Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
ACCUEIL LE CCEC TARIFS SAISONS FESTIVALS LIENS CONTACT PARTENAIRES
Saisons
 
 
 
XXXXXXXXXXXXX
    
Titre original Moneyball
 Titre français Le Stratège
Réalisation Bennett Miller
Scénario Steven Zaillian, Aaron Sorkin & Stan Chervin
 Adaptation Le film est basé sur le livre Moneyball : The Art of Winning an Unfair Game de Michael Lewis. L’histoire tourne autour de l’équipe de baseball d’Oakland Athletics et son entraîneur Billy Beane.
Interprétation
Brad Pitt (Billy Beane), Jonah Hill (Peter Brand), Philip Seymour Hoffman (Art Howe), Robin Wright (Sharon), Chris Pratt (Scott Hatteberg), Stephen Bishop (David Justice), Brent Jennings (Ron Washington), Kathryn Morris (Tara Beane), Glenn Morshower (Hopkins), Tammy Blanchard (Elizabeth Hatteberg), Carlos Peña(Adrian Bellani), Casey Beane (Kerris Dorsey), Jorge Posada (Sergio Garcia-Dils de la Vega), Invité à la Bar (Mitzvah Erin Pickett), Coach Parker (Keith Middlebrook), Miguel Tejada (Royce Clayton), Sharon, jeune (Olivia Dudley), Suzanne (Takayo Fischer), Chad Bradford (Casey Bond), Billy Beane, jeune (Reed Thompson), Le père de Billy (James Shanklin), Ed Wade (Chris McGarry), Eric Chavez (Art Ortiz), Larry Sutton (Erich Hover), Acteur (Chris Smith), ...
Musique Mychael Danna
Photographie Wally Pfister
Pays USA
Année 2011
Durée 2h13'
Genre Biographie, Drame, Sport
 Distributeur Sony Pictures Belgique
 Cote
Cote du fiilm :       4,1 (8.493 votes)
Site officiel  
Bande annonce  
Affiche 01 / 02 / 03 / 04
Photos  
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 17 novembre 2011
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Une des très bonnes surprises du dernier Festival de Toronto 2011, par le réalisateur de "Truman Capote". Pas besoin d’apprécier le baseball pour adhérer à cet excellent film, extrêmement passionnant, qui décortique en règle le monde du sport professionnel. Bien plus qu’une oeuvre sur le sport, il s’agit plutôt d’une fable moderne sur l’argent et le pouvoir.

Adapté du roman de Michael Lewis, "Moneyball : The Art of Winning an Unfair Game", voici l'histoire vraie de Billy Beane, manager général d'une des équipes de base-ball les plus pauvres du championnat qui, à la fin des années 90, imagina, puis utilisa un programme d'analyses informatiques afin de dessiner et de calibrer la plus parfaite des équipes. Ce programme, qui a révolutionné l'économie du sport, reste encore une référence dans la composition des équipes ...

On n'en attendait rien et il y a tout. Sur le papier, un film sur les théories statistiques qui sous-tendent le base-ball a de quoi rebuter tout le monde. Sauf que le papier a été noirci par Aaron Sorkin ("The Social Network") et Steve Zaillan ("La Liste de Schindler"), deux des scénaristes les plus réputés à Hollywood. Grâce à eux, les dialogues du "Stratège" sont parfaitement ciselés, le récit est d'une fluidité exemplaire et le tout est autant le portrait d'un homme en lutte contre les traditions nationales qu'une parabole sur les États-Unis d'aujourd'hui. Avec Brad Pitt en parfait héros mélancolique (Golden Globe & Oscar en vue). (Evene.fr - Toute la Culture)
 
 
 Festival international du film de Toronto (Tiff) 2011
 
 People's Choice Awards 2012
 
Retour haut
 
 
Bennett Miller sur Tout Le Cine
Bennett Miller débute dans la réalisation en 1998 avec le documentaire The Cruise, portrait d'un guide touristique dirigeant des visites de New York. Le film a reçu un accueil extrêmement enthousiaste de la part de la critique.

Pour son premier film, Truman Capote, le jeune réalisateur s'entoure de deux vieilles connaissances, Dan Futterman, son scénariste, qu'il connait depuis le lycée, et l'acteur Philip Seymour Hoffman, futur oscarisé. Il se tourne ensuite vers la réalisation de spots publicitaire, dont la "saga" Nespresso, avec George Clooney.

En 2011, apprenant la défection de Steven Soderbergh, Miller tourne Le Stratège, l'adaptation du best seller sportif de Michael Lewis, avec entre autres Brad Pitt en tête d'affiche.

Source : Tout le cine

Toute la filmographie de Bennett Miller sur IMDB en tant que :
Retour haut
 
 

Retournement de situations

A l'origine, le projet était destiné à être réalisé par David Frankel, l'homme à qui l'on doit Marley et moi. Finalement, l'indisponibilité de Hugh Jackman pour tourner dès 2009 son Cleopatra, incita Steven Soderbergh à se lancer dans l'aventure. Lui même fut ensuite débarqué par la production, et remplacé par Bennet Miller.

