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The Ides of March (Les Marches du pouvoir) réalisé par George Clooney
    
Titre original The Ides of March
 Titre français Les Marches du pouvoir
Réalisation George Clooney
Scénario George Clooney, Grant Heslov & Beau Willimon
 Adaptation D’après la pièce de théâtre Farragut North de Beau Willimon, elle-même basée sur l'histoire vraie de Howard Dean
Interprétation Ryan Gosling (Stephen Myers), George Clooney (Gouverneur Mike Morris), Paul Giamatti (Tom Duffy), Philip Seymour Hoffman (Paul Zara), Marisa Tomei (Ida Horowicz), Danny Mooney (Editeur Campagne), Lauren Mae Shafer (Morris' Make-up Lady), Max Minghella, Evan Rachel Wood, Jeffrey Wright, ...
Musique Alexandre Desplat
Photographie Phedon Papamichael
Pays USA
Année 2011
Durée 1h35'
Genre Drame
 Distributeur Independent Films
 Cote
     3,5 (230 votes)
Site officiel  
Bande annonce  
Affiches 01 / 02  
Photos  
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 27 octobre 2011
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
George Clooney réussit son retour derrière la caméra. Avec cette adaptation de la pièce de théâtre "Farragut North" de Beau Willimon, elle-même basée sur l'histoire vraie de Howard Dean, il croque le portrait d’un candidat démocrate à la présidentielle et d’un staff mis à très rude épreuve.

Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment ...

Que l’on ne se fie pas aux apparences : ceci n’est pas tout à fait un film politique. C’est une réflexion, qui aurait été tout aussi pertinente dans le monde de la finance, de la pub ou du sport de haut niveau, sur le prix à payer pour décrocher son étoile. Voire, diront certains, pour entrer dans l’âge adulte. En cela, "The Ides of March", très applaudi à la Mostra de Venise, est le plus sombre des films de George Clooney ... (Nicolas Crousse dans Le Soir)
 
 
 Festival International Du Cinéma De Venise 2011
 
 Festival International Du Cinéma De Venise 2011
 
  • Présenté en compétition :
    • Pour Le Lion d'Or (George Clooney)
    • Pour Le Prix FIPRESCI (George Clooney)
    • Pour Le Prix Spécial du Jury (George Clooney)
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George Clooney, né le 6 mai 1961 à Lexington, Kentucky (Etats-Unis). De son vrai nom George Timothy Clooney. Acteur, Producteur exécutif, Producteur, Réalisateur, Scénariste, Acteur voix.

Considéré comme l’un des hommes les plus sexy de la planète, George Clooney s’amuse depuis quelques années à faire les beaux jours du cinéma. Craquant, sacrément "express-chaud", il fait fondre les écrans et ceux assis devant. La désinvolture en guise d’armure, il a grimpé les échelons de la notoriété à la force du talent. Son père officie à la télévision comme présentateur de shows. Un temps acteur, le prénommé Nick est du genre engagé. Démocrate confirmé, il va même briguer le fauteuil de sénateur du Kentucky, l’Etat de la famille. Sans succès.

Comme bon nombre, George fréquente l’université. Il se rêve en pro de base-ball tapant la balle pour l’équipe de Cincinnati, mais le premier coup de batte lui est fatal. Il doit rendre la casquette. Nourri au ciné, le beau gosse décide de faire comme papa, c'est-à-dire de jouer. De cours en écoles, il foule les planches et file à Hollywood. Là, il séjourne chez sa tante chérie, Rosemary. Mariée à l’acteur José Ferrer, la sœur de son père lui en raconte de belles. Pour se faire un peu d’argent, George se met aux pieds des dames fortunées pour leur vendre des chaussures.

Vient le temps de la télévision. Le petit écran lui tend la main sans lui ouvrir vraiment les bras en 1984. Les séries se ramassent à la pelle, dix-sept épisodes ici ( The Facts of Life), quatre autres ailleurs ( Baby Talk). On le voit alors dans Roseanne, Bodies of Evidence. En 1994, c’est le grand saut. Il enfile la blouse du docteur Ross et se poste aux Urgences, ignorant alors la poussée de fièvre planétaire qu’il suscitera, ne se doutant pas être bloqué dans cet hôpital pendant six ans. Six années durant lesquelles le cinéma, titillé par la montée de température provoquée à chacune de ses apparitions, le courtise. Car malgré quelques auditions ratées, Ridley Scott lui préférant Brad Pitt pour Thelma et Louise, le charme de George opère à vif. Joel Schumacher lui demande d’endosser le costume de l’homme chauve-souris et de côtoyer Robin dans un Batman qui, loin de planer, s’écrase sur le trottoir de l’échec.

