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Titre
original |
Habemus Papam |
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Titre anglais |
We Have a Pope |
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Titre allemand |
Habemus Papam |
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Réalisation |
Nanni Moretti |
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Scénario |
Nanni Moretti, Francesco Piccolo & Federica Pontremoli |
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Interprétation |
Michel Piccoli (Melville), Nanni Moretti (Brezzi), Jerzy Stuhr (Le porte-parole), Renato Scarpa (Cardinal Gregori), Franco Graziosi (Cardinal Bollati), Margherita Buy (La psychanalyste), Dario Cantarelli (Un acteur), Leonardo Della Bianca (Giulio), Camilla Ridolfi (La fillette), Camillo Milli (Cardinal Pescardona), Cardinal Cincotta (Roberto Nobile), Guardia svizzera (Massimo Dobrovic), Le garde suisse (Gianluca Gobbi), Cardinal Brummer (Ulrich von Dobschütz), ... |
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Musique |
Franco Piersanti |
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Photographie |
Alessandro Pesci |
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Pays |
Italie, France |
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Année |
2011 |
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Durée |
1h42' |
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Genre |
Drame |
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Distributeur |
Cineart |
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Cote |
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Sites officiels |
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Bande annonce |
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Affiche |
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Photos |
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Dossier de presse (Français) |
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Dossier de presse (Anglais) |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès. |
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Le Jeudi 24 novembre 2011 |
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Le film est projeté en version originale italienne, allemande, latine, espagnole, polonaise, française, sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité. |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Avec légèreté et finesse, Moretti mixe humour et analyse, réussissant un film pertinent, universel et profond comme peut l’être Michel Piccoli, bouleversant de sincérité et d’innocence. (…) Moretti réalise là son meilleur film depuis la "Chambre du fils". Il réussit ce qu’on pourrait appeler une comédie respectueuse. (La Libre Cinéma)
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise ...
Michel Piccoli est brillant dans le rôle d’un homme étouffé par le poids de sa mission. L’enjeu du film de N. Moretti n’est pas de suggérer qu’il existe, aujourd’hui comme hier, des magouilles politiques, des intrigues de curie. Il s’agit d’y dénoncer une vacance de tous les pouvoirs dans une société paralysée par une dépression chronique. Plus "debordien" que jamais, Moretti démontre que nous vivons dans un monde où chacun fait office de marionnette, poussé par un narcissisme effréné ou soumis à des rituels qui finissent par faire douter les plus altruistes. ( Le Monde) |
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Golden Globes Italiens 2011 |
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- Golden Globes Italien du meilleur film décerné à Nanni Moretti
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ltalian National Syndicate of Film Journalists 2011 (Prix de la presse italienne 2011) |
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- European Silver Ribbon décerné à Michel Piccoli
- Meilleure photographie (Migliore Fotografia) décernée à Alessandro Pesci
- Meilleurs costumes (Migliori Costumi) décernés à Lina Nerli Taviani
- meilleur réalisateur (Regista del Miglior Film) décerné à (Regista del Miglior Film) Nanni Moretti
- Meilleur scénario (Migliore Soggetto) décerné à Nanni Moretti, Federica Pontremoli & Francesco Piccolo
- Meilleur producteur (Migliore Produttore) décerné à Domenico Procacci & Nanni Moretti
- Meilleurs décors (Migliore Scenografia) décerné à Paola Bizzarri
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Festival International du Film de Cannes 2011 |
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- Habemus Papam nominé pour la Palme d'Or
- Habemus Papam nominé pour le Grand Prix
- Habemus Papam nominé pour le Prix du Jury
- Habemus Papam nominé pour le Prix du Jury Oecuménique
- Habemus Papam nominé pour le Prix de la Jeunesse
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Festival international du film de Toronto (Tiff) 2011 |
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- Nanni Moretti nominé pour le Prix de la Critique Internationale - "Présentations spéciales"
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Nanni Moretti, né le 19 août 1953 à Brunico (Italie). Deson vrai nom Giovanni Moretti, aussi connu sous le nom Nanni Moretti. Acteur, Réalisateur, Producteur, Scénariste, Chef monteur, Auteur, Chef opérateur, Scénariste.
Fils d'enseignants, Nanni Moretti est un adolescent athlétique. Il a deux passions le cinéma et le water-polo, qu'il pratique à un très bon niveau. C'est à la fin de ses études que Moretti choisit de devenir cinéaste. Autodidacte, il ne passe pas par une école de cinéma et rejette le métier d'assistant, car selon lui, cela le mènerait au statut de cinéaste "professionnel", c'est-à-dire "impersonnel". En 1973, il réalise ses deux premiers courts métrages en Super-8. Se voulant cinéaste-artisan, il est le scénariste, le réalisateur, le chef opérateur, le preneur son, le monteur et le projectionniste de La Défaite et Pâté Bourgeois.
En 1976, il fait son premier long métrage Je suis un autarcique. Le film - regard ironique sur le gauchisme à travers le portrait d'une troupe de théâtre d'avant-garde - est très remarqué en Italie. Son deuxième film, Ecce Bombo, est présenté à Cannes dans la sélection officielle en 1978. En 1986, il monte sa maison de production "Sacher Films" et en 1991, il achète un cinéma, le Cinema Nuovo Sacher, restant ainsi fidèle à sa vision de la création et à son gâteau au chocolat préféré (le Sacher torte).
