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Titre
original |
La piel que habito |
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Réalisation |
Pedro Almodovar |
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Scénario |
Pedro Almodovar |
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Adaptation |
Adaptation libre du roman français Mygale (1999) de Thierry Jonquet |
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Interprétation |
Antonio Banderas (Robert Ledgard), Elena Anaya (Vera), Marisa Paredes (Marilia), Jan Cornet (Vicente), Roberto Álamo (Zeca), Blanca Suárez (Norma), Eduard Fernàndez (Fulgencio), José Luis Gómez (Président de l'Institut de Biotechnologie), Bárbara Lennie (Cristina), Susi Sánchez (Mère de Vicente), Fernando Cayo (Médecin), Teresa Manresa (Casilda), Isabel Blanco (Actrice), Jordi Vilalta (Un ami), David Vila Vieites (Un ami), Sheyla Fariña (Une amie), Guillermo Carbajo (Un ami), Violaine Estérez (Actrice), Ana Mena (Norma enfant), Virginia Buika (Elle-même), ... |
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Musique |
Alberto Iglesias |
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Photographie |
José Luis Alcaine |
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Pays |
Espagne |
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Année |
2011 |
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Durée |
01h57' |
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Genre |
Drame |
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Distributeur |
Alternative Films |
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Cote |
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Site officiel |
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Bande annonce |
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Affiches 01 / 02 |
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Photos |
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Dossier de presse |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès |
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Le Jeudi 06 octobre 2011 |
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Le film est projeté en version originale espagnole sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Après la comédie pop, le mélodrame, Pedro Almodovar franchit un palier supplémentaire dans l'exploration de son art avec un thriller fantastique glacé où il réinvente de façon intéressante Frankenstein et le mythe de Prométhée.Une histoire terrifiante de survie où sont mis en scène le vertige de la science et l'art comme énergie…( Le Soir)
Certaines personnes abusent sans aucun scrupule de leur immense pouvoir, il y en a d'autres dont l'unique pouvoir réside en leur extraordinaire capacité à lutter pour survivre. "La Piel que Habito" raconte le choc entre deux de ces individus : le puissant qui abuse et le survivant qui résiste… L’un des meilleurs Almodovar depuis "En Chair et en os"… ( Excessif.com)
En réinventant Frankenstein, version XXIe siècle, Almodovar crée son propre espace créatif, explore la terreur sans une goutte de sang et amène ses acteurs, Antonio Banderas en tête - très convaincant dans la sobriété -, à construire leur rôle dans une épure magnifique du jeu. Vingt-deux ans après "Attache-moi", le latin lover adopté par Hollywood incarne à la perfection ce psychopathe au look soigné et au geste posé. Effroi… ( Le Soir - Fabienne Fradfer) |
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Pedro Almodóvar, Né le 24 septembre 1949 à Calzada De Calatrava (Espagne), Acteur, Réalisateur, Producteur, Producteur exécutif, Scénariste, Compositeur, Chef décorateur.
Cinéaste autodidacte, amoureux des belles choses et véritable poète, la filmographie de Pedro Almodovar oscille entre une ode à la gente féminine et un pamphlet de la société espagnole postfranquiste. Né non loin de la Ciduad Real, Almodovar est éduqué dans la religion franciscaine dont-il n'a que faire. A l'image du personnage d'Ignacio qu'il crée plus tard dans La Mauvaise éducation, il passe sa jeunesse dans les salles obscures avec ses amis et découvre sa sexualité. Son amour pour le septième art le pousse à rejoindre la capitale. A 16 ans, il vit de petits boulots ne pouvant s'inscrire à la seule école de cinéma venant juste de fermer ses portes sur ordre de Franco. A force d'économies Almodovar se paie sa première Super 8 et commence à réaliser ses premiers courts métrages amateurs en s'inspirant de la vie qui l'entoure, notamment des faits divers entendu à son nouvel emploi pour la compagnie du téléphone. La classe moyenne espagnole et ses problèmes du quotidien deviennent une source intarissable d'inspiration pour le nouvel artiste. |
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Il s'adonne toujours au théâtre et se produit notamment pour le circuit underground. Il y rencontre sa future égérie Carmen Maura qu'il fait tourner dans son premier long métrage en 1978 Folle...folle... Folleme ! Mais c'est Pepi, Luci, Bom qui lui apporte les prémices de la reconnaissance.