Source : Tout le cine
Retour haut
 
 

Brad Pitt est probablement l’agent libre le plus convoité à Hollywood, et il peut jouer à peu près pour n’importe quelle équipe. C’est pourtant lui qui a insisté pendant des années pour donner vie au projet du film Moneyball, même après que le réalisateur Steven Soderbergh eut quitté le navire à la suite d’un désaccord entourant le scénario.

Brad Pitt était carrément obsédé par l’idée d’adapter pour le cinéma le roman à succès Moneyball, de Michael Lewis, qui se penche sur l’histoire du directeur général des A’s d’Oakland, Billy Beane.

Après avoir perdu ses meilleurs joueurs pour des raisons financières, le dirigeant de l’équipe de baseball a utilisé une méthode d’analyse scientifique imaginée par un jeune économiste afin d’avoir le dessus sur les équipes plus fortunées.

Lors de son passage au Festival international du film de Toronto, où le film a été présenté, l’acteur a déclaré qu’il avait été captivé par la lecture de l’ouvrage de Michael Lewis et qu’il voulait absolument en faire quelque chose.

La version réalisée par Steven Soderbergh a été abruptement annulée après que Sony eut décidé de mettre fin au projet quelques jours avant le début du tournage. Le studio était mécontent des modifications apportées au scénario par Steven Soderbergh en plus d’être en désaccord avec sa vision artistique.

Brad Pitt, l’un des producteurs du film, s’est entouré de grosses pointures pour donner un nouveau souffle au projet. Le studio a ensuite pris un gros risque en recrutant le réalisateur Bennett Miller, nommé pour un Oscar en 2005 pour le film Capote, au lieu de Steven Soderbergh.

Mais sans les efforts déployés par Brad Pitt, Moneyball n’aurait probablement jamais pris l’affiche, selon Bennett Miller.

«Nous avions besoin d’un champion pour faire quelque chose à partir de ce livre. En le parcourant, on ne trouve pas naturellement les éléments pouvant en faire un succès au box-office. Les films sur le baseball n’intéressent pas toujours les investisseurs, parce que le marché est limité une fois qu’on quitte les États-Unis», a expliqué le réalisateur.

«À moins d’avoir Brad Pitt qui dit: "Je veux que cela aboutisse et je vais aller jusqu’au bout’, je suis certain que le projet ne se serait pas concrétisé", juge Bennett Miller.

Source : Jolie Pitt Family

Retour haut
 
 
Les règles du Monelball
 

En 2003, Michael Lewis, ancien trader chez Salomon Brothers devenu un écrivain reconnu (ses romans économico-politiques "Poker menteur" et "The New New Thing" ont été des best-sellers) sortait un livre sur le baseball… qui était loin d’être seulement un livre sur ce sport. En apparence, "Moneyball" raconte comment l’équipe des Oakland Athletics, familièrement connus sous le nom des Oakland A’s, sans budget ni star, est parvenue à déjouer un système fonctionnant sur l’argent et la starification. Mais en creux, le véritable sujet du livre de Michael Lewis était d’une autre nature : il décrit comment une poignée d’hommes a été à l’origine d’un bouleversement culturel majeur. Et comment la vision d’un seul homme, née d’une nécessité, est devenue réalité quand une équipe de joueurs, pour la plupart exclus du système, a enfin eu la chance de prouver son vrai potentiel. C’est ce livre qui a donné naissance au film LE STRATÈGE, avec Brad Pitt dans le rôle principal de Billy Beane, manager général des Oakland A’s. Un homme qui a su penser différemment, et qui s’est ingénié à réinventer les règles afin de pouvoir faire jouer, et gagner, son équipe.

Brad Pitt, également producteur du film, explique : "LE STRATÈGE est un récit classique, dans la tradition du "seul contre tous". Les A’s se dressent contre le système, mais comment vont-ils survivre, comment vont-ils accéder à la compétition ? Même s’ils ont du talent, ils sont broyés par un système qui exige des budgets démesurés, des équipes monstrueuses. Les A’s comprennent qu’ils ne jouent pas à armes égales avec les autres équipes, et qu’ils sont voués à l’échec. La seule solution est de reconsidérer le système dans sa globalité, par l’acquisition puis la mise en application de nouvelles connaissances. C’est l’unique moyen pour enfin retrouver une forme de justice dans ce sport."

Au premier abord, le best-seller de Michael Lewis ne se prêtait pas à une adaptation cinématographique. Le livre se présente comme une étude approfondie des dysfonctionnements et des insuffisances du monde du baseball, mais aussi comme une étude de cas, par le biais de statistiques et de théories, portant sur des données communément sous-évaluées – joueurs, stratégies et tactiques. Au centre du récit, le personnage emblématique de Billy Beane se lance dans une quête idéaliste… jusqu’à la réalisation finale de ce qui relevait de l’impossible. Sa quête de réussite dans le championnat entraîne Beane sur un terrain beaucoup plus vaste, beaucoup plus complexe que celui du Coliseum d’Oakland. Et les couloirs et bureaux du stade californien mythique deviennent alors le théâtre d’une véritable rédemption, sur fond de courage et d’espoir. Le livre de Michael Lewis a mis en lumière la contre-productivité de la pensée de groupe, et tend à prouver comment la "sagesse" conventionnelle et les intuitions irrationnelles ont gouverné les institutions à travers l’Histoire. Remettre en cause un système provoque invariablement un combat. LE STRATÈGE s’appuie sur l’expérience d’un homme qui a choisi de mener cette lutte. Au-delà des statistiques se dessine sensiblement le portrait de Billy Beane, un homme rongé par le doute, mais dont le courage reste inébranlable.