Le cinéma de Nanni Moretti est construit autour d'une dimension, autobiographique - acteur, il s'est construit un alter ego, Michele Apicella, présent dans plusieurs de ses films ( Sogni d'oro, Bianca, Palombella rossa) - et d'une dimension politique. Comme avec Aprile, en 1998, dans lequel il manifeste sa joie d'être père et de voir la gauche remporter les élections. En 1990, il est l'auteur d'un documentaire sur le PCI. En Italie, Moretti apparaît comme un des opposants les plus radicaux de Berlusconi. A la télévision, il participe à des émissions politiques (comme Roberto Benigni) pendant la campagne électorale de 2006. La même année, Le Caïman, satire anti-berlusconienne, est projeté à Cannes.
Nanni Moretti fait partie de la petite liste des cinéastes coutumiers du Festival de Cannes. Nombreux de ses films y ont été présentés, et il a lui-même été membre du jury en 1997. Il est également l'auteur d'un des segments du film collectif Chacun son cinéma, réalisé pour les 60 ans du Festival. Le cinéaste italien revient d'ailleurs sur la Croisette en 2011 pour Habemus Papam, sélectionné en compétition officielle. Dans ce drame, il met en scène les doutes intérieurs d'un pape tout juste élu.
Source : Tout le ciné
Toute la filmographie de Nanni Moretti sur IMDB en tant que :
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Un titre bien choisi
Le titre du film, Habemus Papam, est clairement connecté à la situation présentée puisqu'il signifie "nous avons un pape". Selon la tradition, cette phrase est prononcée par le cardinal protodiacre, sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, et précède le nom du nouvel élu.
Pas de tournage au Vatican
Nanni Moretti a rencontré le cardinal Ravasi, un individu très influent, et il lui a fait lire son scénario avec l'espoir de pouvoir tourner au Vatican. Mais le cardinal a refusé de lui donner une autorisation. Les prises de vue sont donc effectuées à Rome, dans les studios Cinecitta et au Palais Farnèse entre autres.
Moretti et la psychanalyse
Nanni Moretti imagine ici un pape qui suit une psychanalyse. Dans La Chambre du fils, sorti en 2001, il développe déjà ce thème en prenant un psy pour personnage principal.
Autour du réalisateur
Pour Habemus Papam, on retrouve Francesco Piccolo et Federica Pontremoli, scénaristes sur Le Caïman. Sont aussi présents Franco Piersanti, compositeur sur le précédent film de Moretti, ainsi que Esmeralda Calabria, chef monteuse sur Le Caïman et La Chambre du fils.
Casting
Renato Scarpa, qui joue le Cardinal Gregori, apparaît dans La Chambre du fils. En outre, le cinéaste dirige de nouveau Jerzy Stuhr et Margherita Buy, qui incarnent respectivement Jerzy et Paola dans Le Caïman.
Un acteur, deux projets
Malgré son grand âge, Michel Piccoli est attendu dans un autre long métrage produit en 2011. Il s'agit d'un drame d' Alain Resnais intitulé Vous n'avez encore rien vu.
Cannes 2011
Habemus Papam était en compétition pour la Palme d'or lors de la 64ème édition du Festival de Cannes.
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| Source : Tout le ciné |
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evene |
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Choix de carrière
Nanni Moretti a hésité, dans sa jeunesse, entre une carrière de joueur professionnel de water-polo et son métier d’acteur. D’ailleurs, son film la Palombella rossa relate l’intégralité d’une rencontre de water-polo.
Festival de Cannes 2006
Fort de son succès transalpin, Nanni Moretti présente en Compétition officielle son Caïman, cinq ans après avoir triomphé à Cannes en obtenant la Palme d'or pour La Chambre du fils.
Naissance de Géricault
Le peintre du Radeau de la méduse voit le jour à Rouen. Théodore Géricault illustrera dans ses peintures un souci constant de la représentation du réel, qu'il soit constitué de fait réels ou de simples représentations du quotidien.
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Source : Evene |
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Focus vif.be avec Belga |
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Le film Habemus Papam, de Nanni Moretti, sur l'impossibité psychologique d'un pape à assumer son élection, doit-il être boycotté ? Respectueux et humain pour les uns, superficiel et insolent pour d'autres, il divise déjà la communauté catholique en Italie.
Sorti vendredi dans 447 salles de la péninsule, ce film-portrait "psychanalytique" d'un nouveau pape (Michel Piccoli) pris de panique et refusant de se présenter aux fidèles place Saint-Pierre, a été pris d'assaut pendant le week-end, générant 1,3 million d'euros de recettes. Dans une lettre publiée par l'influent journal des évêques italiens, Avvenire, le vaticaniste Salvatore Izzo a lancé l'offensive, appelant les catholiques à boycotter ce film qui pénètre avec humour mais sans malveillance dans le monde clos des cardinaux pendant un conclave. Aller le voir revient à récompenser un film qui "ennuiera" profondément les non-croyants, a-t-il fait valoir.
Les critiques ont cependant été positives, comme celle de la revue des Jésuites Civiltà Cattolica ou encore de Radio Vatican qui n'a vu dans ce film "aucune ironie, aucune caricature". Avvenire a publié cette lettre ouverte, mais cela ne constitue pas une prise de position des évêques. "J'espère qu'ils ne le feront pas. Ils feraient piètre figure. Car la foi n'est pas en jeu", affirme le vaticaniste Luigi Accattoli, qui ajoute: "Ce film est respectueux, il doit être pris comme la comédie légère qu'il est".
Sandro Magister, autre spécialiste du Vatican, relève que des voix diverses s'expriment, mais qu'il n'y a pas de condamnation officielle. "Si elle était proférée, cela profiterait au réalisateur: il serait ravi d'une polémique qui est totalement dénuée de fondement."
