Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
ACCUEIL LE CCEC TARIFS SAISONS FESTIVALS LIENS CONTACT PARTENAIRES
Saisons
 
 
 
Blue Valentine réalisé par Derek Cianfrance
    
Titre original Blue Valentine
Réalisation Derek Cianfrance
Scénario Derek Cianfrance, Cami Delavigne & Joey Curtis
 Scripte Tony Osso
Interprétation Faith Wladyka (Frankie), John Doman (Jerry), Michelle Williams (Cindy), Mike Vogel (Bobby), Ryan Gosling (Dean), Barbara Troy (Jo), Ben Shenkman (Dr. Feinberg), Carrey Westbrook (Charley), Eileen Rosen (Mimi), James Benatti (Jamie), Jen Jones (Gramma), Marshall Johnson (Marshall), Maryann Plunkett (Glenda), ...
Musique Grizzly Bear
Photographie Andrij Parekh
Pays USA
Année 2010
Durée 1h52'
Genre Romance, Drame
 Distributeur Paradiso Films
 Cote
     3,8 (32.935 votes)
Sites officiels
Bande annonce  
Affiches 01 / 02 / 03 / 04 / 05
Photos  
 Dossier de presse (français)
 Dossier Dossier de presse (anglais)
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 08 décembre 2011
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Blue Valentine décrit aussi bien les débuts enthousiastes que la lente détérioration d’une relation de couple. Des acteurs brillants et une observation minutieuse sont à la base de ce beau film tout en finesse qui se développe autour d’un large spectre d’émotions, de la passion à l’amertume finale. (Les Grignoux)

A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant ...

Une tragédie romantique, bouleversante et charnelle, où le spectateur ressent physiquement tant la jouissance amoureuse que les douleurs intimes de ses protagonistes campés par un duo étincelant. (…) Accompagné par la musique envoûtante de Grizzly Bear et des chansons interprétés par Mr Gosling himself, ce film est un pur bonheur de cinéma dont les battements de coeur vibrants vous poursuivent longtemps après ... (Studio Ciné Live)
 
 
 Chicago Film Critics Association Awards 2010
 
  • CFCA Award (Cinéaste le plus prometteur) décerné à Derek Cianfrance
 Chlotrudis Awards 2011
 
  • Récompense du meilleur acteur décernée à Ryan Gosling
 San Francisco Film Critics Circle 2010
 
  • Récompense de la meilleure actrice décernée à Michelle Williams
 Academy Awards (Oscars) 2011
 
  • Michelle Williams nominée pour la meilleure actrice dans un rôle principal
 Golden Globes 2011
 
  • Ryan Gosling nominé pour le meilleur acteur dans un long métrage dramatique
  • Michelle Williams nominée pour la meilleure actrice dans un long métrage dramatique
 Independent Spirit Awards 2011
 
  • Michelle Williams nominée pour la meilleure actrice dans un rôle principal
 Sundance Film Festival 2010
 
  • Ryan Gosling nominé pour le grand prix du jury dans un rôle dramatique
 Festival International du Film de Cannes 2011
 
  • Derek Cianfrance nominé pour le prix Un Certain Regard
  • Derek Cianfrance nominé pour le prix Un Certain Regard - Prix du président du jury
  • Michelle Williams nominé pour le prix Un Certain Regard - Prix d'interprétation féminine
  • Derek Cianfrance nominé pour la Caméra d'Or
   
 Les autres Nominations & Sélections dans divers Festivals
Retour haut
 
 
Derek Cianfrance sur Tout le Cine
Derek Cianfrance, né en 1965 en Etats-Unis. Réalisateur, Scénariste, Chef opérateur. C'est à l'université du Colorado, sous l'égide des cinéastes expérimentaux Stan Brakhage et Phil Solomon que Derek Cianfrance développe son goût pour la recherche esthétique au cinéma. Ses trois premiers films remporte les prix les plus prestigieux de l’université, ce qui lui permet de décrocher une Bourse spéciale du doyen récompensant l’excellence dans les Arts, ainsi le Prix spécial de l’Independent Film Channel récompensant l’excellence dans les études cinématographiques.

