Helen Mirren (Rachel Singer), Tom Wilkinson (Stefan Gold), Ciarán Hinds (David Peretz) , Romi Aboulafia (Sarah Gold), Tomer Ben David (Le mari de Sarah) , Ohev Ben David (Le fils de Sarah), Jonathan Uziel (Agent du Mossad), Eli Zohar (Le conducteur de Stephan), Irén Bordán (Modérateur du séminaire), Jessica Chastain (Rachel Singer jeune), Marton Csokas (Stefan jeune), Sam Worthington (David jeune), Jesper Christensen (Le docteur Bernhardt / Dieter Vogel), Brigitte Kren (Frau Bernhardt / Infirmière), ...
Le film est projeté en version originale anglaise, espagnole, française sous titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
Avec ce remake d’un film israélien du même nom - inédit chez nous -, retraçant l’arrestation d’un criminel nazi par trois agents du Mossad en 1965 et les conséquences de cette mission qui les hante encore trente ans après, John Madden signe un thriller psychologique efficace, porté par un excellent duo d’actrices.
Un ancien agent du Mossad, qui a pris part à une mission secrète il y a trente ans pour capturer et faire juger un criminel de guerre nazi, doit retourner en Europe de l’Est pour revivre le traumatisme lié à ces événements et découvrir la vérité. Elle doit à présent payer sa dette ...
Après "Shakespeare in Love" et "Capitaine Corelli", le réalisateur britannique John Madden signe un efficace film d’espionnage. Le scénario sur la traque d’un criminel nazi, personnage fictif inspiré de Mengele, est habilement construit et entretient un vrai suspense. Les aller-retours entre les deux époques de l’intrigue, 1955 et 1997, sont bien maîtrisés. Tout en restant assez sobre, la mise en scène réussit véritablement à nous captiver grâce à quelques scènes très tendues ou dérangeantes. (…) Le double casting des trois rôles principaux est une réussite, chaque personnage étant interprété par un solide et cohérent duo de comédiens… (Fiches du Cinéma.com)
John Madden, Né le 8 avril 1949 à Portsmouth, New Hampshire (Angleterre). Réalisateur.
John Madden fait ses études au Clifton College et à Cambridge, puis entame sa carrière comme directeur artistique de l'Oxford & Cambridge Shakespeare Company, avant d'entrer à la BBC pour travailler sur des émissions télévisées et radio. Madden part ensuite pour les Etats-Unis en 1975 et y vit durant la plus grande partie des années 70 et 80. Il développe à cette époque des émissions pour la National Public Radio comme Earplay, enseigne la dramaturgie à la Yale School of Drama et met en scène différentes pièces. Grown Ups de Jules Feiffer, Beyond Therapy de Christopher Durang et Caritas d' Arnold Wesker voient naître leurs premières représentations sous sa direction. Outre les premières des œuvres de Feiffer, Durang et Wesker, il monte de nouvelles productions de pièces réputées au New York's Public Theatre et au Roundabout, ainsi qu'au Mark Taper Forum de Los Angeles.
De retour en Angleterre au milieu des années 80, John Madden réalise plusieurs émissions télévisées et téléfilms, notamment des épisodes des séries Inspecteur Morse et Suspect n°1. Madden signe la réalisation de After the War, une série télévisée en dix épisodes écrite par Frederic Raphael, et celle de téléfilms comme The Widowmaker.
Madden revient aux Etats-Unis pour tourner en 1993 le drame Ethan Frome, une nouvelle adaptation du roman d' Edith Wharton, avec Liam Neeson et Patricia Arquette. L'histoire d'un couple marié, Ethan et Zeena, qui ont besoin d'une aide extérieure pour s'occuper de la maison en raison de la maladie de Zeena, suivi de la comédie dramatique Golden Gate, un voyage à travers le temps et les différences culturelles à Chinatown, sur un scénario du dramaturge David Hwang. Le film a pour interprètes Matt Dillon et Joan Chen.