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Source : Focus Le Vif |
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"Si mes films dessinent un portrait politique de l'Italie, c'est d'abord pour satisfaire ma curiosité personnelle, au même titre que j'enregistre certains faits de ma vie privée" (Nanni Moretti)
"Si on se prend trop au sérieux quand on parle de soi, on devient vite ridicule" (Nanni Moretti)
"J'ai toujours voulu laver le linge sale en public" (Nanni Moretti) |
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Vodkaster - David Honnorat |
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Dans son nouveau film, Habemus Papam, Moretti porte la comédie à bout de bras. Devant sa caméra, l’art comique est le plus sacré de tous. Son dévouement est tel qu’on ne peut en douter : la comédie est son sacerdoce.
"Mais elle est immense […] la prétention de faire rire !" s’écriait Desproges dans l’une de ses chroniques radiophoniques à l’adresse d’un vil critique ayant dit quelque part d’un film de Claude Zidi qu’il "n’avait pas d’autre ambition que celle de nous faire rire." Échauffé, Desproges avait poursuivi : "Chaplin a sué. Guitry s’est défoncé. Woody Allen et Mel Brooks se sont fatigués, souvent, pour avoir eu vingt heures par jour la prétention de nous faire rire." Et Moretti hein ? Moretti lui aussi s’est arraché, film après film, pour servir au mieux les couleurs qui sont les siennes depuis toujours : celles de la comédie.
Moretti est d’ailleurs bien placé pour connaître le manque de considération dont souffre le genre. Lui qui est pourtant si doué pour susciter les rires, c’est dans les larmes qu’il avait triomphé à Cannes en recevant la Palme d’or pour La Chambre du fils ; un drame des plus poignants qui ne laissait que très peu de place à la joie.
Dans son film suivant, Le Caïman, une scène jumelle verbalisait l’une des convictions les plus marquées de son cinéma, qu’importe les sujets, le contexte et les enjeux : "c’est toujours le moment de faire une comédie, toujours !".
Habemus Papam est un film qui, comme son personnage principal, se refuse à un destin gigantesque. Rendez-vous compte : voilà Moretti ce franc-tireur de gauche, malin et athée, qui, après avoir dressé un portrait au vitriol de Silvio Berlusconi, s’offre l’Église en plat de résistance ! On croit d’ailleurs voir se profiler la charge jubilatoire attendue dans les formidables premières minutes du film mettant en scène un conclave au burlesque sans pareil. Déjà on se réjouit, invités dans le saint des saints, d’observer par les yeux moqueurs de Nanni ce grand cirque qu’est la désignation du Pape. Mais Moretti n’en a cure. S’il se satisfait, non sans tendresse, de ce sympathique cirque, il vit si loin de la religion qu’il ne ressent pas (ou plus ?) le besoin de consacrer un film à la tourner en ridicule.
Ecartée aussi la question de la foi qui n’intéresse guère Moretti. De son côté le cardinal Melville (Michel Piccoli) croit, c’est certain. S’il renonce à la papauté et se dérobe ainsi à l’appel de Dieu, ce n’est certainement pas parce qu’il doute. L’athéisme de Moretti est quant à lui tout aussi avéré. Il ne s’agit jamais d’interroger le rapport à Dieu.
Voyant entrer le cinéaste dans le champ (comme dans La Chambre du fils, il joue un psychanalyste) on croit alors enfin deviner le véritable sujet du film, mais une fois de plus, c’est une fausse piste. Habemus Papam n’a pas vocation à faire la psychanalyse du Pape. Le temps seulement de quelques brillantes scènes comiques et le sujet est également balayé d’un revers de main.
Par ses renoncements successifs, le film fait bien sûr écho à son sujet : l’histoire d’un cardinal désigné pour être Pape qui, devant les attentes de tous, refuse d’endosser son rôle. Mais après cette série de fausses pistes, le film s’ouvre enfin de manière explicite à son sous-texte. Melville qui a fuit le Vatican croise la route d’une troupe de théâtre. Il ne sera dès lors plus question que d’une chose : le rapport à la comédie.
La notion de jeu est au coeur du film au point d’arborer les reflets d’un existentialisme sartrien. Chacun ici joue pour exister : "leur condition est toute de cérémonie, le public réclame d'eux qu'ils la réalisent comme une cérémonie". Quoi de plus cérémonieux que le théâtre ou le cinéma ? Ah oui, peut-être, l’Église Catholique ! Comme le garçon de café de L’Être et le néant, chaque personnage "joue avec sa condition pour la réaliser". Dans ce dévouement au jeu, c’est à dire à la comédie, on retrouve les conditions de la survie. Si un acteur cesse de jouer, il cesse d’exister et abandonne le public, si un homme d’Église se dérobe à sa fonction, il la perd et trahit les fidèles.
C’est dans ce contexte que se réalisent les plus beaux moments du film. C’est l’aveu gêné de l’expert à la télévision qui confesse qu’il improvise et qu’il ne sait pas vraiment ce qu’il dit, c’est aussi Melville désabusé qui sillonne les rues de Rome parmi les hommes tandis qu’au Vatican, pour rassurer les cardinaux inquiets, un garde Suisse promène une silhouette papale aux fenêtres de ses appartements.
S’il ne boude jamais vraiment son plaisir, Moretti place sa comédie sous le signe de la frustration. Les gags déçoivent, pas parce qu’ils sont désamorcés comme les premières pistes du récit, mais parce que, à chaque fois à contre-coeur, il doit y mettre fin.