En 1998 le jeune réalisateur tourne son premier long métrage, le drame Brother Tied qui suit la relation entre deux frères se retrouvant soudainement séparés à cause d'un tiers. Le récit du film s'apparente au film d' Elia Kazan, A l'Est d'Eden sorti en 1955 avec James Dean.

Après s’être établi une solide réputation comme réalisateur de fiction, Derek Cianfrance s'essaie au documentaire en explorant un large éventail de sujets pour le cinéma et la télévision. Son travail inclue des portraits d’artistes comme Mos Def (2002), Sean “Diddy” Combs, Run-DMC, Cassandra Wilson (2000) ou Annie Lennox.

Derek s'intéresse également au monde des arts martiaux et du combat libre dans Cagefighter, aux clubs de motards vétérans du Vietnam dans Rolling Thunder-Ride for Freedom, aux basketteurs de banlieue dans la série Battlegrounds pour MTV, et au monde mystérieux des photographes de scènes de crime dans Shots in the Dark, pour les chaînes Court TV aux Etats-Unis et Channel 4 en Grande-Bretagne. En tant que directeur de la photographie, Derek Cianfrance travaille en 2003 sur les courses de voitures entre adolescents et à la culture populaire hispanique dans Streets of Legend.

Le réalisateur tourne par la suite de nombreuses publicités et des films commerciaux pour de grandes marques, comme sa série innovante diffusée sur internet, Meet the Lucky Ones en 2004 ou encore le documentaire diffusé sur internet, Ford: Bold Moves, co-réalisé avec les légendes du documentaire Joe Berlinger et Bruce Sinofsky.

En 2011, Cianfrance tourne son second long métrage de fiction, Blue Valentine, qui montre comment un couple se fait et se défait, sept ans après leur rencontre. Ryan Gosling et Michelle Williams sont les interprètes de ce portrait honnête d'un couple sur la brèche.

Source : Tout Le Cine

Toute la filmographie de Derek Cianfrance sur IMDB en tant que :
Retour haut
 
 

Un couple déjà uni à l'écran

Michelle Williams et Ryan Gosling se trouvent réunis pour la seconde fois à l'écran. En effet, les deux acteurs ont joué ensemble dans The United States of Leland, sorti en 2003, dans lequel Ryan Gosling interprétait un adolescent de seize ans emprisonné dans un centre de détention pour avoir poignardé un jeune garçon.

Un film de contrastes

Le cinéaste du film raconte: "Le film est construit sur une série de contrastes : homme/femme, amour/haine, lumière/obscurité, film/vidéo, etc (...) Je voulais que le film fonctionne comme la mémoire, avec le passé en guise de mémoire à long terme, et le présent comme mémoire à court terme. J’ai toujours été fasciné par les effets du temps sur l’expérience."

Technique

Le film a été tourné sur pellicule super 16mm, avec des caméras mobiles équipées d’objectifs de 25mm. L’objectif était de donner au film un aspect "viscéral", fidèle au physique et à la jeunesse des personnages. Aussi, l'utilisation des objectifs à long foyer a permis d'obtenir des gros plans quasi asphyxiants. "Nous voulions créer un monde étouffant fait de gros plans, de gestes, de visages et de sentiments, pour refléter (...) le poids des conséquences et du désespoir", explique le réalisateur.

Tournage

Le tournage du film a duré une trentaine de jours en Pennsylvanie - à Scranton et King of Prussia - et à Brooklyn.

Source : Tout Le Cine
Retour haut
 
 
Le titre Blue Valentine est une référence directe à la chanson homonyme de Tom Waits
 

 

 

  Source : Youtube
Retour haut
 
 
Le réalisme et l'improvisation au coeur du film
 

Derek Cianfrance a mis son expérience documentaire à profit pour son deuxième long métrage de fiction, Blue Valentine. Tenant à filmer les scènes dans des établissements réels et le véritable personnel de ces lieux plutôt que des acteurs, il affirme ce parti pris stylistique et sa volonté de rendre son film le plus honnête possible. C’est dans cette même démarche de réalisme que les acteurs principaux, Michelle Williams et Ryan Gosling, ont été invités à vivre ensemble avant le tournage et à réaliser leurs propres films de famille nourrissant ainsi l’intimité entre les personnages pendant le tournage.