En 1996, après l’avoir pourtant privé de Reservoir Dogs, Quentin Tarantino l’invite à participer aux délires de son ami Robert Rodriguez lors d’ Une Nuit en enfer. Puis Terrence Malick lui ordonne de rejoindre les rangs de sa La Ligne rouge en compagnie d’un bataillon de stars, puis il se métamorphose en Pacificateur. A 38 ans, George se sent mal. Se voyant prisonnier des sitcoms, happé par le néant d’une longue opération sans avenir, il se prescrit un arrêt immédiat, et demande au producteur de lui rendre sa liberté. Ce qui est fait. Avant de rendre son stéthoscope, le beau gosse s’en est allé guerroyer au Moyen-Orient, coiffé de la couronne des Rois du désert.

Fraîchement débarrassé de l’encombrant docteur Ross, George alors croise le chemin des Coen brothers. Les frangins binoclés ne résistent pas, et lui demandent d’incarner le chanteur taulard en fuite d' O' Brother. Nous sommes en 2000. Quelques mois plus tard, le clown né embarque pour une virée En pleine tempête, destinée à surfer sur la vague du succès. Peu à peu, l’acteur fait des ravages. La gent féminine se pâme. Elle laisse à ses mômes le soin de se gondoler en le voyant évoluer dans Spy Kids, histoire d’être en condition pour mieux succomber lors de son apparition en costard cousu charme, braquant avec ses potes le tout-Las Vegas. En 2001, Clooney se glisse dans les pompes de Frank Sinatra. Le voilà chef d'un gang de haut vol, braquant les casinos à l’image du crooner héros du Rat Pack dans la nouvelle version de L'Inconnu de Las Vegas, Ocean's Eleven.

Ethan et Joel Coen, Steven Soderbergh : en l’espace de deux ans, George Clooney fait la connaissance d’un trio appelé à prendre une place de choix dans sa filmographie. Avec les deux premiers, il est victime d’une Intolérable cruauté en avocat se laissant dépouiller par une Catherine Zeta-Jones d’une désarmante avidité. Il fonde une société de production, décolle pour Solaris, reprend son personnage de Danny Ocean pour deux volets supplémentaires, histoire de porter le total à Ocean's Thirteen, remonte le temps en officier enquêtant sur un meurtre dans l’Allemagne détruite et occupée de l'après-guerre. Titre du film : The Good German.
George Clooney sur Tout le Cine
Tout en se laissant diriger, Clooney observe, questionne, note. En 2002, il se lance. Il réalise Confessions d’un homme dangereux avec l’appui de Julia Roberts et Sam Rockwell. Fort d’un premier film plutôt musclé, il repart au combat avec Good Night and Good Luck. L’histoire ? Celle d'Edward R. Murrow, un journaliste de la chaîne CBS officiant en plein maccarthysme. Parfait pour rendre hommage à l’idole de son père Nick, idéal pour ruer dans les balustrades d’une Amérique bridée par la politique conservatrice d’un autre George, Bush.

Acteur, réalisateur, producteur, Clooney coiffe les trois casquettes. Avec Soderbergh, il crée Section Eight, avec Grant Eslov, un complice, il fonde Smoke House. Ses deux premiers films résultent financièrement de son amitié avec Jeff Skoll. L’ex-cofondateur de Ebay devenu patron de la société Participant n’a pu résisté aux aspects engagés de Clooney. Car outre le jeu, le goût de la mise en scène, l’homme qui a érigé l’autodérision en religion, ne mégote pas pour s’impliquer. Ayant toujours en mémoire la phrase de son père : "Sois celui qui l’ouvre quand tout le monde veut la fermer, c’est assez sain", il utilise sa notoriété en guise de porte-voix.

L’un des hommes les plus sexy de la planète aurait pu se contenter d’empiler les dollars. Au lieu de cela, sans être un va-t-en-guerre, il choisit ses combats. Fonce. En "croisé" du ciné au service de ses convictions, il considère avoir des responsabilités, des devoirs. En 2005, il débarque en plein G8 au royaume des kilts, l’Ecosse, y discute avec Bono et le président de la Banque Mondiale, monte aux créneaux du château d’Edimbourg pour y défendre la cause de l’Afrique. Récidive pour le Darfour à la tribune des Nations Unies.

En 2006, ce démocrate convaincu, parfois déroutant, quitte la scène des Oscars la statuette du Meilleur second rôle en main. Il a obtenu cette récompense pour son personnage d’agent de la CIA dans Syriana. Corruption, manipulation, ces sujets lui tiennent à cœur. Il les combat à nouveau en 2007 en pro du barreau affublé des fringues de Michael Clayton de Tony Gilroy. La politique le fascine. Dès qu’il a du temps libre, il file à Washington observer cet univers lié au pouvoir.

2008 est l'année de son troisième film en tant que réalisateur, l'attendu Jeux de dupes. Il y interprète le rôle d'un dirigeant de club de football américain, dont la femme Renée Zellweger (joli clin d'oeil à celle qui fut sa petite amie à la ville) est désirée par le meilleur jeune poulain de son équipe. Ça risque de chauffer sur le gazon.

En 2011, il dirige, écrit et interprète son nouveau film, Les Marches du pouvoir, un thriller politique et pamphlétaire, adapté de la pièce de Beau Wilmon, dans lequel on retrouve l'infatigable acteur américain de l'année 2011 en la personne de Ryan Gosling.