La démocratie en place en Espagne, la liberté artistique lui permet de donner à la suite de sa filmographie un tournant beaucoup plus dérangeant. Almodovar mêle drogue, prostitution et débauches en tous genres dans la plupart de ses films. Il lance ainsi la carrière de Antonio Banderas, qui devient son acteur fétiche, avec Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ? Puis enchaîne avec Matador avant de revenir à un cinéma plus soft avec Femmes au bord de la crise de nerfs qui lui apporte la consécration internationale. Ce film est un condensé de l'art d'Almodovar : kitsch, pop, coloré (l'importance du rouge semble obsessionnelle pour le réalisateur), hilarant et terriblement sensuel. On y découvre les prémisses du nouveau Almodovar et de sa dévotion aux rapports féminins sous toutes leurs formes : mère/fille avec Tout sur ma mère ou Talons aiguilles et Volver, amours impossibles avec Atame!, En chair et en os, Parle avec elle ou Kika. Et au milieu de ces portraits de femme on retrouve La Mauvaise éducation, film le plus controversé de la carrière du cinéaste mêlant homosexualité et religion dans une atmosphère angoissante et perverse.
En 2009 sa nouvelle égérie Penélope Cruz joue dans Les Etreintes brisées réalisé dans la même veine que l'ensemble de sa courte filmographie (moins de 20 longs métrages en 30 ans). Mais sa notoriété est désormais suffisante pour l'asseoir comme l'un des réalisateurs incontournables du paysage cinématographique espagnol et lui permet de produire la nouvelle génération ( Guillermo Del Toro pour L'Echine du Diable ou Lucrecia Martel pour La femme sans tête)
En 2011, Almodovar propose La Piel Que Habito, un drame qui lui vaut une nomination pour la Palme d'or. Bien qu'il ne soit pas récompensé, ce film aux allures de thriller ravit les critiques et semble l'un des plus aboutis de sa carrière. Le cinéaste y retrouve Antonio Banderas ainsi que Elena Anaya qui apparaît dans Parle avec elle.
Toute la filmographie de c sur IMDB en tant que :
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tout le cine |
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Adaptation
La Piel Que Habito est librement adapté d'un roman criminel français de Thierry Jonquet intitulé Mygale.
Une grande absente
Pénélope Cruz, actrice fétiche de Pedro Almodovar, est absente sur ce nouveau long métrage. Elle avait bien entendu été choisie par le cinéaste mais a préféré partir aux caraïbes avec Johnny Depp. En revanche, Elena Anaya, qui jouait déjà dans Parle avec elle, incarne l'un des personnages principaux.
Retrouvailles
La Piel Que Habito marque la sixième collaboration entre Almodovar et Antonio Banderas. Le comédien est dirigé par le réalisateur pour Matador en 1988 et leur dernier film en commun date de 1991.
L'équipe
Le compositeur Alberto Iglesias et le chef monteur José Salcedo figurent au générique ici. Le premier travaille avec Almodovar depuis La Fleur de mon secret. Quant au second, il suit le cinéaste depuis Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier sorti en 1990.
Intentions du réalisateur
Pour ce nouveau projet, le réalisateur espagnol voulait une "narration [...] austère et sobre, dépourvue de rhétorique visuelle et en aucun cas gore, même si dans les ellipses, on imagine que beaucoup de sang est versé."
Nomination
A l'instar des précédents films d'Almodovar comme Volver ou encore Etreintes brisées, La Piel Que Habito était en compétition pour la Palme d'or au Festival de Cannes 2011.
Hommage
Le premier plan du film est une vue d'ensemble de la ville de Tolède. C'est en réalité un hommage à Luis Buñuel qui avait composé exactement le même plan dans le films Tristana en 1969.
Changement de décor
Habitué à baser ses histoires en Espagne, son pays natal, Almodovar change exceptionnellement de décor pour La piel que Habito. Il s'explique : «J'ai décidé que Marilia et ses deux fils devaient être originaires d'un pays lointain dont la culture serait basée ni sur le complexe de la culpabilité ni sur le péché, bref, un pays où ils n'auraient pas reçu une éducation judéo-chrétienne.»