Sur tous les personnages, une menace pèse : un coup de sifflet qui marquerait la fin de la récréation. Cette déception, Moretti, l’acteur, l’incarne lui-même quand il voit, dépité, les cardinaux déserter le tournoi de volley qu’il avait organisé.
En composant ainsi une comédie déceptive, Moretti met en scène l’un de ses états d’âme. Conscient que tout est comédie, convaincu aussi qu’il n’y a rien de plus beau, il se sent contraint par le sérieux du monde à y renoncer. Alors même qu’il croit en sa vocation, Melville se résout à renier la comédie parce qu’il ne se sent pas les épaules pour le sérieux qu’elle impliquerait désormais. Devant un si grand public, ce n’est plus drôle.
Voilà l’objet de la dépression d’Habemus Papam. Quand il est confronté au sérieux, le rire devient grave, voire sinistre. Dans ce grand geste de mélancolie, on peine à retrouver le Moretti enjoué pour qui il était toujours temps de faire une comédie.
Et si le sérieux gagnait les hommes ? Et si, dans le sillage, de Melville nous finissions tous par abdiquer ? Sujet à la mode cette année à Cannes, Moretti suggère une autre fin du monde. Arrêtons de rire, cessons de jouer, renonçons au cinéma ou à la comédie et tout est terminé. Ironiquement, celui qui, cette année, a été appelé pour porter sur ses frêles épaules le destin du cinéma mondial n’est pas monté sur la scène du Palais des festivals. Le père Malick lui aussi, nous a abandonnés.
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Source : Vodkaster |
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Le pape est mort. "Un nouveau pape est appelé à régner... Araignée ? Pourquoi pas libellule ou papillon ?", rigolaient les enfants de jadis. Embrayant, après les funérailles d'un souverain pontife, sur l'élection burlesque de son successeur, le nouveau film de l'Italien Nanni Moretti est au diapason de cette comptine.
Pourquoi l'un, pourquoi l'autre ? Le conclave a du mal à désigner le guide suprême, les cardinaux n'ont pas la moindre inspiration divine. Chacun, comme à l'école, écrit un nom sur un carton, il en est qui regardent par-dessus l'épaule du voisin. Tous traduisent leur perplexité en tapotant leur stylo sur la table, tous ou presque prient Dieu d'être épargnés par ce vote : "Surtout pas moi !"
Face aux cardinaux favoris, un certain Melville (Michel Piccoli) finit par être plébiscité, à son propre effroi. La fumée blanche jaillit de la cheminée du Vatican. Mais le nouveau pape se dérobe. Il refuse d'avancer sur le balcon qui le ferait apparaître aux fidèles massés sur la place Saint-Pierre, crie son incapacité d'assumer sa charge. Habemus Papam est le récit d'une panique, d'une dérobade.
La fiction de Nanni Moretti n'en est pas tout à fait une. En 1978, Jean-Paul Ier, à peine élu, prononça ces mots en latin : "Une grande tempête est sur moi", et mourut trente-trois jours plus tard. Effaré d'avoir été désigné pour succéder à Innocent VI en 1362, le cardinal Hugues Roger refusa de porter la tiare. D'autres démissionnèrent durant leur pontificat, d'autres encore abdiquèrent en se rendant compte qu'ils n'étaient pas faits pour le siège papal.
Néanmoins, l'enjeu du film de Nanni Moretti n'est pas de suggérer qu'il existe, aujourd'hui comme hier, des magouilles politiques, des intrigues de curie. Il s'agit d'y dénoncer une vacance de tous les pouvoirs dans une société paralysée par une dépression chronique.
Plus debordien que jamais, Moretti démontre que nous vivons dans un monde où chacun fait office de marionnette, poussé par un narcissisme effréné ou soumis à des rituels qui finissent par faire douter les plus altruistes. Le pape, qui refuse de tenir le rôle qu'on lui assigne, croise en ville un acteur de théâtre qui est emmené dans un institut psychiatrique parce qu'il voulait jouer tous les rôles de la pièce de Tchekhov qu'il répétait.
Ce constat d'une atmosphère propice aux erreurs de distribution n'est pas nouveau chez le cinéaste italien. Interprétant un prêtre dans La messe est finie (1985), il montrait un porteur de soutane impuissant à venir en aide à ses ouailles, sans illusion sur sa capacité à leur redonner un coup de fouet spirituel.
Dans la peau d'un cadre du Parti communiste italien dans Palombella Rossa (1989), il se proclamait pareillement inadapté, incapable de faire acte de foi militante après l'effondrement des grandes croyances collectives, empêtré dans une gaucherie individualiste.
"Aujourd'hui, l'Eglise a du mal à comprendre les choses", lâche Sa prétendue Sainteté pour justifier en partie sa dépression et la solitude qui l'étreint. Les coulisses du Vatican ne sont pas les seules dénoncées dans Habemus Papam : c'est tout un système qui est mis en question, de guides ou de gourous, celui des abbés qui ont besoin des théologiens, des chefs d'Etat qui citent des idéologues, des citoyens, des couples et même des arbitres qui sont otages d'un psy (celui de Palombella Rossa, qui ne pouvait siffler un penalty sans consulter son psy). Interviewé à la télévision sur l'invisibilité du nouveau pape, un "spécialiste" dérape, bafouille, avoue son incompétence.