Source : Tout le cine Toute la filmographie de George Clooney sur IMDB en tant que :
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Déjà récompensé !

Toujours en post-production, le film est très prometteur puisqu'il a été nominé 8 fois aux Academy Award et 10 fois aux Golden Globe. George Clooney et Grant Heslov ( Good night and good luck), scénaristes du film, ont été récompensé par lors des derniers Academy Awards, pour le meilleur scénario. Le film a également reçu 3 Golden Globe, dont celui pour le meilleur scénario.

Si ce n'est toi, c'est donc ...

Leonardo DiCaprio a délaissé le rôle principal, mais est cependant devenu producteur exécutif du film. Chris Pine avait été pressenti pour le remplacer, mais Ryan Gosling a finalement été choisi.

Seymour Hoffman en Paul Zara

Initialement attribué à Brad Pitt, le rôle de Paul Zara a finalement été attribué à Philip Seymour Hoffman.

Adaptation

Le film est adapté de la nouvelle et de la pièce pamphlétaire du même titre, de Beau Wilmon.

Source : Tout le cine
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Enfant de la balle

Le père de George Clooney était animateur de talk-show à la télévision américaine. Son oncle, José Ferrer, est quant à lui acteur et sa tante chanteuse. A peine âgé de 5 ans, le jeune George fait de courtes apparitions dans l'émission de son père.

Voix off

En 2008, George Clooney prête sa voix à Paul Freedman en lisant le commentaire de son documentaire, ‘Sand and Sorrow’.

L’équipe de braqueurs à Cannes

Les braqueurs de Danny Ocean se retrouvent à Cannes pour ‘Ocean’s 13’ de Steven Soderbergh présenté hors compétition lors du 60e Festival.

Source : Evene
 

Pas le bon moment pour un film aussi cynique

Il y a toujours un prix à payer et le film dissèque cette réalité avec finesse tout comme il met au jour les mécanismes psychologiques qui poussent les personnages à agir, en offrant un regard sans concession sur la société américaine en général. Porté par un casting brillant où Marisa Tomei interprète une journaliste du New York Times aussi redoutable dans sa chasse au scoop que les candidats à l’élection eux-mêmes, le film maintient une forte tension psychologique jusqu’à la dernière minute.

Son origine remonte à l’été 2004 et à une pièce de théâtre "Farragut North" de Beau Willimon, un jeune acteur qui avait travaillé pour l’équipe de Howard Dean pour les primaires des présidentielles en Iowa.

Clooney a fait appel à Beau Willimon et à Grant Heslov pour co-écrire les dialogues, ciselés et forts, comme les personnages qui les portent et qui donnent au film une accélération identique à la tension qui y règne.

La star américaine avait envisagé de le tourner en 2008 mais dans l’enthousiasme de l’élection de Barack Obama – dont il est un fervent supporteur – à la présidence des États-Unis, il a jugé que "ce n’était pas le bon moment pour un film aussi cynique".

Source : L'avenir
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"Je trouve que je suis meilleur quand je me mets en danger" (George Clooney)

"J'ai su que j'étais devenu une star le jour où j'ai vu des gens bizarres récupérer mes vieilles chaussettes" (George Clooney)

"Je suis pour le mariage, mais surtout au cinéma !" (George Clooney)

"Le succès a plus à voir avec la chance qu’avec le génie" (George Clooney)

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Notes de Production
 

Si George Clooney est aujourd’hui l’une des figures les plus emblématiques du septième art, ce n’est certainement pas par hasard. Son succès et sa popularité ne reposent pas uniquement sur son charme. Il est l’un des rares à savoir combiner le sens profond du spectacle à un engagement moral réel qui transparaît dans tout ce qu’il fait. Avec Les Marches Du Pouvoir, il franchit encore un cap en nous offrant un grand film sur un sujet plus que jamais d’actualité... Réalisateur, producteur, coscénariste et acteur, George Clooney propose un thriller politique sans compromis. Autour de lui, il a réuni un casting exceptionnel qui dans son ensemble, cumule 3 Oscars et 13 nominations, et 6 Golden Globes et 23 nominations.

À travers une intrigue aussi fine que réaliste, fort de situations et de dialogues incisifs, Les Marches Du Pouvoir nous entraîne sur le chemin risqué qui conduit les hommes aux commandes du monde ...

George Clooney incarne le gouverneur Morris, candidat aux primaires de l’élection présidentielle pour le parti démocrate. Ryan Gosling est son porte-parole, Philip Seymour Hoffman son directeur de campagne, Paul Giamatti est le directeur de campagne du camp adverse. Marisa Tomei joue une journaliste du New York Times, et Evan Rachel Wood une stagiaire de l’équipe électorale Morris. Jeffrey Wright interprète un sénateur, et Max Minghella est Ben Harper, un membre du staff de Morris.

Les Marches Du Pouvoir est une fable sur l’ambition, le désir, la loyauté, la trahison et le prix à payer dans le monde moderne du pouvoir et de la politique.