Maison artistique
Ce film marque les retrouvailles entre Almodovar et Banderas. Les deux hispaniques ont déjà tourné 5 long-métrages ensemble : Le Labyrinthe des passions (1982), Matador (1986), La Loi du désir (1988), Femmes au bord de la crise de nerfs (1989) et Attache-moi ! (1989). L'acteur parle d'ailleurs de «retour au pays, à [ses] racines [...], à la maison artistique dans laquelle [il a] grandi». Cependant, les deux compères ont travaillé différemment cette fois-ci. le cinéaste explique qu'il laissait auparavant Antonio Banderas improviser mais l'a, en revanche, fermement dirigé sur La piel que habito.
Un masque symbolique
Le personnage de Vera porte un masque dans le film. Il est une référence directe au film français Les yeux sans visage de 1960.
Inspirations
Pour La piel que habito, Almodovar s'est également grandement inspiré des premières œuvres de Fritz Lang. Originellement, le film devait d'ailleurs être en noir et blanc et muet, le cinéaste utilisant des cartons pour les dialogues et descriptions.
Autres retrouvailles
Outre Banderas, La piel que habito est aussi l'occasion pour Almodovar de retrouver l'une de ses actrices fétiches : Marisa Paredes. Ils avaient déjà tourné 5 films ensemble : Dans les ténèbres (1983), Talons Aiguilles (1992), La Fleur de mon secret (1995), Tout sur ma mère (1998) et Parle avec elle (2001).
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Source : Tout le cine |
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| Evene - Olivier De Bruyn |
Pedro Almodovar : le chef-d'oeuvre au noir
Scénario efficace, mise en scène élégante, interprétation impeccable ... 'La Piel que habito', qui sort le 17 août, marque le grand retour de Pedro Almodovar. Pourtant, si le cinéaste espagnol a conquis la rédaction d'Evene, il n'a pas su convaincre le jury du dernier Festival de Cannes, qui ne lui a remis aucun prix. 'La piel que habito' : chef-d'oeuvre maudit ?
Almodovar à Cannes ou l'histoire d'une malédiction ... Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Présent à chaque nouveau film ou presque depuis une grande décennie (et quels films !), Pedro a dû se contenter de deux prix, selon lui secondaires : celui de la mise en scène en 1999 pour 'Tout sur ma mère' et celui du scénario en 2006 pour 'Volver'. Réputé pour mettre beaucoup d'humour dans ses fictions, mais pour être beaucoup plus radin rayon autodérision, le cinéaste semblait fâché tout rouge que le festival s'obstine à l'honorer si peu. Et paraissait, de ce fait, tenté de ne plus jamais fréquenter la compétition locale. Na !
Tentation de la palme
Mais les bouderies n'ont qu'un temps. Et la tentation de la palme est si prégnante qu'Almodovar a finalement décidé de revenir une nouvelle fois tenter sa chance à Cannes. En espérant que De Niro et ses acolytes lui réservent un meilleur sort que tous les vilains prédécesseurs ayant "inexplicablement" oublié de le consacrer au palmarès du plus grand festival de tout l'univers. Autant l'annoncer illico : Almodovar n'a vraiment pas fait le voyage pour rien. Avec 'La piel que habito', le cinéaste signe un maître film de genre (une sorte de thriller horrifique) qui embarque dans un récit gigogne stupéfiant d'habileté et, simultanément, une fiction-somme où il remet sur son beau tapis quelques obsessions prégnantes de sa riche filmo : le désir (et sa loi), le sexe, la pulsion (auto)destructrice et l'identité dans tous ses états.
Vrais-faux indices
Voici l'éminent Docteur Ledgard, une pointure de la chirurgie esthétique qui a fait fortune en remodelant les visages et les corps de ses riches patientes. Beau et ténébreux, Ledgard vit dans une grande maison qui lui sert aussi de labo perso. Il y héberge, ou plutôt y séquestre, Vera, une ravissante patiente, qui semble se pâmer d'amour pour lui tout en affichant de curieuses pulsions suicidaires. C'est quoi ce bordel ? Le film, passé une première demi-heure qui sème de vrais-faux indices un peu partout remonte le fil. Et celui-ci est méchamment entortillé c'est le moins que l'on puisse dire. Qu'est-il arrivé à la femme du Doc ? Et à sa fille ? Qui est Vera ? Quel rôle tient l'étrange domestique en chef de la maison : Marilla ? Quelles sont les caractéristiques de cette nouvelle peau concoctée par Ledgard et qui suscite l'admiration et l'effroi de ses pairs médecins ? Almodovar manipule avec une très sournoise habileté notre attention sur les enjeux du thriller, ce qui est déjà beaucoup, mais de toute évidence ne lui suffit pas.