L’improvisation est un point essentiel du travail de Derek Cianfrance qui oblige les acteurs à se donner corps et âme. Lors de cette grande scène improvisée de Blue Valentine, Dean, joué par Ryan Gosling, marche sur le pont de Brooklyn et essaie d’arracher un secret à sa petite amie Cindy, interprétée par Michelle Williams. Le réalisateur avait initialement écrit la scène. Mais, au moment du tournage, il demanda aux acteurs d’improviser : Michelle Williams ne devait pas révéler son secret afin que Ryan Gosling se surpasse. Elle céda enfin quand l’acteur eut la bonne idée de faire croire qu’il allait se jeter du pont au moment du coucher du soleil.

Sur le tournage, Ryan Gosling a également pris l’initiative de demander au réalisateur de les suivre toute une nuit avec la caméra et de les filmer en totale liberté. Lors d’une scène, Ryan avait ce ukulele (une référence à Al Pacino dans L’épouvantail) dont il ne pensait pas se servir. Mais voulant surprendre Michelle Williams, il a interprété une vieille chanson (You always hurt the one you love) accompagné de son instrument. L’actrice s’est alors mise à improviser une petite danse.

  Source : Comme au Cinema
   
La longue gestation d'une oeuvre personnelle
 

Pour des raisons logistiques et budgétaires, 12 années ont été nécessaires pour concrétiser ce projet de film. Cette lente maturation, alliée à sa propre expérience conjugale et 57 versions du scénario, ont finalement permis à Derek Cianfrance d’arriver au résultat escompté : "un film adulte, vivant, vibrant. Nous avons fait le film que nous voulions faire."

L’idée de cette œuvre lui est venu de ses angoisses d’enfant de voir un jour ses parents se séparer, des craintes qui sont un jour devenues réalité et ont nourris son écriture : "Et, à l'âge de 20 ans, ils ont effectivement divorcé. C'est horrible d'avoir à vivre quelque chose que je redoutais depuis tant d'années. Je me suis donc mis à écrire pour coucher sur le papier ce que je ressentais. Mes sentiments étaient alors totalement contradictoires. J'en voulais d'abord à ma mère parce que c'est elle qui était partie. Mais, peu après, j'ai compris que c'est le comportement de mon père qui l'avait sans doute poussée à faire ce choix. J'ai donc voulu écrire un scénario en parlant de tous ces sentiments qui fluctuent en un minimum de temps. Ensuite, le fait de devoir attendre pour le tourner pour cause de financement n'a fait qu'améliorer le travail, en tout cas le nourrir de ma propre évolution. Puisque si j'étais célibataire au moment où j'en ai écrit la première ligne, je suis aujourd'hui marié avec deux enfants. J'ai donc pu expérimenter par moi‐même la vie à deux, ses moments de bonheur et de crise, que j'allais avoir à montrer."

  Source : Comme au Cinema
Retour haut
 
 
Entretien avec Derek Cianfrance
 

Comment vous est venue l’idée du film ?

Lorsque j’étais enfant, deux choses me terrifiaient plus que tout : la guerre nucléaire et le divorce de mes parents.

Comment s’est monté le film ? Comment le projet s’est‐il concrétisé ?

Après onze ans de faux départs. Je me souviens clairement d’avoir imprimé le premier brouillon du scénario durant l’été 1998, persuadé que l’on tournerait le film dès l’automne. J’ai rencontré Michelle Williams au cours de l’été 2003 et j’ai essayé, en vain, de monter le film avec elle. Puis j’ai rencontré Ryan en 2005, et nous avons tenté de relancer le projet à travers deux scénarios différents, mais nos efforts n’ont débouché que sur des impasses. Faillite, incendies, décès... Nous étions dans l’incertitude la plus complète. Pendant longtemps, j’ai même eu l’impression que le film était maudit. J’ai rencontré mes producteurs, Jamie Patricof et Alex Orlovsky (Hunting Lane Films), puis Lynette Howell (Silverwood Films) à ce moment‐là, et j’ai eu beaucoup de chance d’avoir derrière moi des gens aussi engagés pour le film. Ils se sont démenés et ont eu le cœur brisé tout autant que moi. Nous avons souffert ensemble.