Michael Lewis commente : "Quand on adapte un livre au cinéma, on a le choix entre deux possibilités : soit on colle au plus près de l’ouvrage, soit on refait l’histoire. Je me suis vraiment demandé comment ils allaient procéder avec LE STRATÈGE, parce que le livre ne repose pas sur une narration structurée ou sur les ressorts dramatiques habituels qu’affectionnent les réalisateurs. Je n’étais pas certain que ce livre était transposable au cinéma, j’ai donc été agréablement surpris en voyant que Bennett Miller et ses scénaristes avaient réussi l’impossible. Non seulement j’aime beaucoup le film, mais je trouve qu’il rend totalement justice à mon livre. Il est d’une grande honnêteté et d’une grande véracité vis-à-vis de l’histoire de Billy Beane, des A’s et de l’exploit qu’ils ont accompli."

Brad Pitt s’était énormément attaché au roman, tant dans une perspective d’acteur que de producteur. Sa carrière est jalonnée d’une grande variété de rôles et comprend certains choix qui ont pu paraître surprenants, mais il n’avait jamais réellement incarné un iconoclaste de la trempe de Billy Beane. Père de famille dans la force de l’âge, doué d’un formidable esprit de compétition, Beane vit dans la rage de vaincre, mais aussi – et peut-être de manière encore plus flagrante – dans le désir de se réinventer lui-même. La détermination dont a fait preuve l’acteur pour jouer ce rôle et pour produire le film a été très importante dans le processus de production, particulièrement long et complexe. La réalisation du film a été confiée à Bennett Miller, qui avait reçu une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur pour son premier film, Truman Capote.Brad Pitt déclare : "L’adaptation du livre en film relevait un peu de la quadrature du cercle, et c’est Bennett qui l’a résolue. Le livre n’a rien de conventionnel, et Bennett tenait à ce que le film ne soit pas ordinaire non plus. Ce projet a été passionnant à mener, et il doit énormément au désir qu’avait Bennett d’aller dans une certaine direction de mise en scène. Il est pour beaucoup dans l’identité définitive du film."

  Suite sur Comme Au Cinema
 
Dans la peau de Billy Dane
 

Brad Pitt a immédiatement été attiré par la personnalité hors norme du manager général des Oakland A’s, par sa subtilité, sa capacité à rebondir, son obsession du résultat et son attitude ambivalente envers les notions de succès et de réussite.

Billy Beane confie : "Me voir incarné par Brad Pitt m’a fait une étrange impression, je l’avoue, mais j’ai apprécié son approche très réaliste. Quand j’ai su que Brad voulait jouer mon rôle, je n’y ai pas cru. Je travaille dans un milieu où on entend constamment mille rumeurs, et je me suis dit que tout ça ne serait au final qu’une vaste plaisanterie. Et puis nous avons commencé, Brad et moi, à avoir des échanges, et j’ai été très impressionné par son sérieux, son intelligence et sa sensibilité, et par sa vision ultra précise de ce qu’il voulait faire."

Billy Beane poursuit : "Brad avait lu le livre, qu’il avait adoré. Le film est davantage basé sur le personnage écrit par Michael Lewis que sur moi-même, mais je ne vois pas comment Brad Pitt pourrait endosser un personnage sans le rendre génial. Brad a forcément relevé des petits détails dans ma manière d’être pendant le temps que nous avons passé ensemble, et il a été d’une classe absolue, non seulement avec moi et mes collaborateurs, mais aussi avec ma famille. Voir sa propre histoire devenir un film est une expérience unique dans une vie. C’est un peu surréaliste. Et Brad a beau être une superstar, je le trouve terriblement humain, authentique. C’est un gars du Missouri comme un autre ! Je reconnais que c’est assez flatteur de le voir jouer mon propre personnage, mais par moments, en voyant le film, j’oubliais complètement qu’il s’agissait de moi, et de ma propre vie dans le monde du baseball. Je suis rentré dans le film comme le ferait n’importe quel spectateur."

Brad Pitt a fait des recherches sur les origines de Billy Beane. Fils d’un officier de marine, il excellait très jeune dans deux disciplines sportives : le baseball et le football. Naturellement doué, on lui a toujours dit qu’il était voué à rejoindre un jour l’élite du monde sportif. Beane refusa une bourse, accordée par l’université de Stanford, pour pouvoir intégrer l’équipe des New York Mets, mais ses résultats se révélèrent moins brillants qu’attendu et sa carrière de joueur se résuma finalement à une longue lutte pour sortir de l’ornière. Après s’être efforcé d’être à la hauteur des espoirs placés en lui pendant les six saisons où il joua au sein de différentes équipes de la Major League – toujours comme remplaçant –, il finit par abandonner le terrain pour l’administratif. Ce fut le début d’une carrière dans le management, un changement de cap décisif et visionnaire dans sa vie professionnelle.

Bennett Miller raconte : "Imaginez-vous à 15 ans, entouré d’adultes qui voient en vous un futur champion, voire une superstar du sport. Imaginez que vous faites un choix de vie en accord avec cette vision que d’autres ont de vous, mais que dix ans plus tard vous réalisiez que vous avez fait fausse route. Pour lui, cela n’avait été qu’un rêve, il allait falloir tout recommencer."

