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Titre
original |
War Horse |
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Titre français |
Cheval de guerre |
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Réalisation |
Steven Spielberg |
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Scénario |
Lee Hall & Richard Curtis |
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D'après |
L'oeuvre de Michael Morpurgo |
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Interprétation |
David Thewlis (Lyons), Emily Watson (Rose Narracott), Jeremy Irvine (Albert), Peter Mullan (Ted Narracott), Benedict Cumberbatch (Major Stewart), Celine Buckens (Émilie), David Kross (Gunther), Geoff Bell (Le Sergent Sam Perkins), Leonard Carow (Michael), Matt Milne (Andrew Easton), Niels Arestrup (Grand-père), Patrick Kennedy (Le Lieutenant Waverly), Rainer Bock (Brandt), Robert Emms (David Lyons), Toby Kebbell (Le Soldat Geordie), Tom Hiddleston (Le Capitaine Nicholls), ... |
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Musique |
John Williams |
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Photographie |
Janusz Kaminski |
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Pays |
USA |
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Année |
2012 |
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Durée |
2h26' |
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Genre |
Drame, Guerre |
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Distributeur |
Walt Disney Belgium |
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Cote |
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Site officiel |
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Bande annonce |
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Affiches 01 / 02 |
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Cheval de guerre : Notes de production (Anglais) |
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Feuillet du film distribué aux séances |
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La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès |
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Le Jeudi 02 février 2012 |
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Le film est projeté en version originale anglaise quelques dialogues en allemand sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Ému par la pièce "Cheval de guerre" tirée du roman éponyme de Michael Morpurgo, auteur britannique de littérature jeunesse, Steven Spielberg porte à l’écran une émouvante histoire d’amitié entre un jeune garçon et son cheval et rend ainsi également hommage aux huit millions de chevaux sacrifiés durant la Première Guerre mondiale.
Cette adaptation du roman éponyme de Michael Morpugo raconte la formidable et touchante histoire d'amitié entre Albert, un jeune garçon, et son cheval Joey. Vendu à la cavalerie britannique au début de la première guerre mondiale, Joey est directement envoyé au front. Mais il est capturé par les allemands qui n'hésitent pas à s'en servir dans les combats. Albert, qui est encore trop jeune pour s'engager, décide de se lancer dans une mission de secours pour libérer son cheval ...
Spielberg nous offre une aventure à grand spectacle, une formidable odyssée où se mêlent loyauté, espoir et ténacité. Ce film palpite du souffle épique des plus grands classiques du 7ème art. (…) C’est un voyage exaltant qui explore les thèmes de l’amitié, de la fidélité et du courage, émaillé d’amples batailles et de folles échappées ; une odyssée évocatrice dans un monde en plein chaos. Peu importe leur cheminement ou leur apprentissage, le garçon comme le cheval vont de l’avant, guidés par leur ardeur et l’espoir ... ( Comme au Cinema.com) |
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Steven Spielberg. Né le 18 décembre 1946 à Cincinnati, Ohio (Etats-Unis). De son vrai nom Steven Allan Spielberg, aussi connu sous le nom Stephen Spielberg, Steve Spielberg, Steven Spielrock. Créateur, Producteur exécutif, Réalisateur, Acteur, Producteur, Scénariste, Monteur, Producteur délégué, Chef opérateur, Scénariste (sujet original), Acteur, Réalisateur des séquences d'action, Producteur exécutif, Scénariste.
Metteur en scène légendaire, Steven Spielberg passe son enfance dans les banlieues de Haddonfield (New Jersey) et Scottsdale (Arizona). Il se lance très tôt dans la réalisation, alignant une quinzaine de petits films, d'une sophistication croissante. À partir de 13-14 ans, il écrit lui-même ses scénarios, dessine des story-boards détaillés et compose ses propres musiques, puis s'initie au travail sur maquettes, à l'animation, à la prise de vues image par image, etc. Durant son adolescence, il réalise 4 court-métrages. Les plus marquants sont Escape to Nowhere, où, à 14ans, il recrée les campagnes du Maréchal Rommel avec le concours de trois modestes figurants, ainsi que Firelight (1964), à 18 ans, pour lequel il réussit à organiser une première au Phoenix Little Theatre, à Phoenix, dans l'Arizona.
Durant ses études à la Cal State University de Long Island, il découvre le cinéma européen, voit et tourne de nombreux films expérimentaux. En 1968, il aborde enfin le 35 mm, avec le court métrage Amblin', qui retient l'attention des dirigeants d'Universal, lui offrant un contrat télé de sept ans. En 1969, Steven Spielberg débute au petit écran en dirigeant Joan Crawford dans le pilote de la série fantastique Night Gallery. Il enchaîne en 1970, avec un épisode de Docteur Marcus Welby, puis réalise coup sur coup six épisodes de séries ( Columbo...). Lorsque sa secrétaire lui fait lire la nouvelle de Richard Matheson "Duel", il sait immédiatement qu'il tient là LE sujet idéal pour un premier téléfilm personnel. Après une méticuleuse préparation, il tourne celui-ci en 16 jours, déployant, une maîtrise rare de l'espace, du rythme et du mouvement. À sa diffusion, en 1971, Duel fait sensation (mention spéciale au 12ème Festival de Télévision de Monte Carlo, Grand Prix au Festival d'Avoriaz, etc), au point de connaître une exploitation en salle.
Après ce triomphe, David Brown et Richard D. Zanuck proposent à Spielberg Sugarland Express, qui connaît un large succès critique. Le film marque sa première collaboration avec John Williams, destiné a devenir son compositeur attitré. Durant l'été 1975, le jeune cinéaste terrorise des millions de spectateurs se ruant dans les cinémas, en décrivant les attaques d'un requin dans Les Dents de la mer. Le film devient ainsi le premier blockbuster de l'histoire du cinéma. Il tourne ensuite en 1977 son premier film de science fiction, Rencontres du troisième type inaugurant d'une prolifique exploration du genre dont sa trilogie "extraterrestre" commencé avec ce dernier, poursuivie avec E.T, l'extra-terrestre (1982) et conclue magistralement avec A.I, Intelligence artificielle (2001).
En 1979, Steven Spielberg connaît son premier flop d'envergure avec 1941, comédie burlesque et déjantée sur l'invasion, lors de la Seconde Guerre Mondiale, de la côte-est américaine par les Japonais. Une énorme farce où le réalisateur doté de gros moyens, se laisse aller à ses instincts infantiles. Insuccès peu important puisque trois plus tard, Steven Spielberg va se refaire une sacrée santé avec Les Aventuriers de l'Arche perdue, film d'aventure d'envergure conçu avec son ami George Lucas et inspirée des serial. La renommé du héros principal, Indiana Jones, sera telle que durant les années 80, deux suites verront le jour, Indiana Jones et le temple maudit (1984) et Indiana Jones et la dernière croisade (1989) au succès toujours croissant.
Après avoir ainsi donné au cinéma d'aventures une de ses figures les plus populaires, Spielberg tourne, dans le plus grand secret, E.T. L'extraterrestre, chef-d'œuvre de sensibilité enfantine (sa marque de fabrique) qui sera pendant onze ans n°1 au box-office de tous les temps. En 1984, Spielberg fonde avec Kathleen Kennedy et Frank Marshall la société Amblin Entertainement où il produira ou assurera la production exécutive d'énormes succès faisant de l'artiste, le roi du box-office pendant plusieurs décennies. |
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En 1990-91, il concrétise coup sur coup deux de ses plus chers et plus anciens projets : Always, remake d' Un nommé Joe, et Hook, hommage manqué à l'univers féerique de Peter Pan et James M. Barrie. Les deux films sont à mettre dans la courte liste de bides (parmi lesquels Amistad...) qui n'entacheront aucunement sa carrière. En démontre le triomphe en salles en 1993, de Jurassic Park authentique date dans l'histoire des effets-spéciaux et variation moderne du Monde Perdu (1925) auquel le réalisateur fera la filiation en reprenant le titre pour la suite Le Monde perdu: Jurassic Park (1997).
Extrêmement populaire auprès du public, Spielberg trimballe derrière lui l'image d'un simple money-maker (lui et Lucas seront considéré - à tort - comme les seuls responsables de la mort du Nouvel Hollywood) et tente en 1985, de se faire reconnaître en tant qu' artiste. Il signe alors son premier grand film dramatique : La Couleur pourpre, qui recueille 11 nominations à l'Oscar. Puis un hommage à David Lean, l' Empire du soleil, magnifique vision de la guerre à travers les yeux d'un enfant où le réalisateur continue de dévoiler son goût pour les avions. Spielberg connaît enfin la reconnaissance artistique avec le drame sur la Shoah La Liste de Schindler, vainqueur de sept Oscars dont celui du Meilleur Réalisateur et Meilleur Film. Suite à l'engouement suscité par l'œuvre le réalisateur créé, la Fondation des Justes et la Fondation pour une Histoire Visuelle de la Shoah. Il signe en 1998 le film de guerre Il faut sauver le soldat Ryan - première évocation réaliste du Débarquement qui lui vaudra son second Oscar du meilleur réalisateur.