Toile de maître
Fidèle à son art inimitable où l'intellect est invité à travailler pendant que les sens sont titillés, il embarque dans un second grand-huit interrogatif, encore plus corsé. Les garçons sont-ils des filles comme les autres (à moins que ce ne soit l'inverse) ? Les relations familiales, c'est quoi ? Les êtres les plus chers sont-ils ceux que l'on s'invente de toute pièce ?
On l'aura compris : le menu fictionnel de 'La piel que habito' est copieux, mais, excellente nouvelle, il glisse tout seul. En adaptant 'La mygale', le roman de Thierry Jonquet, Almodovar tisse une toile de maître où chaque scène, chaque plan, dessine de nouvelles perspectives dramatiques, thématiques et sensorielles. Dans ce film dont il convient de ne surtout pas raconter l'intrigue (le premier petit malin qui vend la mèche mérite d'être radié à vie du Festival de Cannes), le metteur en scène, habitué aux détournements cinéphiliques lorgne du côté des 'Yeux sans visage', le monument de George Franju où un chirurgien dingo remodelait le visage de sa fille, furète du côté d'Hitchcock, via le personnage de Ledgard qui fait songer à la fois à James Stewart dans 'Vertigo' (ou comment réinventer celle que l'on a perdue) et à Cary Grant dans 'Les enchaînés' (ou comment le désir peut être un empoisonnement). Mais, au final, le film, inspiré et sidérant, ne ressemble qu'à du Almodovar dans son alliance d'humour grinçant, d'anxiété maîtrisée et de radiographie du délire psychique. Un film tendu à l'extrême où le beau travail sur le genre est indissociable de la plongée dans les gouffres identitaires. Un film où l'on dit "Dors, mon amour", mais aussi "L'amour d'un fou fait des miracles" ou encore "Tu n'es pas mon fils, je t'ai juste mis au monde".
Hymne freudien
Dans 'La piel que habito', fiction magistrale en forme d'hymne au latex et à Freud où l'on baise beaucoup, fume de l'opium et frissonne de plaisir et de peur entremêlés, Almodovar rappelle en outre qu'il est peut-être le plus grand directeur d'acteurs contemporain. Antonio Banderas, ex icône mâle des années Movida du réalisateur, trouve ici son meilleur rôle. Quant à Elena Anaya, croisement idéal de Victoria Abril jeune et de Penelope Cruz, elle fait son entrée par la très grande porte dans la galerie généreusement fournie des héroïnes almodovariennes.
On se résume : porté par un scénario redoutable d'efficacité, mis en scène avec une élégance inouïe, interprété par des comédiens impeccables, 'La piel que habito' cumule les atouts pour trouver le succès et opérer une nouvelle mue dans la filmographie d'Almodovar.
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| Source : Evene |
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"J'espère un jour ne plus être à la mode pour devenir un classique" (Pedro Almodovar)
"Une femme est authentique quand elle ressemble à l'image qu'elle a rêvée d'elle-même" (Pedro Almodovar)
"Je prie chaque nuit pour que Penélope (Cruz) se retrouve nommée aux Oscars car elle le mérite". (Pedro Almodovar au sujet du film Volver)
"Depuis mon enfance, j’ai une relation passionnée avec le cinéma. J’ai eu la vocation très tôt. J’ai toujours voulu faire des films. En tant qu’enfant, je pensais que les acteurs étaient le cinéma. Plus tard, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’autres éléments autour d’eux. Des gens, par exemple qui inventaient une histoire et la racontaient. À partir de ce moment-là, j’ai décidé que ma vocation serait celle du narrateur, le maître du jeu, celui qui décide quelle histoire il veut raconter et comment la raconter. Bien que maintenant je sois réalisateur, je pense toujours que les acteurs sont la matière dont est fait le film. Ce sont eux qui matérialisent l’histoire, ils la portent et en font quelque chose de vivant et de réel. Je suis devenu réalisateur pour diriger les acteurs." (Pedro Almodovar)
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Comme au cinema |
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Il y a des processus irréversibles, des chemins sans retour, des allers simples. La Piel Que Habito raconte l’histoire de l’un de ces processus. L’héroïne emprunte involontairement l’un de ces chemins, elle est obligée d’une manière brutale d’entreprendre un voyage duquel elle ne pourra revenir. Son histoire kafkaïenne est une condamnation édictée par un jury composé d’une seule personne : son pire ennemi. Le verdict, par conséquent, n’est autre qu’une forme de vengeance extrême. La Piel Que Habito raconte l’histoire de cette vengeance.