Une réalité pour un thriller

George Clooney confie : "À mon sens, Les Marches Du Pouvoir est d’abord un thriller politique avant d’être un film sur la politique. Je crois que l’histoire plaira aux membres des deux partis. Si vous êtes démocrate, je pense que vous préférerez le début, et si vous êtes républicain vous apprécierez plus la fin. Tout le monde y trouvera son compte. Ce film n’est pas un outil de propagande pour un bord ou l’autre. Peu importe l’étiquette du personnage principal, c’est ce qu’il vit et ce à quoi il est confronté qui compte. La politique n’est que la toile de fond du parcours de Stephen Meyers – un jeune idéaliste joué par Ryan Gosling. "

Au cours de l’intrigue, Meyers voit son idéalisme et sa confiance en un homme remis en cause par les manipulations politiques et les jeux de pouvoir. L’origine du film remonte à l’été 2004, quand Beau Willimon – un jeune auteur qui venait de travailler avec l’équipe de Howard Dean pour les primaires des présidentielles en Iowa – écrivit la première version de sa pièce, Farragut North. Beau Willimon a largement puisé dans son expérience pour tisser cette histoire d’intrigues politiques et de trahison sur fond de campagne présidentielle.

Beau Willimon raconte : "J’ai travaillé sur plusieurs campagnes politiques, et la pièce s’inspire de ce que j’ai vécu et ce dont j’ai été témoin dans ce milieu. Les personnages sont des amalgames de centaines de personnes que j’ai rencontrées, mais tout ce qui est mentionné dans la pièce – et dans le film dans une large mesure – en termes de violation des lois, de manipulation du processus démocratique, d’accords en coulisses et de jeux de pouvoir est absolument vrai. Voir comment les politiciens manipulent le système pour gagner le droit d’occuper le bureau ovale est effrayant. Si vous vous contentez d’être compétent et de jouer loyalement, vous n’avez strictement aucune chance de devenir président. "

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Votez Clooney
 

Avec l’équipe de Smokehouse Pictures pilotant le projet, le casting du film a été relativement facile. Brian Oliver raconte : "George et Grant connaissent beaucoup de monde, et les gens veulent travailler avec eux. Nous n’aurions jamais eu un tel casting si George n’avait pas été le réalisateur. Pour un producteur, c’est un rêve ! George et Grant imaginaient les acteurs qu’ils voulaient pour chaque rôle, et il leur suffisait ensuite de les appeler pour qu’ils acceptent ! Aucun de ceux auxquels ils avaient pensé n’a refusé. "

George Clooney raconte : "Les réactions des comédiens ont été notre premier encouragement parce que tous ont beaucoup aimé le scénario et que ce ne sont pas des amateurs ! Grant et moi avons écrit cette histoire, et la qualité du casting à elle seule faisait peser sur nos épaules une lourde responsabilité. Nous avions le devoir de tout faire pour faire un bon film. "

Ryan Gosling a été choisi pour incarner Stephen Meyers, l’attaché de presse du gouverneur Morris. L’acteur, qui a été nommé à l’Oscar pour son rôle dans Half Nelson, raconte : "Nos personnages sont tous là parce qu’ils croient en Morris et à sa campagne. Ils adhèrent à son discours, à ses idées, aux principes sur lesquels il s’engage. D’une certaine façon, c’est un peu la même chose lorsque George vous demande de rejoindre son équipe. Je pense que nous sommes tous là, nous les acteurs, parce que nous croyons en George Clooney et à son film."

George Clooney commente : "Le film est centré sur le personnage de Ryan. Il est là du début à la fin du film, il est dans toutes les scènes. Au début, il apparaît comme un garçon intelligent, le meilleur dans ce qu’il fait, toujours au top, celui que tout le monde veut avoir avec lui. À la fin du film, il ne reste pas grand-chose de son idéalisme mais il est encore meilleur dans son travail qu’il ne l’était avant – cela lui a coûté son âme. Ce n’était pas un personnage facile, mais Ryan est un acteur fantastique et il est parfait dans ce rôle."

Ryan Gosling explique : "Le projet m’a intéressé parce que c’est un film politique sans message politique. Vous n’avez pas besoin de connaître la politique pour suivre les personnages et apprécier l’histoire. Le film vous ouvre une fenêtre sur les coulisses d’un monde que l’on ne voit jamais."