Mais nous avons continué à y croire. Pas un instant, nous n’avons perdu de vue l’objectif. J’ai continué à repasser le film dans ma tête, encore et encore. A me préparer. A planifier. J’ai gardé l’inspiration intacte. Me suis entraîné. Et j’ai continué à travailler avec les acteurs pour améliorer le film. Quand la chance a enfin tourné et que tous les voyants sont passés au vert, nous n’avons eu qu’à nous lancer, et d’une certaine façon, nous avons réussi à faire de cette malédiction une bénédiction. J’ai appliqué rigoureusement le programme que j’avais peaufiné pendant onze ans. Finalement, je suis content d’avoir dû attendre. Le film n’en est que meilleur. Ce travail répondait à un besoin d’être surpris et de faire un film adulte, vivant, vibrant. Nous avons fait le film que nous voulions faire.

Combien de temps a duré le tournage? Où avez‐vous tourné ?

A peu près trente jours. Nous avons tourné en Pennsylvanie – à Scranton et King of Prussia – et à Brooklyn.

Quelle est votre scène préférée du film ?

Il y en a tellement ! Comment choisir ? Je peux quand même dire que mes moments préférés dans le film sont illuminés par le lien invisible mais pourtant palpable qui unit Ryan et Michelle. Je me rappelle clairement la première scène que nous avons filmée ensemble : lorsque Dean vient dîner chez les parents de Cindy avec un bouquet de fleurs. J’étais très nerveux, parce que pour faire le portrait intime d’une relation amoureuse, il faut une certaine alchimie entre les acteurs. Si ça ne fonctionne pas, on ne peut que recourir à des ruses et des stratagèmes pour créer un lien artificiel à l’écran. Inutile de vous dire que j’ai poussé un ouf de soulagement lorsque je les ai vus ensemble pour la première fois. Il y avait de la magie entre eux. J’en ai pleinement tiré parti pour le film, ça sautait aux yeux.

Quelle scène a été la plus difficile à tourner ?

Le tournage a été de vraies vacances. Nous avons travaillé dur pour préparer le film et pour le monter rapidement. Mais je n’ai jamais été aussi heureux que pendant le tournage. Si je devais vraiment choisir, je dirais quand même que les scènes dans la chambre du futur étaient compliquées à faire, parce que nous étions plongés dans l’intimité des personnages, dans un espace exigu, au point que nous nous sentions un peu claustrophobes. La scène sous la douche, tournée en deux jours, nous a vraiment donné du fil à retordre. Déjà, nous avions deux acteurs complètement nus dans une douche glissante, sans moyen de se cacher, face à deux caméras, deux caméramans, un perchman, un assistant réalisateur et moi même, le tout dans une salle de bain étriquée. Noustournions de longues séquences et les caméras n’arrêtaient pas de s’embuer, puis s’arrêtaient au bout de vingt minutes à cause de la chaleur. En plus, le savon fourni par l’hôtel était irritant pour la peau. Ryan et Michelle ont eu le corps couvert de rougeurs à force de se savonner, encore et toujours. Mais ils ne se sont jamais plaints et sont restés adorables du début jusqu’à la fin. Ceci dit, le deuxième jour, après huit heures de travail, ils avaient vraiment envie de fuir cette maudite salle de bain. Et bien sûr, ce sont ces prises‐là que nous avons gardées.

Le film est construit autour de moments passés et présents. Le passé s’étale sur plusieurs mois, mais le présent sur 24 heures seulement. Pourquoi avoir choisi de raconter l’histoire de cette façon ?

Le film est construit sur une série de contrastes : homme/femme, amour/haine, lumière/obscurité, film/vidéo, etc. On retrouve cette dualité dans la structure temporelle du film. Je voulais que le film fonctionne comme la mémoire, avec le passé en guise de mémoire à long terme, et le présent comme mémoire à court terme. J’ai toujours été fasciné par les effets du temps sur l’expérience. On dirait qu’il l’amplifie et l’embellit. Un simple petit moment peut rester gravé comme un événement capital. De même, je suis ébahi quand le temps semble me filer entre les doigts dans le moment présent. Par exemple, lorsque je conduis, vingt minutes passent comme vingt secondes. Que devient ce temps‐là? Je voulais traiter ces étirements et ces ellipses du temps de façon cinématographique.