Les premières images du film montrent une demeure entourée d’arbres, un lieu idyllique. La propriété s’appelle El Cigarral et elle est protégée par un mur d’enceinte et une haute grille. Par l’une des fenêtres de la demeure, elle aussi protégée par des barreaux, on devine une silhouette féminine en mouvement. Une fois à l’intérieur de la chambre, on découvre une femme qui semble dénudée et qui adopte des postures de yoga complexes.
Dans les gros plans, on s’aperçoit que son corps est entièrement couvert d’un body couleur chair qui épouse parfaitement ses formes comme une seconde peau. Dans la cuisine, Marilia, la gouvernante, lui prépare son petit-déjeuner. Elle le lui envoie dans un monte-plat qui s’ouvre directement dans la chambre de la jeune femme. Depuis le début, El Cigarral est montré comme une prison en pleine nature. Un lieu isolé et à l’abri des regards. Quand on découvre Vera, la femme captive concentrée sur ses postures de yoga, et Marilia, sa geôlière, leurs premiers gestes nous paraissent étrangement quotidiens, dépourvus de tension. Mais la vie à El Cigarral n’a pas toujours été aussi paisible.
Au cours de ses six ans de réclusion forcée, Vera a perdu, entre autres, l’organe le plus étendu du corps humain : la peau. Elle a littéralement mué en chemin. La peau est la frontière qui nous sépare des autres, elle détermine la race à laquelle nous appartenons, elle reflète nos racines, qu’elles soient biologiques ou géographiques. Bien souvent, elle reflète nos états d’âme, mais la peau n’est pas l’âme.
Bien que Vera ait changé de peau, elle n’a pas perdu son identité. (L’identité et son invulnérabilité sont aussi l’un des sujets du film.) Quoi qu’il en soit, c’est une perte terrible, quelque chose d’atroce. Et pourtant, ce n’est qu’une perte parmi toutes celles qui poussent Vera au seuil de la mort, que ce soit par sa volonté ou au bloc opératoire, entre les mains du docteur Robert. Mais Vera est une survivante-née et, après bien des vicissitudes, elle décide qu’elle «doit apprendre à vivre dans la peau qu’elle habite», même si c’est une peau imposée par le docteur Robert. Une fois qu’elle a accepté sa seconde peau, Vera prend la deuxième décision capitale pour sa survie : savoir attendre.
Elias Canetti, dans ses notes à propos de «L’Ennemi de la mort» (titre qui définit à merveille l’attitude de Vera face à la vie) du «Livre des morts», écrit : "…les incessantes allées et venues du tigre devant les barreaux de sa cage pour ne pas laisser échapper l’unique et très bref instant du salut.» Curieusement, ce bref instant que mentionne Canetti se présente à Vera sous les traits d’un tigre, ou plutôt, d’un homme déguisé en tigre. Un jour de carnaval, un homme déguisé en tigre se débrouille pour parvenir jusqu’à la porte verrouillée de la chambre dans laquelle Vera est captive.
Cet événement met un terme à l’impasse dans laquelle vivent les trois personnages qui habitent El Cigarral. Contrairement aux coutumes du carnaval, à cet instant précis, les personnages laissent tomber leur masque et la tragédie finale projette son ombre sinistre sans qu’aucun d’eux ne puisse faire quoi que ce soit pour éviter l’issue fatale.