Le comédien ajoute : "Mon personnage, Stephen Meyers, a navigué en eaux troubles dans le passé, mais travailler pour le gouverneur Morris marque pour lui un nouveau départ. Quand il regarde Morris, Stephen a des étoiles dans les yeux. Cet homme lui apparaît comme une sorte de chevalier blanc du monde politique. En tant que candidat, il ne veut pas faire de coups bas et il n’essaye pas de calomnier son adversaire. Les motivations de Stephen sont tout aussi pures. Il veut changer le pays et le monde et il pense que Morris est le seul à pouvoir le faire. C’est pour cela qu’il doit absolument gagner. À mesure que l’histoire avance, à force de compromis douteux, Stephen devient très différent du personnage qu’il était au début. "

Philip Seymour Hoffman interprète Paul Zara, le directeur de campagne de Morris. L’acteur explique : "J’ai été impressionné par le scénario. C’est à la fois une bonne étude de la nature humaine quand elle est soumise à la machine politique et à ses pressions, mais aussi de la vie aux États-Unis. Je ne pense pas que Paul soit vraiment un mauvais bougre, même s’il peut devenir méchant si vous lui marchez sur les pieds. La loyauté est une chose très importante pour lui. À ses yeux, la seule façon de survivre en politique est de rester fidèle aux gens avec qui vous faites équipe. Paul croit beaucoup à cela. Du coup, c’est le genre de type qui finit par se faire avoir."

Le comédien confie : "Directeur de campagne est le dernier métier que je voudrais faire. Se trouver exposé en première ligne et superviser une campagne présidentielle est quelque chose de vraiment énorme et d’essentiel. C’est une formidable pression, une incroyable responsabilité. Il faut un certain état d’esprit et beaucoup de confiance en soi. Personnellement, je préfère être un peu en retrait. "

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Un univers de vérité et de danger
 

La chef décoratrice Sharon Seymour avait déjà travaillé avec George Clooney sur Les Chèvres Du Pentagone que Grant Heslov avait réalisé. Les Marches Du Pouvoir marque sa première collaboration avec George Clooney en tant que réalisateur.

Elle raconte : "Quand j’ai découvert le scénario, j’ai été surprise et très heureuse de lire quelque chose d’aussi prenant et d’aussi actuel sur le plan intellectuel et politique. C’est le genre de film que j’aime faire et aller voir."

George Clooney a suggéré à Sharon Seymour de regarder plusieurs documentaires sur des campagnes pour préparer le film, mais les cinéastes ont préféré choisir une autre approche. Elle explique : "Nous avons finalement décidé de ne pas adopter un style documentaire pour le film. Les décors devaient être réalistes, mais nous étions résolument dans une esthétique de cinéma."

La chef décoratrice poursuit : "J’ai été ravie que le film soit tourné là où se déroule l’histoire – dans l’Ohio. Commencer par tourner là-bas nous a permis de découvrir l’ambiance de Cincinnati et de l’État. Cela nous a été très utile quand nous sommes allés à Détroit."

À l’exception des Q.G. de campagne de Pullman et Morris qui ont été créés dans des espaces à louer dans le centre de Détroit, la plupart des décors du film sont des décors naturels. Plusieurs conseillers politiques de l’Ohio et de Washington ont fourni des informations précieuses à la chef décoratrice en lui racontant les machinations qui entourent les campagnes politiques contemporaines. Elle raconte : "Tout le monde veut que son candidat ait l’air d’être le meilleur, et cela pousse à la surenchère. Il faut être celui qui parlera le premier, celui qui aura le podium le plus haut. Tout est pensé et parfaitement orchestré, même ce que vous pouvez dire de soi-disant improvisé."

Les affiches de campagne ont été soigneusement conçues comme elles l’auraient été pour de vrais candidats. Sharon Seymour commente : "Nous voulions une vraie différence de style entre les deux adversaires. Morris est un outsider. C’est l’homme du peuple, plein de bon sens et qui parle vrai. Il n’est pas du sérail, mais beaucoup de gens sont derrière lui et il est en tête des sondages quand on le découvre au début du film."

En conséquence, les affiches de Morris ont un look plus branché que celles de Pullman. Sharon Seymour remarque : "Les affiches de Morris s’inspirent un peu de celles d’Obama durant sa campagne, elles ont un style plus contemporain avec un côté très graphique."

Comme Sharon Seymour, la chef costumière Louise Frogley a opté pour un style classique et intemporel. Elle raconte : "Les costumes sont là pour aider les acteurs à entrer dans ce monde, et non pas pour dire quelque chose sur eux. Ce n’est pas un film qui met l’accent sur le style vestimentaire des personnages. À aucun moment on ne fait attention à ce qu’ils portent dans le film. C’est finalement assez complexe à mettre au point."

Beaucoup de costumes ont été créés en prenant en compte les aspects pratiques de la vie au cours d’une campagne. Louise Frogley explique : "En campagne, vous ne pouvez emporter dans votre valise que deux ou trois costumes et autant de chemises, c’est très peu."

Les décisions de la chef costumière ont souvent été influencées par les acteurs eux-mêmes. Elle raconte : "Marisa Tomei voulait ressembler à Patti Smith, elle a donc créé son propre look en s’éloignant un peu de celui de son modèle. Ryan Gosling avait plus d’idées sur ses tenues que les autres acteurs. Il s’intéresse beaucoup aux vêtements. "

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Le Tournage
 

Le tournage de Les Marches Du Pouvoir a commencé à la fin de l’hiver à Cincinnati et dans le nord du Kentucky – non loin de Lexington, la ville natale de George Clooney. Dans la ville et sa région, les cinéastes ont filmé dans des lieux célèbres comme Fountain Square, Roebling Bridge, le Cintas Center de la Xavier University et la Miami University de l’Ohio. Pour les cinéastes, tourner dans les lieux où se déroule la majeure partie du film a été un luxe.