John Madden repart pour l'Angleterre diriger Judi Dench et l'Ecossais Billy Connolly dans un film historique, La Dame de Windsor (1997), l'histoire de l'amitié qui liait la reine Victoria et un simple palefrenier et fit scandale. Le vaste succès du film au box-office permet à John Madden de réaliser ensuite Shakespeare in Love, inspiré de la vie du grand écrivain et dramaturge anglais William Shakespeare au moment où il écrivait Roméo et Juliette. L'histoire, bien que présentant de nombreux personnages ayant réellement existé, est en grande partie fictive. Viennent ensuite en 2001 Capitaine Corelli, une romance sous fond de Seconde Guerre Mondiale dans laquelle le coeur de Nicolas Cage oscille entre Pelagia et son engagement envers sa patrie et Irréfutable en 2003 où la fille d'un mathématicien de génie doit surmonter le décès de son père qui souffrait également d'instabilité mentale.
Après avoir tourné en 2008, le thriller Killshot dans lequel un couple témoin d’un crime est placé dans le programme de protection des témoins, puis traqué par le criminel qui les retrouve, John Madden s'attelle en 2011 au remake du thriller israélien The Debt d' Assaf Bernstein, sorti en 2007, sous le titre L'Affaire Rachel Singer. L'histoire d'une ancienne agent du Mossad chargée de capturer un criminel de guerre nazi qui, réapparait trente ans plus tard alors qu'il était annoncé comme mort.
L'Affaire Rachel Singer est le remake du film israélien, Ha Hov signé Assaf Bernstein, datant de 2007 et inédit en France.
Genre
John Madden n'en est pas à son premier thriller avec ce film. En effet, le cinéaste a tourné en 2008, Killshot, l'histoire d'un couple témoin d'un crime placé sous programme de protection des témoins se retrouvant traqués par le criminel.
Equipe du film
Le producteur et scénariste du film est Matthew Vaughn, connu pour avoir réalisé Kick-Ass, Stardust, Le mystère de l'étoile et son dernier film X Men, le commencement.
Le producteur Eduardo Rossoff attira le premier l’attention de son homologue Kris Thykier sur le film israélien La Dette (Ha-Hov, 2007) d’Assaf Bernstein, dont Thykier déclare être L’associé de Thykier, Matthew Vaughn commença à travailler avec Jane Goldman sur le scénario. Six mois plus tard, ils présentèrent le projet au réalisateur John Madden qui déclare: "J’ai trouvé l’histoire fascinante et le script très fort. Il combinait un récit puissant - dans lequel les implications morales et affectives sont d’importance égale - à des personnages complexes, ce qui n’est pas chose courante. Les deux aspects étaient intimement liés et se nourrissaient l’un l’autre. La force émotionnelle s’accentuait à mesure que l’histoire se complexifiait et devenait de plus en plus captivante. Je suis resté cloué sur place."
"Nous étions ravis que John s’intéresse au projet et nous avons rapidement commencé à travailler ensemble", raconte Thykler. "Il a d’innombrables talents et était totalement impliqué dès le départ."
Le réalisateur sollicita l’assistance du scénariste Peter Straughan pour peaufiner l’histoire et déclare : "Le niveau de développement narratif est exceptionnel et le spectateur est constamment amené à se poser des questions. Matthew et Jane ont élaboré toute la structure du récit et la façon dont il progresse. Il est si bien agencé que plus on en en rajoute, mieux c’est. Et il faut également rendre hommage au formidable travail d’Assaf Bernstein et Ido Rosenblum, les scénaristes de La Dette."
Plus le scénario s’enrichissait de subtilités émotionnelles et de séquences d’action, plus les cinéastes savaient qu’une distribution sans faute était de rigueur. "Les comédiens sont au centre de ce film", explique John Madden. "Ils en sont le plus précieux atout, et leur engagement émotionnel dans les expériences et le vécu de leur personnage est la clé de sa réussite."
Helen Mirren fut tout de suite pressentie pour le rôle de Rachel, qui demandait une actrice mûre et accomplie, capable de répondre aux multiples exigences physiques du scénario. Pour le réalisateur, "le rôle supposait une comédienne maîtrisant parfaitement son jeu, avec le talent nécessaire pour suggérer les blessures du passé et l’effet pervers de 30 années de mensonges et de manipulation. Le conflit intérieur, les tensions et les ramifications douloureuses qu’engendre une décision prise des années auparavant constituaient le cœur de l’interprétation. Et ces sentiments devaient être communiqués sur fond d’action et de suspense, conformément aux règles du thriller. Il nous fallait une actrice exceptionnelle et Helen était notre candidate idéale. Elle a tout de suite été très réceptive et sa prestation est extraordinairement convaincante. Elle a bravé les défis physiques qu’imposait le rôle et je pense que l’histoire et ses implications l’ont conquise."