Brad Pitt commente : "Billy a fait un truc complètement dingue si on se fie aux standards établis : il a abandonné. D’une certaine manière, il était devenu prisonnier de la vision que d’autres avaient de lui, c’était intenable, il était pris au piège. Il en parle aujourd’hui en disant qu’il voulait faire quelque chose de son esprit. Il avait beau "être dans la lumière", ce dont tous les mômes rêvent, cela ne fonctionnait pas pour lui. Il a donc entamé une nouvelle carrière, tout en sachant qu’il lui faudrait déjouer tous les préjugés dont il avait lui-même été victime, enfant."

Billy Beane reconnaît que toutes ces années passées sur le terrain lui ont permis de comprendre intimement l’état d’esprit des joueurs. "Avoir moi-même traversé ce qu’ils traversent, c’est essentiel. Notamment en étant lucide sur les erreurs qu’ils sont amenés à commettre. Et surtout, j’ai identifié les éléments qui ont nui à ma propre carrière, ce qui me permet aujourd’hui de dire à un joueur : "Surtout, ne fais pas ça"."

Bennett Miller explique : "Ce qui a fait de Billy Beane un bon manager général est ce qui lui a permis de devenir un formidable personnage de cinéma. Billy est quelqu’un de charismatique, mais en arrière-plan il y a chez lui une ambition d’une incroyable intensité. Dans LE STRATÈGE, tout en nous attachant à son désir de gagner, nous montrons une personne qui remet toute sa vie en cause, et cela dépasse évidemment le baseball. Beane remet à plat ses croyances, ses a priori, il apprend à réfléchir d’une autre manière. Il est un peu en face du même choix cornélien qu’il a dû faire enfant, et parce qu’il a vécu cette expérience-là, justement, il a le recul, la perspective et la sagesse de prendre, cette fois, la bonne décision."

Brad Pitt a toujours été fasciné par cet irrépressible désir de réussite chez Beane, qui a trouvé une nouvelle façon de s’exprimer quand il est devenu manager général des A’s. Un désir de réussite qui s’est concrétisé pendant la saison 2002, quand les A’s ont perdu leurs meilleurs joueurs en même temps que leurs derniers espoirs. Brad Pitt explique : "Billy a compris que les A’s ne pouvaient plus fonctionner comme les autres équipes. Il leur fallait acquérir de nouvelles connaissances, remettre en cause toutes les normes du sport qu’ils connaissaient, et identifier les insuffisances de leurs anciennes stratégies. Tout a commencé par une question toute simple : "Si on devait totalement récréer les règles de ce sport, comment procéderait-on ? Sur quoi se baserait-on pour juger de la valeur d’un joueur ?" De là, ils sont partis à la recherche de joueurs, souvent des types négligés, mis à l’écart, et ils ont composé un assemblage hétéroclite qui s’est révélé être une équipe formidable."

Brad Pitt a toujours tenu à ce que le personnage de Billy Beane soit dépeint de manière objective. "Son leadership naturel était un peu agressif. Ce n’est pas un homme parfait, mais j’adore les personnages complexes… Pour moi, ce qui sauve Beane, c’est sa sincérité, et c’est ce que j’ai essayé de restituer à l’écran."

  Suite sur Comme Au Cinema
 
Repartir su de nouvelles bases
 

La reconstruction de l’équipe des Oakland A’s par Billy Beane a été un travail de collaboration qui a débuté par le recrutement d’une équipe d’analystes économiques. Exit les bonnes vieilles intuitions des entraîneurs, place à une approche scientifique du problème. Pour LE STRATÈGE, le personnage de Peter Brand a été créé de toutes pièces ; il est l’incarnation de cet esprit mathématique qui allait changer le visage du sport.

Interprété par Jonah Hill, Peter Brand est un économiste issu de l’Ivy League, analyste et théoricien du baseball. Un homme qui, dans tout autre domaine, serait considéré comme une sommité intellectuelle, mais qui, dans le petit monde du baseball, est regardé comme un intrus. Peter Brand va expliquer à Billy Beane les grandes lignes de la théorie du "moneyball", selon laquelle la valeur d’un joueur ne se mesure pas à ce que l’on "ressent", mais peut s’évaluer sur la base de chiffres et de statistiques. En débauchant Brand de l’équipe des Cleveland Indians avec l’intention de lui faire exercer sa théorie mathématique au service des A’s, et sans se préoccuper des possibles retombées négatives, Beane fonce tête baissée vers une collision frontale avec l’orthodoxie du baseball.

Bennett Miller explique : "Peter Brand est un outsider. Il est issu de l’Ivy League, est diplômé en économie et a une perspective du jeu que personne, en baseball, n’a jamais eue auparavant. En l’extirpant de son minuscule bureau de Cleveland, Billy va faire de lui une véritable arme de guerre."