L'une des scènes les plus drôles d'Habemus Papam confronte ce pape pris de panique et un disciple de Freud, incarné par Moretti. C'est un dialogue de sourds entre le médecin des âmes et l'accoucheur des inconscients : tentative de confession sans divan, sans intimité (les cardinaux assistent à la séance) et sans la moindre possibilité d'explorer rêves, fantasmes, désirs inassouvis, rapport à la mère... "Mieux vaut pas !", lâche le cerbère de service. Sonder l'enfance est peut-être une piste d'apaisement.
C'est l'une des clés du film, un dada de Moretti. Le curé de La messe est finie et le coco de Palombella Rossa en passaient par là pour se reconstruire une identité. Retrouver des émotions du passé, des visages, des lieux, pour éviter l'amnésie, la dépossession, la disparition. Un ballon dans une sacristie (La messe est finie), une partie de water-polo en guise de congrès (Palombella Rossa) et, ici, un tournoi de volley-ball organisé dans une cour du Vatican entre les cardinaux parqués, illustrent cette volonté de flatter la mémoire. C'est la même chose pour la fugue du pape dans les rues de Rome, réfugié chez un fabricant de beignets, ou le comportement régressif de sa doublure qui se goinfre de pâtisseries - un cadre du Vatican a placé dans la chambre du pape un garde suisse, dont les apparitions en ombres chinoises bernent les cardinaux.
Autarcique, le pape en fuite a besoin de "repenser plein de choses de [sa] vie". Les vaticanistes ont eu raison de ne pas prendre Habemus Papam pour un film anticlérical. C'est un film sur l'imposture, le constat que plus rien n'est efficace comme remède au désarroi, ni la religion, ni les hommes providentiels, ni le sport d'équipe, ni le bain de foule.
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| Source : Le monde |
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Histoires des pontifiés qui ont craqué... ou presque |
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Article paru dans La Vie, jeudi 14 avril 2011
"Priez pour moi afin que je ne me dérobe pas devant les loups." C’est la demande qu’avait faite Benoît XVI lors de la messe inaugurale de son pontificat. Dans son livre, la Lumière du monde, il confiait avoir pensé à son élection comme à une guillotine placée au-dessus de sa tête. Il n’est pas le seul. Le trône de Saint Pierre, par l’ampleur de la tâche et des responsabilités qu’il induit, a souvent été plus redouté que désiré. Jean-Paul Ier, à peine élu en août 1978, prononça ces mots en latin : "Tempesta magna est super me" (une grande tempête est sur moi). De santé fragile, il succomba au bout de 33 jours.
Tout pape prend conscience du lourd fardeau dès son élection par les cardinaux
Pendant que la fumée blanche s’évapore dans le ciel romain au son des cloches et que les fidèles accourent vers la place Saint-Pierre pour découvrir leur nouveau pape, ce dernier s’isole dans la Camera lacrimatoria (chambre des larmes). Dans cette pièce de 9m2, attenante à la chapelle Sixtine, où s’est tenu le conclave, il revêt l’une des trois soutanes blanches préparées par le tailleur attitré du Vatican. Là, en présence du camerlingue et du maître des célébrations liturgiques, il peut s’abandonner à quelques furtifs instants d’émotion, juste avant de paraître pour la première fois au balcon de la loggia de la basilique Saint-Pierre.
Intrigues politiques, recherche du salut, inexpérience…les raisons d’abdiquer sont nombreuses
Dans les annales de la papauté, il n’existe qu’un cas de refus de porter la tiare : celui du cardinal Hugues Roger (1293-1363), frère du pape Clément VI et évêque de Tulle. Camerlingue du Sacré Collège, il est élu à sa grande surprise à la mort d’Innocent VI en 1362. Pourquoi refuse-t-il son élection ? Pour des raisons bassement économiques. Propriétaire d’un immense patrimoine, il préfère poursuivre ses achats somptuaires pour enrichir ses domaines plutôt que de connaître les affres de la sauvegarde de la chrétienté !
Des papes - très peu nombreux - ont, en revanche, démissionné durant leur pontificat. A cela, deux raisons principales. D’abord, il y a les démissions résultant d’intrigues politiques : c’est le cas du duc Amédée VIII de Savoie. Souverain pieux et éclairé, il fonde le prieuré de Ripaille près du Lac Leman, en 1410. Il est élu pape en 1440 sous le nom de Félix V. Il accepte sa nouvelle fonction après moult hésitations. Mais, vite désabusé par les intrigues de la Curie, et soucieux de son salut, il abdique en 1449. Intrigues et abdications successives marquent le "drôle" de règne de Benoît IX (1012-1056) : il sera pape à trois reprises entre 1044 et 1048, après avoir perdu puis reconquis son titre à la suite de soulèvements populaires et de rivalités entre de grandes familles aristocratiques romaines.
Ensuite, il y a l’abdication motivée par l’inexpérience et …l’attrait d’une vie plus spirituelle
Le cas le plus célèbre, et là encore unique dans l’histoire, est celui de Célestin V. Pietro del Morrone (1215-1296) est le moine bénédictin qui fonda l’ordre des Célestins. En 1294, après deux ans de vacance du siège papal, les cardinaux vont chercher cet ermite de 84 ans qui vivait dans une grotte isolée. Sa réputation de sainteté ne lui fut d’aucune utilité pour gérer les affaires de ce monde. Aussi, conscient de son inexpérience politique, il abdiqua cinq mois après.
Son successeur, Boniface VIII, de peur que son aura soit instrumentalisée par ses ennemis, l’incarcéra au château de Fumone, en Campanie, où le vieux moine mourut deux ans plus tard avant d’être canonisé en 1313.