Après une absence de trois ans en tant que réalisateur, Steven Spielberg revient en 2001 avec A.I. Intelligence Artificielle, histoire développée par Stanley Kubrick avant de lui être confié. A partir de là, il enchaîne les projets avec une régularité confondante: il réalise la fable futuriste Minority Report, revient à la comédie avec Arrête-moi si tu peux (2003) et Le Terminal, offre une nouvelle version bluffante de La Guerre des mondes (2005), et revient sur la prise d'otage lors des Jeux Olympiques de 1972 dans le controversé Munich (2006). Entre temps l'homme continue d'officier en tant que producteur aussi bien au cinéma qu'à la télévision: il crée la mini-série Band of Brothers (en partenariat avec Tom Hanks) et la fresque fantastique Disparition.
Alors que l'espoir de voir une autre suite aux aventures de l'archéologue Indiana Jones se fait de plus en plus mince (le projet est sans cesse repoussé pendant plusieurs années), Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (2008) marque son grand retour au cinéma. En 2011, Spielberg réalise son premier long-métrage d'animation, en adaptant Les aventures de Tintin: le secret de la Licorne, d' Hergé et tourne Cheval de Guerre, qui suit l'histoire de Joey, cheval vendu à la cavalerie britannique pendant la Première Guerre mondiale, et d'Albert, jeune homme qui s'engage dans le champs de bataille, dans le seul but de retrouver Joey et de le ramener à la maison.
Source : Tout Le Cine
Toute la filmographie de Steven Spielberg sur IMDB en tant que :
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tout le cine |
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Génèse
C'est Kathleen Kennedy, la productrice attitrée de Steven Spielberg depuis 1982, qui a fait connaître au réalisateur la pièce Cheval de guerre, tirée du roman éponyme du britannique Michael Morpurgo. Touché par cette histoire, le cinéaste décida de la transposer à l'écran.
Spielberg s'en va en guerre
Après avoir tourné plusieurs films sur la seconde Guerre Mondiale ( 1941, L' Empire du soleil, La Liste de Schindler, Il faut sauver le soldat Ryan), Spielberg s'attaque à la Première avec Cheval de Guerre. Le metteur en scène avoue qu'il n'était pas intéressé par ce pan de l'Histoire avant de lire le roman de Morpurgo.
Du monde sur le plateau
Cheval de Guerre a nécessité la présence de pas moins de 400 personnes sur le plateau. Par ailleurs, pour les séquences à cheval, une quinzaine de montures ont été utilisées.
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C'est le nombre de chevaux nécessaires pour tenir le rôle de Joey, le cheval principal. Ils étaient entraînés ensemble, afin d'assurer leur symétrie, et chaque petite marque ou tache était reproduite sur tous les chevaux afin que la différence entre eux ne soit pas perçue à l'écran.
Un étalon pour Noël
La sortie de Cheval de Guerre, prévue 10/08/2011, a finalement été reculée au 28/12/2011. Après la projection du film, le cinéaste fût surpris du résultat qui, selon lui, ressemblait à «un grand film de vacances». DreamWorks Pictures et Walt Disney Pictures ont donc décidé de repousser la date de sortie en fonction des vacances de fin d'année.
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Source : Tout le cine |
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Cheval de guerre : Du grand Spielberg |
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Cheval de guerre, c'est le nouveau film de Steven Spielberg dont la sortie est prévue pour le 22 février prochain. Le film porte sur une histoire d'amitié entre Albert, un jeune garçon, et son cheval Joey. Vendu à la cavalerie britannique dans les premières heures de la Première Guerre mondiale, Joey est directement envoyé au front. Mais il est capturé par les Allemands qui n'hésitent pas à s'en servir dans les combats. Albert, qui est encore trop jeune pour s'engager, décide de se lancer dans une mission de secours pour libérer son cheval ... Précisons que ce film Cheval de guerre est nominé 6 fois aux Oscars 2012, et peut aisément espérer remporter le prix de la meilleure direction artistique, la meilleure cinématographie et de la meilleure musique. Ce film reflète parfaitement le talent et le savoir-faire de Steven Spielberg.
Un film de guerre pour enfant ?
Distribué par Walt Disney, le film «Cheval de guerre» a un peu été vendu comme étant "un film de guerre pour enfants". Cela a surtout été le défi principal de Steven Spielberg : pouvoir à la fois traiter du difficile sujet de la guerre tout en proposant une histoire humaine forte qui parlerait aux plus jeunes, le film étant conseillé à partir de 10 ans... Il est vrai que les 45 premières minutes reprennent vraiment une ambiance "Walt Disney", dans le sens où il s’agit de faire connaissance avec Albert le jeune garçon, ainsi que son cheval. D’ailleurs, les 5 premières minutes sont exemptes de tout dialogue, on nous montre le cheval galoper dans la prairie sur fond de musique larmoyante. On passe ensuite avec la rencontre entre Joey le cheval et Albert et s’en suit alors tout le processus de dressage… Il faut avouer que la crainte que tout le film se base là-dessus était là, mais la seconde partie du film, marquée par le début de la guerre, nous entraîne dans une toute autre ambiance extrêmement bien maîtrisée et réalisée. C’est assez étonnant de voir d’ailleurs la césure très forte qu’il y a dans le film. Il y a clairement 2 parties, une première effectivement calme et introductive qui pouvait paraitre un peu longue à se mettre en place, mais c’était sans compter sur la seconde partie dédiée à la guerre qui propose vraiment des scènes fortes et saisissantes avec les chevaux.
Une réalisation magistrale
Mais que dire de la réalisation ! Il y a vraiment 4 scènes marquantes dans le film que l’on retient tout particulièrement, d’une part car elles sont saisissantes et d’autre part parce que la mise en image de ces scènes est absolument sublime. La première, c’est la première scène de bataille, durant laquelle la cavalerie britannique (avec Joey le cheval compris dedans) attaque par surprise un camp allemand. Si la cavalerie prend tout d’abord le dessus, les allemands ne tardent pas à riposter avec l’artillerie lourde… La perte des hommes et des chevaux est vraiment touchante. On retiendra notamment ce plan large nous montrant des centaines de chevaux gisant au sol après l’attaque, saisissant !! La 2ème scène nous plonge en plein cœur des tranchées. L’ambiance retranscrit par Spielberg est incroyable : les obus, le bruit assourdissant, la fumée, les cris, les gaz, tout est parfaitement mis en scène et la scène avec le cheval Joey qui essaye d’échapper aux troupes allemandes l’est tout autant !
La 3ème est celle où Joey est pris au piège par les fils barbelés
On a vraiment mal pour lui (alors qu’on le rappelle, ce n'est qu'un cheval, et c’est bien là la magie du film et de Spielberg, réussir à nous faire ressentir autant d’émotions pour un cheval !). Cette scène entraînera une autre scène particulièrement surréaliste à imaginer, à savoir un soldat allemand qui vient en aide à un soldat britannique pour sauver le cheval des fils barbelés. Un instant de paix, une pause dans la guerre, avec un échange verbale entre les deux soldats absolument savoureux et tellement symbolique !! Et enfin, une scène furtive mais très forte, lorsque les deux frères sont fusillés par les allemands, une mise en scène, là encore, incroyable d’inventivité. Il s’agit en fait d’un plan fixe, on voit un moulin tourner au premier plan, les deux frères sont debout, alignés l’un à côté de l’autre, les soldats, placés en face d’eux, s’apprêtent à les abattre, l’aile du moulin nous cache alors la vue des deux frères, les coups de feux partent et l’aile du moulin continue ensuite sa rotation nous faisant alors découvrir les deux frères gisant au sol. Bon à lire comme cela, c'est évidemment pas transcendant, mais sur grand écran cela relève du génie, celui de Spielberg ! Réaliser ce genre de scène est tellement inventif que cela en devient somptueux !
Une base d’histoire classique qui est en réalité unique
Effectivement, avec le recul, l’histoire du film ne reprend que les bases classiques d’un film familial. Il s’agit, en effet, du rapprochement entre un jeune garçon et son cheval, qui vont se lier d’amitié, être séparés, l’un va alors essayer de retrouver l’autre, et les deux finiront finalement par se retrouver en ayant sur leur passage changer la destinée d’autres personnes. Rien d’exceptionnel au premier abord, mais c’est justement la réalisation et surtout l’idée de mettre en avant, presque à la manière d’un rôle principal, un cheval à l’écran qui rend toute l’histoire unique et magnifique. On est vraiment amené à avoir de la peine, à souffrir et vivre les émotions que pourraient ressentir ce cheval. C’est assez incroyable. Et bien que l’on ait dit que toute la première partie du film semblait longue et pas des plus intéressante, c’est pourtant et très probablement la partie la plus primordiale de tout le film puisque c’est elle qui met en place l’attache émotionnelle qui lie le spectateur au cheval Joey. Le développement de l’intrigue et la montée progressive du rythme et de l’aspect dramatique de l’histoire nous plonge vraiment en profondeur dans ce film, au cours duquel on est très vite captivé.