Connu pour ses rôles dans la comédie, Jonah Hill a beaucoup apprécié qu’on lui propose un rôle d’une tout autre substance, plus dramatique, plus subtil. Son personnage est, selon lui, un intrus absolu dans le monde du baseball, mais il est tellement amoureux de ce sport qu’il va se révéler dans la mission qui lui est confiée. Il remarque : "Peter Brand pourrait tout à fait être milliardaire à Wall Street… sauf qu’il adore le baseball. Son profil lui offre le recul nécessaire à une observation différente des joueurs, autre que celle habituellement prônée par le système. Tout ce qui importe pour lui, c’est l’approche factuelle. Peu importe la manière dont un joueur lance la balle, peu importe sa rapidité dans la course ou sa condition physique. Le plus important est de connaître le nombre exact de fois où le joueur a atteint la base."

Cependant, ce qui relève d’une logique absolue pour Peter Brand est perçu comme une menace par l’establishment du baseball et ses traditions. Jonah Hill commente : "C’est une réaction naturelle. Chaque fois que quelqu’un essaye de changer l’ordre des choses, la génération qui le précède se dresse contre l’intrus, surtout si celui-ci vient leur dire que leur méthode est contre-productive ! On peut comprendre que les anciens se disent : "Mais qui est ce sale gosse avec son ordinateur qui vient me dire comment gérer les joueurs ?""

Beane et Brand ont beau avoir des personnalités complètement opposées, un élément les réunit. Jonah Hill explique : "Tous deux partagent ce sentiment d’être seuls contre le monde entier. Ils sont dos au mur, et n’ont pas d’autre choix que de se sortir les tripes et se battre pour leurs convictions." L’évolution de la relation entre les deux hommes est devenue une porte d’accès aux thèmes centraux de l’histoire : les algorithmes complexes qui sous-tendent la valeur d’un homme et la conception du succès. La productrice Rachael Horovitz observe : "Bill et Peter se complètent, mais ce n’est pas sans une certaine forme de jalousie, assez saine sur le fond. Le simple fait que Peter soit un homme cultivé, qu’il ait toute sa vie devant lui, qu’il n’ait pas encore commis d’erreur dans son parcours – ces données sont des constantes dans leurs rapports – n’échappe pas à Beane, qui n’hésite pas à le lui balancer dans les moments difficiles. De son côté, Peter sait qu’il ne pourra jamais jouer pour les Mets ou pour n’importe quelle autre équipe. Et l’on comprend que c’est une grande déception dans sa vie."

Quand Billy et Peter font équipe pour mettre en application leurs théories, théories qui vont leur permettre d’assembler peu à peu l’équipe "idéale", ils se retrouvent en opposition violente avec le manager de l’équipe, Art Howe. Le manager, ou field manager, est la personne chargée de constituer l’équipe et de mener la stratégie sur le terrain. Philip Seymour Hoffman, lauréat d’un Oscar pour son incarnation de Truman Capote dans le film de Bennett Miller, a abordé ce nouveau personnage avec l’idée d’un homme engoncé dans les traditions du baseball, incapable de les dépasser. Observer Philip Seymour Hoffman à l’œuvre a été une grande source de plaisir pour le vrai Billy Beane. "Philip possède une présence incroyable, tout comme Art. Art mesure plus de 1,90 m, il est bâti comme un roc, c’est quelqu’un d’extrêmement physique. Philip Seymour Hofmann a vraiment apporté cette dimension au rôle.»

Le comédien estime que c’est aussi la créativité régnant sur le plateau qui a permis d’obtenir un tel réalisme dans les relations entre les personnages. "Bennett est un solide meneur de troupe. Les répétitions avec Brad, Jonah, Bennett et moi-même, nous ont permis d’étoffer les silhouettes des personnages et nous ont beaucoup apporté. En même temps, il y avait de vrais défis à relever les uns vis-à-vis des autres."

  Suite sur Comme Au Cinema
 
Dans les vestiaires : Le style visuel
 

Le film de baseball possède une histoire aussi longue et riche que ce sport lui-même, mais Bennett Miller tenait à offrir au STRATÈGE une identité visuelle qui corresponde parfaitement à ses sujets et à ses thèmes, à la fois audacieux et contemporains. Le style visuel du film n’est pas seulement le reflet de l’ambiance survoltée qui peut régner pendant un match : il s’attache aussi à montrer les arcanes d’un territoire plus sombre, quand il s’agit de décrocher la victoire à tout prix. Un territoire où se côtoient angoisses, conflits, obsessions, regrets et désirs...

Bennett Miller a collaboré avec une équipe technique riche d’expérience qui compte Wally Pfister, directeur de la photographie (six films avec Christopher Nolan, et un Oscar pour INCEPTION), Jess Gonchor, chef décorateur nommé aux Oscars, et Kasia Walicka Maimone, chef costumière. Ces deux derniers avaient déjà travaillé avec Bennett Miller sur TRUMAN CAPOTE.

Pour la photographie du film, le réalisateur a penché pour un naturalisme concret. Le producteur Michael De Luca observe : "Bennett a un style de mise en scène précis, très subtil, qui observe davantage le récit qu’il ne le raconte. Il filme le dilemme de Billy et Peter presque à la manière d’un médecin légiste : pièce par pièce, les deux hommes vont constituer l’équipe idéale, celle qui viendra à bout de tous les adversaires. TRUMAN CAPOTE était également, à sa manière, l’étude ultra méticuleuse d’un mystère, et l’assemblage minutieux de tous les indices susceptibles de donner forme à une vérité."