Une telle histoire me faisait penser à Luis Buñuel, Alfred Hitchcock et à tous les Fritz Lang (de l’expressionnisme au film noir). J’ai songé aussi à l’esthétique pop des films d’horreur de la Hammer, ou aux films les plus psychédéliques et les plus kitsch du giallo italien (Dario Argento, Mario Bava, Umberto Lenzi…). Le lyrisme de Georges Franju dans Les Yeux Sans Visage m’est aussi venu à l’esprit. Après avoir évalué toutes ces références, je me suis rendu compte qu’aucune d’elles ne correspondait à ce que je souhaitais pour La Piel Que Habito.
J’ai donc décidé de suivre mon propre chemin et de me laisser porter par l’intuition ; au bout du compte, c’est ce que j’ai toujours fait. En m’affranchissant de l’ombre des maîtres du genre (pour la simple et bonne raison que j’ignore à quel genre appartient ce film) et en renonçant à mes propres souvenirs cinématographiques, une seule chose était claire pour moi : la narration devait être austère et sobre, dépourvue de rhétorique visuelle et en aucun cas gore, même si dans les ellipses, on imagine que beaucoup de sang est versé.
M’ont accompagné dans cette traversée José Luis Alcaine, directeur de la photographie, à qui je n’ai pas expliqué ce que je voulais mais au contraire ce que je ne voulais pas et qui a su donner à la photographie du film la densité, la brillance et la noirceur qui lui seyaient le plus. Aussi le compositeur Alberto Iglesias, le seul artiste que je connaisse qui n’ait pas d’ego.
Il est infatigable, versatile, patient, capable de chercher dans une direction pour ensuite explorer la direction diamétralement opposée si je ne suis pas satisfait, toujours au service des exigences de l’histoire et de mon approche. Et des acteurs généreux et précis, malgré le malaise évident dans certaines des scènes. Je les cite tous : Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet, Roberto Álamo, Blanca Suárez, Eduard Fernández, Susi Sánchez, Bárbara Lennie et José Luis Gómez.
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Source : Comme au cinema |
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Interview de Pedro Almodóvar & Antonio Banderas |
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Source : Allocine |
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Rencontre avec Antonio Banderas |
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Source : Msn |
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tout le cine - Laure Croiset |
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Avec La Piel que Habito, Pedro Almodóvar adapte le récit de Thierry Jonquet (Mygale) pour offrir un thriller aussi flamboyant qu'audacieux, avec cette petite touche de perversion qui détonne.
(...) Film somme dans l'oeuvre de Almodóvar, La Piel Que Habito cultive tous les thèmes chers au maître madrilène, sans pour autant passer par l'auto-citation facile. Du roman de Thierry Jonquet, le cinéaste n'en a gardé que la trame principale pour déplacer son récit vers un ailleurs, où Hitchcock, Franju et Cronenberg s'acoquineraient joyeusement avec la plasticienne Louise Bourgeois. De ses références citées ou pas, Almodóvar s'en amuse follement et n'hésite pas à tirer le trait grossièrement pour éviter tous débats futiles.
Dans La Piel Que Habito, où la perversité et l'opium font bon ménage, la greffe fonctionne à merveille. Des répliques cinglantes, des scènes d'un érotisme torride, puis la caméra de Almodóvar se fait plus douce, notamment quand il s'agit de filmer la plastique du corps en pointillés d'Elena Anaya, scrutée au plus profond de sa chair (et de son âme). C'est sur cette alternance de rythme, ses climax délirants (dont on ne peut évidemment rien vous dévoiler pour ne pas gâcher votre plaisir) que le film prend toute son ampleur. Film transgenre, virtuose et diabolique à souhait, il habite le classicisme avec la modernité et la fougue de la jeunesse. Une jeunesse retrouvée pour Pedro Almodóvar, qui aurait bien méritée d'être récompensée à Cannes.