Intrigues politiques, inexpérience, recherche du salut : l’inventaire des raisons qui poussèrent des papes à démissionner ou à y penser ne serait pas complet sans citer la maladie. Le postulateur de la cause de béatification de Jean-Paul II, Slawomir Oder révèle dans un livre (le Vrai Jean Paul II, Presses de la Renaissance) que Karol Wojtyla, diminué par la maladie, avait envisagé de démissionner. En 1989, il avait écrit en ce sens, une lettre où il prévoyait de "renoncer" à ses fonctions "en cas de maladie, qui (l’)empêche d’exercer suffisamment les fonctions de (son) ministère apostolique". Cette disposition ne fut jamais appliquée grâce à la volonté du pape polonais qui mourut à la tâche, avec la dignité et le courage qu’on sait.
Jean-Paul II aurait-il crée une jurisprudence destinée à ses successeurs ? En 1996, il promulgua la constitution apostolique Universi dominici gregis pour moderniser le rituel de l’élection. Mais l’article 86 délivre un véritable code de conduite au cardinal élu qui serait tenté de refuser le choix de ses pairs : "Je prie celui qui sera élu de ne pas se dérober à la charge à laquelle il est appelé, par crainte de son poids, mais de se soumettre humblement au dessein de la volonté divine. Car Dieu qui lui impose la charge le soutient par sa main, pour que l’élu ne soit pas incapable de la porter ; Dieu qui donne cette lourde charge est aussi Celui qui l’aide à l’accomplir, et Celui qui confère la dignité, donne la force, afin que l’élu ne succombe pas sous le poids de la mission." Un poids sous lequel, tel le roseau de la fable, le pape peut plier mais ne jamais se rompre.
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Source : Comme au cinema |
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Mort et éléction d'un nouveau Pape |
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À la mort du Pape, le siège est vacant jusqu’à l’élection. Tous les actes officiels sont suspendus. La vacance peut également survenir en cas d’hérésie, de folie avérée ou si le nouveau pape renonce à sa charge. Le Sacré Collège, qui regroupe les plus hauts dignitaires de l’église (aujourd’hui, 185 cardinaux issus du monde entier et répartis en trois ordres), est chargé des affaires courantes. Le Camerlingue, à la tête de la Chambre Apostolique (gestionnaire des biens du Saint-Siège) coordonne les événements.
Neuf jours de deuil : les Novemdiales
Neuf jours sont consacrés au deuil et à la prière. Neuf jours durant lesquels le corps est exposé. Traditionnellement, les principaux rituels sont les suivants : une procession jusqu’à la Basilique Saint-Pierre, une messe de funérailles, une descente dans la crypte de la basilique et enfin, l’inhumation. L’anneau du pêcheur (représentant Saint-Pierre), signe de son alliance à l’Eglise et qui servait autrefois de sceau pour les documents officiels, est symboliquement détruit.
Les Congrégations
À la mort du pape, les cardinaux sont rassemblés en Congrégations : une Congrégation générale pour prendre les décisions importantes et une congrégation particulière pour les affaires mineures. La Congrégation générale est présidée par le Doyen. En plus des affaires courantes, ils sont chargés de prendre les dispositions nécessaires au vote. Ils résident à huis-clos à la Maison Sainte Marthe, à proximité de la Basilique. Les lieux sont strictement contrôlés afin de protéger le secret du protocole.
Le Conclave et le vote
Origines
À partir de 1181, ce sont les cardinaux romains qui élisent seuls le pape. Auparavant, l’élection du pontife romain était la prérogative des clercs de l’Eglise de Rome et de laïcs confondus. Dès lors, son élection était souvent influencée voire déterminée par le pouvoir politique en place. En 1271, l’élection du pape à Viterbe dura près de 3 ans. Excédées, les autorités romaines décidèrent d’emmurer les cardinaux jusqu’à ce qu’ils se décident. En 1274, le nouveau pape, Grégoire X, décide donc de créer le Conclave (du latin "cum clave" : "à clé") qui désigne le lieu et l’assemblée qui procède au vote. Les conditions sont très strictes : les cardinaux vivent enfermés dans une même pièce et si, au bout de 5 jours, le vote n’est pas terminé, les cardinaux sont réduits au pain, au vin et à l’eau pour forcer leur décision ! Au Moyen-âge, les règles du vote ont évolué jusqu’à ce que soient définitivement adoptés le principe de la majorité des deux tiers et une limite d’âge de 80 ans pour les cardinaux. En 1996, Jean-Paul II rédige la Constitution apostolique "Universi Dominici Gregis", qui a assoupli certaines dispositions (permettant notamment de pouvoir dépasser le nombre limite de 120 cardinaux âgés de moins de 80 ans) tout en conservant l’essentiel des principes en vigueur jusque-là.
Préparatifs
Plusieurs jours de prières et de discussions sur l’Église et le monde d’aujourd’hui permettent d’amorcer le vote. Le processus de l’élection commence entre 15 et 20 jours après la mort du pape. Les "Papabile" sont les cardinaux considérés officieusement comme favoris. Après la célébration eucharistique solennelle de la messe, une procession part de la chapelle Pauline jusqu’à la chapelle Sixtine où se tient le vote (depuis le XVIème siècle). Les cardinaux sont maintenus dans un isolement complet afin que le vote soit tenu secret. Les cardinaux et toutes les personnes en contact avec eux prêtent serment, jurent de ne rien divulguer du vote et les communications avec l’extérieures sont interdites, sauf cas de force majeur.