Wally Pfister, pour son inspiration visuelle, est allé chercher dans le cinéma des années 70, notamment dans le travail de Gordon Willis, directeur de la photographie admiré à l’origine de l’image de films tels que LE PARRAIN, LE PARRAIN 2, À CAUSE D’UN ASSASSINAT ou LES HOMMES DU PRÉSIDENT. Cette palette visuelle toute en ombres et en rugosité, riche de multiples surfaces de lecture, qui était l’expression subtile d’une quête de sens très moderniste, s’est imposée comme la référence pour le film.

Wally Pfister déclare : "Gordon Willis est mon héros de cinéma absolu, mon chef opérateur préféré. J’ai beaucoup apprécié que les films que Bennett prenait comme références aient été des films éclairés par Willis."

Le directeur de la photographie comme le réalisateur se sont également penchés vers d’autres films de cette époque, notamment VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU de Milos Forman, éclairé par Haskell Wexler. Wally Pfister commente : "Tous ces films au réalisme un peu âpre ont non seulement été des références visuelles, mais ils nous ont également influencés quant au design général et au rythme du STRATÈGE."

Bennet Miller précise : "Wally Pfister a débuté dans le documentaire, en filmant des reportages pour les actualités. C’est un métier qu’il a hérité de son père. Il travaille particulièrement bien dans un environnement naturel, avec de la lumière directe. Philosophiquement, il aime se glisser dans une situation, faire corps avec elle, plutôt qu’avoir à la réinventer. Il a donné au film une flexibilité qui nous a permis de travailler dans une approche semi-documentaire quand le besoin s’en faisait sentir."

Tout en restant en phase avec la lumière contrastée qui a fait les beaux jours du cinéma des années 70, Wally Pfister a également travaillé sur la lumière d’autres lieux clés du film – les vestiaires des A’s, les bureaux, et le parking dans lequel Billy et Peter ont leur première vraie conversation –, optant pour une lumière au néon très crue, quasiment phosphorescente. Il explique : "Cela m’a paru fonctionner non seulement pour des raisons visuelles, mais également pour la narration du film."

Wally Pfister a également amené une sensibilité très particulière, subtilement expressionniste, à tout ce qui touche aux scènes de sport proprement dites. "Si vous regardez un stade pendant un match de soirée, vous remarquerez que tous les éclairages sont allumés : cela permet aux caméras de jouir de la lumière la plus homogène possible, mais cela favorise aussi la bonne vision du public et des gens qui se trouvent devant leur télévision. Je voulais donner une atmosphère un peu différente, alors j’ai décidé d’éteindre la moitié des spots du stade. À mon sens, cela crée une lumière plus tranchante. Je l’ai fait de manière très réfléchie, en essayant de trouver une formule qui me permettait de conférer un peu plus d’obscurité au stade tout en étant dans le réalisme d’un match de baseball de soirée. J’aime bien me servir de l’obscurité comme d’un outil pour la dramatisation des images, pour l’ambiance."

La décision de filmer en 35 mm a été prise assez tôt. Le directeur de la photo résume :"J’avais le sentiment que ce film devait être tourné sur pellicule plutôt qu’en HD, parce que la pellicule confère une âme et une profondeur qui étaient nécessaires à l’histoire telle que l’envisageait Bennett."

Pour le chef décorateur Jess Gonchor, qui a récemment été nommé aux Oscars pour le travail effectué sur TRUE GRIT, des frères Coen, le travail de création accompli sur LE STRATÈGE a été similaire à celui entrepris par Wally Pfister : il a cherché un point de convergence entre authenticité et dramaturgie. Il note : "Il s’agit d’une histoire vraie, tous les faits se sont réellement déroulés, ils font même partie de l’Histoire. La clé de mon travail de décorateur a été d’observer la plus grande intégrité vis-à-vis des A’s : ce qu’ils sont, les lieux qu’ils fréquentent, etc. Ce qui ne nous a pas empêchés d’apporter aussi notre touche, d’insuffler un style.» Le réalisateur acquiesce : "Il est difficile de se rendre compte de l’apport artistique de Jess, parce qu’on n’est pas dans le fantastique, un genre qui permet une très grande inventivité. Ici, nous étions dans l’obligation de reconstituer un décor qui fonctionnait à la manière d’un haïku : il devait à la fois servir la véracité de l’histoire et conférer une vraie crédibilité au récit, tout en communiquant visuellement une tonalité et une atmosphère. C’est un travail ingrat, mais essentiel, parce que si le spectateur ne fait pas confiance à ce qu’il voit sur l’écran, c’est fichu."

Pour remplir sa mission, Jess Gonchor est remonté à la source. "Avoir la Major League et les A’s à nos côtés a été un apport fabuleux au film. D’innombrables extraits d’archives et photographies ont été mis à notre disposition. Nous avons également pu passer beaucoup de temps au Coliseum, sur le terrain, dans les vestiaires, dans la salle de musculation, dans le bureau d’Art Howe… Toutes les portes nous ont été ouvertes."

Décidé à représenter aussi fidèlement que possible la réalité du baseball, d’une manière quasi documentaire, la MLB (Major League Baseball) a parfaitement joué le jeu et a travaillé en étroite collaboration avec Jess Gonchor et l’équipe décoration, afin d’assurer l’authenticité de tout ce qui était montré, des salles de repos aux locaux administratifs du stade, en passant par le modèle des gants utilisés par les receveurs en 2002.