Une musique omniprésente
L’autre point marquant du film, c’est l’extrême omniprésence de la musique tout au long du film. C’est surtout frappant lors de la première partie. Sur les 45 minutes durant lesquelles on découvre le développement de l’amitié entre Albert et Joey, il y a bien 30 minutes de musique qui nous accompagne. Cela renforce forcément le côté «émotion» que Steven Spielberg souhaitait installer entre les personnages et le spectateur. La seconde partie est aussi rythmée de façon importante par la musique, mais l’ambiance des batailles et des tranchées la rend plus discrète et subtile à nos oreilles. Quoiqu'il en soit, la musique et les différents thèmes musicaux sont excellents, même si le film n’a pas été récompensé aux Golden Globes pour la meilleure BO (prix gagné par The Artist on le rappelle), il serait étonnant que le film «Cheval de guerre» n’obtienne rien de ce côté pour les Oscars 2012. Le film y est en effet nominé 6 fois, et il figure dans la catégorie de la meilleure musique originale.
Un casting à la hauteur des ambitions de Spielberg
On le sait, Steven Spielberg accorde une très grande importance au casting de ses films. Pour Cheval de guerre, Spielberg a choisi pour le rôle principal, un tout jeune acteur, Jeremy Irvine, qui n'a pourtant aucun grand rôle au cinéma à son actif pour le moment. C'était un pari risqué mais qui s'est révélé excellent et juste au regard de sa prestation dans le film. Touchant, toujours juste, jamais surjoué, l'acteur réalise une excellente performance alors qu'il est celui qui a eu le plus à jouer aux côtés du cheval, ce qui complique encore plus la tâche dans le jeu d'acteur. On peut également souligner la performance de nos frenchies. Le cheval est en effet recueilli à un moment du film dans une famille française, et Niels Arestrup joue alors le grand-père d'une fillette dans un village français. La situation est assez cocasse puisque Steven Spielberg a choisi de mettre tout le monde sur le même pied d'égalité concernant la langue, ainsi Niels Arestrup s'exprime en anglais avec un accent français et des acteurs américains qui jouent le rôle des allemands parlent également anglais tout en ayant un accent germanique. Voir Niels Arestrup, et plus généralement, un acteur français parler dans la langue de Shakespeare fait toujours son petit effet. Rappelons que Niels Arestrup a reçu deux césars pour son rôle dans le film "De battre mon cœur s'est arrêté", et pour le film "Le Prophète", que Steven Spielberg confiait, au passage, avoir adoré ! Le casting est donc très largement à la hauteur et apporte une nouvelle dimension au film, qui est déjà merveilleusement réalisé.
En résumé, le film «Cheval de guerre», bien que destiné à un public familial, retranscrit parfaitement l’atrocité de la première guerre mondiale, en choisissant qui plus est d’orienter l’intrigue sur le sort réservé aux chevaux. Le défi est pleinement rempli, le film nous touche grâce à une réalisation et une maîtrise de la mise en scène impeccable. On passe par plusieurs émotions sur 2h30 de film, dit comme cela, ça semble long et pourtant on ne voit pas le temps passer tant on est plongé dans l’ambiance instaurée à merveille par Spielberg. La fin du film est à l’image de tout le film : sublime ! Les dernières images reprennent en effet l’ambiance de l’affiche du film, avec les couleurs chaudes du crépuscule, et plein d’effet d’ombres, bref un esthétisme apporté à l’image vraiment extraordinaire ! Et si nous avons décidé de faire une critique détaillée de ce film, on aurait très bien pu se contenter d'en faire un résumé d'une seule phrase qui aurait été la suivante : «Il n’y a rien à dire, c’est du grand Spielberg !».
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Source : Melty |
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"Mentir, moi, jamais ; la vérité est bien trop amusante" (Steven Spielberg)
"Je suis né avec une caméra collée sur l’œil" (Steven Spielberg)
"Les hommes sont les seuls chasseurs qui tuent lorsqu'ils n'ont pas faim" (Steven Spielberg)
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Le plus beau voyage est celui qui vous ramène chez vous |
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Avec Cheval de Guerre, Steven Spielberg nous offre une aventure à grand spectacle, une formidable odyssée où se mêlent loyauté, espoir et ténacité. Ce film qui palpite du souffle épique des plus grands classiques du 7e art raconte l’histoire d’un prodigieux cheval en temps de guerre et du garçon qui ne cessera jamais d’avoir foi et confiance en lui. C’est un voyage exaltant qui explore les thèmes de l’amitié, de la fidélité et du courage, émaillé d’amples batailles et de folles échappées ; une odyssée évocatrice dans un monde en plein chaos. Peu importe leur cheminement ou leur apprentissage, le garçon comme le cheval vont de l’avant, guidés par leur ardeur et l’espoir de rentrer chez eux.
Le début du voyage
Le film est adapté́ de Cheval de guerre de michael morpurgo, un des plus grands romans contemporains sur l’amitié et la guerre, qui a inspiré une pièce de théatre à succès, couronnée par cinq Tony Awards dont celui de la meilleure pièce de l’année. Steven Spielberg transpose à l’écran ce récit chaleureux destiné à toute la famille, en mêlant la grande et la petite Histoire. Steven Spielberg explique : “Cheval de guerre est une histoire intemporelle sur les sacrifices que l’on peut faire par amour – ceux que fait un garçon en temps de guerre pour retrouver son cheval et ceux que le cheval fait pour survivre à ce sombre épisode de l’Histoire."
“J’ai trouvé l’histoire absolument fascinante. J’étais tout simplement transporté. C’était pour moi une histoire d’une sincérité absolue ; j’y ai trouvé matière à un film familial qui raconterait le périple d’un jeune garçon et de son cheval, de deux êtres étroitement liés que le destin sépare. J’espère que cette histoire rapprochera les gens ; son âme et son message ont une portée universelle." (Steven Spielberg)
Le voyage débute à l’aube de la Première Guerre Mondiale, lorsqu’une famille de fermiers anglais achète aux enchères un fougueux poulain, alors qu’ils n’ont pas d’argent pour le payer. L’animal, baptisé Joey, n’est pas destiné aux travaux de la ferme et semble n’être qu’une perte d’argent pour Ted et Rosie Narracott mais leur fils Albert est déterminé à l’apprivoiser et à le dresser, en tirant le meilleur parti de son incroyable esprit, de sa vitesse et de son affection. Le garçon et le cheval deviennent inséparables, mais lorsque la guerre éclate, Joey est vendu et envoyé au front pour servir de monture à un flamboyant officier de cavalerie britannique.
Commence alors pour Joey un périple semé d’embûches, où il va connaître la joie et le chagrin, endurer bien des épreuves et faire bien des découvertes. Ce simple cheval devient un formidable héros, bouleversant les vies des deux camps en guerre, par son innocence, ses motivations pures et son dévouement inconditionnel envers ses amis humains. Il tire des ambulances sur les champs de bataille, bouscule les soldats allemands sur son chemin, enflamme l’imagination d’une jeune Française, et traîne d’énormes canons au sommet des montagnes.
Lorsque l’histoire atteint son apogée et que la quête périlleuse d’Albert le conduit jusque dans les tranchées, Joey se retrouve pris au piège dans le No Man’s Land cauchemardesque qui sépare les fronts britannique et allemand. Mais, alors que tout semble perdu, il ouvre la voie à un moment de paix fugace et permet un nouvel espoir de retrouvailles et de renouveau. Afin de rendre justice à l’ampleur de l’histoire, Spielberg a réuni une distribution hétéroclite, comptant de nouveaux visages comme Jeremy Irvine dans le rôle d’Albert, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, David Kross, Patrick Kennedy, Toby Kebbell, Celine Buckens et Robert Emms, aux côtés d’une foule d’acteurs plus connus et récompensés, comme Emily Watson, Peter Mullan, Niels Arestrup et David Thewlis.
Au sein de l’équipe artistique qui entoure spielberg, on retrouve des fidèles avec lesquels il travaille depuis de nombreuses décennies, comme le chef monteur Michael Kahn, le directeur de la photographie Janusz Kaminski, le compositeur John Williams, le chef décorateur Rick Carter et la chef costumière Joanna Johnston.
Cheval De Guerre a également fait appel à une extraordinaire équipe de dresseurs et de cavaliers supervisée par Barbara Carr, représentante de l’American Humane Association. Pour ces chevaux acteurs aussi expressifs que leurs homologues humains, les scènes d’action et de drame ont été aussi spectaculaires que sécurisées et respectueuses. Barbara carr précise : “Nous avons constamment veillé à la sécurité et au bien-être des chevaux, qui ont été traités avec la plus grande douceur. Il était clair que Steven se souciait profondément des animaux et cela s’est reflété à tous les niveaux de la création du film."
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Source : Comme Au Cinema |
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l’Odyssée d’un cheval pour rentrer chez lui |
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Comment raconter une histoire d’amour, de guerre, d’espoir et de courage qui se déroule dans plusieurs pays, lorsque votre personnage principal est un simple poulain de ferme en quête de douceur, d’amitié qui n’aspire qu’à rentrer chez lui ?