Pouvez‐vous décrire le processus du casting et expliquer pourquoi les lieux jouent un rôle tellement important dans le film ?

J’ai dit dès le départ que je voulais que ce film soit honnête, qu’il montre autant que possible des personnes et des situations réelles, plutôt que des acteurs. La recherche des lieux de tournage et de la distribution s’est déroulée dans la même optique. Pour choisir les déménageurs du film, nous avons rendu visite à plusieurs entreprises dans les environs de New York, pour trouver le lieu idéal mais aussi les déménageurs eux‐mêmes. Nous avons auditionné des employés dans chaque société. Jamie Benatti, dont la famille dirige l’entreprise de déménagement Steinway depuis plus de cinquante ans, s’est révélé parfait pour le rôle du patron et l’un de ses employés, Marshall Johnson, correspondait bien au personnage de Charlie (maintenant renommé Marshall). Nous avons programmé le tournage des scènes de déménagement le 1er mai, le jour où Andrij Parekh, notre directeur de la photographie, quittait son deux‐pièces dans l’East Village pour s’installer à Park Slope. Nous avons engagé Steinway pour s’en occuper. Ryan s’est présenté chez Steinway ce matin‐là, et il a travaillé avec Jamie et Marshall toute la journée pour déplacer toutes les affaires d’Andrij.

Quant aux scènes dans la maison de retraite, nous les avons toutes tournées au Wayne Delaware Manor, une résidence médicalisée en Pennsylvanie. Tous les résidents que l’on aperçoit dans le film vivent là‐bas, nous nous sommes donc contentés d’utiliser une chambre vide pour les besoins du tournage, aussi discrètement que possible.

Les scènes d’avortement ont été filmées dans une vraie clinique de planning familial, avec le personnel d’origine. Michelle a réellement vécu tout le processus sans sortir de son personnage, comme si elle était une patiente comme une autre en train de subir une intervention. Pour conférer une certaine intimité à la scène, l’équipe de tournage se limitait à Mariela Comitini, notre 1ère assistante réalisatrice reconvertie en perchman, et moi‐même, tenant la caméra. Ce jour‐là, nous avons tourné 5000 minutes de film en super 16mm avant la pause‐déjeuner.

Justement, quel type de pellicule avez‐vous utilisé ?

En 2002, j’avais écrit un manifeste sur les règles d’engagement à respecter pour faire le film. Je m’y suis tenu pendant la production. Nous avons tourné sur pellicule super 16mm, avec des caméras mobiles équipées d’objectifs de 25mm. L’objectif était de donner au film un aspect viscéral, fidèle au physique et à la jeunesse des personnages. Une impression de liberté, d’horizons ouverts. Nous avons filmé le présent sur deux caméras Red. Elles étaient toujours placées sur trépied, aussi loin des acteurs que possible. Nous avons utilisé des objectifs à long foyer, pour obtenir des gros plans quasi asphyxiants. Nous voulions créer un monde étouffant fait de gros plans, de gestes, de visages et de sentiments, pour refléter l’enfermement que ressentent les personnages dans leur propre vie. Mais aussi le poids des conséquences et du désespoir.

En tant que co‐scénariste du film, pouvez‐vous nous dire de quoi parlent au fond le film et ses personnages ?

D’honnêteté. De belle laideur et de terrible beauté. D’amour.