Le vote en Conclave
Quatre scrutins peuvent avoir lieu par jour afin d’obtenir une majorité aux deux tiers. Si on ne parvient pas à un résultat, on accorde une journée de réflexion entre deux sessions de vote. En dernier recours, le vote se fait soit à la majorité absolue soit entre les deux candidats qui ont obtenu le plus de voix. Par le passé, les votes ont pu être très longs, mais les plus récents durèrent seulement entre deux et cinq jours.
Sur chaque bulletin de vote est écrit la mention "Eligo in summum pontificem" (Je choisis comme souverain pontife…). À chaque vote on perce les bulletins au niveau du mot "Eligo" et on les relie avec un fil pour la vérification du nombre de bulletins et le décompte.
Chaque jour, les bulletins sont brûlés et une fumée s’échappe du poêle de la chapelle Sixtine. Si la fumée est noire, il faut encore attendre ; si elle est blanche, c’est que le nouveau pape est élu. Depuis 1978, on ajoute aux papiers un produit chimique (noir ou blanc) et depuis 2005, on sonne les cloches de la chapelle afin d’éviter toute confusion.
Une fois le pape élu, le Doyen des cardinaux lui pose la question : "Acceptez-vous votre élection comme souverain pontife ?". Si oui, le nouveau pape choisit son nom et les cardinaux viennent lui rendre hommage. On lui remet le pallium (sorte de manteau court), la mitre et un bâton inspiré de la crosse d’évêque et de l’ancienne ferula. Enfin, du haut de la loge des Bénédictions (à la basilique Saint-Pierre), le protodiacre annonce au monde la bonne nouvelle, par la formule "Habemus Papam" (Nous avons un pape) ; le pape peut prononcer sa première bénédiction Urbi et Orbi, c’est-à-dire à la ville de Rome et au monde.
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Source : Comme au cinema |
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Journal d'une lectrice |
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Dans cette fable grinçante, où il n'est absolument pas question de religion, l'excellent Nanni Moretti met en scène la solitude absolue du pouvoir tout en se livrant à un brillant exercice de mise en abyme de la théâtralité. Tout est illusion. Un figurant est engagé pour occuper les appartements pontificaux pendant que l'authentique pape hante les théâtres et se mêle aux comédiens. Parce que c'est aussi l'histoire d'un vieil homme (merveilleux Michel Piccoli) qui au seuil de la dernière étape de sa vie se penche sur son passé et ses rêves de jeunesse jamais réalisés.
Nanni Moretti imagine un monde où le pouvoir est devenu le fardeau absolu, un monde en carton pâte où des marionnettes angoissées s'agitent en vain.
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Source : Journal d'une lectrice |
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rue 89 - Louis Lepron |
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Un pape qui sort ...
Melville quitte la prison religieuse qu'est soudain devenu pour lui le Vatican et part dans les rues de Rome, à la recherche d'une réponse. Le devoir, il le connaît. Mais qu'en est-il de ses choix, ses angoisses ? Le conclave qui s'est réuni pour l'élire, s'en est-il inquiété ? Le psychanalyste embauché par le Saint-Siège ne lui est d'aucun secours. Melville retrouve ses désirs et ses souvenirs en arpentant la capitale italienne. Tout cela pour le ramener à son enfance, à lui-même. D'un pape dominant la foule, on découvre un être, humain après tout, dépassé par les évènements, caché dans les bus. Incognito, il s'invente une vie tout en essayant d'y donner une touche personnelle. Car ce qu'a écrit Nanni Moretti, est d'abord le récit sur les limites de la liberté d'un homme face à une charge aussi lourde.
... et un psychanalyste qui rentre
Le réalisateur italien s'invite dans le scénario et joue le rôle du psychanalyste, Brezzi, beau parleur. Il lui est impossible de parler d'Œdipe et de rêveries pour calmer Melville. Mais il va s'intégrer avec joie dans un monde qui lui est étranger.
Nanni Moretti n'en reste pas là. Conviant une bande de gardes suisses et de cardinaux si empotés qu'ils en deviennent attachants, le réalisateur de "Journal Intime" promet au spectateur une crise de foi doublée d'une bonne dose d'humour.
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Source : Rue 89 |
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rtbf - Hugues Dayez |
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(...) Le point de départ du nouveau film de Moretti est tellement formidable qu’on se demande comment aucun cinéaste italien n’avait eu cette idée avant lui ! Mais loin d’être une farce bêtement anticléricale, ou un pamphlet appuyé contre les scandales récents de l’Eglise, "Habemus papam" fonctionne plus comme une fantaisie, une fable sur le doute d’un homme face à son devoir. Et si Moretti avait eu la main un peu lourde dans son film précédent "Le Caïman" pour dénoncer les excès du régime de Berlusconi, il retrouve ici son ironie feutrée, son sens de l’humour pince-sans-rire qui en fait un des talents les plus originaux du cinéma italien de ces 25 dernières années.
Il y a beaucoup de trouvailles dans son dernier film – et les énumérer risquerait d’amenuiser le plaisir du spectateur. (...) Le film regorge de séquences subtiles et délicieuses. Michel Piccoli, à 85 ans, se glisse dans la peau de ce pape dubitatif avec aisance et justesse, tandis que Moretti s’en donne à cœur joie en psychanalyste se muant en arbitre de joutes improvisées au Vatican … Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps et "Habemus papam" ne suffira pas à nous convaincre de la santé retrouvée du cinéma italien, mais c’est malgré tout un joli bonbon pour l’esprit.
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Source : Rtbf |
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la libre - Fernand Denis |
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Habemus Papam, la crise de foi
La rencontre du confessionnal et du divan, de l’âme et de l’inconscient.