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Source : Tout le cine |
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excessif - Romain LE VERN |
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Almodovar a librement adapté un roman de Thierry Jonquet pour modeler une intrigue sur la métamorphose qui tient à la fois du film de vengeance (...) et du film d'horreur (...). Passé un coup de théâtre imprévisible (...), dévoilé avec une gestion habile du suspense et du temps, le récit change la donne, les personnages tombent le masque et les rôles se brouillent (...). Dès lors, le film prend une dimension qui dépasse la simple vengeance. La piel que habito rappelle aussi Les Yeux sans visage, de Georges Franju (...) sans jamais s'abîmer dans le pathos. Tout ce qui pourrait faire allusion au drame humain ou à la tragédie n'est jamais appuyé et Almodovar privilégie l'action au psychologisme. A un moment donné, lorsque le chirurgien est amené à parler de sa fille, il change juste de conversation. Tous les personnages mus par la souffrance ne sont pas là pour se lamenter, ils ont des comptes à régler - parfois avec eux-mêmes. Il y a d'autres références disséminées (Hitchcock, Mankiewicz), mais elles sont suffisamment discrètes pour ne pas jamais tomber dans le clin d'œil ostentatoire. Le résultat, imaginatif et vif, séduit justement pour cette fluidité et, dépourvu de digressions inutiles, se regarde sans une once d'ennui. |
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Source : Excessif |
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Le soir - FABIENNE BRADFER |
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En réinventant Frankenstein, version XXIe siècle, Almodovar crée son propre espace créatif, explore la terreur sans une goutte de sang et amène ses acteurs, Antonio Banderas en tête - très convaincant dans la sobriété -, à construire leur rôle dans une épure magnifique du jeu. Vingt-deux ans après Attache-moi, le latin lover adopté par Hollywood incarne à la perfection ce psychopathe au look soigné et au geste posé. Effroi. |
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Source : Le soir |
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cinenews - Steven Tuffin |
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Après "Volver" et "Broken Embraces", Pedro Almovodar nous sembla un peu somnolent. En ce qui concerne le style, peu de choses remarquables nous ont frappées, par contre, au niveau du contenu, nous avons trouvé une belle brochette de bonnes idées. Avec son dernier long-métrage - qui n'a étrangement pas remporté de prix lors du Festival du Film de Cannes - l'auteur choc Espagnol est bel et bien de retour sur les devants de la scène ! (...) Croyez-nous : nous n'avons élucidé qu'un seul des points du labyrinthe sardonique que nous a concocté Almodovar. En dire plus serait un pêché mortel. Certains hommes (...) se sentiront probablement trompés par le film. A espérer que les conservateurs auront un moment de réflexion entre-eux. Il va de soi que "La piel que habito" est la meilleure production d'Almovodar depuis des années ! Où, sa manière de mixer parfaitement la dureté de l'horreur, le mélodrame psychologique et le thriller interactif. |
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Source : Cinenews |
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cinema fantastique - Samuel Tubez |
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C’est la sublime Elena Anaya (révélée en 2001 dans Lucia y el sexo et depuis aperçue en vampire dans Van Helsing ainsi que dans le Fragile de Balagueró) qui remplace à merveille une Penélope Cruz initialement envisagée (...) dans la peau de cette "créature de Frankenstein" élaborée et manipulée par un chirurgien (impeccable Antonio Banderas) débordant de traumas et prêt à tout pour toucher à nouveau le visage (...) de son épouse tragiquement décédée. Fidèle à lui-même, Almodóvar joue avec ses thèmes de prédilection (sexe, violence, drogue, filiation) pour nous livrer l’un de ses films les plus sombres et troublants. Comme pour détendre l’atmosphère, le cinéaste ajoute à son film une touche de sordide qui n’altère en rien un rebondissement tétanisant survenant à mi-parcours. Almodóvar déploie avec La piel que habito des ficelles clairement définies et parfaitement cohérentes avec son univers (...), réussissant une fois de plus à faire mouche auprès de ses aficionados. Notre côté déviant pourrait reprocher au cinéaste de n’avoir pas été plus loin dans la description de ces amours morbides et "contre-nature", optant un peu trop dans l’ensemble pour de la provoc’ "bourgeoise", mais ce serait oublier tout le savoir-faire de l’homme ainsi que l’excellence du casting mené par la sensuelle et irrésistible Elena Anaya. (...) Un film d’horreur signé Almodóvar, ça ne se refuse pas ! Sexe morbide, violence, filiation, chirurgien taré, manipulation génétique, ... La piel que habito peut sans aucun doute être considéré comme un véritable film d’horreur, enrichissant ainsi la filmographie d’un cinéaste qui sait faire peau neuve tout en conservant son style si frais et particulier. |
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Source : Cinema fantastique |
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