Le cœur de la création, pour Jess Gonchor, a été les vestiaires des A’s, que le chef décorateur et son équipe ont entièrement reconstruits en studio, la salle d’origine ayant subi trop de modifications ces dernières années. Le travail a surtout consisté à restituer l’atmosphère claustrophobe, digne d’un sous-marin, de la structure de ces vestiaires. Jess Gonchor décrit : "On passe de manière très soudaine de l’immensité du stade à un univers souterrain de béton."

Billy Beane a été stupéfait par la recréation des locaux. "C’était incroyable. Ils ont enrichi le décor d’une multitude de détails totalement vrais, comme cette photo de Joe Strummer, le chanteur des Clash, que l’on voit dans mon bureau ! J’avais discuté de tout ça pendant un quart d’heure avec les gars de la déco, et jamais je ne me serais douté qu’ils avaient en fait absolument tout noté ! Le baseball n’est pas un milieu hyper formel, c’est plutôt décontracté, et l’équipe déco a vraiment rendu ce sentiment en recréant un lieu qui a existé, et qui existe d’ailleurs toujours."

Jess Gonchor, accompagné de l’ensemblière Nancy Haigh, a opté pour une approche inhabituelle dans la représentation des vestiaires, qui est un peu le sanctuaire des joueurs. Plutôt qu’un décor statique, ils ont choisi de créer une pièce qui évoluerait tout au long des six semaines de tournage. Ils ont ainsi encouragé les comédiens à se servir des vestiaires de la même manière que des joueurs le feraient réellement, à aller s’entraîner dans la salle de musculation, à traîner dans les décors en dehors des heures de tournage, et même à déplacer certains objets, à leur convenance. Jess Gonchor note : "L’idée était que, au bout de quelques jours, quelques semaines, on se sentirait dans ce décor comme dans la vraie vie."

Chacun des bureaux reconstitués a été imprégné d’une personnalité distincte. Jess Gonchor explique : "Les bureaux sont à l’image de ceux qui les habitent. Billy est constamment en mouvement, on a donc convenu que son bureau serait un peu négligé, en désordre. Peter lui, est un geek, donc chez lui tout est bien rangé, bien propre. Quant à Art Howe, il fait un peu office de général de l’armée, ou de capitaine de vaisseau, et son bureau est bien organisé."

Au fond des locaux affectés à la vie des joueurs se trouve un des décors préférés de Jess Gonchor : la "scouting room", la pièce où s’effectue le choix des joueurs pour les matchs. C’est une pièce en parpaings totalement vide, hormis les tableaux blancs sur lesquels sont listés les noms des joueurs retenus pour les matchs. C’est un peu le centre de commandement de Beane et de Brand. Le chef décorateur déclare : "J’ai voulu que cette pièce ait un petit côté industriel, à l’ancienne. Elle ressemble à une salle d’interrogatoire, et rappelle bien le fait que cette équipe fonctionnait sur un tout petit budget, et que quelque chose de totalement inédit devait s’y passer. C’est là, dans ce qui ressemble à un vieux bunker, que ce jeune type, Peter, débarque avec son ordinateur. L’idée était de faire un mélange entre tous ces éléments.

  Suite sur Comme Au Cinema
   
 Sur le terrain
 

LE STRATÈGE a été tourné dans cinq stades différents, parmi lesquels le Dodger Stadium et le Fenway Park, ainsi que le Blair Field (qui se trouve dans l’enceinte de la California State University, à Long Beach), et le Stengel Field du Glendale Community College. Mais la majorité des scènes de matchs ont été tournées dans l’enceinte de l’Oakland-Alameda County Coliseum, berceau des Oakland A’s, mais aussi de l’équipe de football des Oakland Raiders. Ce stade de 60 000 places a été utilisé pour la majorité des matchs de la saison 2002, ainsi que pour le fameux Game 20.

Wally Pfister, le directeur de la photographie, est très attaché à ce lieu : "Le Coliseum d’Oakland est un personnage du film à part entière, c’est une vieille âme, ou un vieux navire, comme on préfère, qui a vu défiler tant de matchs. C’est un stade qui tient un grand rôle dans notre histoire à tous. Quand on rentre sur le terrain du Coliseum, on est pénétré par un immense respect pour ce lieu. On a le sentiment de marcher sur les traces de Reggie Jackson ou de Catfish Hunter. C’est presque un territoire sacré."

Pour les vétérans des A’s, ce fut un bonheur immense que de remonter le temps en revoyant ce lieu. Billy Beane raconte : "En voyant le film, j’ai retrouvé le pouls du Coliseum, j’ai pu ressentir la présence physique de la foule. J’ai toujours trouvé que les spectateurs du Coliseum étaient d’une grande créativité, digne des années 70, dans leur façon de s’habiller, dans le choix de leurs pancartes, et j’ai adoré, grâce au film, retrouver exactement ce sentiment-là."

David Rinetti, qui était présent pendant la saison 2002, se souvient : "Voir les acteurs faire leur entrée sur le terrain a été une sensation démente. Le casting est génial, parce qu’au fur et à mesure où les comédiens défilaient, je me disais : "Tiens, voilà David Justice, et là c’est Scott Hatteberg, et Barry Zito…" Ils ressemblaient tellement aux vrais !"