Le pape est mort, un nouveau pape est appelé Mais personne ne se bouscule pour enfiler la soutane blanche. Il y a bien un cardinal qui manœuvre depuis qu’il est enfant de chœur sans doute, mais les autres n’en veulent pas.
Et cela tombe sur Melville, lequel faisait tout pour être transparent. Dieu a décidé, et le modeste ecclésiastique ne peut pas refuser. Mais quelques instants avant d’apparaître au balcon, de saluer les dizaines de millions de pèlerins massés place Saint-Pierre, de croyants agglutinés devant leur télé, sa sainteté pousse un déchirant cri papal et s’enfuit dans ses appartements.
Voilà le rituel séculaire décapité à son climax. La procession écarlate des cardinaux, le conclave dans la chapelle Sixtine, les fumées noires, la fumée blanche et le pape qui n’apparaît pas il faut un génie de la com' pour sauver le morceau au prix d’un mensonge - pieux, bien entendu -, parlant d’une retraite de prières du saint-père. En fait, on a fait venir dare-dare et incognito un psychanalyste pour aider le nouveau pape tétanisé par la tache.
Mais l’homme se révèle plus gériatre que psy, s’attachant à animer avec un peu de sport cette assemblée de vieux messieurs. Un deuxième psy est sollicité, mais comme c’est une femme, le pape devra être exfiltré hors de l’enceinte du Vatican, l’occasion pour le saint homme de fausser compagnie aux gardes suisses et de se fondre dans la ville, parmi les gens.
Il ne fallait pas désespérer de Moretti qui réalise là son meilleur film depuis dix ans, depuis la "Chambre du fils". Il réussit ce qu’on pourrait appeler une comédie respectueuse. En effet, tout le tralala catholique romain - avec son défilé de primats, ses gardes de carnaval, sa misogynie viscérale et son actualité pédophile - avait de quoi stimuler l’ironie.
Le réalisateur évite ce piège, renonce à la charge facile et attendue, pour organiser plutôt la rencontre de la religion et de la psychanalyse, le choc du confessionnal et du divan, le rendez-vous de l’âme et de l’inconscient. Cette idée formidable, Moretti se contente cependant de l’effleurer pour en tirer quelques gags, visualiser aussi sa réflexion sur l’Eglise et l’interroger sur la place de son chef. Dans l’annexe gériatrique d’une attraction touristique ou parmi son troupeau ?
Toutefois, le Vatican n’est sans doute qu’un décor, symbolique et imposant, pour mettre en scène une crise de foi. Avec un grand F pour le pape, un petit pour tous les autres. Mais c’est la même chose : suis-je la bonne personne au bon endroit ? Avec simplicité, intensité, humanité, Michel Piccoli incarne un homme qui doute avoir les capacités, la vision nécessaire à la fonction.
Le premier semestre a été marqué par le "Discours d’un roi", le destin d’un homme qui cherche sa voi(x-e) pour exercer le pouvoir; et voici qu’au second, c’est le destin d’un homme qui cherche sa foi, car il ne se sent pas à la hauteur des responsabilités qui lui tombent du ciel.
Avec légèreté et finesse, Moretti mixe humour et analyse, réussissant un film pertinent, universel et profond comme peut l’être Michel Piccoli, bouleversant de sincérité et d’innocence. (...)
Et dans un pays qui attend un gouvernement depuis plus de 400 jours, l’idée du conclave a de quoi séduire. Si on enfermait nos députés au Parlement avec interdiction d’en sortir tant qu’il n’y a pas de gouvernement, la crise ne durerait pas aussi longtemps. L’idée remonte au XIIIe siècle. Après 2 ans et 9 mois, comme aucun successeur à Clément IV n’avait pu être désigné, les autorités romaines avaient emmuré les cardinaux et menacé de les affamer pour les pousser à se décider.
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Source : La libre |
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tout le cine - Laure Croiset |
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C'est avec malice que Nanni Moretti s'amuse de la religion (et de la psychanalyse) avec son subtil et presque fellinien Habemus Papam. Brillant.
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s'élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain de découvrir le visage du nouveau souverain pontif. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d'une telle responsabilité et préfère se concentrer sur sa carence de soins.
Le Conclave réuni au Vatican et c'est la panne d'électricité. L'un des cardinaux tombe à terre. Mise à plat, désacralisation, gags burlesques, c'est sur ce terrain que Nanni Moretti engage son nouveau film et invente un pape de fiction en proie aux doutes et prêt à s'engager en psychanalyse. S'inscrivant dans la lignée de La Messe est finie, Habemus Papam a l'oeil qui frise, mais n'en dit pas moins sur l'archaïsme actuel de l'Eglise. Par le biais de ce Pape dont les doutes sont incarnés avec la justesse qu'on lui connaît, Michel Piccoli montre la solitude d'un homme qui va se libérer grâce à la parole, son amour des mots et du spectacle. Nanni Moretti capte cette démesure en accordant une importance particulière à ses plans. La scène du labyrinthe exprime ici les méandres de l'esprit de ce Pape qui se fait passer pour un acteur dans la foule, anonyme.
En faisant entrer un thérapeute dans l'antre du Vatican, Nanni Moretti signe un acte fort et caustique. Loin de toutes tentatives polémiques, il s'amuse avec ce sujet, laisse la place aux doutes et au burlesque et émet plus largement un discours sur la société-spectacle.
La messe est loin d'être finie pour Monsieur Moretti.
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Source : Tout le cine |
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