À la comédienne de corroborer : "C’est un excellent thriller et la réflexion sur les conséquences de nos actes, dont nous nous devons d’assumer la responsabilité, était passionnante pour moi. Je pense que Rachel a dû apprendre à faire des compromis et à vivre avec, et qu’elle se rend finalement compte que les compromis ne sont pas toujours possibles – ou en tout cas, pas pour toujours. Elle est très froide. Elle a réprimé ses vrais sentiments depuis trop longtemps, et elle survit en superficie sans jamais affronter ses émotions profondes." Mais les exigences du rôle ne s’arrêtaient pas à la maîtrise de la psychologie du personnage, la comédienne dut également s’entraîner aux mouvements de base du Krav-maga, ou "combat rapproché" en hébreux, une technique d’autodéfense toujours utilisée par le Mossad et l’Armée de défense d’Israël.
Très rapidement, producteurs, scénaristes et réalisateur prirent la décision de ne pas s’attacher outre mesure à la ressemblance des comédiens incarnant les mêmes personnages aux deux périodes de l’histoire. John Madden déclare ainsi : "Je ne pensais pas qu’un mimétisme servile était de rigueur. Nous avons cependant trouvé une comédienne qui a une grande affinité physique avec Helen." Jessica Chastain venait de terminer le tournage de The Tree Of Life, et Terrence Malick l’a plus que positivement recommandée. "Il ne tarissait pas d’éloges à son égard", se souvient le réalisateur. "Et en effet, elle a fait un travail formidable. Elle est très assurée dans ses choix de jeu et ses émotions sont très claires. Helen a exactement les mêmes qualités. Leur visage parvient à exprimer les plus légers changements d’humeur. Cette transparence est unique et très spéciale." Les deux comédiennes ne partagent évidemment aucune scène à l’écran, mais elles se sont rencontrées bien avant le début du tournage, et à nouveau aux Studios Ealing, et ont longuement travaillé ensemble leur personnage, ses différentes caractéristiques vocales, gestuelles, psychologiques et autres.
Rachel est la plus jeune des trois agents envoyés pour capturer le médecin nazi. C’est sa première mission sur le terrain, et sa fragilité et son manque d’expérience entraînent des risques d’erreurs, avec des conséquences potentiellement considérables sur la suite des événements. La jeune comédienne a impressionné l’équipe par la maîtrise de son personnage. "Elle est fascinante à regarder", déclare le réalisateur. Mais Jessica Chastain admet : "Il n’y a pas plus différente d’un agent du Mossad que moi. Je ne savais même pas comment donner un coup de poing, et encore moins me battre pour sauver ma peau." Elle s’entraîna avec un expert de Krav-maga quatre fois par semaine pendant quatre mois à Los Angeles, avant de se rendre à Londres pour entamer une période de répétitions intenses.
Sam Worthington fut choisi pour incarner David, le jeune agent idéaliste et torturé. Sa prestation dans Somersault (Cate Shortland, 2004) avait retenu l’attention de John Madden, bien avant sa consécration dans Avatar (James Cameron, 2009), et il déclare : "Sam a une présence masculine très forte, combinée à une sorte de vulnérabilité sous-jacente. C’est un mélange rare." Il estimait, avec le reste de l’équipe, que Worthington serait parfait pour interpréter un personnage avec de fortes convictions morales, mais troublé par un lourd fardeau émotionnel et une énorme culpabilité. David a perdu toute sa famille dans l’Holocauste et semble paralysé par son sentiment que sa vie n’a aucune valeur. Pour l’acteur, "David est un agent idéaliste et dévoué. Mais il ne parvient plus à réprimer les fantômes de son passé."
"C’est un personnage fascinant et Sam a parfaitement su l’appréhender", renchérit le réalisateur, qui approcha Worthington pour le rôle alors qu’il tournait Terminator Renaissance (McG, 2009). "John m’a totalement emballé avec l’histoire de ces trois jeunes gens qui vont vivre hantés par un mensonge. J’aimais son approche. Le film est un thriller centré autour de l’idée d’une vie construite sur un mensonge. Quelles sont les répercussions, 30 ans plus tard ? Comment des individus parviennent-ils à vivre avec cette culpabilité et cette honte? J’étais fasciné par ces thèmes."
