau rôle à ce jour, mais livre sa meilleure interprétation. (La Libre Belgique)

Avec l’élan dramatique d’un Inarritu (celui de "21 Grammes" et "Babel"), le réalisateur Denis Villeneuve zappe entre le présent et le passé. Les prises de vue très réussies et les scènes chargées d’émotion forment ensemble un puzzle saisissant, une tragédie grecque moderne avec un climax qui vous met K.O. Déjà sans doute un des meilleurs films de 2011. (Metro)

D'une maîtrise totale, ce récit poignant, adapté de la pièce à succès de Wajdi Mouawad, est un réquisitoire puissant contre la guerre. Mais ce qui fascine ici n'est pas tant le discours politique que le portrait que Denis Villeneuve fait d'une femme humiliée (impressionnante Lubna Azabal). Pas étonnant qu'il soit revenu avec le prix du public du 25e Festival international du film francophone de Namur. (…) Un film passionnant servi par un coup de théâtre final éblouissant. (Télé Moustique)

Sans artifices et avec une fluidité époustouflante, Denis Villeneuve délie les fils des destins de ses personnages pour à nouveau les entrecroiser dans un dénouement qui laissera plus d'un spectateur sans voix, estomaqué, bouleversé. (...) Tout concourt à faire d'"Incendies" une expérience d'une puissance émotionnelle rare, un prétendant au titre de meilleur film de 2011 et, plus largement, de chef d'oeuvre. (Cinenews - David Morelli)

Denis Villeneuve porte la pièce de Wajdi Mouawad sur grand écran avec la puissance à la fois fascinante et excessive d’un tragédien grec. (…) La violence est sourde, et le récit, dense et fragmenté, repose sur un équilibre complexe tenu de bout en bout par des acteurs très justes, malgré quelques scènes trop écrites. Un film coup-de-poing. (Première)

Une enquête tendue à l'extrême, où le destin de Nawal, mère mais aussi terroriste et prisonnière de guerre, s'éclaire au gré de retours en arrière à la violence fulgurante. (Télérama)

Incendies démontre une belle puissance de récit, et une maestria de mise en scène dont on ressort le cœur tout étourdi. (Les Inrockuptibles)

Denis Villeneuve a relevé le défi de l’adaptation avec maestria. Son film transcende la pièce que Wajdi Mouawad lui a confiée… Le cinéaste en a extrait l’essence, au profit d’un percutant objet de cinéma. (La Presse - quotidien québecois)

Une œuvre forte, dont on sort secoué. (Radio-Canada - Claude Deschêches)

Un film coup-de-poing qui n'arrête pas de soulever l'enthousiasme partout où il est présenté. Extrêmement chargée émotivement…j'ai passé la dernière demi-heure du film clouée à mon siège, les larmes coulant sur mon visage. Magitral ! (Journal de Montréal - Sophie Durocher)

  Source : Cinelibre
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