Steven Spielberg a immédiatement eu envie de relever ce défi lorsqu’il a découvert le roman de michael morpurgo, Cheval de guerre. Ce conte merveilleusement inspiré était d’une étoffe bien différente de celle de la plupart des livres. Toutes sortes d’histoires ont été racontées sur la guerre – des histoires de romance, d’héroïsme, de dilemmes moraux, de familles séparées qui surmontent les épreuves. Ici, c’était une histoire en temps de guerre tout à fait inédite : celle d’un animal propulsé dans la bataille, sans méchanceté ni parti pris pour l’un ou l’autre camp, uniquement motivé par son instinct de survie et son désir de retrouver ceux qu’il aime.
Rendre justice à l’histoire dans toute sa force représentait un exploit créatif et technique. Le sujet touchait de près aux valeurs chères à spielberg et correspondait à ce qu’il aime : évoquer la condition humaine. Malgré l’ampleur de cette histoire, il ne s’agissait pas d’un film à effets spéciaux ; il convenait d’adopter un style cinématographique plus artisanal, de travailler en toute humanité et en toute intelligence avec des animaux remarquables, d’obtenir des acteurs des interprétations capables de toucher les gens en leur âme et en leur cœur, et de guider une équipe dévouée pour qu’au bout du compte, l’esprit humain triomphe des ravages de la guerre. chEval DE guErrE adopte un style de narration propre aux films classiques, entrelaçant des destins individuels au sein d’un canevas complexe où il est question du pouvoir de l’espoir dans une période difficile.
Le roman était bâti sur la puissance de l’allégorie. La pièce de théâtre, que spielberg vit pour la première fois à Londres à la demande expresse de la productrice Kathleen Kennedy (laquelle a produit les films les plus originaux de spielberg au cours des quarante dernières années), transportait émotionnellement les spectateurs comme par magie en utilisant des marionnettes de chevaux imposantes mais stylisées. spielberg comprit tout de suite qu’il lui faudrait trouver sa propre manière de transposer cette histoire à l’écran.
Il raconte : “Sur scène, les marionnettes étaient sublimes mais je savais qu’il faudrait de vrais chevaux si nous transposions cette histoire au cinéma. J’adorais aussi le roman mais il était écrit du point de vue de Joey, et vous aviez même accès à ses pensées. Je savais que cette option ne fonctionnerait pas dans un film, même si cela m’a aidé à comprendre l’importance de raconter l’histoire selon de multiples points de vue."
En suivant sa propre piste, spielberg a imaginé le film dans la lignée du genre littéraire de l’odyssée – un voyage mystique qui propulse un jeune héros dans un monde dangereux dont il reviendra en ayant acquis de la sagesse et avec une nouvelle vision de l’existence. Cependant, ici, l’on bénéficie aussi de la vision d’une autre espèce que la nôtre, de la perspective d’un témoin silencieux mais réfléchi et éloquent, de ce que l’humanité a de plus terrible et de meilleur.
D’un point de vue structurel, le film est une sorte d’étude d’ambiances, une succession d’atmosphères différentes d’une scène à une autre – l’image du village, tel qu’on en verrait dans les contes et dans lequel Joey passe son enfance, laisse place au choc de la vision d’un champ de bataille parsemé de machines nouvelles, avant de passer à une ferme française idyllique et au charme de la vie à la campagne, puis au chaos des tranchées et à la désolation brumeuse du No Man’s Land. Tout cela ne fait que renforcer le souvenir prégnant du village où a débuté le périple de Joey et où il s’efforce de revenir.
C’est le courage qui permet à Joey et Albert de surmonter séparément quatre ans de dangers, et c’est le courage qui devient le leitmotiv du film. Steven Spielberg déclare : “Je pense que Cheval De Guerre a beaucoup à dire sur le courage – et sur les choses à accomplir pas seulement pour soi-même mais pour ceux que l’on aime. On retrouve ce thème essentiel au film sous plusieurs formes différentes au cours de l’histoire." Le réalisateur poursuit : “Albert et Joey ont une foi inébranlable l’un en l’autre. Tout commence avant la guerre, lorsqu’ils essayent ensemble de labourer ce champ incultivable et stérile dans le Devon. Il se crée une telle synergie, une telle collaboration fondée sur l’empathie entre le cheval et le garçon que lorsqu’ils sont séparés par la guerre, le public sent qu’il y aura un rendez-vous avec le destin. Et lorsque cela se produit, quelque chose de merveilleux
émerge du chaos."
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Suite sur Comme Au Cinema |
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Du roman à la scène, du théâtre au cinéma |
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Après de modestes débuts, Cheval De Guerre est devenu un classique de la littérature moderne familiale, une histoire du siècle passé qui parle de ce qui compte dans le monde actuel, puis une pièce de théâtre novatrice qui enflamma le public. Cheval de guerre trouve aujourd’hui une nouvelle incarnation grâce au cinéma. L’aventure a donc commencé sous la plume de michael morpurgo, romancier et auteur pour la jeunesse, qui voulait écrire un conte dénonçant les ravages de la Grande Guerre. Celle-ci est peut-être la plus méconnue du XXe siècle, alors qu’elle a laissé dans son sillage un monde à jamais métamorphosé et toute une génération obligée de se reconstruire sur des cendres. michael morpurgo avait cherché pendant longtemps un moyen original d’écrire sur la guerre. C’est en rencontrant un vétéran dans un bar qu’il le trouva – l’inspiration germa lorsqu’il écouta le récit de cet homme qui évoquait avec flamme non pas ses camarades soldats mais l’incroyable héroïsme des chevaux qui étaient avec eux au combat.
À l’instar de la plupart des gens, michael morpurgo n’avait jamais accordé beaucoup d’attention aux chevaux de guerre mais ce vieux soldat lui ouvrit les yeux sur un vaste univers inexploré : les liens unissant humains et animaux, qu’aucune bataille ne pouvait détruire et qui les avaient portés dans les moments les plus durs. Le romancier se souvient : “J’étais là, en train d’écouter ce vieil homme me raconter, les larmes aux yeux, sa relation avec un cheval sur le front de l’Ouest, des décennies plus tôt. J’ai appris que ces chevaux faisaient bien plus que porter les soldats ou tirer les chariots d’armes à feu. Ils comptaient profondément pour les hommes au combat."
Cette conversation poussa michael morpurgo à entamer ses propres recherches au cours desquelles il découvrit qu’un million de chevaux se lancèrent vaillamment dans la bataille aux côtés des Britanniques et que seuls 62 000 d’entre eux survécurent. Il apprit à quel point les chevaux étaient une force vitale pour les deux camps, en tissant un lien commun invisible entre les soldats de chaque pays. Il découvrit des tableaux poignants et lut des comptes-rendus historiques sur le sacrifice, la souffrance et les actes de bravoure des chevaux – à l’image de ceux de leurs compagnons humains. À travers tous ces éléments, il sentit qu’il y avait matière à raconter une histoire exceptionnelle.
Le roman, publié en 1982 et destiné aux jeunes adultes, est rapidement adopté par les lecteurs du monde entier et arrive second au prestigieux Whitbread Award. Lorsqu’en 2007, il est transposé en pièce de théâtre jouée au National Theatre à Londres, le public lui fait un véritable triomphe, séduit par les thèmes qu’elle abordait : l’amitié entre l’homme et l’animal, le pouvoir de la résistance et l’espoir en l’avenir lorsque tout semble perdu. La pièce touche également la productrice Kathleen Kennedy, qui a un coup de foudre pour Joey et pour sa détermination inébranlable à retrouver le chemin de sa maison. Elle se souvient : “Je ne pouvais pas me sortir de la tête cette histoire et les émotions qu’elle avait suscitées."
Kathleen Kennedy pense immédiatement à Steven Spielberg. Elle savait qu’il avait toute la créativité nécessaire pour trouver le moyen d’adapter cette histoire incroyable au cinéma, d’une manière universelle et moderne. Elle explique : “Réaliser un film de guerre n’intéressait pas Steven. Ce qu’il aimait surtout dans Cheval de guerre, c’était cette relation entre un garçon et un cheval, ainsi que leur périple. Tout le monde peut se retrouver dans les émotions de Joey et, logiquement, ne peut s’empêcher de s’inquiéter profondément pour lui. En suivant l’expérience que vit Joey, Steven pouvait montrer la bonté des gens qui se battaient dans les deux camps. Il a ce talent de révéler la capacité des gens ordinaires à réaliser des choses extraordinaires." michael morpurgo n’en revenait pas que spielberg s’intéresse au projet. L’auteur était ravi de la direction originale voulue par spielberg, aussi innovante pour le cinéma que l’avait été la forme prise par l’adaptation théâtrale. “Il y a eu une incroyable rencontre intellectuelle avec Steven. Nous sommes tous les deux des conteurs, fascinés par la manière dont les histoires peuvent se développer et mûrir. Steven a raconté l’histoire à sa façon, avec davantage de profondeur et d’ampleur." “Il était fondamental que le film célèbre l’amitié envers et contre tout. C’est un thème puissant que ce désir de retrouvailles qui imprègne toute l’histoire. Je savais que Steven Spielberg ferait en sorte de développer cette idée et qu’il amènerait le public à le suivre à chaque seconde. Il y réussit remarquablement. les émotions ne sont jamais gratuitement larmoyantes, elles naissent toujours de l’authenticité." (Kathleen Kennedy)
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A la decouverte du casting |
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Pour choisir ses acteurs, spielberg s’est laissé guider par les personnages. Il a parcouru toute l’Angleterre à la recherche d’acteurs correspondant aux rôles, sans se préoccuper de savoir s’ils étaient ou non célèbres. Kathleen Kennedy commente : “Steven est connu pour faire de merveilleuses découvertes. Pour lui, faire ce film était une occasion en or de trouver un casting peu ordinaire parce que les rôles sont extrêmement variés. Et tous sont formidables."