Grant Heslov observe : "Cela a fait une différence énorme, parce qu’en regardant le film vous ressentez l’atmosphère des lieux. En outre, George est de la région et il la connaît très bien. Il était familier de beaucoup d’endroits où nous avons tourné et il connaissait les gens. Cela a rendu les choses plus agréables."

Tourner dans une région qui le considère comme un fils prodigue a été une expérience unique pour George Clooney. Grâce à lui, la population locale s’est particulièrement intéressée au film, et plus de 23 000 personnes se sont présentées pour le casting de figurants. En tant que réalisateur, producteur, coscénariste et acteur du film, George Clooney n’a pas eu beaucoup de temps pour voir sa famille, qui pourtant est dans les environs.

Paul Giamatti raconte : "George avait beaucoup de choses à faire, mais il était toujours très détendu. J’adore sa façon de travailler. Il est simple et direct, il travaille juste ce qu’il faut et ne s’acharne pas à tourner cinquante fois une scène. Il inspire confiance. C’est un type intelligent, et son film lui ressemble."

Pour mieux préparer le tournage, George Clooney a encouragé ses acteurs et son équipe créative à regarder plusieurs documentaires sur des campagnes comme The War Room, qui retrace la campagne présidentielle de Bill Clinton en 1992, Journeys With George, sur la campagne de George W. Bush en 2000, et Barack Obama Vers La Maison Blanche. Les cinéastes ont même regardé Primary, un documentaire de 1960 sur le futur président John F. Kennedy et le sénateur Hubert Humphrey durant les primaires du Wisconsin.

Stuart Stevens – un stratège de campagne républicaine, conseiller politique et consultant dans les médias qui a travaillé sur plusieurs campagnes présidentielles – a aussi aidé les cinéastes à préparer le film. George Clooney raconte : "Stuart nous a apporté une aide très précieuse. Nous lui envoyions des éléments et nous lui demandions ce qui pouvait ne pas aller et ce qu’il ferait dans la même situation. Stuart est l’exemple parfait du type qui pense vraiment ce qu’il dit. Il pourrait travailler pour n’importe qui – il a travaillé pour George Bush, mais il aurait tout aussi bien pu faire équipe avec John McCain durant ces mêmes primaires."

Après trois semaines de tournage, la production est partie s’installer à Détroit où ont été filmés tous les intérieurs des Q.G. de Pullman et Morris. Plusieurs endroits du centre-ville et de la banlieue ont été utilisés, et les cinéastes ont aussi tourné pendant quatre jours à l’université du Michigan à l’Arthur Miller Theater, au Power Center et dans la salle de bal du Michigan League Building.

9George Clooney raconte : "Détroit est une ville qui va mal. Elle a perdu son industrie musicale et son industrie automobile, et maintenant elle est en train de perdre son industrie cinématographique. Je croise les doigts pour elle parce qu’elle traverse actuellement une période difficile."

Bien que George Clooney ait lui-même réalisé Jeux De Dupes, Good Night And Good Luck et Confessions D'Un Homme Dangereux, ce n’est pas une tâche qu’il apprécie outre mesure. Il explique : "Se diriger soi-même n’est pas très amusant. Par exemple, pendant le tournage des scènes de discours de Morris, je jouais tout en sentant que la caméra s’approchait trop tôt et trop près, et je me disais : "Je vais être obligé de la refaire " !

Les acteurs ont été très impressionnés par le calme de George Clooney sur le plateau malgré ses multiples casquettes. Jeffrey Wright raconte : "Je ne sais pas comment on peut en même temps vivre une scène de l’intérieur en tant qu’acteur et la capter de l’extérieur en tant que réalisateur, mais George y arrive très bien. Je pense qu’il fait tout avec les deux regards en même temps, mais cela ne se voit pas. "

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Les Marches du Pouvoir : George Clooney, la conférence de presse
 
  Source : Arte
 
George Clooney gravit Les marches du pouvoir
 
  Source : Dailymotion
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le figaro - Marie-Noëlle Tranchant
 

Au festival de Venise, l'acteur et réalisateur des Marches du pouvoir signe un féroce thriller politique.

Avec Les marches du pouvoir, qui a ouvert la 68ème Mostra (festival du film de Venise), George Clooney a fait son entrée dans la compétiton pour le Lion d'or en abordant la corruption des hommes de pouvoir. Rien de nouveau sous le soleil mais il s'agit là d'un féroce thriller politique.

Le titre original, The Ides of march, renvoie au meurtre de César. (...) Le film plonge dans les coulisses du spectacle officiel, et peu à peu, s'accélère, se trouble, se tend, se noue et se débat avec une efficacité implacable. Clooney co-signe avec Beau Willimon, auteur de la pièce qui a inspiré le film, un scénario dense et serré, mis en scène avec une remarquable précision descriptive. L'expérience de Beau Willimon qui a participé à une campagne politique, nourrit le réalisme de ce tableau noir et brillant, servi par des acteurs captivants.