Dans le rôle de Stephan jeune, l’ambitieux leader du trio, on retrouve Marton Csokas que Madden décrit comme "une des plus brillantes trouvailles de ce film." Comme pour Rachel et David, Stephan et les siens ont énormément souffert pendant la montée de l’antisémitisme et l’Holocauste. Ces souffrances ont forgé sa ferveur et ses convictions, et il est prêt à tout pour que justice soit faite. Le comédien déclare : "La force et la résistance de Stephan sont mises à l’épreuve par le confinement que la situation impose, et que son ambition et sa passion ont motivée." Et pour le réalisateur, "le personnage a une sexualité intrigante et une vraie impression de danger se dégage de lui. Son énergie névrotique fait naître une tension dramatique au sein du trio."
L’idée qu’a Stephan, et dont il persuade ses deux complices, est au cœur de toute l’histoire. Marton Csokas juge le matériel unique : Les deux fameux acteurs britanniques, Tom Wilkinson et Ciarán Hinds, interprètent respectivement Stephan et David, 30 ans plus tard. Ravi de retrouver Helen Mirren – sa partenaire dans Suspect NumÉro 1 (Christopher Menaul, 1991) – Wilkinson était également intrigué par l’idée de jouer un agent du Mossad. La perpétuelle dualité que sous-entend le fait d’être un agent secret doit être terriblement dur à vivre. Quand tous vos actes s’apparentent à des manipulations, les moindres valeurs morales et éthiques disparaissent", déclare le comédien.
Pour interpréter Vogel, le tristement célèbre "chirurgien de Birkenau", les cinéastes recherchaient un acteur particulier : "Nous ne voulions pas du diable personnifié", explique Madden. "Notre principal critère était la maîtrise de son jeu." Ils souhaitaient également un visage peu connu et un comédien qui sache manier la langue de Goethe. Jesper Chrisensen correspondait parfaitement à ce profil. Il venait récemment d’entamer une carrière anglophone dans le rôle de l’ignoble Mr. White dans Casino Royale (Martin Campbell, 2008) et QUANTUM OF SOLACE(Marc Forster, 2008), et John Madden déclare : "Il a un côté mythique – un visage troublant, taillé à la serpe, et presque sans âge. Je préférais aussi un comédien qui ne soit pas immédiatement et uniquement mauvais, mais qui paradoxalement dégage une sorte de charme et de tendresse."
Le jour de l’avant-première de Quantum Of Solace à Londres, Christensen passa quelques heures à étudier le scénario et à travailler plusieurs scènes avec le réalisateur. "Il a tout de suite fait preuve d’une audace et d’une détermination qui ne l’ont pas quitté pendant toute la durée du tournage", témoigne Madden. "À partir de ce moment, aucun autre candidat n’était envisageable. C’est un homme extraordinaire. Il a enduré les scènes de détention, attaché des heures durant, avec une bonne grâce absolue, et a exécuté lui-même toutes les scènes de combat de façon assez spectaculaire."
Pour le comédien, le défi était de parvenir à rendre Vogel humain : "J’ai tout de suite trouvé le scénario saisissant. Une fois que le trio est coincé en lieu sûr avec Vogel, il leur devient impossible de le déshumaniser. Ils doivent lui donner à manger, le raser, le conduire aux toilettes. Inévitablement sa personnalité émerge et Vogel est très habile avec la façon dont il s’immisce dans leur conscience respective. Avant ça, il n’était qu’un monstre, mais soudain il prend corps, il a une femme pour laquelle il s’inquiète, et tout ça complique beaucoup les choses. Les trois agents sont alors confrontés à des choix moraux quant à leur comportement, leur façon de traiter cet homme. Ça rend le tout terriblement intéressant."
Le tournage de dix semaines débuta aux Studios Ealing à Londres, sur le décor de l’appartement dans lequel les trois agents ramènent et séquestrent Vogel. Deux semaines de répétitions intenses dans un décor reproduisant le lieu dans son intégralité (sur 360°) permirent de créer un véritable sentiment de claustrophobie. Les scènes furent tournées chronologiquement, accentuant encore le réalisme des événements.