  Source : Comme au Cinema
Retour haut
 
 
Comme au Cinema
 
  • "(...) Une tragédie romantique, bouleversante et charnelle, où le spectateur ressent physiquement tant la jouissance amoureuse (...) que les douleurs intimes (...) de ses protagonistes (...) Ryan Gosling confirme qu'il est l'un des meilleurs acteurs américains d'aujourd'hui. Et Michelle Williams impose d'emblée une grâce blessée et un naturel confondant (...) Une actrice immense au service d'un beau film." (Studio Ciné Live - Thierry Cheze)
  • "Une de ces love stories sans fard qui brisent le cœur avec un charme fou" (Metro - Jérôme Vermelin)
  • "(…) Blue Valentine dépasse une bonne fois pour toutes ses quelques tics un peu "Sundance" pour atteindre une majesté assez terrassante." (Première - Mathieu Carratier)
  • "Cianfrance a habilement dosé les séductions et défauts des deux personnages pour que le spectateur ne soit jamais soulagé par l’évidente raison du basculement des sentiments, en accablant l’un ou l’autre." (Libération - Didier Péron)
  • "Ryan Gosling et Michelle Williams font mieux que jouer. Ils s’attirent comme des aimants, jusqu’à la rupture." (Le Figaroscope)
  • "Blue Valentine raconte la tentative d’un couple de sauver son mariage après six ans de vie commune. Fuyant toute linéarité, le récit est construit par le biais de flash-backs et flash-forwards qui distillent, en toute fluidité, les moments magiques de leur rencontre et ceux montrant leur incapacité à exprimer leurs (res)sentiments six ans plus tard. La mise en scène au plus près des personnages donne à cette fiction des allures de documentaire. Blue Valentine est une tragédie romantique, bouleversante et charnelle, où le spectateur ressent physiquement tant la jouissance amoureuse que les douleurs intimes de ses protagonistes, campés par un duo étincelant." (Studio)
  • "Cette chronique d’un amour qui s’éteint est sublimée par deux comédiens en état de grâce, qu’on jurerait en couple à l’écran comme à la ville. Ce souci de réalisme, allié à la poésie de la BO signée Grizzly Bear, fait de ce Blue Valentine l’une de ces love stories sans fard qui brisent le cœur avec un charme fou. N’essayez pas de résister !" (Métro)
  • "Les sentiments dans ce qu’ils ont de plus pur sont retranscrits par le jeu inspiré de deux acteurs éblouissants. L’un et l’autre hypnotisent dans les grandes scènes comme lors des petits instants volés. Ce film intimiste brille comme un diamant brut." (Le Figaro Magazine)
  • Histoire à la fois actuelle et inactuelle, qui se relie spontanément, sans citations ni "hommages", aux plus lumineuses traditions du mélo américaine, de Sirk à Kazan, en passant pas Woody Allen et Sydney Pollack. (Positif)
  • Ryan Gosling et Michelle Williams ont fait plus que prendre possession des lieux : la façon dont ils s'abandonnent à ces personnages écartelés entre le dégout d'eux-mêmes et une envie désespérée de s'aimer encore est stupéfiante. [...] Ils construisent quelque chose d'encore plus grand que le film en partageant avec le spectateur une intimité que peu de comédiens osent mettre sur la table. (Première)
  Source : Comme au Cinema
   
tout le cine - Flavia Guéhéneuc
 

Formé à l'école documentaire, le réalisateur américain Derek Cianfrance s'inspire de sa peur d'enfant de voir ses parents se séparer pour écrire Blue Valentine, un film qui parle de rupture mais pas seulement.

Les rencontres et les ruptures sont des moments insaisissables, presque magiques et qu'il est difficile de représenter fidèlement. Ce sont pourtant ces deux moments que Derek Cianfrance a voulu représenter dans Blue Valentine, sans prétendre comprendre ni expliquer la magie qui entoure les rencontres et les ruptures, mais, au contraire, en étant volontairement elliptique.

(...) La grande qualité de ce film réside dans l'interprétation parfaite de Michelle Williams et Ryan Gosling, et à la complicité visible qu'ils ont su faire naître entre eux et qui leur permet d'être radieux en jeunes amoureux et plus qu'émouvants en parents désabusés mais attachés à un amour passé. Mettant à profit son expérience documentaire, Derek Cianfrance a laissé une grande place à l'improvisation, sans pour autant délaisser l'écriture d'un scénario soigneusement ficelé, ce qui n'est pas étonnant quand on sait que ce travail d'écriture a duré douze ans ! Blue Valentine est donc un film abouti, extrêmement bien maîtrisé, beau, léger, et ainsi de suite.

  Source : Tout Le Cine
   
cinemovies - Reynald Dal Barco
 

Après avoir fait un tabac aux Golden Globes et aux Oscars, s’être fait remarquer à Cannes, Blue Valentine débarque dans les salles. Sous ses airs convenus, Derek Cianfrance expose une réflexion nouvelle sur le couple.