Une distribution variée et attachante était fondamentale pour le réalisateur, qui note : “Cheval de guerre n’est pas seulement l’histoire d’un garçon et d’un cheval ; c’est aussi l’histoire des différentes personnes qui croisent leur chemin – et c’est devenu le plus exceptionnel des castings avec lequel j’aie travaillé. La plupart des personnages n’ont jamais de scènes en commun et pourtant vous avez l’impression qu’ils font partie d’un tout. Je suis vraiment fier qu’autant de bons acteurs se soient impliqués dans le film."
L’un des choix cruciaux a été de décider qui jouerait le rôle d’Albert, le garçon que son amour envers le poulain acheté par son père alcoolique portera tout au long de ses tribulations. Au cours du long processus d’auditions, un jeune acteur a retenu l’attention de tous : Jeremy Irvine, un Anglais de 20 ans qui, comme Albert, a grandi dans un petit village. Steven Spielberg révèle : “Pour le rôle d’Albert, je ne voulais pas quelqu’un qui avait joué dans d’autres films. Je désirais un nouveau visage. Joey était un illustre inconnu, alors il fallait qu’il en soit de mêm pour Albert. Je me suis souvenu que Christian Bale fut le second garçon à auditionner pour Empire Du Soleil, et je ne suis revenu vers lui que plusieurs mois plus tard. Le même genre de situation s’est produit avec Jeremy. Nous étions pile au milieu de nos recherches lorsque nous avons vu Jeremy pour la première fois. Nous avons donc poursuivi les auditions pour voir si quelqu’un serait à sa hauteur. Après plusieurs mois de recherches, il était évident que Jeremy était le meilleur choix."
Jeremy Irvine, qui était fan du roman depuis l’âge de 10 ans, explique : “Je considère Albert comme n’importe quel garçon sur le chemin de la maturité. Lorsque l’on fait sa connaissance, il commence tout juste à remettre son père en question et à s’interroger sur l’homme qu’il est – il grandit, tout simplement. Mais il va trouver la maturité à travers son cheval. Je pense que tout le monde se retrouve là-dedans. Nous avons tous été confrontés à une chose à laquelle nous voulions échapper et nous nous sommes tous liés d’amitié avec quelqu’un qui a joué un rôle important dans notre découverte du monde et notre maturité."
Le thème de la Première Guerre Mondiale avait un caractère poignant pour l’acteur. Il raconte : “Deux de mes arrière-grands-pères ont fait cette guerre. L’un était à Gallipoli et avait une jument baptisée Elizabeth à laquelle il était très attaché. J’ai vu le reçu montrant qu’il avait acheté le cheval à l’armée pour 28 livres, la même somme dont Albert dispose lorsqu’il essaye de racheter Joey à l’armée ! Quelle incroyable coincidence !"
Jeremy Irvine a suivi une période d’entraînement intensif, en montant à cheval dix heures par jour dans les écuries de Hertfordshire où certains chevaux avaient déjà été les vedettes de films comme Pur sang, la Légende de Seabiscuit et Black Beauty. Là-bas, il a appris à penser comme les chevaux. “Ce sont des créatures extraordinairement sensibles. C’était un bonheur d’apprendre à monter des bêtes si splendides. Et c’est incroyable de voir à quelle vitesse on s’améliore lorsque l’on a les meilleurs professeurs."
Jeremy se souvient d’un tournage extrêmement difficile : “Certains jours, on frissonnait de froid sous une fausse pluie ou on était couvert de boue de la tête aux pieds. On pouvait passer quatorze heures d’affilée dans des endroits sombres et isolés aux allures de fin du monde. Mais grâce à ce sentiment d’authenticité, nous pouvions vraiment approcher ce que ces jeunes soldats ont enduré. Steven ne fait pas les choses à moitié. Tout est fait de la meilleure façon possible. Et cela rend tout intense."
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Les chevaux et leurs entraîneurs |
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Le casting des acteurs de Cheval de Guerre était crucial, mais celui des chevaux l’était tout autant, car ce sont eux qui devaient combler le fossé entre les espèces, établir un rapprochement entre le cheval et l’homme pour placer le public dans une perspective inédite. L’allure impressionnante des chevaux frappe l’imaginaire des réalisateurs depuis les débuts du cinéma – les premières images animées qui furent tournées montraient des chevaux au galop. Au cours du siècle dernier, le cheval a gardé un rôle important dans les films, souvent en toile de fond des westerns, mais aussi au premier plan de classiques comme Sarah, L’étalon Noir et Pur Sang, La Légende De Seabiscuit.
Aucun film avant Cheval de Guerre n’avait été aussi tributaire des capacités expressives des chevaux ou ne s’était penché sur l’histoire inédite de leur sacrifice pendant la guerre. Il était donc primordial pour spielberg de trouver des dresseurs dévoués et des animaux sensibles, afin qu’ils s’engagent en toute sécurité dans le projet et que les chevaux livrent un jeu authentique et très expressif. Finalement, une large troupe équine fut créée, incluant plus de cent chevaux placés sous l’égide du chef dresseur Bobby Lovgren, qui avait déjà travaillé avec les chevaux de Pur Sang, La Légende De Seabiscuit et est connu pour repousser les limites de l’art du dressage. lovgren recruta à son tour des dresseurs en Australie, en Espagne et aux états-Unis, ainsi qu’une équipe de palefreniers et de soigneurs, des manutentionnaires, des transporteurs, un vétérinaire et même une équipe pour le maquillage, le pelage et les crins des chevaux – tous supervisés par Barbara carr, représentante de l’American Humane Association.
Steven Spielberg explique : “Bobby et son équipe ont littéralement accompli des miracles avec les chevaux du film. Depuis le début, j’avais insisté sur la sécurité des chevaux. Bobby y a veillé. L’autre personne importante pour moi était Barbara Carr, la représentante de l’American Humane Association, présente pour tous les plans. Je lui avais donné carte blanche pour tout arrêter si elle sentait que l’un des chevaux n’était pas à la hauteur des défis ou si elle pensait qu’ils pourraient être blessés. J’ai souhaité qu’elle assiste à toutes les scènes d’action et de cascades des chevaux, qu’elle soit présente aux répétitions lorsque nous bougions au ralenti, pas à pas, et qu’elle dise si elle pensait qu’il y avait un danger quelconque."
à la lecture du scénario, Bobby Lovgren a été touché par ce portrait inédit des animaux en temps de guerre et par la constance affective de Joey mais il s’est aussi rendu compte que le travail serait ardu pour lui comme pour ses chevaux. Il avoue : “Au début, c’était un vrai casse-tête rien que d’y penser. Les chevaux ont tellement d’interactions différentes avec tellement de gens dans cette histoire et notamment dans les scènes de combat, que cela promettait d’être très difficile pour n’importe quel animal – et même pour les humains ! Mais nous avons commencé par être très consciencieux en termes de sécurité et nos dresseurs ont accompli des choses exceptionnelles. Aucun cheval n’a été blessé sur le tournage. Lorsqu’on les voit boiter dans le film, ils ont été dressés pour."
Quatorze chevaux différents ont été utilisés pour incarner Joey dans son évolution de poulain à cheval adulte. Ils devaient reconstituer tous ensemble le portrait d’un seul cheval un peu naïf qui devient aussi noble, loyal et courageux que le jeune homme qui l’a dressé. Parmi ces chevaux, il y avait Finder, le propre cheval de lovgren (qu’il a acheté après l’avoir dressé pour Pur Sang, La Légende De Seabiscuit) qui a assuré les plus importantes scènes de jeu de Joey. lovgren dit de ce cheval, qu’il adore : “Finder a une capacité troublante à exprimer ses sentiments. Il y a eu deux scènes particulièrement délicates pour un cheval : celle où Joey est pris dans une clôture de fils barbelés – en fait du plastique pour qu’il n’y ait aucun danger pour les chevaux – et celle où Topthorn se débat et que Joey prend ses rênes pour essayer de le tirer. C’était très important que ces scènes dégagent de l’émotion mais c’est plutôt difficile d’y parvenir avec un cheval ordinaire. J’ai eu vraiment beaucoup de chance d’avoir Finder parce qu’il a une personnalité qui le rend attachant et crée un impact émotionnel sur le public."