C'est à la fois très ancré dans la réalité et d'un classicisme intemporel: il est question de loyauté et de trahison, du meurtre du père et du sacrifice d'innocents. Et tout cela, dans les discours électoraux donne les mots "intégrité" et "dignité".

  Source : Le figaro
 
skynet
 

(..) Le quatrième long métrage de George Clooney qui interprète lui-même l'un des protagonistes, le gouverneur démocrate Mike Morris, candidat aux primaires de l'élection présidentielle, n'est ni un film sur la politique, ni une intrigue policière sur fond de politique. Plutôt une histoire d'hommes portés au pouvoir et détruits presque simultanément par ce même pouvoir en raison de ce qu'ils sont : des êtres humains avec leurs forces, leurs croyances, leurs démons et leurs failles.

Le film, qui fait immanquablement penser à des scandales politiques passés et plus récents, est centré sur Stephen Meyers (Ryan Gosling), jeune mais très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris. Idéaliste et décidé à faire honnêtement gagner celui qu'il considère sincèrement comme le meilleur candidat, il est supervisé par le directeur de campagne de Morris, Paul Zara (Philip Seymour Hoffman) pour qui compte avant tout la loyauté. Meyers va pourtant être manipulé par le camp adverse en la personne de Tom Duffy (Paul Giamatti), et entraîné malgré lui dans les jeux de pouvoir, une partie d'échecs où les enjeux sont considérables et les stratégies machiavéliques.

Il y a toujours un prix à payer et le film dissèque cette réalité avec finesse tout comme il met au jour les mécanismes psychologiques qui poussent les personnages à agir, en offrant un regard sans concession sur la société américaine en général.

Porté par un casting brillant où Marisa Tomei interprète une journaliste du New York Times aussi redoutable dans sa chasse au scoop que les candidats à l'élection eux-mêmes, le film maintient une forte tension psychologique jusqu'à la dernière minute.

Son origine remonte à l'été 2004 et à une pièce de théâtre "Farragut North" (2004) de Beau Willimon, un jeune acteur qui avait travaillé pour l'équipe de Howard Dean pour les primaires des présidentielles en Iowa. Clooney a fait appel à Beau Willimon et à Grant Heslov pour co-écrire les dialogues, ciselés et forts, comme les personnages qui les portent et qui donnent au film une accélération identique à la tension qui y règne.

La star américaine avait envisagé de le tourner en 2008 mais dans l'enthousiasme de l'élection de Barack Obama - dont il est un fervent supporteur - à la présidence des Etats-Unis, il a jugé que "ce n'était pas le bon moment pour un film aussi cynique". Avant "Les marches du pouvoir", George Clooney avait réalisé "Confessions d'un homme dangereux" (2002), "Good night and good luck" (2005) et "Jeux de dupes" (2008).

  Source : Skynet
   
 toutlecine - Elodie Vergelati
 

Les Marches du pouvoir de George Clooney : le theatrum mundi de la politique Les Marches du pouvoir

Les Marches du pouvoir - Ryan Gosling, George Clooney George Clooney n'est pas novice en la matière; il a approché de très près le monde de la politique, n'osant toutefois jamais se lancer dans le grand bain. S'il y a bien une chose qu'il confesse avec son nouveau film en tant que réalisateur, c'est sa fascination inextinguible pour les jeux de pouvoir, les affaires d'ego et de manipulation qui jonchent la route sinueuse du succès politique.

Pour la petite anecdote, l'acteur voulait d'abord tourner le film en 2008 mais n'a pas eu le goût de détruire la vague d'optimisme qui déferla sur les Etats-Unis après l'élection de Barack Obama. Un an après (avec accessoirement une crise financière, des guerres interminables et des promesses électorales restées lettre morte), le cynisme avait suffisamment repris ses droits dans la cité pour que ce thriller politique voie le jour. Pour notre plus grand plaisir.

Vous ne trouverez ici pas une once de discours moralisateur ou de propagande démocrate. Il s'agit avant tout d'un portrait cinglant de la politique moderne, où le scandale sexuel est la pire des fautes, où journalistes et politiciens se mangent mutuellement dans la main, où tous les coups bas sont permis pour gagner non pas la bataille de la démocratie, mais celle de la communication.

Bienvenue dans le monde grisâtre des primaires démocrates de l'Ohio, qui opposent le sénateur Pullman au gouverneur Morris (George Clooney himself, savoureux). Ce dernier a engagé Stephen Meyers ( Ryan Gosling, fébrile et charmant), un expert en communication chargé de piloter le versant médiatique de la campagne tandis que la stratégie politique revient à son directeur de campagne, Paul Zara (le vénéré Philip Seymour Hoffman).