La conception de la cellule s’inspire d’une série de triptyques de Bacon datant de 1971, que l’artiste a peint à la suite du suicide de son amant, et qui illustrent ses derniers moments et le désespoir qui les accompagne. Le chef décorateur Jim Clay explique : "J’ai vu ces tableaux à la Tate Gallery peu de temps après avoir lu le scénario et j’ai décelé une correspondance avec le sort de notre prisonnier : cet homme capturé et ligoté dans une pièce, devant affronter son moment de vérité et une mort prochaine. J’ai essayé de reproduire cette atmosphère avec les murs sombres et le visage torturé, perdu, qui se détache au centre du cadre. John et le directeur de la photo Ben Davis ont eux aussi travaillé dans cette direction."
"Nous avons également essayé de montrer le passé de l’appartement", continue Clay. "Nous lui avons inventé une histoire en utilisant différentes couleurs suggérant qu’il a peut-être été occupé par de jeunes artistes. Ça permet d’accentuer le réalisme du film." Dans la même logique, l’équipe a utilisé de vrais matériaux – portes, fenêtres, plancher et carrelage trouvés sur des sites de démolition durant les repérages à Budapest. "Nous n’avons pas eu à peindre ces éléments", explique le décorateur. "Ils avaient une usure et une patine naturelles qu’il est littéralement impossible de reproduire." L’aspect délabré des décors reflète également les effets corrosifs du mensonge qui s’insinuent dans tout le film et, comme l’exprime Sam Worthington, "influence aussi l’interprétation, en lui fournissant un cadre impressionniste."
Après trois semaines à Londres, équipe et comédiens partirent pour Budapest qui offre une formidable toile de fond à la reconstitution du Berlin-Est des années 60. Arrivant à la fin d’un hiver particulièrement rigoureux, la production put mettre à profit l’extraordinaire atmosphère que le froid et l’humidité apportaient aux décors naturels recouverts de neige fondante.
Mais les conditions climatiques testèrent également l’endurance de tous au cours de longues nuits de tournage dans un froid glacial. L’équipe eut la chance de trouver l’ensemble des extérieurs requis dans un périmètre relativement limité et qui incluent l’immeuble et le quartier dans lesquels se situe l’appartement où est séquestré Vogel, la clinique du "chirurgien" et le "Mur de Berlin". À propos de ce dernier, le chef décorateur explique : "Ce n’est pas l’image emblématique du Mur de Berlin que tout le monde connaît, mais plutôt un agencement temporaire de pierres et de gravas qui correspond à la réalité de l’époque, dans les zones où les gens essayaient de passer à l’Ouest."
Quant au décor de la gare fantôme où les agents du Mossad tente de faire clandestinement sortir Vogel d’Allemagne, il se situe à Istvantelek, en proche banlieue de Budapest. Six semaines plus tard, le tournage débuta à Tel Aviv, avec le passage aux années 90 et au second trio d’acteurs_: Helen Mirren, Tom Wilkinson et Ciarán Hinds. Le contraste visuel entre Budapest et Tel Aviv est frappant, soulignant la rupture entre l’obscurité oppressante et carcérale de l’appartement et la luminosité et la chaleur israéliennes. Parmi les décors naturels figurent l’hôtel Dan Accadia et l’aéroport Ben Gurion.
Après deux semaines en Israël, la production reprit le chemin de Budapest qui sert également de toile de fond aux scènes des années 90 situées en Ukraine. La scène cruciale de l’hôpital fut tournée à Lipot, en bordure de la ville, où se trouve le sinistre bâtiment. Au producteur Kris Thykier de conclure : "L’Affaire Rachel Singer" est un film intelligent, excitant et plein de suspense, mené par des comédiens incroyables et une histoire palpitante. Il s’articule autour de sentiments complexes et fonctionne à un niveau psychologique et dramaturgique élevé, tout en réussissant à tenir les spectateurs en haleine."
L’Affaire Rachel Singer. Il serait bon de commencer par préciser que le titre original du film est The Debt (La Dette), ce qui est beaucoup plus adapté au récit qui nous est conté au travers de ce thriller froid comme l’acier, efficace, sans concession aucune à nos penchants mélo. D’une aridité rare, L’affaire Rachel Singer se démarque ainsi de par sa nature radicale.