Quatre chevaux différents se sont partagé le rôle de Topthorn, ami et rival de guerre de Joey, mais dans la scène la plus forte, il est joué par un cheval très particulier baptisé George. Barbara carr se souvient de cette scène : “George devait rester immobile pendant que Finder, qui jouait Joey, s’approchait de lui. Les chevaux étaient tous les deux parfaitement bien dressés et calmes durant toute la scène. Steven avait un plateau silencieux. Personne ne bougeait. Il a si bien expliqué à tout le monde ce qui allait se passer que les chevaux n’étaient absolument pas stressés. C’était encore un grand moment d’émotion, l’équipe entière pleurait." ali Bannister a été chargée de la conception de l’apparence de Joey, et la chef maquilleuse équine, Charlie Rogers, s’est assurée que les différents Joey étaient bien tous semblables. Elle explique : “Chacun des chevaux incarnant Joey était dressé pour des actions spécifiques mais ils devaient tous se ressembler. Chacun d’eux devait porter les quatre balzanes blanches au bas des jambes et la marque en-tête en forme d’étoile blanche sur le front. Cela prenait quarante-cinq minutes pour maquiller un cheval – et ils avaient tous un tempérament différent. Il m’a fallu beaucoup de patience !"
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La charge de la cavalerie |
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La scène où Joey prend pour la première fois contact avec la guerre, en prenant part à l’une des dernières grandes charges de cavalerie contre les forces allemandes, a demandé énormément de travail avec les chevaux. Ces charges ont été la base de l’art de la guerre depuis l’époque des chevaliers mais ont pris fin lors de la Première Guerre Mondiale, lorsque la combinaison des barbelés et des mitrailleuses s’est révélée trop meurtrière pour les troupes à cheval. En 1914, près de 10 % des troupes britanniques faisaient partie de la cavalerie, ce chiffre est tombé à moins de 2 % en 1917.
Pour s’assurer que l’authentique charge de cavalerie qui propulse Joey dans la guerre se déroule sans encombre, Steven Spielberg a eu recours à un nombre inhabituel de prévisualisations. Il explique : “Il était très important que tout le monde, surtout les dresseurs et les cavaliers, puisse voir ce que l’on attendait d’eux. Je voulais que l’American Humane Association, les cascadeurs et les dresseurs puissent voir les prévisualisations et dire si cela leur paraissait trop dangereux ou si c’était réalisable. Il fallait être bien préparé et assurer la sécurité des chevaux."
Spielberg a aussi fait appel au docteur David Kenyon, spécialiste de la cavalerie, comme consultant. Celui-ci a été stupéfait de voir l’histoire qu’il étudiait depuis des années prendre vie sous ses yeux. Il se souvient : “Avoir passé autant de temps à étudier la cavalerie dans les livres et la voir soudain devant moi a été un grand moment. La première fois que j’ai vu les cavaliers en uniforme, parfaitement équipés, avec les chevaux se comportant comme ils l’auraient fait à l’époque, cela m’a donné la chair de poule."
Le nombre de chevaux impliqués dans la scène était impressionnant. Kathleen Kennedy précise : “Les charges de cavalerie dépassaient les cent chevaux, les plans prévus devaient être parfaits en deux ou trois prises pour éviter de trop fatiguer les chevaux. C’était un sacré défi." Spielberg voulait que les chevaux passent à travers les tentes, afin d’accentuer le dynamisme visuel de la scène. Neil Corbould, superviseur des effets spéciaux, explique : “Nous avons utilisé des systèmes de déblocage rapide et des pièces élastiques pour que les tentes s’effondrent au passage des chevaux mais sans être entraînées dans leur sillage. Nous avons aussi utilisé des tables cassables et des chaises en mousse, ce qui, combiné aux effets sonores adéquats, donnait l’impression que les chevaux détruisaient tout sur leur passage mais cela ne les a pas du tout blessés."
Afin de montrer ce à quoi la cavalerie était confrontée dans cette guerre moderne d’un nouveau genre, le chef armurier Simon Atherton s’est procuré de vieilles mitrailleuses Maxim – la première mitrailleuse autoalimentée, connue sous le nom de “Pinceau du Diable" à cause de sa puissance de feu. Simon Atherton raconte : “Nous avons trouvé des marchands et des collectionneurs auxquels nous avons emprunté des armes en état de marche mais que nous avons évidemment fait tirer à blanc. Par contraste, les soldats britanniques sont équipés de sabres qui sont la réplique du modèle Pattern 1908 et les officiers de sabres du modèle Pattern 1912. Pour obtenir la légèreté des sabres, nous les avons faits en bambou puis nous les avons chromés."
La sécurité était prioritaire mais les acteurs étaient enthousiastes de participer à cette grande reconstitution. Benedict Cumberbatch déclare : “Il y a quelque chose de plutôt héroîque chez ces hommes qui se lancent à cheval dans la bataille. Ce devait être impressionnant de les voir ainsi en 1914 avec tant de faste et de détermination." Pour les jeunes acteurs, c’était aussi une expérience qui donne à réfléchir. Tom Hiddleston se souvient : “Steven m’a donné la plus incroyable des indications pour la scène de charge de cavalerie. Il m’a dit : “Montre-moi ton visage guerrier au début du plan mais lorsque tu sens la caméra passer devant ton visage, je veux te voir rajeunir de vingt ans. Lorsque tu aperçois ces mitrailleuses, tu as 9 ans. Je veux voir l’enfant qui est en toi." C’est la plus extraordinaire direction de jeu que l’on m’ait donnée. Spielberg a capté la perte d’innocence qui survient lorsque la cavalerie charge."
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Le Paysage comme un personnage |
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Outre les chevaux et les hommes, il y a dans chEval DE guErrE un troisième personnage d’importance : les paysages, des terres cultivées irrégulières et romantiques du Devon au No Man’s Land où les cieux sont brumeux et où la terre porte les marques des combats. Pour Steven Spielberg, chacune des étapes du voyage de Joey, de la ferme à la forêt jusqu’aux tranchées, est l’opportunité d’immerger le public plus profondément encore dans ce que vit le cheval – des expériences pour la plupart au-delà des mots.
Afin de créer un univers qui soit à la fois pictural et réaliste, spielberg a travaillé avec une équipe artistique qu’il connaît depuis longtemps : Janusz Kaminski, directeur de la photographie, Rick Carter, le chef décorateur et Joanna Johnston, la chef costumière. Kathleen Kennedy commente : “Ce film a permis à Janusz, Rick et Joanna de déployer tous leurs talents. Le travail de recherche de Rick et Joanna sur les décors et les costumes a été remarquable et ils ont trouvé des choses inédites au cinéma. Janusz a su brillamment faire évoluer l’atmosphère du film, en passant de la beauté luxuriante et champêtre aux atrocités de la guerre. L’association de leurs talents donne au film une atmosphère unique, authentique, extraordinaire."
Janusz Kaminski, récompensé aux Oscars pour Il Faut Sauver Le Soldat Ryan et la Liste De Schindier, a été porté par l’ambition visuelle de l’histoire et il savait que spielberg voudrait trouver le mélange d’éléments stylistiques adéquat. Il note : “C’est la quintessence d’un film de Spielberg. Beaucoup d’émotion, d’action, de beaux personnages, tout cela imbriqué dans une histoire intime à laquelle Steven donne une grande ampleur de narration. Cheval de guerre est réalisé de manière très classique ; seul Spielberg fait encore ce genre de films." Depuis le temps qu’ils travaillent ensemble, spielberg et Kaminski n’ont même plus besoin de se parler. “Nous avons tous les deux le même point de vue sur la manière de raconter les histoires. Steven travaille avec les acteurs et le langage verbal, moi je travaille avec les ombres, le non-verbal et c’est formidable."
Le directeur de la photographie poursuit : “Nous avons peu parlé de l’aspect visuel du film. Nous avons brièvement évoqué certaines références, notamment l’œuvre de John Ford, sa façon de composer ses images ; et l’importance des personnages – à la fois partie intégrante de la terre et la façonnant, comme le font les hommes. J’ai utilisé une lumière très puissante parce que je voulais voir les ciels bleus, les nuages boursouflés et les gens se détachant sur la terre."
Tout au long du tournage, Janusz Kaminski a préféré s’adapter aux changements météorologiques propres à l’Angleterre plutôt que de les combattre. Il explique : “Face à l’imprévisibilité constante du temps, il fallait accommoder notre façon de filmer pour en tirer parti, utiliser la pluie et les éclaircies pour améliorer le film."
Pour le directeur de la photographie, ces changements ne font que mettre en lumière les variations d’atmosphère du périple de Joey. “Ce film était pour moi une expérience passionnante parce que je pouvais créer différentes ambiances. Certaines me permettaient d’avoir une belle image et d’autres sont plus réalistes et brutes. Lorsqu’à la fin du film, le cheval et le garçon retrouvent leur famille, c’était presque un hommage à Autant En Emporte Le Vent. Le ciel est d’un rouge profond, les couleurs sont celles d’un livre de contes et vous sentez que leur voyage s’achève par un grand moment de retrouvailles."