Un homme et une femme. Devant nous, ils vont s’aimer, puis se déchirer. Ce thème est sans doute le plus universellement décliné au cinéma. L’intérêt de Blue Valentine ne se situe donc pas dans son intrigue car à l’écran, au début, rien de nouveau, si ce n’est évoquer une condition féminine tiraillée par le bon choix amoureux, rappeler aussi que les filles ne sont pas nécessairement plus romantiques que les garçons, qu’il ne faut rester que pour les enfants. On le sait, vivre à deux est la plus essentielle des problématiques existentialistes. Mais les impressions se compliquent par la suite.

Car en substance, le film souligne qu’il est plus difficile de s’aimer aujourd’hui étant donné la pression sociale (putain d’idée qu’il ne faut pas rater sa vie sous peine d’être taxé de loser), que le développement affectif de nos géniteurs est le garant de nos aléas amoureux (on n’y échappe pas). Mais sincèrement, le plus important dans ce très bon premier film de Derek Cianfrance est le traitement de l’image, plus encore le jeu de ses acteurs sous le sceau de la tragédie même.

Pourtant, on avance en terrain conquis. Blue Valentine décline tous les préceptes du cinéma indépendant américain contemporain : plans serrés sur les personnages, caméra à l’épaule, photographie non subjective, clairs-obscurs et musique pop-rock – en l’occurrence, ici, Grizzly Bear. Le déroulement de Blue Valentine capte l’attention par des incessants allers-retours dans le temps afin de comprendre comment ces deux-là se sont connus, quels furent leur passif (catalyseur de leur manque amoureux respectif), comment ils s’aimèrent jusqu’aux premières fissures. Peu original observerait la critique.

On arrive donc à l’essentiel : Ryan Gosling dans le rôle de Dean (beau gosse miséreux mais plein de talents cachés), Michelle Williams dans le rôle de Cindy (jolie blonde désireuse de ne pas répéter les erreurs des parents). Un minable sociologiquement parlant mais plein de charmes d’un côté ; une fille qui fait des études de médecine (tout l’avenir devant elle) de l’autre. Les opposés peuvent-ils s’amouracher ? Blue Valentine dit non. Qui s’aime se rassemble ? Pas vraiment aussi facile ! En tout cas, les deux acteurs jouent formidablement leur rôle de lutteur. La prestation de Gosling a été saluée d’un Golden Globe. Williams a remporté l’Oscar du Meilleur rôle féminin. Il n’y a pas vol à l’arrivée. Définitivement, Gosling est l’acteur qui monte – aussi à l’aise à Hollywood que sur le réseau indépendant - Derek Cianfrance l’a rembauché pour son quatrième film (The Place Beyond the Pines - lire notre article).

Blue Valentine déconcerte. C’est du déjà vu, et en même temps, du jamais entendu. Le spectateur assiste impuissant à la déchirure de ces deux êtres, comme s’il assistait à la déclinaison de ses propres questionnements. Du réalisme à l’état pur. L’auteur n’a pas fait du neuf avec du vieux ; il a su s’approprier des schémas cinématographiques éprouvés afin d’expliquer le temps présent.

Comme dit la chanson, les plus belles histoires d’amour finissent toujours mal ...

  Source : Cinemovies
 
a voir a lire - Jean-Patrick Géraud
 

Ce que l’usure du temps fait à un couple ordinaire... un drame minimaliste, attachant, et efficace

Symboliquement, Blue Valentine s’ouvre sur un cri : Frankie, la fille du couple, est à la recherche de son chien, retrouvé mort peu de temps après par Dean (Ryan Gosling). A l’image de cette séquence inaugurale, le film sera habité par la présence invisible et impalpable d’une crainte. Celle de la rupture, du divorce ?

Derek Cianfrance et Cami Delavigne, sa scénariste, ne cachent pas combien leur propre enfance a été hantée par la séparation (réelle ou redoutée) de leurs parents. Du reste, le film se propose, avec une sincérité indéniable et dans un registre assez proche du documentaire - il a été en bonne partie improvisé - de diagnostiquer l’intimité du couple. La démarche est d’une précision médicale étonnante (Cindy est médecin) : grâce à la caméra, on ausculte le quotidien des personnages, leur passé, leurs jalousies et leurs angoisses. (...)