Il y a bien longtemps que l’on avait pas vu un film aussi peu enclin à ménager notre sensibilité de spectateurs plus habitués à des 'Happy-End' injustifiés. Mais nous sommes prévenus d’entrée de jeu, puisque l’un des principaux protagonistes se dresse face à un 38 tonnes qui l’écrabouille comme une crêpe. Il est donc déjà question de radicalité puisque la violence de la séquence est sans équivoque.
Le synopsis est bien plus complet que cela mais il semble intéressant de ne pas en savoir trop avant de se rendre en salles, notamment parce que le montage est intéressant et intelligent, distillant un suspense inattendu et nous prenant à revers. Sans avoir vu le film original israélien, Ha-Hov, d’Assaf Bernstein, on ne peut établir de comparaison, et ainsi L’Affaire Rachel Singer se révèle en lui-même un très bon film qui s’appuie sur un élément essentiel, un casting super costaud, qui ne trahit à aucun moment le ton du film.
Le film s’avère très complet en s’articulant autour de l’intrigue centrale distillée sur deux époques et autour de la fibre émotionnelle liant les trois agents et notamment Rachel et David. La dureté est présente sur ces deux niveaux, aussi bien sur la mission qui tourne mal, que sur les rapports humains. L’amour ne triomphe pas, et ce malgré son magnétisme, car Sam Worthington et Jessica Chastain parviennent de manière remarquable à restituer l’attirance qui existe entre leurs personnages.
Il s’agit d’un thriller relativement classique mais excellemment exécuté. Les costumes et les décors ont été soignés et ceci confère une authenticité qui facilite notre immersion dans le récit. La violence du film, bien présente et très froide, participe de la même manière à cette authenticité et s’avère donc totalement justifiée. Quand au fond du film, il n’est finalement pas question de savoir s’il est plus opportun de tuer un criminel nazi ou de le mener à son procès. Non, ce que l’on se dit au sortir de ce film, c’est qu’agent gouvernemental est une carrière à éviter à tout prix !
Le destin des personnages est terrifiant de noirceur, noirceur qui n’a d’égale que les crimes du "chirurgien". Un film âpre, mais passionnant, une réussite.
L'Affaire Rachel Singer : jeux d'espion pour Helen Mirren
L'Affaire Rachel Singer, c'est un film d'espionnage pas tout à fait comme les autres, avec à la production et à l'écriture, des pointures telles que Matthew Vaughn, des acteurs faramineux comme Helen Mirren, Tom Wilkinson ou encore Sam Worthington. Joe Madden ( Shakespeare In Love) met en scène la complexité du train-train quotidien des agents secrets, en mêlant au récit une pointe de passion démente.
Réalité Froide
L'Affaire Rachel Singer - Sam Worthington, Jessica ChastainComplètement abstrait, sombre, orné d'un sujet commun au 7e art qui est l'espionnage, cette chronique dramatique arrive cependant à sortir des carcans ordinaires. La virtuosité de la réalisation encadre le film dans un univers solide, aucune fausse note, ni mauvais genre qui pourrait érafler le style engendré. La vigueur conditionne totalement l'oeuvre et laisse une impression quasi-parfaite. Si la lumière est rare à l'écran, l'étincelle provient la plupart du temps de la part des présences scéniques. C'est surement la deuxième fois que Sam Worthington est impeccablement dirigé. Hanté par le script, le fameux Jake Sully d' Avatar fusionne littéralement avec son rôle. Jessica Chastain, charmante et attachante au possible, lui renvoie la réplique avec un certain avantage, même si Helen Mirren brille (J.Chastain joue son personnage jeune), la jeune femme se distingue et domine l'ensemble.
Chassé-croisé
L'Affaire Rachel Singer voyage allègrement entre le passé et nos jours, et le périple s'effectue avec classe, sans perturbations incommodante. Un léger changement de photographie pour indiquer l'autrefois, suffira pour faire comprendre à l'audience le temps utilisé. L'exercice peut durer indéfiniment, il ne sera jamais vulgaire. Cette technique parvient à alimenter le fil et malgré les changements d'époques perpétuels, le film se situe sur deux niveaux. Le scénario oscille entre deux réalités et termine sur un climax fort. Le bémol, sera surement centré sur les acteurs du "30 ans après", les ressemblances sont peu flagrantes pour quelques personnages, mais, leur temps de passage se font succinctement et sauve de peu cette légère erreur. La qualité de l'intrigue fera également oublier ces quelques fâcheux détails, ce drame s'accroche pendant près de deux heures aux tripes, malgré le thème plutôt classique. En oubliant pas qu'une autre thématique universel vient se plonger dans le décor, et c'est sûrement celle-ci qui tirera son épingle du jeu.