L’écrivain Michael Lewis a été très ému lui aussi par sa visite sur le décor du Coliseum. "Tout a un peu changé depuis l’époque, et retrouver les choses exactement comme elles étaient en 2002 a été très étrange. Ma première visite sur le décor a eu lieu pendant le tournage de la scène du homerun de Scott Hatteberg. C’est de loin le moment le plus incroyable, celui qui m’a donné le plus de frissons au moment de l’écriture du livre. En revoir une parfaite recréation en a été presque effrayant ! Mais le bonheur de revivre une expérience inoubliable est en soi un autre moment totalement inoubliable."

La musique utilisée pendant le match final est la même que celle que l’on avait pu entendre en 2002, et le guitariste virtuose Joe Satriani, originaire de la région, est revenu jouer la même version de l’hymne américain que celle qu’il avait interprétée en 2002, pour le match d’ouverture, et avec la même guitare, un prototype Ibanez chromé. Sur petite annonce, plus de mille personnes résidant dans les environs ont été recrutées pour jouer les figurants, notamment les fans des A’s portés par l’enthousiasme lors des matchs, ainsi que les femmes des joueurs, les journalistes et les vendeurs.

Comédiens et techniciens ont été rejoints pour l’occasion, mais aussi pour d’autres séquences du film, par des membres de la MLB qui ont officié en tant que conseillers techniques ou artistiques, attentifs au moindre détail qui puisse accréditer encore un peu plus la véracité historique de la reconstitution. Tous ces éléments se sont additionnés et ont permis aux participants de se retrouver propulsés au cœur même du récit. Comme le résume Chris Pratt : "Entrer dans le stade revêtu des maillots, sur ce gazon sublime, dans cette arène mythique, c’est, en soi, une véritable expérience mystique. On ressent tout à coup le gigantisme de l’ouvrage. C’est bouleversant."

  Suite sur Comme Au Cinema
Retour haut
 
 
 abus de cine - Stéphanie Palisse
 

Ceci n’est PAS un film de baseball

Il est important de préciser que "ceci n'est pas un film de baseball", afin que vous ne ratiez pas ce film absolument brillant, qui cartonne en Amérique du Nord (on parle déjà de sélection aux Oscars pour Brad Pitt). Le film est basé sur le livre "Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game" de Michael M. Lewis, publié en 2003, qui a révolutionné les techniques de recrutement des plus grandes équipes américaines (New York, Boston…). La première équipe à y avoir cru, est celle d’Oakland Athletics et son manager Billy Beane (interprété par Pitt).

Au départ, Beane, pourtant lui-même ancien joueur de base-ball, mais qui n’a pas fait la carrière qui lui était promise, ne supporte pas le stress des matchs et est du genre à faire des 8 en voiture ou à soulever des haltères pendant un match, allumant et éteignant sa radio, au rythme des points gagnants et perdants. Cela a le mérite de le rendre humain. Quand ses trois meilleurs joueurs rejoignent de plus grosses équipes, il se retrouve au pied du mur. Sans suffisamment d’argent, Oakland ne gagnera pas la ligue, encore une fois. Sa route croise alors celle du jeune Peter Brand qui, s’il ne connaît pas grand chose au base-ball, est un vrai petit génie des statistiques. Beane y croit dur comme fer. La paire, seule contre le staff, entraîneur compris (Philip Seymour Hoffman), va donc partir à la chasse aux talents improbables, et réinventer une équipe gagnante.

"Le Stratège" va bien au-delà du terrain de base-ball. Le film aborde l’injustice causée par l’argent dans le milieu du sport bien sûr, et la fierté de pouvoir contourner le système. Mais c’est aussi une aventure humaine que Bennett Miller (on lui doit aussi "Capote") nous raconte avec beaucoup de tendresse. Jonas Hill, choix qui pourrait sembler surprenant (on l’a vu dans des comédies comme "En cloque, mode d’emploi" et "Sans Sarah, rien ne va") est convaincant dans ce rôle de geek du sport. Hoffman (déjà dans "Capote"), presque méconnaissable, est parfait en entraîneur dur à cuire. Brad Pitt quant à lui est brillant en homme à la fois rongé par la peur d’échouer encore, et porté par une confiance et un amour absolus envers le Jeu. Mais c’est comme père qu’il nous émeut le plus, Miller ayant également réussi à capturer toute la magie de ces moments entre père et fille. À ne pas manquer, donc.

  Source : Abus de Cine
 
evene - Adrien Sene
 
On n'en attendait rien et il y a tout. Sur le papier, un film sur les théories statistiques qui sous-tendent le base-ball a de quoi rebuter tout le monde. Sauf que le papier a été noirci par Aaron Sorkin ('The Social Network') et Steve Zaillan ('La Liste de Schindler'), deux des scénaristes les plus réputés à Hollywood. Grâce à eux, les dialogues du 'Stratège' sont parfaitement ciselés, le récit est d'une fluidité exemplaire et le tout est autant le portrait d'un homme en lutte contre les traditions nationales qu'une parabole sur les États-Unis d'aujourd'hui. Le bonus : Brad Pitt, en héros mélancolique, s'assure un Golden Globe et une nomination à l'Oscar.
  Source : Evene
Retour haut