De belles scènes (...) ponctuent un récit simple, économe, et assez fluide (...) élégant.

  Source : A voir A Lire
   
evene - Etienne Sorin
 

Dans le cinéma américain, tout genre confondu (horreur, drame, comédie) les animaux domestiques sont souvent les premières victimes, signes avant-coureurs de catastrophes bien plus graves. Avant l’hécatombe humaine, le chien est donc sacrifié par les scénaristes qui ont le sens du crescendo. Dans "Blue Valentine", Megan, le labrador de Dean et Cindy, retrouvé mort sur le bas côté d’une route, joue les oracles funestes. Il annonce la mort d’un couple, la fin d’une histoire d’amour.

Les trentenaires Dean et Cindy sont déjà en bout de course. Le temps d’une dernière nuit, dans une chambre de motel à la déco pseudo-futuriste – "on dirait le vagin d’un robot", plaisante Dean – ils se donnent une dernière chance. Leur idylle est racontée ici en flash-backs, comme autant de petites touches, qui n’ont rien à voir avec le schématisme du ‘5x2’ d’Ozon, pour ne citer qu’un exemple parmi les milliers d’unions qui finissent mal au cinéma. Car, en dépit d’un pitch vu et revu, "Blue Valentine" donne envie d’y croire malgré tout.

D’abord parce qu’un film dont le titre est emprunté à une chanson de Tom Waits ne peut pas être mauvais. Ensuite, parce que le réalisateur Derek Cianfrance, archétype de cinéaste indépendant US (douze ans à galérer pour boucler le budget du film), a profité de la lente maturation de son deuxième long-métrage et de son expérience de documentariste pour faire de son "Blue Valentine" plus qu’une romance arty et mélancolique. Son autopsie d’un couple est aussi celle d’une classe sociale, d’une Amérique prolo condamnée au renoncement.

Enfin, le film doit beaucoup au charme et au talent de ses deux interprètes, également producteurs exécutifs. Michelle Williams, décidément pas gâtée par la vie de famille au cinéma - femme trompée dans "Le secret de Brokeback Mountain", mère infanticide dans "Shutter Island" - passe subtilement de l’étudiante juvénile à l’infirmière lessivée. Quant à Ryan Gosling, après sa prestation remarquée à Cannes dans "Drive", il confirme qu’il est l’un des acteurs les plus intéressants du moment.

  Source : Evene
 
a voir a lire - Jean-Patrick Géraud
 

Ce que l’usure du temps fait à un couple ordinaire ... un drame minimaliste, attachant, et efficace.

Symboliquement, Blue Valentine s’ouvre sur un cri : Frankie, la fille du couple, est à la recherche de son chien, retrouvé mort peu de temps après par Dean (Ryan Gosling). A l’image de cette séquence inaugurale, le film sera habité par la présence invisible et impalpable d’une crainte. Celle de la rupture, du divorce ?

Derek Cianfrance et Cami Delavigne, sa scénariste, ne cachent pas combien leur propre enfance a été hantée par la séparation (réelle ou redoutée) de leurs parents. Du reste, le film se propose, avec une sincérité indéniable et dans un registre assez proche du documentaire - il a été en bonne partie improvisé - de diagnostiquer l’intimité du couple. La démarche est d’une précision médicale étonnante (Cindy est médecin) : grâce à la caméra, on ausculte le quotidien des personnages, leur passé, leurs jalousies et leurs angoisses.

Pourtant, Blue Valentine ne s’apparente qu’à demi à un drame familial : c’est une histoire comme toutes les autres. Le bonheur y est aussi fragile (...). La belle performance des acteurs n’est pas pour rien dans le charme qu’il opère : leur fragilité nous est parfois étrangement proche. La mise en scène tient à quelques détails et délaisse les artifices pour nous donner à voir les conflits des personnages dans toute leur violence et leur simplicité (belle construction dramatique, qui culmine lors du (...).

De belles scènes (...) ponctuent un récit simple, économe, et assez fluide. Inoffensif, peut-être, mais élégant.

  Source : A voir A lire
Retour haut