Pour le chef décorateur Rick Carter, oscarisé pour avatar, tout s’articule autour des changements de tonalité des territoires que traverse Joey. Il explique : “L’histoire de cette terre reflète celle de Joey. Le Devon est une terre dure, rocailleuse mais aussi idyllique. Ensuite, on arrive en Europe où l’on découvre les ravages que la guerre a infligés à la terre, puis on atteint le No Man’s Land aux allures de paysage lunaire totalement dépourvu de vie." La première tâche de Rick Carter a été de trouver l’endroit parfait pour la ferme des Narracott, le seul vrai foyer pour Albert et Joey. Il l’a découvert sur les collines rudes et battues par les vents du Dartmoor National Park, dans le sud du Devon, où la splendeur austère et hypnotique des landes était intacte. Il explique : “Cela m’a pris beaucoup de temps pour trouver un endroit qui évoque cette rudesse, cette âpreté naturelle. Nous avons finalement trouvé dans le Dartmoor, au milieu de nulle part, une construction en ruines que nous avons retapée. Elle offrait une vue à 360°, ce qui donnait l’impression de faire partie de quelque chose d’immense et d’imposant – l’étendue des cieux, la force des éléments. C’était d’une beauté qui dépassait tous nos espoirs."
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Des uniformes ... tout sauf uniformes |
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Les recherches historiques et les caractéristiques des personnages ont également inspiré le travail de la chef costumière, Joanna Johnston, autre collaboratrice de longue date de spielberg. Celle-ci s’était familiarisée avec l’univers militaire pour il faut sauvEr lE solDat ryan. Comme beaucoup d’autres membres de l’équipe, elle entretient des liens personnels avec la Première Guerre Mondiale. Elle précise : “Le frère de ma grand-mère a fait cette guerre et je gardais une photo de lui, juste avant qu’il ne monte à cheval, sa monture patientant et lui se retournant. Je l’ai tout de suite envoyée à Steven ; cette photo est devenue ma façon personnelle d’appréhender le film et a servi de base pour évaluer l’envergure des costumes."
En définitive, Joanna et son équipe ont fabriqué à la main 85 % des costumes du film. Spielberg note : “Joanna a fait un incroyable et méticuleux travail de recherche pour comprendre ce que portaient les troupes de diverses nationalités. Elle a même découvert que les casques allemands avaient changé depuis 1914 : au départ, ils avaient ces pointes au-dessus, puis ils ont pris la forme que l’on connaît mieux dans la seconde moitié de la guerre. Elle a passé beaucoup de temps à l’Imperial War Museum de Londres, pour s’assurer que chaque costume était conforme, jusqu’au fil qu’on utilisait pour les coudre."
Joanna Johnston a abordé le design des costumes comme si chacune des aventures de Joey ouvrait le nouveau chapitre d’un livre. “C’est formidable de pouvoir travailler ainsi parce que cela permet à chaque épisode de l’histoire d’être clairement identifié. Vous tournez la page et c’est un nouveau chapitre qui commence, ces différents chapitres se chevauchent à peine. Je voulais que chacun des épisodes ait son propre design. Historiquement, nous sommes restés fidèles à la réalité sauf pour la scène dans la ferme française. J’ai un peu adouci la réalité parce que cette ferme fait figure d’oasis paisible au milieu d’une époque déchirée par la guerre. C’est un petit coin de sécurité, bien caché."
Afin de souligner les origines terriennes de la famille Narracott, Joanna Johnston a étudié les vêtements campagnards de cette époque. Elle explique : “Ce sont des gens de la campagne, j’ai donc essayé de combiner texture et simplicité. Le jeune Albert devait paraître juvénile et attachant d’emblée. Ted est plus démodé, il porte la même veste probablement depuis au moins quinze ans. Les vêtements de Rose sont très fonctionnels."
En ce qui concerne les uniformes militaires, les recherches de Joanna Johnston ont montré qu’il y avait très peu d’uniformes standardisés à l’époque ; les officiers se rendaient chez leur tailleur pour se faire faire un uniforme sur mesure en fonction de leur grade, ce qui a donné plus de latitude à Joanna Johnston dans son travail. Elle a utilisé divers coloris et étoffes pour différencier les soldats de la cavalerie britannique Nicholls, Stewart et Waverly. Elle raconte : “Mon équipe de confection des costumes militaires a adoré ça, parce qu’il n’y a eu aucun film de cette ampleur se déroulant pendant la Première Guerre Mondiale depuis un moment. C’était palpitant pour eux."
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De bruit et de fureur |
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Le compositeur John Williams, cinq fois oscarisé, est l’un des collaborateurs de longue date de spielberg. Ses musiques de film riches et émouvantes sont parmi les plus reconnues de tous les temps. Outre la musique de Cheval de Guerre, Williams a composé cette année celle d’un autre film réalisé par Steven Spielberg, Les Aventures De Tintin : Le Secret De La Licorne. Steven Spielberg déclare : “C’est une année incroyable pour John parce que je pense que ces films sont deux de nos meilleures collaborations. Les musiques des Aventures de TinTin : Le Secret de la Licorne et de Cheval De Guerre sont diamétralement opposées car composées pour deux films radicalement différents, ce qui montre que John peut s’adapter à tout et qu’il est dans un état de grâce musicale permanent. Je ne sais pas comment il a réussi à composer les deux en un an ... mais il l’a fait."
John Williams considère Spielberg comme un “réalisateur musical" et leurs dons de conteurs se sont toujours assemblés comme les deux moitiés d’un même puzzle. Pour Cheval De Guerre, Williams a dû s’ouvrir à de nouveaux horizons. L’ampleur et l’époque du film l’ont attiré, mais au début, il avait très peu de liens avec les chevaux. Afin de nourrir son imagination, John Williams s’est rendu en Californie dans une ferme équestre et s’est mis à les observer. “J’ai pris l’habitude de regarder les chevaux le matin et j’ai pu voir à quel point ils sont liés entre eux. Ils ont commencé à s’intéresser à moi. C’est là que j’ai compris que les chevaux étaient des créatures à part. Ce sont les amis de l’Homme, splendides et fidèles, depuis si longtemps... Ils ont fait tellement pour nous et ils l’ont fait avec élégance."
Le long voyage qu’accomplit Joey, les pays et les terres qu’il traverse lors de son périple à travers les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale, a été une autre source d’inspiration. John Williams déclare : “Il y avait là une belle opportunité musicale parce qu’il est question d’hommes et d’animaux et que l’action se passe dans trois pays différents. Cela commence d’une manière intimiste, dans la ferme où Joey et Albert se lient d’amitié. Ensuite, l’irruption de la guerre change la donne et la musique opère un virage à 180°. On passe d’une musique bucolique, douce et même sentimentale à la musique des déferlantes guerrières et à l’intensité des batailles. C’est un voyage musical ample et émotionnel, j’ai aussi tenté de refléter l’atmosphère propre à cette époque à travers une musique lyrique, poétique et tragique."
“La musique du film évoque la terre, le lieu, l’époque et les relations entre un garçon et un cheval. La façon dont John Williams (l)la composée a facilité mon travail, parce que quels que soient mes efforts pour raconter une histoire pleine d’humanité et d’émotion, John est capable de transcender cela et d’harmoniser les différents constituants du film." (Steven Spielberg)
Comme pour Spielberg, les paysages ont été une source d’inspiration pour John Williams. Le compositeur confie : “La beauté du Devon et ses vastes étendues ont résonné en moi. Nous avons focalisé la musique sur le thème des liens affectifs de manière à ce que l’on ressente aussi la puissance du paysage. L’ouverture du film est un solo de flûte suivi par un orchestre à cordes : Steven était comme moi convaincu que cette ouverture très simple, épurée, évoquerait le mieux l’ampleur de la campagne. Cela m’a juste semblé beau."
Il poursuit : “Bien que je trouve les scènes de guerre terribles, la musique continue de rappeler au public la noblesse des sentiments qui animent Joey et Albert et les poussent l’un vers l’autre. C’est aussi ce qui s’est produit lors des séances d’enregistrement rassemblant plus de quatre-vingt-dix musiciens doués. La musique du film a été joyeuse à enregistrer parce qu’elle était liée à la performance de groupe. C’est un film lyrique qui nécessite une réponse lyrique. Les séances d’enregistrement ressemblaient donc à un vrai concert. Nous avons essayé de nous élever ensemble et d’avoir nos quatre-vingt-dix musiciens emportés, comme Steven, pour flotter en apesanteur."
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Une semaine - Un chapitre - Ariane |
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Cheval de guerre de Steven Spielberg appartient à la catégorie très étroite des films qui associent à la guerre un élément narratif autre, ici le conte. Comme dans Le Labyrinthe de pan, La Vie est belle ou encore Inglorious Basterds, le réalisme laisse à plus ou moins haute dose la place à l'imagination.
Cette grande épopée commence dans le Devon. Albert, un adolescent, fait la promesse à sa mère de former Joey, le jeune cheval que son père vient d'acheter, pour qu’il laboure les champs de la ferme.