L'intrigue repose sur le récit initiatique de Stephen Meyers, sorte de Rastignac avide de pouvoir, un jeune loup qui a déjà trempé dans des affaires pas nettes et qui croit se refaire une virginité en servant un homme pour lequel il nourrit une foi authentique. Son idéalisme récent ne va pas résister longtemps aux coulisses des primaires, vaste partie d'échecs au cours de laquelle un camp tente d'anticiper la stratégie de l'autre pour rester en tête des sondages ou obtenir le soutien indispensable de députés républicains.

Ce thriller politique propose un scénario plutôt dense, à l'efficacité redoutable; le rythme est enlevé, le casting excellent (Paul Giamatti, éternel second rôle qui en éclipse plus d'un), le tout étant porté par une identité visuelle très forte. Qu'il s'agisse des affiches de campagne, du QG de Morris, des ruelles crasseuses de Detroit où l'on tombe en disgrâce du jour au lendemain, des universités aménagées pour les meeting politiques ou des shows télévisuels, tout est d'un réalisme léché. Les dialogues sont taillés dans le diamant, point d'autant plus appréciable que la chose se fait rare au cinéma.

Ceux qui s'attendent, en revanche, à un film dialoguant avec le contexte politique actuel des Etats-Unis doivent être prévenus : seul compte ici le plaisir de la fable, l'observation minutieuse des mécanismes de l'arène politique. Comme le suggère l'excellente scène d'ouverture dans laquelle Ryan Gosling répète, sur une estrade, le discours du gouverneur, au milieu des techniciens qui règlent leurs caméras, la politique est un petit théâtre où le sens de la mise en scène et de la représentation est la seule compétence qui vaille. Et si ces hommes politiques conversent gentiment dans un restaurant chic avec leurs acolytes journalistes, c'est bien dans la ruelle aux égouts débordants qu'ils dévoilent leur plan. Le caniveau, la nouvelle agora.

  Source : Tout le cine
   
abus de cine - Olivier Bachelard
 

Sur la voie du désenchantement politique

"The ides of march" ("Les marches du pouvoir" en français), nouveau film de George Clooney réalisateur (déjà auteur de "Confession d'un homme dangereux", "Good night and good luck"), traite d'un sujet a priori bien peu cinématographique, les primaires d'un parti politique, processus visant à élire, avant les élections générales, le candidat qui sera le mieux à même de représenter le parti. Il s'agit bien d'un a priori, puisque la vision première de ces primaires, sont de longs débats, comme nous en avons eu il y a peu en France, entre écologistes, puis entre socialiste. Car derrière la façade télévisuelle et idéologique, se cache matière à de véritables thriller, surtout aux États-Unis, où le moindre faux pas d'un candidat, la moindre erreur faite dans le passé, sera exploitée sans pitié. Et George Clooney, relève ainsi le défit haut la main, nous contant les coulisses d'une élection interne aux démocrates (comme l'avait fait avec beaucoup moins de bonheur Mike Nichols pour "Primary colors" (à l'époque en ouverture d'un autre festival : Cannes).

S'il centre logiquement son récit sur les membres des comités de soutien et particulièrement son directeur de campagne en Ohio (Ryan Gosling, une nouvelle fois bluffant d'assurance et de spontanéité juvéniles), il décortique, en fin observateur, les dessous de la campagne, dénonçant au passage les pratiques les plus hypocrites : fausses rumeurs lancées en utilisant les blogueurs, annonce de mesures qui touchent ceux qui ne peuvent pas voter – histoire d'amadouer les opposants, etc. Ici les choses se compliquent, puisque les élections étant ouvertes à tous le monde, les protagonistes savent très bien que les républicains se déplaceront pour voter... en faveur de delui qu'il auront ensuite le plus de chance de battre. Et le réalisateur, comme les personnages impliqués, de présenter tout cela comme un grand jeu. Ceci jusqu'à ce que le directeur de campagne accepte un rendez-vous secret avec le chef du clan adverse... et que l'intrigue bascule partiellement dans le domaine de la vie privé, avec l'arrivée d'une jeune et séduisante stagiaire d'une vingtaine d'années.

Plongeant son monde dans une paranoïa généralisé, George Clooney compose ainsi un thriller politique et intime, à la fois élégant et nerveux. Entourloupes, manipulations, pression des médias, chantages, tractations à coup de propositions de secrétariats d'État, tout est bon pour gagner. Montrant habilement qu'une fidélité affichée, des idéaux et principes clamés haut et fort ne sont souvent que façade, Clooney frôle le western, jouant avec ombres et contre-jours, menant ses personnages au duel de deux intelligences, qui culmine lors d'une scène au restaurant. Il mène peu à peu le stratège de personnage interprété par Gosling vers un désenchantement idéologique que nombre d'électeurs ressentiront comme parfaitement compréhensible. Dommage qu'il est été aussi difficile de traduire le titre original, dont les notions de menace et de trahison disparaissent avec le titre français. Car celui-ci, qui désignait le 15 mars du calendrier romain, revêtait une dimension prophétique menaçante depuis le Julius Caesar de Shakespeare (1601), dans lequel ce dernier était mis en demeure de se méfier de cette date (qui sera finalement celle de sa mort, assassiné).

  Source : Abus De Cine
   
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