Un récit captivant autour de trois agents des services secrets israéliens chargés, en 1965, de ramener un nazi dans leur pays pour le faire juger.
25 ans ans après, le passé refait surface
(...) Basé sur un film israélien, Ha-Hov (La Dette), L’Affaire Rachel Singer réussit une narration complexe entre passé et présent complètement maîtrisée. Plus des éléments s’ajoutent au récit et plus l’intrigue devient palpitante sans jamais perdre les spectateurs. Il conjugue un double contexte passionnant – la traque vingt ans après la Seconde Guerre mondiale des criminels nazis et le regard d’Israël sur sa propre action pour exorciser ces heures terribles de l’histoire – et une richesse peu commune des personnages et de leurs relations. (...)
Une très bonne palette d’acteurs
Impeccablement mis en scène, le film doit aussi beaucoup à la qualité de ses acteurs. Très remarquée dans The Tree of Life de Terrence Malick, Jessica Chastain incarne Rachel Singer jeune à qui elle prête une jolie alchimie de grâce, de fragilité et de force, confortée par d’impressionnantes scènes de krav-maga, une technique d’autodéfense utilisée par le Mossad.
Helen Mirren interprète de manière tout aussi convaincante Rachel au présent, lestée d’un secret trop longtemps tu. Les prestations de Sam Worthington en David jeune, solide et vulnérable, et de Jesper Christensen, inquiétant Vogel non dénué de charme, impressionnent tout autant dans ce thriller sensible et intelligent, efficace jusqu’à la dernière minute.
"La dette" transcende le film d’espionnage classique (malgré une structure en flashback et une réalisation, elles, en revanche, très classiques même si ce flashback est aussi un judicieux élément de manipulation du spectateur) pour en faire une histoire d’amour, et même historique qui mêle habilement intimité et donc Histoire. L’intimité à plus d’un titre. L’intimité, fatale et poignante, de ce triangle amoureux contraint de vivre dans un espace réduit avec le bourreau de Birkenau, de se confronter au visage de l’horreur quotidiennement. L’intimité de Rachel qui, pour l’approcher, doit se laisser ausculter par les mains de Vogel, devenu gynécologue, des mains tâchées du sang de ses atrocités.
Les scènes de huis-clos sont ainsi captivantes. Les trois agents du Mossad sont contraints de cohabiter avec l’être qu’ils exècrent. C’est sans doute la partie la plus intéressante du film. A travers eux (David a perdu toute sa famille, Rachel sa mère), ce sont les victimes de l’holocauste qui affrontent le passé. Le bourreau se retrouve alors à la merci de ses victimes qui devront résister à l’envie de faire justice eux-mêmes malgré le dégoût qu’il leur inspire et malgré les horreurs qu’il profère. L’ineffable dégoût se lit alors dans les regards échangés, dans les larmes retenues, dans les pesants silences. Comment juger l'incompréhensible? Comment regarder en face l’horreur absolue ? Comment donner un visage à l’inhumanité ? Notamment en ne trouvant pas l’excuse de la folie à l’indicible, l’impensable, l’inconcevable. Ainsi lorsque Vogel dit avec un rire sardonique et cynique "nous étions tous fous alors?", David lui répond que la folie serait une explication trop facile à ce qui reste une horrifiante énigme.
Palpitante confrontation en huis-clos, thriller captivant, tragique histoire d’amour, réflexion sur les statuts de victime et bourreau et sur les indélébiles brûlures de l’Histoire, éloge de la vérité, "La dette" devenue "L'Affaire Rachel Singer" est tout cela (...) qui a notamment le mérite de porter un regard intime sur une tragédie universelle, de faire du face-à-face entre quatre individus (les trois agents du Mossad face à Vogel) dans un espace restreint, la métaphore habile de cette dernière.