À ce stade de l'histoire déjà, les éléments réalistes se mélangent à ceux du conte car si l'histoire est bien réelle - la difficulté de survivre pour les fermiers -, les décors semblent tout droit sortis d'un livre d'images et les animaux, en plus d'avoir des rôles importants sont dotés d'un certain bon sens ( l'oie qui poursuit ces messieurs, un peu comme une extension de la maitresse de maison et bien sûr le cheval Joey qui pour Spielberg a improvisé à plusieurs reprises lors du tournage).
On n’est pas loin non plus des films de John Ford, avec un travail du rapport entre intérieur et extérieur très proche du western.
Un fort orage qui fait perdre la récolte et l'annonce de la guerre décident les parents à vendre Joey qui va partir pour la France avec l'armée anglaise. Le personnage principal c'est en effet ce cheval dont nous allons suivre le voyage et les rencontres.
L'angle choisi - la guerre de 1914-1918 vue par un cheval - efface très vite une approche binaire (les deux camps qui s'affrontent) pour plutôt proposer des rencontres entre différents protagonistes : Joey et Tophorn, Joey et deux jeunes allemands, Joey et un grand père avec sa petite fille, etc. Le lien entre toutes ces rencontres, c’est bien sûr Joey et le fanion qu’il a sur son harnachement. Ce fanion est un trait d’union entre les différentes étapes de l’histoire, une métaphore de la continuité.
Steven Spielberg n'oublie pas pour autant le nerf de la guerre avec plusieurs scènes de bataille à couper le souffle et la mise en scène d'un no man's land terrifiant. La mise en scène est ainsi traversée par deux courants différents : l'esprit de reconstitution et la persévérance du conte à toute épreuve.
Dans son casting, Spielberg mélange les pointures (Niels Arestrup, Emily Watson) à des acteurs dont c'est le premier film (Jeremy Irvine par exemple, qui apporte au film fraîcheur et naïveté dans le rôle d'Albert). Les chevaux font aussi un remarquable travail d'acteur dans les rôles de Joey et Tophorn. Magnifiques, excessivement bien dressés, ils ont chacun cette faculté de nous dire des choses sans pour autant (heureusement) parler.
Spielberg nous embarque dans une magnifique histoire de courage qui mêle deux genres très différents : le conte et le film de guerre. Le réalisateur américain s'impose comme un maître de l'image mais aussi de l'émotion, une émotion disparue dans Tintin, et de retour dans Cheval de guerre avec une force tragique et métaphorique.
Cheval de guerre est un film à voir avec des yeux d’enfants : du grand Spielberg divertissant et émouvant, à appréhender comme un conte tout autant qu’un film de guerre. C’est la clé pour comprendre et aimer ce film qui peut risquer, autrement, de ne pas être apprécié à sa juste valeur.
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Source : Une semaine - Un chapitre |
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cine heroes - Nadrien |
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Le style si particulier du cinéma spielbergien se voit dans Cheval de Guerre illustré dans toute sa splendeur. Le film transmet bien toutes les valeurs si précieuses que transporte toujours le réalisateur dans ces films tout en conservant le délicieux emballage d’un film à grand spectacle. Mais comme on peut le voir dans le film, le vrai héros de l’oeuvre est Joey, le sublime demi-sang : ce dernier reste véritablement au cœur de l’action et est celui qui monopolise toutes nos pensées. Il faut dire qu’à côté de ça, il y a une pléiade d’acteurs prêts à tout pour ce cheval ! Le film fait intervenir une multitude de personnages pour un casting certes doté de nombreux acteurs de second plan mais l’ensemble est fort prestigieux, que l’on se place du côté britannique (avec Tom Hiddleston et Benedict Cumberbatch, que l’on retrouve respectivement au générique de Thor et de la série Sherlock de la BBC), français (avec le grand Neils Arestrup) ou germanique (où l’on croise le chemin David Kross, aperçu dans The Reader avec Kate Winslet). Toutefois, on peut assimiler deux choix discutables dans la distribution dans les cas du personnage principal et de celui de la jeune française (Jeremy Irvine et Celine Buckens). Si le premier voit son rôle ternit par un jeu d’acteur relativement limité, la seconde est dotée d’un (volontaire ?) accent français non-travaillé qui irrite quelque peu… quitte à choisir des acteurs inconnus, il est évident que Spielberg aurait pu en trouver de bien meilleurs !
À la vue des premières bandes-annonces du film, j’ai redouté que le film soit trop "tire-larmes", à un point où l’on se retrouverait bloqué pour ressentir quoi que ce soit tellement l’ensemble serait indigeste et exagéré. Au final il n’en est – presque – rien. Certes, certains passages du film obligatoires pour le bon déroulement du récit sont parfois un peu trop appuyés mais il s’agit du cadet de nos soucis car Spielberg utilise tout son savoir faire pour nous faire plonger dans le film la tête la première. On se laisse alors prendre au jeu de cette belle leçon de cinéma populaire et universelle. Et quoi de mieux pour intensifier et sublimer le tout que les musiques de John Williams, le compositeur attitré du réalisateur à la casquette. Des partitions émouvantes, envoutantes.. bref, elles ne manquent pas de superlatifs pour les décrire.
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Source : Cine Heroes |
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oblikon - Marco |
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Le film commence et le ton est donné: nous allons assister à une épopée rurale. Les paysages anglais de l’avant-première guerre se déroulent sous nos yeux et il est impossible alors de ne pas penser aux grands classiques américains signés John Ford, Howard Hawks ou Viktor Flemming.
Après avoir été élevé par Albert qui l’a vu naître, Joey, un demi-sang totalement atypique dans une région (le Devon en Angleterre) qui ne jure que par les chevaux de labour, sera vendu à l’armée anglaise et amené en France. Il servira l’armée anglaise, puis l’armée allemande avant de se retrouver en plein no man’s land, lequel moment donnera lieu à une scène extraordinaire où, l’espace de quelques minutes, anglais et allemands vont se réunir autour de l’admiration qu’ils ont en commun pour Joey.
Le brio de Spielberg tient en plusieurs points. Tout d’abord il prend tout son temps pour l’exposition de ses personnages : le fermier fier et brisé, têtu, sa femme et leur enfant, Albert, qui va grandir en même temps que celui qui deviendra son ami, son frère : Joey, vrai personnage principal du film. Nous voyons lentement se planter un décor autour du thème central de l’effort, du dévouement, du travail de la terre … La terre qui sera l’élément-clé tout au long du film.
Et là on comprend que c’est un mauvais résumé de dire que War Horse est un film de guerre. Elle en a le décor, mais on est loin du Soldat Ryan : l’héroïsme qui sera présenté ici est tout autre, plus vaste. On est bien là dans les traces des grands films classiques tels que Autant en emporte le vent, Lawrence d’Arabie ou L’homme qui voulut être roi.
Le deuxième évidence en regardant War Horse c’est la mise en scène. Spielberg avouera pendant la masterclass qui a suivi le film qu’il n’y avait pas un mais plusieurs storyboards. Il était hors de question pour lui de faire appel à la synthèse pour les images finales, et ce sont donc des pré-animations complexes qui aidèrent à décider quels plans seraient tournés ou pas, sur la base de trois critères : l’esthétique, la narration et l’interdiction absolue de blesser les chevaux.
L’image s’en ressent et respire pleinement dans une maîtrise esthétique que le metteur en scène n’avait peut-être encore jamais égalé auparavant. Cette lumière typique de ses films, qui « détache » toujours un peu le personnage de son décor (signée Janusz Kaminski, avec qui il travaille depuis toujours) atteint là une beauté à couper le souffle sur certains plans, et c’est d’autant plus vrai qu’on l’entend dire après le film qu’aucun fond vert n’a été utilisé et qu’on a privilégié les décors naturels.
Enfin, et ce n’est pas la moindre des qualités de ce film : War Horse fait rêver. Steven Spielberg est le dernier metteur en scène capable de nous faire rêver, comme Charlie Chaplin avant lui. Il réussit à faire de War Horse, un roman pour enfants, un film épique puissant, servi par des acteurs magistralement dirigés qu’il a laissés libres d’enrichir leur personnage. Jeremy Irvine en pivot, et autour de lui Emily Watson, Peter Mulan, Niels Arestup, la jeune Céline Buckens et tous les autres, même ceux qui apparaissent peu, assurent un jeu qui participe à la merveilleuse intelligence du film.
L’œuvre de Steven Spielberg est tellement vaste qu’aucun de ses fans ne réussirait à dire avec certitude quel est son film préféré. Et tous les fans réunis ne seraient jamais d’accord. Il serait puéril d’essayer. Personnellement, j’aurais aimé une autre fin, mais je ne peux vous en dire plus sans dévoiler quelque chose, alors je me tais. En même temps, Spielberg n’est pas l’auteur de War Horse, et il n’avait donc pas la liberté de la changer. Tout ce que je peux me permettre de dire à propos de War Horse est que c’est un grand Spielberg, car il atteint le sommet d’une maîtrise cinématographique et narrative, et comme toutes les grandes histoires pour enfants, il fait rêver, il fait se réveiller la beauté de l’âme humaine. Et ce n’est pas rien.
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Source : Oblikon |
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